29 novembre 2005
Elle est en moi
Voici un petit poème que j'ai lu dans le métro il y a peu. Etant un citadin invétéré, il me touche directement.
La ville est dans l'homme
presque comme l'arbre vole
dans l'oiseau qui le quitte.
Ferreira Gullar
Edité au Temps des CeRISES
28 novembre 2005
Evidence
La vie, la santé, l'amour sont précaires, pourquoi le travail échapperait-il à cette loi ?
27 novembre 2005
Tombe la neige et les soucis
Cette fois ci, vous n'aurez
pas grand chose; rien de plus que cette photo prise depuis la fenêtre
de mon bureau. Vous avez bien lu, je me suis rendu, volontairement de
surcroît sur le lieu de mon travail pour y réaliser une opération qui
ne pouvait être faite en semaine. J'ai donc vu tomber la neige bien à
l'abri dans mon bureau avec une belle photo de dunes en fond de mon
écran.
Pour terminer le tableau, sachez que j'ai eu trente minutes pour avaler mon déjeuner, sans doute pour compenser mon dîner pris à vingt trois heures trente à cause d'un départ tardif du même bureau. Je crains de passer mon dimanche au lit. Bonne fin de semaine à vous.
26 novembre 2005
O comme...
Cela faisait longtemps que je ne vous avais pas parlé de ces mots qui roulent sur la langue et expriment tout leur arôme après sept tours autour d'elle. Aujourd'hui, je vous propose de me donner votre définition du mot Osalide. Bien sûr, si vous connaissez la signification de ce mot, je vous invite à en inventer une autre. Voici la mienne, parfaitement fausse comme il se doit.
osalide: [ozalid] n.m.
Petit oiseau des régions chaudes de la famille des moula-moula, très
peu farouche il n'hésite pas à aller voler sa nourriture jusque dans la
bouche des autres animaux.
"Alors
que soleil déclinait, un vol d'osalides plongea d'un coup d'aile
gracieux vers nos assiettes chapardant qui un grain de riz, qui une
miette de thon." Thomas Robart - 100 jours au Kalahari.
25 novembre 2005
E comme...
Expérience. L'expérience, ce n'est pas de ne plus faire les conneries du passé, c'est les refaire en toute conscience.
22 novembre 2005
Et hop!
Il est passé par ici, il repassera par là. On vous l'avait bien dit.
Notre
grand Jacquot nous avait assuré qu'il n'en était rien, qu'on le mettait
au placard, c'était finit, on en parlait plus, vous pouviez aller voter
OUI, sagement, comme on vous l'avait demandé.
De quoi parle je ? de la directive Bolkestein; cette directive qui libéralise et élimine les barrières nationales, qui permet d'embaucher en France les fameux plombiers polonais au prix d'un plombier polonais, pas comme ces fainéants de français qui voudraient un salaire de français quand ils travaillent en France.
Le plus amusant c'est que nos députés européens de droite, y compris ceux de l'UMP, ont insisté pour y inclure les fameux Services d'Intéret Économique Généraux qui regroupent nos services publiques.
Quand je parlais de démocratie... De qui se moque-t-on ?
Ref. L'humanité du mardi 22 novembre. Article de Paul Falzon.
21 novembre 2005
Essence essentielle
Il
est bien rare aujourd'hui, dans le circuit traditionnel du cinéma, de
voir ce genre de film, pas d'action, pas de décors, quelques acteurs de
haut rang, Willem Dafoe, Danny Glover, Jean-Marc Barr, Lauren Bacall
mais cantonnés à des petits rôles, rien qui fasse un film grand public.
Le film, deuxième opus d'une trilogie consacrée aux étasuniens, est un conte philosophique, une métaphore de bien des situations que nous avons pu croiser dans l'actualité récente. L'histoire: dans les années trente, une jeune femme, fille de gangster, s'arrête dans une plantation d'un état du sud et découvre que l'esclavage y est encore actif. Elle décide d'apporter aux gens qui y travaillent la liberté et la démocratie quitte à forcer la chose par l'emploi de gros bras musclés et armés. Bien sûr, rien ne va se passer comme elle le pensait.
Au delà de la ressemblance avec une situation au moyen orient, une foule de questions, dont certaines pourraient faire l'objet d'un sujet du bac, submergent le spectateur qui n'est pas venu pour voir la ennième ressucée de l'arme fatale. Je vous en livre quelques unes et vous invite à y réfléchir et, même, à exprimer ici une contribution aux tentatives de réponses:
- Qu'est-ce que la démocratie ?
