06 novembre 2006
La tête et les trippes
"Comment vis tu le fait d'être communiste et d'avoir un fils à l'école polytechnique ?"
La question a fusé alors que nous tentions, pour la ennième fois, de refaire le monde, dévaluer la possibilité d'un changement proche, d'entrevoir les moyens à notre disposition pour y parvenir.
Comment devrais-je le vivre ? Je ne cherche pas, comme on m'a accusé à plusieurs reprise de vouloir le faire, à niveler par le bas. A mes yeux, le communisme ce n'est pas 'Un CAP pour tous', mais plutôt donner la chance à tous ceux qui le veulent de pouvoir poursuivre les études dont ils rêvent. Il est inconcevable que dans un pays développé, comme est censé être le notre, de nombreux étudiants soient obligés de payer leurs études en ayant un salaire ou en contractant des dettes phénoménales. Je trouve difficilement acceptable que l'on parle d'études utiles et d'autres qui ne le seraient pas, de voir, petit à petit l'emprise des entreprises sur le monde de l'éducation, cherchant à formater à leurs besoins le plutôt possible leurs futurs employés (et non pas collaborateurs, mot à la mode dans les usines pour donner une sensation d'égalité).
Alors, pour être franc, mon premier sentiment est le soulagement. Je sais que pour quelques temps encore un ingénieur sortant de l'école polytechnique n'aura aucun souci pour trouver un emploi bien rémunéré et même que, sans doute, ce seront les emplois qui viendront à lui. Qu'en sera-t-il de son appartenance à la classe ouvrière, reniera-t-il toute attache, toute filiation, oubliera-t-il d'où il vient, je ne peux le dire encore, mais je pense que ceci est une autre histoire, même si j'espère bien que son éducation aura été suffisante pour que ce ne soit pas le cas.






























