Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

31 juillet 2006

Hummmmm

Un vieux proverbe indien, sans doute émis la première fois par un vieux sage, dit "Si un homme a faim, donne lui un poisson et il n'aura plus faim; apprend lui à pêcher et il n'aura plus jamais faim". Je vais donc vous apprendre à pêcher, à pêcher la glace à la pistache.

Hummm, la pistache, c'est bon la glace à la pistache, quand elle n'est pas faite avec des arômes presque naturels et des colorants complètements artificiels. Pour un petit litre de glace il vous faudra un peu moins d'un demi litre de lait, un peu plus que vingt centilitres de crème fraîche, une bonne centaine de grammes de pistaches décortiquées, non grillées, non salées (tous les goûts sont dans la nature, mais il y a des limites que je me garderais de franchir), cent cinquante grammes de sucre en poudre.

Commencez par écrasez, hâcher, piler les pistaches afin d'obtenir une pâte épaisse que vous délayez dans le lait. S'il reste des morceaux ce n'est pas grave, ça donne du croquant et des surprises dans le résultat. Ajoutez la crème et le sucre, mettez le tout dans une casserole que vous mettez à feu doux jusqu'à l'apparition des premiers signes de l'ébullition. Retirez du feu et laissez refroidir complètement. A l'issue de cette opération, j'ai ajouté une petite cuillière à soupe d'eau de fleur d'oranger, parce que j'en avais envie.

Mettre dans une sorbetière jusqu'à obtention d'une pâte homogène que vous transvasez dans un récipient que vous vous dépêchez de mettre au congélateur ou dans le bac à glace de votre réfrigérateur.

Dégustez alors sans modération. Hummm, c'est bon la pistache.

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28 juillet 2006

Ils ne dormaient pas tous

Il est rare que l'actualité nous gratifie, en période estivale, d'une telle richesse d'événements croustillants qui permettent de faire oublier ce qui se passe chez nous. Començons par le gros mensonge du jour, le nombre de chômeurs a baissé, ce qui serait formidable si ce n'était pas que le nombre des chômeurs inscrits, c'est à dire sans ceux qui ont été radiés pour des raisons diverses et variées, ceux qui ont été changés de catégories, ceux qui ont été dégoutés par des démarches avilissantes et répétitives, avec des formations sans aucun débouché proposées plusieurs fois, des stages non rémunérés, etc.

Heureusement, pour éviter de penser à ça, les cyclistes du tour de France ont fait un gros cadeau aux journalistes de tout poil en éclaboussant la dernière épreuve d'une grosse tache de stéroïde (parce qu'on ne sait peut être pas encore trouver le produit à la mode).

Mais, pour rendre justice à une profession qui ne fait pas toujours ce qu'elle veut, je tiens à rendre hommage à ceux de France2 qui dans un journal récent ont mis en lumière une pratique dont in ne parlait plus trop, celle de l'esclavage moderne. Ils nous racontaient qu'un effet secondaire du conflit au Liban était le nombre des employées de maison, Philippines pour la plupart, qui viennent chercher refuge dans des églises en demandant la protection de leur consulat. Les employeurs conservant leur passeport, elles n'ont aucune possibilité d'être rapatriées chez elles. Le journal montrait même une brave libanaise venant chercher sa petite main en disant qu'elle avait payé pour elle, qu'il fallait qu'elle vienne travailler.

Nous vivons une époque formidable!

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27 juillet 2006

Deux à zéro

Après avoir gagné la première manche, je viens de finir la deuxième du boléro que je destine à Mélisande. Ne reste plus que les bordures à faire, ce qui devrait être assez rapide, et le montage à terminer, ce qui devrait être une autre paire de manche, ce qui est exactement le cas.

Pour les photos, étant donné ma situation technologique actuelle, il faudra attendre un peu, en espérant que je puisse résoudre mes petits problèmes avant de vous quitter pour mes congés bien mérités.

