Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

30 septembre 2005

Nuit de gin

saint_denis002

Quand la nuit tombe, entre chien et loup, les couleurs prennent un autre ton, tout s'efface plus ou moins vite, se fond dans un bleu indéterminé Le soleil n'est plus là pour dorer les restes de nuages, une éventuelle lune le remplacerait bien mal. Quelques lampes s'allument chez les voisins, les lampadaires commencent à diffuser leur lueur blafarde.

Quant à moi, je traîne sur mon balcon, profitant des dernières calories dispensées par les surfaces réfractaires, regardant les quelques amoureux venant utiliser en toute discrétion les quelques bancs publics du jardin, écoutant s'égrener les notes de la clarinette basse d'Eric Dolphy dans des volutes virtuoses.

Je suis bien.

Posté par berlioz à 13:48 - Mes humeurs - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 septembre 2005

Travaux d'accroche

affiche01C'était l'occasion, la fois ou jamais; en sortant tout à l'heure sur le quai de la station 'Champs Elysées Clémenceau', j'ai remarqué que les travaux entamés n'avaient pas encore complètement détruit les vestiges d'une station passée. C'est une des dernières qui avait subi à la fin des années cinquante ou au début des soixante, en guise de réfection, l'apposition d'un cache misère sur l'ensemble des murs, sans se donner la peine de retirer les affiches commerciales, et qui n'avait pas encore trouvé un nouvel habillage plus dans l'air du temps.

J'avais vu cette magnifique exposition de superpositions de morceaux d'affiches en revenant de vacances et n'avais pas eu l'opportunité d'y retourner pour prendre quelques clichés; c'est maintenant chose faite.

Ce spectacle génère toujours chez moi un double sentiment, celui d'excitation, de celle des archéologues lorsqu'ils découvrent un site perdu dans les mémoires depuis la nuit des temps et celui d'une tristesse de se voir perdre un pauvre petit trésor, comme les archéologues qui pratiquent les fouilles urbaines avant la construction d'un parking souterrain ou la réfection de certaines voiries.

Alors, je viens poser une pierre pour l'édification d'un musée virtuel qui regorgerait de souvenirs temporairement ressurgis puis disparus à jamais. En guise de symbole, je propose un extrait du film 'Roma' de Federico Fellini, la scène dans laquelle les constructeurs du métro mettent à jour une villa romaine dont les fresques se détruisent au fur et à mesure que les humains et leur air vicié y pénètrent.

Posté par berlioz à 23:32 - Mes photos - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Poussé dans les cordes

quiz08

 

 

Bravo à vous toutes, avec une mention spéciale pour Mirae qui a trouvé très précisément qu'il s'agissait d'un clavecin. Je n'ai pas de photo extraordinaire de cet instrument car, je m'intéresse plus aux détails qu'à l'ensemble. Néanmoins, voici la photo d'où j'ai extrait le petit détail qui ne vous aura guère fait trébucher. Ça va, je me suis rattrapé ce coup ci ?

Posté par berlioz à 22:59 - Mes photos - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Et quoi c'est ?

Puisque vous avez détesté tenter de découvrir ce qui se cachait derrière mes photos, j'en remets une couche aujourd'hui. J'ai essayé de faire simple, pour une fois, pour vous donner plus de chance de trouver. Alors, à vos savoirs, à votre imagination, prêts ?

quiz07

Posté par berlioz à 15:23 - Mes photos - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 septembre 2005

Philippe III

Je m'octroie le droit à l'erreur, le droit de recommencer, la deuxième chance pour un bout de fiction écrit dans la précipitation, sans vraie relecture. Suite à quelques remarques fort justifiées, je vous redonne donc le troisième épisode de la vie trépidente de Philippe, cambrioleur sans doute pas amateur qui a du mal à dormir.

