31 juillet 2005
T comme...
Trottoir, emplacement réservé aux poids lourds, pouvant servir de réceptacle aux déjections canines.
Chaque matin que mes pas me portent vers ce trottoir, je pense à tous ces fauteuils roulants équipés de personnes handicapées, à toutes ces poussettes et ces landaus entraînant dans leur sillage des parents plus ou moins stressés. Et ce n'est que la surface du problème car, une fois le camion parti, il y a les trous dans le bitume, les taches d'huile bien glissantes, les canalisations crevées, les bordures qui cassent et deviennent blessantes.
Et puis, il y a ce que vous ne voyez pas, derrière. Derrière, il y
avait ce matin un autre camion et, derrière celui-ci, une myriade de
voitures individuelles. Après, on me dira que je ne fais pas de sport...
30 juillet 2005
C comme...
Cité, Cinéma, Cadeau.
La
municipalité a installé dans le petit square devant chez moi un grand
écran gonflable et de quoi s'asseoir devant. Au programme, Le grand voyage,
un film d'Ismaël Ferroukhi. Je n'ai pas vu le film, je ne sais pas de
quoi il parle, sans doute pas plus que les quelques dizaines de
personnes qui sont maintenant installées sur les chaises, attendant
déja le début du spectacle.
Ce qui est à noter, c'est qu'avant la projection il y avait un stand avec petites choses à boire et à manger, une façon de réunir les gens de la cité pour partager un moment ensemble, se voir dans d'autres conditions que le quotidien, prendre le temps de se connaître un peu.
Trois autres projections sont prévues cet été dans des quartiers différents.
J'ajouterai donc C comme Convivialité, comme Chaleur, comme Chance d'habiter ici.
Chaleur de juillet
Je reviens d'une soirée; l'occasion de fêter en famille les succès du
grand, un prétexte aussi pour voir des gens avant les vacances. Les
invitations étaient lancées par la mère de mes enfants et étaient donc
présent une partie de sa famille, ses parents, des soeurs de son père,
une soeur de sa mère, des cousins, des amis très chers.
Je n'avais
pas revu certaines de ces personnes depuis quinze ans pour certaines et
j'ai eu pourtant l'impression de reprendre des conversations laissées
en suspens depuis tout ce temps, comme si nous venions de traverser une
faille spatio-temporelle. Les traits ont bien changés, c'est sûr, nous
vieillissons tous, mais j'ai retrouvé les voix et les attitudes.
Le champagne a coulé, certains dialogues sont devenus plus sérieux et puis, sont arrivés les départs.
Un des grands oncles, Belà, est venu me serrer chaleureusement la main et, profitant d'une accalmie dans le niveau sonore il me glissa "Tu sais, je t'ai toujours bien aimé, toi".
Il m'a fallut un gros effort pour refouler mes larmes sous les cils.
28 juillet 2005
A comme...
Air pur. Ce que les parisiens cherchent désepérément à longueur d'année et qu'ils se dépêchent de polluer quand ils l'ont trouvé.
27 juillet 2005
Ciel, quel ciel!
Je
regardais les momies; des vraies momies, mais pas en vrai. C'était un
magnifique reportage sur des fouilles à Saqqara, un site près de la
plus ancienne pyramide en Egypte. Même absorbé par les images extraordinaires, par le bonheur des archéologues à chaque découverte, par les explications simples mais non simplistes, j'ai remarqué l'embrasement orangé du ciel par la fenêtre jouxtant mon poste. Profitant d'une pose dans le récit, une courte respiration dans l'exploration des tombes, j'ai saisi mon appareil de photos pour vous faire participer à cet événement somme toute assez anodin. Mais nous sommes à la fin du mois de juillet, je commence déja à me sentir en vacances d'idées et de récits palpitants.
25 juillet 2005
Chiner dans Paris
C'est
fou comme il peut y avoir de musées différents à Paris. D'un quartier à
l'autre, on peut passer de la collection de crûtes aux arts du cirque,
des antiquités égyptiennes aux artistes contemporains, des arts d'ici à
ceux du bout du monde. Ainsi, je suis allé découvrir le Musée Cernuschi qui a réouvert dans ses locaux d'origine depuis un mois.
Ce musée contient une collection, pas trop importante, d'objets chinois, de l'antiquité à nos jours, superbement mis en valeur, avec juste l'éclairage nécessaire pour en goûter les formes, les volumes et les motifs. Pour vous donner une idée de la mise en scène de certaines pièces, imaginez le bouddha ci contre placé face à un petit escalier montant, suffisamment haut pour être vus dès le bas. On ne voit plus que lui, il rayonne de lumière et de beauté.
Par contre, je mettrais un très mauvais point à l'étiquetage qui ne permet pas toujours de savoir ce que l'on regarde. Parfois il est inexistant, pour d'autres vitrines bien remplies, on ne sait pas de quelle pièce il est question. Espérons que ce soit une erreur de jeunesse et que ce manque sera comblé sous peu.