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26 juillet 2006

Le fond fond

Hélas, trois fois hélas, mon disque dur a rendu l'âme hier dans la journée, et je n'étais même pas à côté de lui pour recueillir son dernier souffle. Il y a maintenant son fantôme qui fait "schtoc, schtoc" au démarrage de la machine qui ne veut pas aller plus loin. Il faut dire que mon matériel était plus qu'antédiluvien et que j'avais le projet d'en changer, sans grande conviction l'ancien me rendant les services que je lui demandais. Maintenant, je vais bien être obligé.

Ce qui m'attriste le plus, ce sont les centaines de photos dont je n'ai aucune copie. Ça m'apprendra à faire des sauvegardes!

Heureusement, je vous en ai mis de côté quelques unes pour vous faire patienter durant mes futurs congés.

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25 juillet 2006

Comme une lettre à la poste

Quand j'étais petit garçon, le facteur passait deux fois par jour apporter le courrier à la concierge de l'immeuble qui le distribuait dans les étages. Quand un colis vous était destiné, le préposé aux postes le montait jusqu'à votre porte pour tenter de vous le remettre en mains propres.
C'était aussi une époque où les allocations familiales étaient payées par ces mêmes préposés. Combien de fois ai-je vu la sacoche pleine de billets de banque, le facteur les compter soigneusement, ma mère les ranger précieusement dans une enveloppe qui disparaissait ensuite dans un tiroir.

Et puis, le libéralisme à tout crin est arrivé. Le facteur doit être rentable, et pour ce, non seulement distribuer le courrier dans une zone la plus grande possible, mais aussi vendre des timbres et des enveloppes pré timbrées. Plus question de présenter les colis jusqu'à votre porte ni de distribuer les allocations (ce qui, dans ce cas n'est sans doute pas un mal étant donné le nombre d'agressions de préposés). Plus question d'avoir le moindre rapport humain à moins qu'il ne soit marchand. Pas le temps de demander des nouvelles des enfants qu'on aura vu grandir, de toute façon les restructurations de secteur feront changer  les itinéraires. Plus question de distribuer le courrier deux fois dans la journée, quand vous l'avez une fois il faudra vous estimer heureux.

J'ai l'air de râler pour râler, mais recevoir le numéro de samedi de mon quotidien le lundi soir m'énerve quelque peu. Imaginer que ce fut un beefsteak!

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23 juillet 2006

Ajo blanco

De la soupe en été ? Et pourquoi pas ?
Je vous propose aujourd'hui la recette de la soupe à l'ail qui nous a fort raffraichis Mélisande, nos invités et moi hier soir.
Vous aurez besoin de trois tranches de pain blanc, trois belles gousses d'ail, cent vingt cinq grammes d'amandes, deux cent cinquante grammes de raisin blanc, de l'huile d'olive, du vinaigre, sel, poivre, eau.

Retirez la mie du pain que vous mettez à tremper dans un peu d'eau froide.
Épluchez puis hachez l'ail.
Réduisez les amandes en poudre, si elles ne le sont pas déja.
Égouttez la mie de pain en pressant pour retirer un maximum d'eau et mettez la dans un mixer en ajoutant l'ail et les amandes.
Vous devez obtenir une pâte assez compacte à laquelle vous ajouter quatre cuillères à soupe d'huile et une de vinaigre de vin blanc (personnellement, j'ai mis une cuillère de vinaigre balsamique et le jus d'un demi citron à la place).
Ajoutez soixante quinze centilitres d'eau pour obtenir la soupe que vous mettez à reposer au frais.

Pendant ce temps là, reste le travail le plus délicat. Demandez à votre esclave préférée (non Mélisande, pas sur la tête!) d'éplucher les grains de raisin, de les couper en deux et d'en retirer les pépins. Vous mettez également au frais.

Au moment de servir, salez et poivrez la soupe comme vous l'aimer et ajoutez y les raisins.

Et pas de photo pour accompagner la recette ? Et bien non, nous avons tout mangé avant.

