31 mars 2007
Chronique d'une mort annoncée
En premier lieu, organisez le manque. Sous des prétextes divers, de mauvaise gestion, de réduction du déficit, réduisez les moyens en hommes et en budget, augmentez les tarifs. Vous attisez le mécontentement, les usagers en ont de moins en moins pour de plus en plus cher.
Dans un deuxième temps, séparez vos activités en différentes filiales sous des noms plus modernes au sigle claquant bien sous la langue, comme FT, BP ou RFF, profitez en pour embaucher les nouveaux arrivants sous un contrat classique plutôt que par concours, évitant ainsi l'écueil de la fonction publique et les salaires réglés selon une grille fixe.
Vous êtes prêts pour la troisième phase, celle de la mise en place de la concurrence, l'ouverture du marché au privé. Maintenant que les investissements ont étés payés par l'argent publique, il est urgent que les profits aillent au privé. Ainsi, les entreprise françaises et étrangères qui n'ont pas eu à faire l'effort de la recherche se lancent sur le même créneau et, utilisant des contrats et des salaires les plus bas possibles, proposent des tarifs meilleurs que les vôtres. Lassés de tant de difficultés à utiliser vos services, une proportion importante de vos usagers va se porter cliente des jeunes pousses. Vous êtes donc obligés de vous aligner et, pour cela, sous la pression de la concurrence, de réduire la masse salariale. Les fonctionnaires restants sont donc, au fur et à mesure, remplacés par des contrats classiques.
En plus, en période de chômage, vous allez trouver pleins de jeunes et moins jeunes contents de trouver, merci à la concurrence, l'emploi leur permettant de ne pas mourir de faim.
Dernière phase, il n'y a plus aucune raison pour que l'état conserve une entreprise, lui qui n'a pas vocation à faire de profits; votre service public est privatisé, purement et simplement. L'état n'est plus responsable de rien, ni du plan de licenciement qui intervient ici ou là, ni du non accès de certains au service en question.
Pour finir, effacez «Egalité» et «Fraternité» du fronton de nos bâtiments publiques.
29 mars 2007
Ce n'était pas un clown, l'Auguste.
Celà faisait bien longtemps que je n'y étais pas allé. C'est à la fois, et tout en même temps à Paris, un musée, une grande maison et un magnifique jardin.
La collection permanente du musée Rodin est installée dans les deux étages de l'hôtel Biron. Bien sûr on y trouve les œuvres du sculpteur, mais aussi sa collection particulière de tableaux et de statues classiques et une salle (mais c'est un peu peu) consacrée entièrement à Camille Claudel. On y voit une sculpture très sensible, toute en finesse qui, chose à l'opposée de l'Auguste maître, ose montrer la réalité, les ravages de la vieillesse, les corps décharnés, les chairs flasques.
Il est intéressant de voir, de salle en salle, l'expression qui se dégage aussi bien des petites pièces en terre cuite ou en marbre que des grandes sculptures en bronze (d'ailleurs, il ne faut pas rater la vitrine expliquant la fonte à la cire perdue), détailler la finesse de la taille et le choix qui est fait, selon l'expression à donner ou le détail à mettre en valeur, de donner un velouté de peau ou de laisser la pierre à l'état brut.
Et puis, pour la petite histoire; c'est le secrétaire particulier de Rodin qui lui a fait découvrir ce lieu au centre de Paris qui était laissé à l'abandon, un bâtiment bien conservé mais en danger, un grand jardin dans lequel les lapins couraient partout et l'a convaincu de l'acquérir. Il s'appelait Reiner-Maria Rielke.
Les photos: Camille Claudel "Vertumne et Pomone", Auguste Rodin "Le cri" et "La Danaïde".
28 mars 2007
Cause toujours, tu m'intéresses
Le métro est l'endroit idéal pour faire connaissance avec nos contemporains ou, plus exactement, prendre conscience de leur diversité et de leur variété permettant, comme avec un miroir, de vérifier que nous ne devenons pas comme eux; comme ce soir, ce couple de passagers devant moi.
