Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

28 février 2005

Inquiètude

Ce matin, à la radio, lors du bulletin d'information, aucune nouvelle du pape. Je suis très inquiet!
C'est que j'avais commencé à m'y habituer, moi, à son bulletin de santé quotidien.
En fait, mon inquiètude, c'est qu'il aille mieux. Avec tout le mal qu'il a déja fait à des millions d'individus, il serait temps qu'il aille vérifier par lui même l'existence de son créateur. D'ailleurs, pour l'ambiance, j'ai mis 'Die Schöpfung' de Haydn. Laissez le mourir dans la dignité, au pire, aidez le.
C'est vrai ça, qui parle de ma grande tante qui va pourtant bientôt avoir cent sept ans ? Et mon bulletin de santé, qui s'y intéresse ? Il y en assez du culte de la personalité, quel qu'elle soit.
Ouf, ça va mieux, je vais retourner à la cafetière, moi.

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Portrait chinois

Et si j'étais une sculpture ?
Deux possibilités fournies gracieusement par mon fils ainé, il y a de cela quelques années.
 

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27 février 2005

Solidarité!

Bonsoir mes belles, mes douces. Je viens d'aller voir 'Vera Drake' et j'en reste sous le charme. C'est un magnifique film parlant d'amour et de générosité, de solidarité et du pardon. C'est l'histoire d'un petit bout de femme vivant de ménages qui, pour aider des jeunes femmes en détresse va pratiquer des avortements. Un cas se présente mal, la police enquête, Vera est arrêtée et la famille mise au courant de ses activités illicites.
Là encore, on voit l'inffluence du qu'en dira-t-on, le regard des autres membres de la famille.
En résumé, j'en suis ressorti revigoré.
Merci Mike Leigh.

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26 février 2005

Absence (1)

Pourquoi faire semblant de boire avec vous alors que je sais que vous nêtes pas là. C'est pourquoi je vous écris.
Comment exprimer un sentiment aussi fort mais aussi très abstrait avec des images ? C'est une question que j'ai déja tenté de résoudre à plusieurs reprises. Tout à l'heure, je suis allé braver le froid parisien malgré un timide rayon de soleil qui s'est vite effacé pour recueillir quelques images. En voici deux.
  

Elle sont à l'image de ma pensée. Vous me manquez, et la pierre est sombre sans vous, elle se corrode et se salit. Qui viendra réensoleiller mes jours ?

Posté par berlioz à 12:43 - Mes photos - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 février 2005

Ce soir, je n'ai pas envie de boire, pas envie de vous offrir un verre, pas envie de vous raconter une histoire.
Alors je vous offre un poème de Clément Marot. Comprenne qui peut.

Plaisir n'ai plus, mais vis en déconfort.

Fortune m'a remis en grand douleur.
L'heur que j'avais est tourné en malheur,
Malheureux est, qui n'a aucun confort.

Fort suis dolent, et regret me remord,
Mort m'a ôté ma Dame de valeur.
L'heur que j'avais est tourné en malheur :
Malheureux est, qui n'a aucun confort.

Valoir ne puis, en ce monde suis mort.
Morte est m'amour, dont suis en grand langueur.
Langoureux suis, plein d'amère liqueur,
Le coeur me part pour sa dolente mort.

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24 février 2005

Doux échec, amère victoire


Entrez, ne restez pas dans l'ombre; prenez place, je vous sers un verre. Un Pouilly fumé 99 bien frais.
Ca me remettra de mes émotions du jour: les élections professionnelles.
Il y a chez un découpage en trois collèges et c'est la première fois qu'il y a des candidats au premier tour, celui réservé aux syndicats.
Dans le premier collège, celui dévolu aux employés, six votants. Comment décrire le choc quand j'ai vu, au fond de la grande urne, les six petites enveloppes étalées. Six pour cents inscrits! Mais à quoi pensent ils ? Qui iront-ils voir s'ils ont des problèmes ?
Dans l'urne du troisième collège, dix huit pour cent de votants. Cela m'a mis un peu de beaume relatif au coeur virtuel.
Comme le disait à son époque le Marquis de Sade, 'Français, encore un effort pour être révolutionnaire'; maintenant, il ne s'agit même plus d'essayer d'être constructif.
Je vais me reprendre du Pouilly, il est sec comme les résultats!