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21 juillet 2006

Vain et sans ivresse

J'avoue, j'ai été déçu. Peut être parce que j'en attendais trop, subjugué par ses deux premiers opus, Virgin suicide et Lost in translation. Cela n'empêche pas de remarquer sa maîtrise de la narration et sa technique irréprochable. Mais il y a un hic.

S'attaquer à un moment d'Histoire est une grande prise de risque, puisqu'on connaît déja la fin et une bonne partie du déroulement. Le parti pris de Sofia Coppola d'adapter un roman très étasunien dans la relation des événements transforme la vie de Marie Antoinette en celle d'un mannequin de mode dépensant sans compter l'argent de l'état. De plus, il est truffé de ces clichés véhiculés par les monarchistes, un tantinet révisionnistes, que Louis XVI n'étais qu'un pauvre homme, un doux rêveur, pas spécialement intelligent, plus intéressé par ses serrures que par l'état et dont la faillite viendrait de l'aide apportée à la guerre d'indépendance des futurs USA.

Je comprends bien que le centre d'intéret de Sofia est le passage de l'enfance à l'âge adulte de cette femme qui est une sorte de monnaie d'échange, un traité d'alliance personnifié; Je comprends aisément le désarroi d'une personne à qui on retire tout ce qui vient de son pays d'origine, ses vêtements, ses bijoux, ses suivantes et même son chien (c'est ce qui semble l'affecter le plus). Je ne peux accepter qu'on en fasse une simple victime de la barbarie populaire.

Du coup, malgré les nombreuses prises de vues faites à Versailles, malgré les toilettes plus soignées les unes que les autres, malgré les perruques délirantes, malgré les pointes d'humour, malgré les clins d'oeil anachroniques, je me suis ennuyé. Du coup, je n'ai pas perdu le tête pour Marie Antoinette.

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20 juillet 2006

De l'ennui

Il y avait ce lieu fermé, calfeutré à l'odeur rance tenace et l'ennui qui me guettait comme chaque semaine que nous nous y rendions, ma mère et moi. C'était un appartement du quinzième arrondissement parisien dont certaines pièces étaient interdites, pleines de souvenirs qui risquaient sans doute de s'effacer par l'arrivée de l'air frais et joyeux de l'enfance réintroduite.

Ma grand mère trônait dans son fauteuil de cuir aux accoudoirs élimés, en perpétuelle tenue de nuit, les sorties lui étant de toute façon refusées par son état d'immobilité presque totale. J'avais droit à la bise à l'entrée et à la sortie, ce qui se passait entre les deux était de mon seul ressort. mon univers se réduisant alors à un morceau de tapis marocain, assez confortable, sans jeu, sans livre, sans compagnon pour meubler mon jeudi après midi.

Profitant de la discussion entre ma mère et la sienne, je saisissais souvent l'occasion du relâchement de la surveillance pour aller explorer les reste du domaine. J'avais déja remarqué la trace d'usure provoquée par le frottement sur les tapis des pieds de l'hôtesse du lieu qui, paralysée presque complètement mettait à petits pas un temps infini pour aller de son trône aux autres lieus de vie de l'appartement; je me devais de connaître autre chose que les motifs géométriques du tapis que j'aurais pu redéssiner de mémoire même quelques années plus tard.

J'ai ainsi fais la connaissance de la salle de bain, plus intimement que lors de mes retraites biologiquement provoquées. C'est fou ce que peut contenir une armoire à pharmacie d'une vieille dame, les ustensiles courants, des médicaments aux couleurs chatoyantes, et même des outils pour homme, car il ne fallait pas oublier qu'il y avait un mystérieux grand père, quelque part au Maroc et qu'il avait, semble-t-il, laissé ici et là des traces de sa vie.