Lui est juste devant moi, la cinquantaine bien sonnée, élégant dans son costume bleu foncé à fines rayures assorti à ses yeux, collier de barbe coupée à raz, une valise entre ses grandes jambes qui l'encombraient doublement.
Elle, habillée sombrement sobre, tenait dans sa main gauche un téléphone cellulaire dont elle consultait très fréquemment les indications, fustigeant les transports en commun de ne pas mettre à sa disposition des relais sous tous les tunnels et, dans sa dextre une console de jeu en marche sur laquelle je voyais s'agiter des formes indescriptibles, en couleurs. Ses regards allait de l'un à l'autre pendant que son compagnon de voyage lui faisait la conversation, à laquelle elle répondant tout de même, une phrase parfois, un mot souvent, une locution seule la plupart du temps.
J'étais content d'avoir mon ouvrage à lire, même si j'ai été tenté de tenir compagnie à mon vis à vis que je sentais perdu dans la perplexité la plus grande, histoire que ses paroles ne tombent pas dans le néant absolu. Nous vivons une époque formidable, comme disait l'autre.
27 mars 2007
Voir Montmartre et ne pas mourir tout de suite
J'aime, parfois, à aller baguenauder dans les cimetières parisiens. Tous les guides touristiques signalent celui du Père Lachaise, moins souvent est cité celui de montmartre, plus excentré sans doute, plus éloigné des circuits classiques. Pourtant, il regorge de curiosités.
D'abord, son histoire. Ancienne carrière de gypse qui a fourni pendant des décennies le plâtre de Paris, il est devenu charnier à la fin du dix septième siècle suite à des émeutes réprimées, puis fosse commune pour devenir le cimetière qu'il est, le premier janvier 1825.
Ensuite, sa topographie. Ancienne carrière, il est constitué d'allées profondes et de monticules ce qui en rend la visite assez sportive. De plus, percée plus tard, la rue Caulaincourt passe par dessus grâce à un grand pont métallique qui ombre tout un ensemble de sépultures.
Pour finir, et ce n'est pas la moindre de ses caractéristiques, ses occupants; on en trouve de bien beaux et de célèbres. Cela va de André-Marie Ampère, le célèbre physicien à Francis Lopez, le compositeur d'opérettes en passant par les frères Goncourt, le danseur Nijinjsky, Dalida ou Alexandre Dumas. Emile Zola (sa tombe, ses restes sont au Panthéon) côtoie Sacha Guitry, Georges Feydeau peu deviser théâtre avec Louis Jouvet ou cinéma avec Truffaut ou Clouzeau, Degas causer peinture avec Moreau, Théophile Gautier littérature avec Stendhal, Lili Boulanger parler musique avec Adolphe Sax, Offenbach ou Berlioz.
Une promenade à faire par beau temps, comme pour aller visiter des amis lointains.
Cette note n'aurait pu se faire totalement sans l'entrée wikipedia qui lui est consacrée.
24 mars 2007
Une claque dans les roreilles
Que celui qui n'a jamais dansé me jette la première bière!
C'est trop de la balle, ça déchire grave!
- Tu as pensé à prendre tes médicaments, Berlioz ?
Mais avec une telle musique, comment ne pas sentir ses pieds partir tout seul, voir les popotins se trémousser, les mains virevolter au dessus des têtes. Rachid Taha était visiblement en forme, entouré à la fois d'instruments traditionnels, une flûte au son rauque pleine de souffle, un ud qui même électrifié garde ce son si caractéristique, ombré et velouté, et d'instruments occidentaux, guitares électriques, batterie, ordinateurs.
Il faut dire aussi qu'il avait quelques invités de marque, même si je n'en connaissait qu'un seul, le chanteur des Têtes raides.