La madeleine, c'est moche! Non seulement architecturalement parlant, mais tout mélomane qui se respecte vous dira combien les concerts qui y sont organisés sont désagréables pour qui n'occupe pas un des cinq premiers rangs. C'est un peu comme avoir un télescope à son puissant, non seulement vous profitez des notes émises à l'instant par les exécutants mais aussi de celles du concert précédent, tellement la résonnance y est forte. Alors pourquoi s'était il égaré dans ce quartier? Sans doute pour rêver devant les vitrines des joailliers, regarder les articles de luxe hors de sa portée, imaginer les bourgeois nantis entrer, choisir et ne même pas regarder les prix, la vraie richesse. Virtuelle et palpable.

Mais ce n'est pas pour faire du lèche vitrine que Philippe traîne dans ce quartier. Il a rendez-vous. Un rendez-vous nocturne. Il a réveillé Mélanie qui a été heureuse, à cinq heures et demie, de constater que ce n'était pas l'astreinte qui la tirait du lit. Il se dirige alors vers la gare Saint Lazare où il arrive à l'heure où les cafés commencent à servir, les balayeurs commencent à balayer, Paris commence à s'éveiller.

Pourtant, la rue Tronchet regorge de ces commerces que la présence des grands magasins ont fait fleurir et qui ont suivi l'évolution bourgeoise de ces derniers. En passant, Philippe pense encore à ces pans d'enfance lorsque sa mère partait à la chasse aux bonnes occasions, que ce soit aux Galeries L* ou à celui qui porte un nom de saison, le traînant avec elle pour essayer les pantalons en velours à côtes informes, les chemises en laine provoquant des démangeaisons insupportables ou les manteaux en poils de chameau à la couleur terne. Mais, ce n'était pas cher et l'économie faite permettait l'achat de fruits qui finiraient en succulente tarte dans leur gosier ou d'agrémenter le poulet rôti du dimanche de petites frittes croquantes. Décidément, le quartier avait bien changé, contaminé, sans doute, par la proximité des familles les plus riches de Paris.

Mélanie l'attend déja à la terrasse du Marco Polo, le premier café au bord des lèvres, la première cigarette au bout des doigts. Sa chevelure brune, presque noire, parsemée de quelques fils blancs que, par coquetterie, elle avait tendance à mettre en valeur, a gardé les plis imposés par les draps froissés et son visage en garde aussi quelques stigmates.

- Et bien alors, qu'est-ce qui t'arrive? lui demande-t-elle après avoir écrasé son mégot et pris la tasse brûlante dans la paume de sa main.
- J'ai besoin que tu me sauves la vie lui répond il en essayant vainement de captiver l'attention du garçon en train de briquer la barre de cuivre du comptoir.
- Rien que ça.

La suite...

Posté par berlioz à 11:32 - Mes fictions - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 septembre 2005

Je vais vous en faire baver!

gateau14Il est passé par ici, il est repassé par et il a fini par arriver chez moi. Voici ma version du gâteau au chocolat, spécial foie fragile, argémenté de speculoos.

Les ingrédients:
300 grammes de beurre plus une noisette.
400 grammes de chocolat
100 grammes de sucre en poudre
4 oeufs
20 speculoos
une grande tasse de café très fort

Faite fondre 300 grammes de chocolat au bain marie.
Pendant ce temps, battez les 300 grammes de beurre en pommade avec le sucre en poudre.
Versez le chocolat dans le beurre, jamais le contraire, tout en remuant pour éviter que ce dernier fonde.
Bien mélanger pour obtenir un ensemble bien homogène.
Prenez les oeufs, séparez les blancs des jaunes, mettez ces derniers dans l'appareil, un par un, en mélangeant consciencieusement.
Battez les blancs en neige bien ferme et ajouter à l'ensemble en soulevant bien la pâte obtenue.
Chemisez votre moule pour faciliter le démoulage.
Montez votre gâteau en alternant une couche de speculoos trempés dans le café et une couche de la mousse obtenue, jusqu'à épuisement des stocks, en terminant par une couche de speculoos.
Mettez au réfrigérateur jusqu'au lendemain.
Une ou deux heures avant de servir, démoulez le gâteau et faites un glaçage avec le reste du chocolat et une noisette de beurre que vous faites fondre au bain marie.
Replacez l'objet de votre désir au frais et pensez à préparer l'apéritif, j'arrive.

J'ai mis dans un album la recette en images.

