Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

03 novembre 2005

L'avenir serait radieux

Alors que le soleil filtrerait ses rayons au travers des ouvertures des jalousies, Mélanie tendrait son bras vers Philippe et ne sentirait que la tiédeur du drap fraîchement quitté. La matinée serait déja bien entamée mais Venise incite à la paresse avec ses odeurs de café qui traînent dans tous les viccoli, suivent les canaux puis remontent le long des façades des palais pour emplir les chambres et les narines. Se dressant dans le lit, elle remarquerait Philippe assis dans un fauteuil de velours rouge sombre en train de la regarder, l'oeil attendri et surpris à la fois de tout ce bonheur nouveau.

C'est que la transaction aurait été délicate, il lui aurait fallut être persuasif, inventif; vendre de l'inexistant en faisant croire que ce n'est pas le cas requiers doigté et conviction. Philippe aurait ainsi vendu ses papiers électroniques de formats différents au contenu interchangeable, du postit vers le cahier, du tableau vers la feuille, du bloc-notes vers l'affiche. Le client en aurait été enchanté et, à peine six mois plus tard, les premiers objets auraient vu le jour, avant ceux du concurrent supposé. La prime aurait été à la hauteur du succès.

On retrouverait Philippe et Mélanie, main dans la main, déambulant le long des palais, aussi bien du trecento que du seicento, vestiges d'une splendeur un peu passée, les yeux remplis de Canaletto et de Bellini, un petit goût d'aubergine persistant sur la langue lorsqu'un téléphone sonnerait.

"Les affaires reprennent" dirait Philippe en éteignant le petit appareil sans même regarder la provenance de l'appel.

Posté par berlioz à 16:47 - Mes fictions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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