Et là, tout au fond, un objet oblong, brillant qui attirait mon regard et mes doigts; cela faisait une dizaine de centimètres de long, fait de métal et de nacre, articulé par un rivet à une extrémité qui permettait de faire ressortir une lame bien aiguïsée. Enfin un jouet amusant! J'ai donc passé un moment, perché sur mon tabouret, à ouvrir puis fermer le rasoir sabre à plusieurs reprises, jouant, grâce au reflet sur l'acier, à une sorte de cache-cache avec moi même.

Quand ma mère est entrée dans la salle de bain, partie à ma recherche ne me voyant plus brouter la laine du tapis, le rasoir était ouvert. Je comprends aujourd'hui son affolement en voyant un petit garçon tenir ce genre d'engin dans sa main, ignorant tout du danger dans lequel il s'était mis, mais pourquoi m'a-t-elle demandé de le fermer en tendant la main vers lui ?

Le médecin a dit que la lame avait touché l'os, que le tendon était sectionné. Une fois les points de suture effectués, nous sommes rentrés à la maison. Je n'ai pas été puni.

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19 juillet 2006

Pas chaud!

Puisque le soleil fait fondre les queues de casserole et les fours à micro ondes, préparons aujourd'hui quelque chose de froid et cru, un bon gaspacho. C'est facile, bon et rafraîchissant. Pour quatre personnes il vous faudra un beau concombre, un beau poivron, cinq ou six tomates pas trop petites, un morceau de pain, quatre gousses d'ail et sel, poivre, huile d'olive à l'envie.

Les courageux commencerons par ébouillanter les tomates et les poivrons pour les éplucher, ma flemme me l'interdit.

Dans une jatte émiettez les trois quarts du pain que vous imbibez d'huile d'olive. Épluchez puis écrasez les gousses d'ail au dessus. Découpez le reste du pain en petits dés et réservez.
Épluchez le concombre, coupez en un quart en petits dés que vous réservez; le reste, coupé en morceaux grossiers, part au hachage.
Ouvrez le poivrons, retirez en le pédoncule, les pépins et les parties blanches; vous en coupez le quart en petits dés que vous réservez, le reste part au hachage.
Prenez les tomates auxquelles vous faites subir le même sort en en réservant un quart dans les parties les plus fermes en petits dés.

Réduisez en purée l'ensemble des légumes découpés grossièrement, si besoin est en ajoutant un peu d'eau.

Passez le résultat au chinois dans la jatte contenant pain, ail et huile pour retirer petites peaux et pépins, salez, poivrez et mettez au frais quelques heures.

Servez en disposant sur le dessus les petits dés multicolores réservés à cet effet et regardez le côté bénéfique de l'été se répendre sur le visage de vos convives.

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18 juillet 2006

Le manque du vieil homme

Voici ma nouvelle contribution aux Paroles Plurielles:

Après quelques minutes de marche, il perçut que son souffle s'amenuisait et ressentit le besoin de s'asseoir. Il choisit un banc à l'ombre diffusée par les larges branches d'un tilleul et offrant une large vue sur la ville en contrebas.
De là il pouvait voir la route qui menait à sa retraite provisoire serpenter entre les gros rochers et put y remarquer un véhicule rouge, poursuivi de quelques autres mais qui gardait la tête.
Il se baissa, avec difficulté et pris une poignée de poussière qu'il laissa glisser entre ses doigts, car il connaissait son destin, comme chacun sur la terre entière et le caressait du regard sans envie particulière. Puis il reprit son chemin, s'appuyant lourdement sur sa canne, en essayant, tant bien que mal, d'ajouter un pas à un autre pas.
En réalité, il se serait bien vu en bord de mer, trempant ses pieds dans l'eau aux vagues venant mourir entre ses orteils; il imaginerait bien la grande serviette bigarée, les enfants qui courent dans tous les sens, les cris, les rires; rien que d'y penser le faisait déprimer. Il effaça cette dernière image de sa mémoire, rebroussa chemin et oublia sa tristesse de n'avoir encore pu voir la mer.

Les parties en gras représentent la partie fixe commune à tous les textes.

Posté par berlioz à 10:58 - Mes fictions - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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