30 mai 2006
Regarder et voir
Je
vous ai déja parlé de peinture, d'expositions, de films ou de livres
mais point encore d'architecture. Alors pourquoi commencer ? Parce que
cela me fait envie; envie de vous parler d'un architecte que j'ai
découvert il y a déja quelques années et qui sévit peu chez nous; un
architecte Catalan qui fait surtout dans les édifices publics, ponts,
gares ou musées. Je veux parler de Santiago Calatrava qui a, entre
autre, dessiné la gare du TGV à Lyon, le long de l'aéroport Saint
Exupéry.
Il y a toujours chez Calatrava des rondeurs, des courbes flatteuses, des formes qui rappellent l'oeil avec des parois s'ouvrant comme des paupières, des haubans comme des cils, des symétries chatoyantes.
Je vous invite à aller visiter les deux sites qui parlent de lui, l'officiel et le non officiel qui, tous deux, montrent différentes facettes de cet artiste à suivre.
29 mai 2006
La parole à distance
Si
ma journée de dimanche fut faste, remplie de repos bien mérité,
d'expériences culinaires réussies et de promenades champètres
délassantes, elle fut aussi émaillée de rencontres curieuses, de
croisements étonnants, de confrontations avec le monde moderne me
mettant le sourire à la bouche et la consternation à l'esprit.
Ainsi, en sortant du parc départemental de la Courneuve, y avait il le dernier des dix jours du cheval avec son ambiance fin de salon et ce cavalier, seul au milieu de la prairie, en train de parler à son téléphone mobile.
Ah, le téléphone mobile, l'outil devenu indispensable et, comme tout outil qui se respecte, utilisé à tort et à travers, aussi bien pour demander son chemin, des nouvelles d'un proche que la marque de dentifrice à acheter au supermarché; joies que cet outil qui nous permet, à nous pauvres passants, de profiter des conversations privées des uns et des autres, des amours naissantes et des brouilles définitives.
Comme
cette jeune femme croisée peu auparavant, tendue entre la poste et le
commissariat de police, toute habillée de rose et hurlant ses phrases à
son parallépipède de plastique "mais toi tu te drogues", "ton lecteur
de DVD, mais quel lecteur, c'est mon lecteur", "vas y, suicide toi,
jette toi par la fenêtre", l'objet n'étant plus alors collé à l'oreille
mais tenu fermement devant la bouche, comme pour mieux invectivé son
correspondant.
Etant donné les décibels projetés, nous avons pris quelques distances avec la personne qui faisait se retourner tous les piétons à proximité et avait même fait sortir un agent de la force publique de son usine. En d'autres temps, cette conversation aurait eut lieu au pire dans une cabine publique, cabine fermée par des portes empêchant de tenir tout le quartier au courant.
Le problème n'est pas nouveau si j'en juge par les traces historiques glanées ici ou là, comme cette peinture de Degas ou cette sculpture sur une église de Luca.
26 mai 2006
L.A. Loupé Artisitique
Comme vous êtes nombreux à vous en rendre compte, le printemps met quelques temps à bien s'établir chez nous. Dans moins d'un mois ce sera l'été, il faudrait qu'il se dépêche un peu s'il veut qu'on garde un souvenir de lui, voire qu'on le regrète.
Quoi qu'il en soit, c'était un temps à ne pas pique-niquer ni à se faire bronzer sur les berges de la seine, le temps idéal pour aller au cinéma ou s'enfermer dans un musée, ce dernier choix ayant été le notre.
Nous avons donc débarqué à quatre Olivier, Fuligineuse, Mélisande et moi à Beaubourg, haut lieu de l'art contemporain, pour y aller voir l'exposition consacrée à l'érection de Los Angeles en capitale de l'art entre 1955 et 1985. Aucun à priori en entrant, aucun jugement préalable, rien contre l'art contemporain en général. Ce que j'ai pu regrèter ici, c'est que, la plupart du temps, le discours constructif de l'oeuvre est plus intéressant que le résultat final. On peut voir de beaux objets bien lisses au processus de création artisanal mais au rendu de qualité industriel, des effets de lumière intéressants, des oeuvres très dérangeantes (c'est souvent leur but), des photos magnifiques.
Côté organisation, j'ai été assez exaspéré par le choix d'oeuvres cinématographiques d'une durée incompatible avec la visite d'une exposition (50 et 80 minutes); soit il n'est pas important de les voir en entier et alors, pourquoi les montrer, soit l'oeuvre doit être vue in extenso et pourquoi choisir ce cadre pour les montrer. Le reste est assez bien agencé dans un parcours chronologique sinueux dans lequel on peut faire son marché, s'arrêter ici ou là, passer tel tableau ou telle vidéo pour s'attarder ailleurs.
Si vous cherchez à tout voir, tout lire, tout écouter, vous pouvez facilement passer votre journée entière au sixième étage de l'édifice et finir comme ces malheureux visiteurs qui n'ont pas résisté à l'appel du sommeil. La culture ça fatigue, surtout quand c'est soporifique.
25 mai 2006
Deux en un
Je viens de voir, dans une rame du métropolitain de la capitale, une publicité pour un appareil permettant de pratiquer la marche plus ou moins rapide tout en restant dans son appartement, un sélecteur de vitesse donnant la possibilité de choisir la vitesse de la promenade, de la marche soutenue à la course folle. L'intitulé précisait que cette magnifique machine était, en plus, dotée d'un écran de télévision intégré. Joie! vous avez maintenant la possibilité de vous muscler les fessiers tout en regardant "Le juste prix", de gonfler vos mollets en dégustant "Il n'y a que la vérité qui compte", de donner un soutien à votre abdomen en vous grisant du "Maillon faible".
