Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

06 avril 2006

200 ans, ce n'est pas assez

Il y a plus de deux cents ans, ici en France, des hommes et des femmes décidaient de changer la donne dans leur pays, de l'ouvrir sur le monde, de partager leurs richesses et leurs connaissances, de construire une vie plus juste, plus équitable pour tous.

Ce n'était, en 1789, que le début d'un long processus qui commençait par l'abolition des privilèges, qui s'est poursuivi pour des conditions de vie et de travail acceptables, entre autres dans les mines du nord et de l'est, puis par des luttes pour du repos bien mérité, un système de santé et de retraite fondé sur la solidarité. C'est un tout petit mot mais il sonne bien, solidarité.

Notre sécurité sociale a 60 ans (son anniversaire est passé quasiment inapperçu), construite à un moment où notre pays allait mal, l'économie était au plus bas, tout était à reconstruire.

Depuis, sans cesse, une classe de personnes, la plupart du temps à la direction de notre pays, fait tout pour détruire cet édifice qui se montre bien fragile; réductions de charges, exemption de charges (je rappelle que ces charges, insupportables pour les entreprises comme le dit le MEDEF, font partie intégrante de notre salaire, le salaire indirect; réduire les charges des entreprises, c'est réduire notre salaire), chômage chronique, augmentation des cotisations, promotion des mutuelles, transferts de compétences, etc. Il est insupportable aux patrons qu'une telle masse d'argent puisse être gérée par de simples citoyens. Aujourd'hui, tout est mis en concurrence (on parle même de marché du travail), les gens comme les biens; j'ai entendu dire par des experts devisant au sujet du CPE qu'il permettra de mettre trois personnes sur un même poste pour pouvoir choisir plus facilement, les deux autres étant aisément jetables.

Mais ce n'est pas tout. Notre brillant ministre de l'intérieur veut faire passer une loi qui permettrait d'aller faire son marché de main d'oeuvre à l'étranger; je choisis les bons bien diplomés que je vais payer des queues de radis et, s'il bronche, il n'aura qu'à retourner d'où il vient. Pas de naturalisation en cas de mariage, pas de regroupement familial, on aura un volant de travailleurs hautement qualifiés pour pas cher, corvéables à merci et qui auront trop peur pour ouvrir le bec.

Solidarité, un petit mot qu'il va falloir rayer de nos dictionnaires, si ça continue...

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Posté par berlioz à 17:45 - Mes combats - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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