24 novembre 2006
O tempora
Ça y est, il est parti!
Non, je en fais pas allusion au décès de Philippe Noiret, ni à celui du réalisateur Robert Altman, mais aux tribulation d'une inscription portée sur la façade de la bibliothèque universitaire de Paris VIII sise à Saint-Denis, devant laquelle je passe quasiment tous les jours.
En effet, lors du mouvement contre le CPE (vous savez, ce truc qui parce qu'on a été nombreux à se battre n'a jamais été mis en place), des étudiants ont placé une suite de feuilles au format A4, avec une lettre imprimée sur chaque, formant l'inscription "FAC EN GRÈVE". Les feuilles étaient collées assez en hauteur, hors de portée d'une main qui passe, par un petit bout de papier collant sur le bord supérieur et inférieur, les lettres visibles de l'extérieur.
Quelques temps après la fin du conflit, un balais a dû tenter de retirer les feuilles, en décrochant quelques unes, en décollant seulement le bord supérieur pour d'autres les faisant basculer, seules deux restant visibles de l'extérieur. "GR" pouvait laisser penser que la colère grondait toujours et qu'il suffirait de peu pour relancer le mouvement.
Et puis, avec le temps, le papier collant perd de son efficacité et une autre lettre a basculé, ôtant sa visibilité aux passant qui passent. "R" ronronnait alors, tout rentrait dans l'ordre, tout était pour le mieux, les étudiants étudiaient.
Hier, la dernière lettre basculait cachant à la vue le dernier élément du message, aujourd'hui plus aucun papier n'est visible à la fenêtre de la bibliothèque, il ne reste plus rien de ces événements. Dommage.
Alors que j'avais pris quelques photos de l'évolution de cette inscription, la cuisson de mon disque dur cet été me les a fait perdre. Donc pas d'illustration comme j'y comptais.
Commentaires
Je suis vraiment navrée d'apprendre que Noiret est mort, depuis les Ripoux, je l'adore ! Quand il a joué Neruda dans Il Postino, c'était le comble. Maintenant, je me sens comme ce petit chien bleu dans le film du même nom où Noiret jouait le monsieur qui ne pouvait pas s'en débarrasser. J'ai l'impression d'avoir re-perdu mon papa. C'est bête, je sais. Hélas.
Quand on aime lire, on est attiré par tout ce qui est lettre, on lit tout et n'importe quoi, non ? Et j'aime ta façon d'interpréter cette évolution de ces trois mots en déliquescence.
Beaucoup moins intéressant, j'ai vu une énorme banderole devant un magasin de meubles : ANNIVERVAIRE. Où les imprimeurs ont-ils la tête ?
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=31450&pid=3253174
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :






