Posté par berlioz à 14:38 - Mes recettes - Commentaires [23] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 septembre 2005

Et moi, et moi

Missy'V m'a expressément demandé de bien vouloir répondre à un questionnaire nombriliste. Pour être honnête, cela ne me disais guère car c'est une façon de faire croire qu'on se dévoile alors qu'il n'en est rien. J'ai donc commencé en plombant délibérément les réponses de la première section, cherchant à cacher la réponse par des boutades. A me relire, finalement, c'est peut être la partie la plus intéressante.

Vous:

Quel metteur en scène filmerait le mieux votre vie ?
Friedrich Wilhelm Murnau, en noir et blanc, peut être même en muet. Parce que c'est beau et ça dit beaucoup avec peu de moyens.

Quel peintre vous aurait pris(e) pour modèle ?
Jackson Pollock ou Piet Mondrian, l'abstraction dans la simplicité et dans la réflexion.

Quel auteur aurait écrit le roman de votre vie ?
Julio Cortazar ou Alejo Carpentier, ils ont des écritures labyrinthiques et lyriques.

Quel dessinateur de BD vous croquerait le mieux ?
Pétillon ou Martin Veyron car ils croquent remarquablement le ridicule du quotidien, donc le mien.

Quel chanteur pourrait faire une chanson sur vous ?
Juliette, parce que j'aime ce qu'elle écrit, j'aime comment elle le met en musique et j'aime comment elle le chante.

Intérieur :

Quel ustensile de cuisine seriez-vous ?
Une petite cuillère pour être souvent embrassée.

Quel ingrédient de plat unique (couscous, cassoulet…) seriez-vous ?
Le piment, qu'on se souvienne de moi plus longtemps.

Quelle pièce de la maison seriez-vous ?
La terrasse, livrée au vent et au soleil, indispensable et qu'on ne remarque pas.

Et quel meuble ?
Un confiturier Louis XV, bien ventru, si possible plein.

Quel jeu de société seriez-vous ?
Colin-maillard, où on peut toucher et sentir.


Extérieur :

Quel moyen de transport seriez-vous ?
Une rame de métro, sans aucun doute.

Quelle ville seriez-vous ?
Paris est tentante mais trop voyante, je dirai le village de Belleville, plutôt.

Quel musée ?
Un musée d'art moderne, le choix est grand.

Quel pays rêvez-vous de visiter ?
Tellement! Le Yemen, pour commencer, le Vietnam, le Cambodge, le Burkina Faso, l'Islande et d'autres, et d'autres, et .....

Quel objet emporteriez vous sur une île déserte ?
Aucun, le choix serait trop douloureux et puis, à quoi bon s'il n'y a personne avec qui le partager ?

L'ai je bien fait ?

Posté par berlioz à 08:00 - Hors catégorie - Commentaires [11] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 septembre 2005

Ouvert pendant les travaux

La madeleine, c'est moche! Non seulement architecturalement parlant, mais tout mélomane qui se respecte vous dira combien les concerts qui y sont organisés sont désagréables pour qui n'occupe pas un des cinq premiers rangs. C'est un peu comme avoir un télescope à son, puissant, non seulement vous profitez des sons émis à l'instant par les exécutants mais aussi de ceux émis au concert précédent, tellement la résonnance y est forte. Alors pourquoi s'était égaré dans ce quartier ? sans doute pour rêver devant les vitrines des joailliers, regarder les articles de luxe hors de sa portée, imaginer les bourgeois nantis entrer, choisir et ne même pas regarder les prix, la vraie richesse. Virtuelle et palpable.

Mais ce n'est pas pour faire du lèche vitrine que Philippe traîne dans ce quartier. Il a rendez-vous. Un rendez-vous nocturne. Il a réveillé Mélanie qui a été heureuse, à cinq heures et demie, de constater que ce n'était pas l'astreinte qui la tirait du lit. Il se dirigeait vers la gare Saint Lazare où il arriva à l'heure où les cafés commencent à servir, les balayeurs commencent à balayer, Paris commence à s'éveiller.

