Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

27 septembre 2005

Philippe III

Je m'octroie le droit à l'erreur, le droit de recommencer, la deuxième chance pour un bout de fiction écrit dans la précipitation, sans vraie relecture. Suite à quelques remarques fort justifiées, je vous redonne donc le troisième épisode de la vie trépidente de Philippe, cambrioleur sans doute pas amateur qui a du mal à dormir.

La madeleine, c'est moche! Non seulement architecturalement parlant, mais tout mélomane qui se respecte vous dira combien les concerts qui y sont organisés sont désagréables pour qui n'occupe pas un des cinq premiers rangs. C'est un peu comme avoir un télescope à son puissant, non seulement vous profitez des notes émises à l'instant par les exécutants mais aussi de celles du concert précédent, tellement la résonnance y est forte. Alors pourquoi s'était il égaré dans ce quartier? Sans doute pour rêver devant les vitrines des joailliers, regarder les articles de luxe hors de sa portée, imaginer les bourgeois nantis entrer, choisir et ne même pas regarder les prix, la vraie richesse. Virtuelle et palpable.

Mais ce n'est pas pour faire du lèche vitrine que Philippe traîne dans ce quartier. Il a rendez-vous. Un rendez-vous nocturne. Il a réveillé Mélanie qui a été heureuse, à cinq heures et demie, de constater que ce n'était pas l'astreinte qui la tirait du lit. Il se dirige alors vers la gare Saint Lazare où il arrive à l'heure où les cafés commencent à servir, les balayeurs commencent à balayer, Paris commence à s'éveiller.

Pourtant, la rue Tronchet regorge de ces commerces que la présence des grands magasins ont fait fleurir et qui ont suivi l'évolution bourgeoise de ces derniers. En passant, Philippe pense encore à ces pans d'enfance lorsque sa mère partait à la chasse aux bonnes occasions, que ce soit aux Galeries L* ou à celui qui porte un nom de saison, le traînant avec elle pour essayer les pantalons en velours à côtes informes, les chemises en laine provoquant des démangeaisons insupportables ou les manteaux en poils de chameau à la couleur terne. Mais, ce n'était pas cher et l'économie faite permettait l'achat de fruits qui finiraient en succulente tarte dans leur gosier ou d'agrémenter le poulet rôti du dimanche de petites frittes croquantes. Décidément, le quartier avait bien changé, contaminé, sans doute, par la proximité des familles les plus riches de Paris.

Mélanie l'attend déja à la terrasse du Marco Polo, le premier café au bord des lèvres, la première cigarette au bout des doigts. Sa chevelure brune, presque noire, parsemée de quelques fils blancs que, par coquetterie, elle avait tendance à mettre en valeur, a gardé les plis imposés par les draps froissés et son visage en garde aussi quelques stigmates.

- Et bien alors, qu'est-ce qui t'arrive? lui demande-t-elle après avoir écrasé son mégot et pris la tasse brûlante dans la paume de sa main.
- J'ai besoin que tu me sauves la vie lui répond il en essayant vainement de captiver l'attention du garçon en train de briquer la barre de cuivre du comptoir.
- Rien que ça.

La suite...

Posté par berlioz à 11:32 - Mes fictions - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

"Avoir besoin que tu me sauves la vie" : la formule est belle, pleine de plusieurs sens. Ca me donne peut être l'idée d'un petit texte à écrire.

Posté par olivier, 27 septembre 2005 à 12:17

> Olivier, heureusement que tu passes commenter par ici, j'ai une ou deux photos pour toi, ça m'était complètement sorti de l'idée. (elle a pas sa tête la dame, là)

> Berlioz, c'est rudement intéressant le côté pendant les travaux l'écriture continue. J'ai beaucoup de mal à résister à te dire ce que je crois bien que tu n'as pas trop envie d'entendre ...

Posté par gilda, 27 septembre 2005 à 18:04

Dis, tu vas nous le faire phrase par phrase le dénouement ? Moi j'attendais la suite, je me précipite.. screu gneu gneu.. mais il ne va pas s'arrêter là, comme ça ! Et bien si ! La suite dans 15 jours ? Bises détestées et frustrées.

Posté par mouette rieuse, 27 septembre 2005 à 18:29

Suspense intolérable

Comme Mouette rieuse, je trépigne. Encore plus envie de savoir la suite que dans la version précédente...

Posté par fuligineuse, 27 septembre 2005 à 18:31

soyons pragmatique : elle lui sauve la comment à philippe????


Et puis tu pourrais pas l'apeller Edouard ton voleur cela ferait plus , enfin moins, bon je ne vais pas chipoter mais philippe non(rire)

bisous d'une emmerderesse en réference à Brassens

Posté par lilou la teigne, 27 septembre 2005 à 22:40

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