J'ai trouvé un slogan publicitaire adéquat: "2 en 1: durcissez vos muscles tout en amollissant votre cerveau".
23 mai 2006
Sauvons nos dragons
Non, je ne vous parle pas de courir la gueuse ou de courtiser la gourgandine, l'orthographe ne serait pas la même, je veux vous entretenir de l'exposition qui se déroule actuellement à la grande galerie de l'évolution, sise au jardin des plantes dans Paris.
L'intitulé, "Dragons entre science et fiction" avait de quoi en allêcher plus d'un et nous avons profité, Mélisande, le grand Jo et moi, de l'opération européenne des musées la nuit pour aller lui rendre une petite visite.
L'exposition commence par montrer quelques gentils dragons, en jouet, en cerfs-volants ou héros de contes et histoires divers pour se poursuivre par une très courte évocation historique et géographique (c'est fou ce que ce mythe peut être présent dans des civilisations humaines très différentes sous ou forme ou une autre), suivie de quelques jeux (cherchez les dragons dans l'air, la terre ou le feu), son utilisation en tant que motif décoratif ou en tant qu'insigne du pouvoir puis de symbole festif. Si sa présence au cinéma est à peine esquissée, la litérature n'est représentée que par quelques bandes dessinées ce qui me semble tout de même assez réducteur.
J'ai gardé tout de même pour la fin une petite enclave, un petit havre de paix car moins visité par la foule, une collection d'objets utilisés par leurs inventeurs comme preuve de l'existence des dragons: une tête de caïman momifiée (une tête de dragon), un rostre d'espadon (une langue de dragon), un crâne d'ours (une autre tête de dragon), un météorite (une pierre de dragon perdue par l'un d'eux en vol). Il est amusant et assez émouvant de voir comment un homme peut se fourvoyer dans son interprétation à cause d'une ferveur trop grande, une volonté de convaincre absolue.
A part ça, si vous n'avez pas d'enfant en dessous de douze ans, l'exposition est un peu chère pour ce qu'on y trouve.
Tout ce que vous pouvez vouloir en savoir ce trouve ici.
La photo a été prise devant la Galerie où trône une sculpture de dragon en matériaux de récupération.
21 mai 2006
Tajine sarladais
J'aime les mélanges et ils me le rendent bien.
Mélisande venant passer la fin de semaine en ma compagnie, j'ai mijoté un petit plat dont je lui avait sussuré le nom quelques temps auparavant; un tajine poulet aux olives et citron confit, fait à ma manière.
Prenez quelques morceaux de poulet, cuisses, pilons, blancs et faites les dorer dans un peu de graisse de canard, salez, poivrez. Placez les au fond du plat à tajine. Coupez quelques pommes de terre en cubes et deux courgettes en rondelles que vous ajoutez au poulet. Parsemez d'olives pimentées, ajoutez un citron confit, recouvrez du couvercle réglementaire, arrosez du gras, ajouter un verre d'eau et laissez cuir dans un four chaud le plus longtemps possible. Le mien y est resté une fois une heure et demie et une fois deux heures.
Si j'ajoute que le dessert était une glace au chocolat faite de mes petites mains, vous saurez pourquoi elle revient.
20 mai 2006
Dors, je le veux!
Je
crois que cette fin de semaine, je vais aller en faire autant. Avec le
temps qu'on nous promet, à nouveau la fraîcheur et de l'humidité à tout
va, je vais camper au fond de mon lit et ne plus en bouger tel une
marmotte frileuse et fatiguée.
La nuit des musées, organisée dans toute l'Europe, se passera peut être de moi, à moins que je trouve un sursaut dénergie pour affronter et le déluge et la foule pressée aux portillons.
La flemme me guette.
16 mai 2006
Evidence
Bien que perdu dans mes pensées, il m'arrive, au cours de mes pérégrinations, d'entendre des morceaux de phrases, des bouts de conversations, des tranches de dialogues. Ainsi, il y a quelques heures en rentrant chez moi, je suis passé devant une cabine téléphonique, fonctionnant parfaitement malgré sa présence dans une banlieue jugée "chaude", dans laquelle un homme parlait avec véhémence. J'ai juste saisi la fin d'une phrase, "Oui, mais elle va croire que je vous appelle!".
Bien que je ne sache absolument pas de qui il s'agit, je pense qu'elle a raison.
Honni soit
Hier, j'ai vécu une expérience inoubliable; je suis allé accompagné un collègue, un camarade, au tribunal d'instance. Son comité d'entreprise a contesté, par lettre, sa nomination en tant que délégué syndical, alors qu'oralement ils l'ont félicité pour sa décision. En dehors du fait que ce revirement est étrange, que la lettre a été écrite durant une réunion extraordinaire du CE convoquée pour cela, on peut se demander quelle est la motivation de cette instance dans laquelle un délégué n'a aucun pouvoir, hormis celui de prendre la parole; il ne vote pas et n'est consulté sur aucune question que ce soit.
Étrangement, depuis cette nomination, cette personne est la cible de reproches, reçoit des avertissements difficilement justifiables, est harcelé par sa hiérarchie. Doit on y voir un lien ?
14 mai 2006
Code bienséant de la route
Je roulais tranquillement à vélo sur le trottoir et puis, quelle connasse, y'a cette femme qui marchait sans regarder devant elle qui a fallit me rentrer dedans!
(Cycliste croisé hier sur un trottoir de Boulogne-Billancourt expliquant à son fils roulant derrière lui son mouvement d'humeur.)






