- Le droit de vote est il suffisant à l'exercice de la démocratie ?
- Le droit de vote est-il nécessaire à l'exercice de la démocratie ?
Je pense que c'est suffisant pour cette fois. Pas plus de trois pages, s'il vous plaît, après je vous demanderai de chercher un éditeur.
20 novembre 2005
Rien compris
Les chômeurs n'ont que ce qu'ils méritent; quand on veut, on peut.
19 novembre 2005
Une mouette en goguette
Après avoir volé 720 kilomètres la mouette s'est posée à Paris. Nous avons alors voleté, de ci de là, butinant d'une ambiance parisienne à une autre, arrosant notre route de café et de grain fermenté, gardant comme repère la Seine que nous avons traversée entière, par moitié ou par tiers selon le lieu, passant d'une rive à l'autre sans destination fixe, nous laissant guidé par associations d'idées, certaines phrases amenant à l'esprit des images de lieus à montrer.
Ainsi nous passâmes par l'Hôtel de ville, Notre Dame et Saint Séverin, traversé le Marais où nous avons rencontré un personnage assez extraordinaire (mais je laisse Mouette vous le raconter), arpenté la rue de la Roquette et déambuler le long des quais sous les lumières jaunes du sodium en vapeur.
Elle n'a pas encore redéployé ses ailes pour rentrer à son nid et j'en profite demain (tout à l'heure en fait) pour recommencer dans d'autres rues.
Pourquoi cela n'arrive-t-il pas plus souvent ?
17 novembre 2005
Sous le signe du sagittaire
Il me faut tout de même vous parler non pas de mon compositeur de chevet, je pense l'avoir déja fait, mais d'un disque de chevet ou, pour être le plus précis possible, de trois disques de chevet mais une seule oeuvre. Ce sont les Kleine Geistliche Konzerte de Heinrich Schütz.
Pour commencer, (re)situons ce brave homme dans le temps et
l'espace. Il est né en Allemagne en 1585 soit exactement cent ans avant
Jean-Sébastien Bach. S'il a appris la musique de maîtres allemands il
est allé complèter sa formation en Italie entre autre auprès de
Giovanni Gabrielli ce qui s'exprimera directement dans ses Madrigaux Italiens publiés à Venise, véritable cours d'écriture musicale en dix-huit leçons.
Heinrich
Schütz retournera en Allemagne à la mort du maître et il sera
rapidement appelé à la cour de Dresde pour remplir les tâches multiples
d'un Cappel meister[1].
Puis la guerre de trente ans bouleversera la vie du compositeur par un
rognement des crédits qui lui sont alloués, la musique n'étant plus
vraiment la priorité de son employeur.
C'est dans ce cadre qu'il va
s'attaquer aux petits concerts spirituels qui sont des petits bijoux de
dénuement et de simplicité. Ils sont écrits pour voix seules, entre une
et cinq, accompagnées simplement par une basse continue, traduisez par
un orgue. Les voix sont simples, peu d'ornements, les lignes mélodiques
épurées se détachent sobrement comme des pierres sculptées dans les
églises romanes; rien pour distraire l'attention de l'auditeur de la
piété profonde du compositeur, mais aucun ennui à condition, peut être,
de ne pas écouter les 55 pièces à la suite. L'ordre du catalogue, qui
n'est peut être pas celui de l'écriture, marque une progression,
d'abord les voix seules, puis les duos, les trios, etc, les voix aiguës
en premier, les graves ensuite.
Je suis toujours tenté découter ces pièces en ne faisant absolument rien d'autre, si possible dans une certaine pénombre pour me laisser pénétrer par ces voix. Il faut dire que l'enregistrement[2] que je possède a été fait dans un souci de reconstitution peut être un peu trop rigoureux; les voix aiguës sont chantées par des enfants, aucune fioriture, dans un pur esprit baroque de la réforme. J'ai l'impression alors de voir défiler des guirlandes de notes qui s'accrochent, s'enroulent, fusionnent, dansent pour dessiner les plus belles des mélodies. Je ne m'en lasse pas un seul instant. D'ailleurs, en ce moment, pendant que j'écris...
[1] Maître de chapelle, pour ceux qui ne comprennent pas le teuton.
[2] Solistes du Tölzer Knabenchors, direction Gerhard Schmidt-Gaden, enregistré en 1987et 1988, édité par Capriccio (Delta).






