Pour conclure, n'hésitez pas à traîner vos guêtres par là, d'autant plus que l'entrée en est gratuite.
24 juillet 2005
Mon grain de sable
Il
n'y a pas que Paris dans la vie. Il y a aussi Saint Denis. Hier, en
allant traîner mes sandales, pas de bottes en cette saison, du côté du
stade de France, j'y ai trouvé la plage. Bien sûr, la Seine ne traverse
pas le terrain central, même si le canal n'est pas loin mais, sable,
parasols, serviettes sont au rendez-vous.
Maintenant, pourquoi avoir mis la plage sous cage, par peur que le vent l'emporte, que les gens se précipitent en bandes désorganisées ?
En allant y regarder de plus près, j'ai eu la réponse: l'entrée est payante, dix euros pour la journée, neuf si vous avez moins de douze ans. Paris mets sa plage à disposition de tous, le consortium du stade crée la première plage artificielle privée.
Quand on voit l'état des immeubles de l'autre côté du canal, l'état de la population qui y vit, on peut se demander à qui s'adresse cette activité.
Je n'ai fait que passer, volant seulement une image en chemin.
23 juillet 2005
Brume écossaise
Je n'aurais pas dû boire autant. Mais c'est à cause de
la petite voix qui me parle tout le temps. Il faut la faire taire. Elle
est là dans mes oreilles et puis la palais tout sec qui démange, juste
un petit verre, seulement un , pour faire taire la petite voix. Le
liquide brûlant vient irriguer mon désert, je sens comme une oasis dans
ma bouche, les lèvres, les gencives qui s'épanouissent, l'estomac qui
respire et la petite voix mezzo vocce. Il en faut un autre.
Je
n'aurais pas dû boire autant. Mais après, il faut calmer la main qui
tremble. Et puis, après avoir bu, j'oublie, j'oublie tout, le mal, les
promesses, la douleur, la peur du vide. Oublier, il faut, ça fait trop
mal, les souvenirs des corrections, non, pas dans la cave. Et puis
cette dèche qui me colle comme mes dents à mes gencives.
Je
n'aurais pas dû boire autant. La clef a du mal à trouver la serrure. La
maison vide et silencieuse. Salope! elle est partie avec les meubles.
Je n'ai plus que le fauteuil triste et crasseux pour m'effondrer.
Salope! toutes les mêmes. A faire semblant, à minauder et puis, une
fois le dos tourné, elles fichent le camp. Elle cachait même les
bouteilles, si mal. D'accord, je la cognais, mais elle aimait ça, elle
en redemandait à toujours venir me chercher les poux dans la tête.
Salope!
Je n'aurais pas dû boire autant. Et ne discute pas. Non, je ne t'écouterai pas plus, tais toi.
Bon, juste un verre alors.
21 juillet 2005
Citoyen, encore un effort
Ce soir, je pensais vous livrer une fantaisie de mon
esprit, un jeu de mots et de pensées et puis, j'ai regardé Arte qui
passait un film magnifique, Queimada.
Je ne vais pas raconter le film ici, je vous ai glissé le lien qui vous
permettra, avec des mots appropriés, d'en savoir beaucoup plus, tout en
respectant ma paresse.
Une petite scène a particulièrement
retenu mon attention. Marlon Brando explique la nécessité d'abolir
l'esclavage. Je ne vais pas donner les mots exacts, de toutes façons
ils étaient en anglais, mais tenter de vous en transcrire l'esprit.
Il
parle de la rentabilité de l'amour physique à un groupe de gros
propriétaires terriens. Qu'est-ce qui est plus rentable, hors
sentiment, bien sûr, une femme qu'il faut loger, nourrir, vêtir,
distraire, soigner et dont il faudra payer les obsèques si elle vient à
mourir avant vous, ou une prostituée que l'on paye quand on en a besoin
et dont on a plus à se préocuper entre temps ? Vaut-il mieux l'esclave
ou l'ouvrier que l'on rétribue ?
De plus, le film décrit très
bien le processus de la révolution telle qu'elle a eu lieu en France,
avec l'utilisation du peuple, bien plus nombreux, comme force
principale avec récupération des fruits par la classe possédante. La
tentative de reprise de la révolution pour en atteindre les objectifs
du début sera matée dans le sang, tout comme Robespierre en fera les
frais.
Pour terminer, une petite phrase de l'ancien esclave peu
de temps avant son exécution: "Si on te donne la liberté, ce n'est pas
la liberté; la libeté est une chose qu'on prend soi même".
A méditer
Fier comme un petit banc
J'ai la joie, le bonheur, l'immense fierté, alors que je n'y suis pas pour grand chose, de pouvoir annoncer au monde entier que mon fils ainé viens d'être admis, par concours, à l'école polytechnique de Paris.
Alors, ce soir, ça a été champagne, feu d'artifice dans la tête, coups de téléphone à tout va.
You know what ? I'm happy!






