Mélanie attendait déja à la terrasse du Marco Polo, le premier café au bord des lèvres, la première cigarette au bout des doigts. Sa chevelure brune, presque noire, parsemée de quelques fils blancs que, par coquetterie, elle avait tendance à mettre en valeur, avait gardé les plis imposés par les draps froissés et son visage en gardait aussi quelques stigmates.

"Et bien alors, qu'est-ce qui t'arrive ?" lui demanda-t-elle après avoir écrasé son mégot et pris la tasse brûlante dans la paume de sa main.

Posté par berlioz à 13:10 - Mes fictions - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

21 septembre 2005

Effet de manchette

L'information. Quoi de plus banal, aujourd'hui, qu'un journal d'information. La radio publique en diffuse un à chaque heure, quand ce n'est pas plus le matin, sans parler de la chaîne qui le fait en continue, les télévisions en ont quelques uns par jour et pourtant, quand on a la curiosité de passer de l'un à l'autre, de naviguer d'un média à l'autre, on est étonné quand une nouvelle n'est pas évoquée aussi ailleurs, un peu comme si il n'y avait plus que des boîtes de haricots verts dans les grandes surfaces et qu'on tombe dans un rayon sur une de haricots blancs.

Je sais, j'ai déja évoqué le sujet hier, mais je voudrais mettre l'accent sur deux choses:
1) n'est on pas en train de perdre un pan entier de notre démocratie avec une presse de plus en plus pressée de diffuser de l'information à grand spectacle au détriment d'une analyse, dans une perspective historique, de faits forcéments subjectifs ?
2) peut on inventer une information alternative, faite par des journalistes qu'on laisse libre de faire leur travail comme ils l'entendent, largement diffusable ?

A ma première question, je ne vois qu'une réponse affirmative, la relation des débats pendant la campagne référendaire en a été une preuve manifeste. La deuxième m'amène à me demander le rôle qu'internet pourrait jouer dans la diffusion d'une autre information. Internet est un peu mis à toutes les sauces, on y trouve toutes les informations dont on a besoin, mais quel est notre possibilité, à nous citoyens, de vérifier cette information, dans un premier temps et d'en diffuser de nouvelles, dans un autre ?
Se lancer dans une radio ou, à fortiori, une télévision indépendante demande, si on veut être largement reçu, des investissements considérables mettant à nouveau la fiabilité du discours en péril. Une véritable indépendance est, avant tout, une indépendance financière. Un journal papier est une entreprise encore plus difficile à mettre en place, d'autres s'y sont essayés, car en plus des moyens de fabrication, il faut les moyens de diffusion qui sont entre les mains de quelques groupes ayant la possibilité de l'empêcher.
Alors internet. Moyens limités, à porté de tout un chacun, des outils gratuits à foison, ne reste plus que la possibilité de se faire connaître. Le problème est alors, que chacun peut se rendre à son kiosque le plus proche, tout le monde ne peut pas se connecter à la toile. Y a-t-il une solution pour avoir une information indépendante et fiable (je ne dis pas objective, c'est le principe du journalisme que de ne pas l'être) ?

Posté par berlioz à 23:56 - Mes combats - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A la une

Qui a dit "La liberté de tout dire n'a d'ennemis que ceux qui veulent se réserver la liberté de tout faire" ?

Mais surtout, ne trouvez vous pas que cette phrase a une résonnance particulière quand on voit la façon dont sont relatés, ou non,  les faits dans les journaux, qu'ils soient écrits, radio diffusés ou télévisuels ?
Il y a peu, Olivier s'interrogeait sur le devenir de la presse. Je pense qu'une des raisons du manque d'intéret pour la presse écrite c'est un manque de pluralité dans les titres et, surtout, une inféodation de ceux qui restent à des grands groupes financiers ne recherchant qu'un profit rapide et non pas une information de qualité coûtant forcément plus cher.

Et puis, il vaut tellement mieux distraire, faire de l'information un spectacle avec de belles images au point que, sans image, un évènement n'a jamais eu lieu; pendant ce temps là, le peuple mange son pain bis et ne réchigne pas.

Alors, qui a dit cette jolie phrase ?

Posté par berlioz à 00:02 - Mes combats - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3   Page suivante »