Posté par berlioz à 20:05 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 février 2005

Ma préférence à moi


Vous êtes bien silencieuse aujourd'hui et je guette vos pas dans le couloir.
Hier je suis allé répéter avec mon claveciniste.
J'ai toujours aimé dire cette phrase 'avec mon claveciniste', ça fait rétro très chic.
Pourtant hier, ce n'était pas ça. Je crois que j'étais ailleurs. Je pense que je commence à manquer de soleil.
En fait, vous me manquiez, comme souvent.
Vos lèvres, votre parfum, votre rire de gorge ne hantent plus mes domaines et le téléphone reste désepérément silencieux.
Vous arrive-t-il de penser à moi ?

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22 février 2005

Vous êtes toujours là ? Javais oublié de vous dire, tout tourmenté que je suis en ce moment;

ce matin, j'ai repris la lecture de Conrad. J'ai acheté, il y a quelques temps déja, le deuxième volume de la Pléiade qui lui est consacré. J'adore cet écrivain. Il manipule la langue comme personne, meme si je lis une traduction, cela se sent. On est transporté dans ce monde étonnant et disparu de la marine marchande du dix neuvième siècle, entre voile et vapeur.
En ce moment c'est "Jeunesse" et j'attends avec impatience de passer au roman suivant, "Au coeur des ténèbres". Mais si, vous connaissez, il a été porté au cinéma sous le titre de "Apocalypse now".

Mon café refroidit. C'est dommage, j'aime le boire brulant puis rouler la porcelaine entre les paumes de mes deux mains réunies, jusqu'à ce qu'elle soit à la meme température.

Posté par berlioz à 16:55 - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Interactions

J'avais l'impression que quelqu'un respirait derrière la porte. Il y a quelqu'un ?
Je ne vous offre rien à boire aujourd'hui. Je n'ai pas envie; pas le moral; je dors trop mal depuis quatre nuits.
Tou ça pour une altercation avec des collègues, à la cantine. Tout a commencé par une réflexion sur les muteulles de santé (nous venons d'en changer) pour glisser vers la sécurité sociale et son célèbre trou pour en venir à l'utilisation controversé des fonds publics. Evidemment, ON abuse trop de la générosité de l'état, On est pas des assistés, quand on veut on peut et autres sortes de poncifs néo libéro-facho. Puis la phrase fatidique est tombé: "de toute façon, c'est chacun pour soi".
Ca me trotte tellement dans la tête depuis... peut être parce que j'ai l'habitude de donner mon sang depuis mes dix-huit ans, puis mon plasma, mes plaquettes sans m'inquiéter de savoir qui allait le recevoir. Peut être parce que j'ai l'habitude de porter secours à qui le demande, que ce soit un ami ou un inconnu dans le métro. Peut être parce que je crois encore à la définition de la vie en société.
N'empêche que ça me tient éveillé la nuit, avec le coeur qui s'emballe et que je préfèrerai que ce soit pour quelqu'un qui en vaille la peine.
Je vais aller me prendre un café, tiens.

Posté par berlioz à 13:23 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 février 2005

Deuxième histoire

Ce n'est pas encore l'heure, mais je me prendrai bien une petite goutte.
Je pense déja à l'amertume du whisky venant humecter ma langue, le goût de malte s'insinuant entre mes dents puis la force de l'alcool brulant doucement la gorge.
Non, non, je ne suis pas alcoolique, j'aime, simplement. Et puis j'ai besoin de ça pour évoquer ma deuxième petite morte.
J'ai beau y penser fréquemment, je vois son visage, comme si c'était hier, mais son prénom m'échappe complètement. Je l'ai croisée dans une vie antérieure, dans les locaux où nous suivions une formation professionnelle. Elle avait un côté très fantaisiste qui cadrait bien avec notre futur métier tout en ayant une rigueur de travail et d'esprit. Elle faisait de la photo et c'est en nous montrant nos clichés en noir et blanc que nous avons sympathisé.
Pourquoi faut-il que l'on connaisse si mal les personnes qui aurait le plus besoin d'un appui, d'un soutien, qu'on repère si mal les signaux d'alarme ?
Tout en affichant cette gaité et cette fantaisie coutumière, je pense qu'elle broyait du noir depuis bien longtemps. J'ai pourtant senti monter en elle une forme pernicieuse de paranoïa; la direction de l'école lui en voulait, on l'empêchait de faire son travail, elle était régulièrement au bord de la crise  de nerf. Puis elle partit en vacances, en Grèce, avec la mer, le soleil, la chaleur printanière. C'est à son retour qu'elle a disjonté; dans l'aéroport, elle a pris son dernier envol par une fenetre, silencieusement.

Le plus dur est venu deux mois plus tard quand un ami commun n'arrivant pas à la joindre m'a demandé son nouveau numéro.

Je crois que je vais en reprendre un. Je vous sers ?

Posté par berlioz à 16:18 - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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