A part le fait que la musique était vraiment trop forte pour en gouter toutes les subtilités, nous avons passés, Mélisande et moi, une très bonne soirée, chaloupée, dans une ambiance très chaleureuse, gaie, fraternelle et longue (près de deux heures et demie).
De grands artistes, à suivre de près.
22 mars 2007
Un pot pour les impots
Et côté impôts, que dit notre encore ministre mais candidat depuis longtemps ? Vos impôts vont diminuer, c'est l'air qu'ils nous jouent en haut lieu depuis quelques années (je dois être un sacré privilégié pour n'avoir jamais vu autant mes impôts directs augmenter que depuis qu'ils m'annoncent qu'ils diminuent). Mais qu'en est il dans le programme du candidat du parti majoritaire de la droite française ? Diminution de l'impôt sur les sociétés, réduction, si ce n'est suppression, de l'impôt sur la fortune, grâce au bouclier fiscal porté à cinquante pour cent des revenus. Dans le même temps, puisqu'ils sont au pouvoir depuis déjà quelques temps, qu'ont ils fait ?
En 2002, 10 % des contribuables avaient profité de la baisse moyenne de 5 %,
en 2003, 4,5 % des contribuables avaient profité de 56 % de la baisse,
en 2004, 2,9 % des contribuables avaient bénéficié de 45 % de la baisse.
Ce qui montre bien comme la baisse ne profite qu'à peu.
Mais ce n'est pas tout, car l'impôt le plus injuste, celui qui touche tout le monde sans tenir compte des revenus ou des charges, la taxe sur la valeur ajoutée, lui ne baisse pas. D'ailleurs, c'est un chaud partisan de la « TVA sociale ».
L'idée est de renflouer les caisses de l'état en faisant passer le taux de la TVA de 19,6% à 23, voire 25%. Pour un salarié gagnant un confortable 2200 euros par mois et dépensant la presque totalité de son salaire, cela représente une augmentation de ses dépenses de 100 euros.
Je vous rassure, son grand ennemi, celui qu'on n'attendait pas, qui monte et se voit déjà sur la plus haute marche a un programme qui à ce niveau lui ressemble comme deux gouttes d'eau.
20 mars 2007
Toucher le fond
Le 10 mars 1906, une terrible explosion retentit dans la mine de charbon de Courrières. 1200 mineurs ne remontent pas. Après trois jours de recherches la Compagnie cherche plus à sauvegarder la mine que les mineurs; elle fait murer la mine. Pourtant, trois semaines plus tard, treize mineurs reviennent au jour.
Ce n'est pas une fiction, seulement une événement qui a été couvert par des journalistes. Jean-Claude Poitou, écrivain, journaliste et militant syndical s'est mis dans la peau de l'un d'entre eux pour faire revivre cette époque avec force documents d'archive. Je vous livre un extrait de son ouvrage, Courrières, la mine d'enfer, que je lis en ce moment.
Qui peut dire que, pour des raisons semblables, celà ne se reproduira pas ?
Ce soir, en passant devant l'entrée du 2 (c'est le nom d'un puits), j'ai remarqué une femme. Elle devait être très jeune. Silhouette frêle, à peine visible derrière les tourbillons de neige. Une ombre noire et blanche à la fois. Elle avait les deux mains agrippées aux grilles du carreau. De ses yeux fixes, elle semblait regarder quelque chose que je ne voyais pas. Je me suis aperçu que ses lèvres bougeaient. Sûrement, elle lui causait... Sans cris, sans haussement de voix, paisiblement. Elle disait les paroles qu'on échange le soir devant l'assiette de soupe fumante, et qui racontent la journée, le temps pourri qu'il a fait, les prix du marché ou la mauvaise humeur de la voisine. Peut être, lui disait elle la dernière bêtise des enfants ? Avait elle seulement des enfants ? Je n'ai pas eu l'impression qu'elle pleurait. On peut être tellement triste qu'on a épuisé sa réserve de larmes! Et moi, j'entendais l'autre, je l'imaginais la cuiller à la main " Un peu chaude, la soupe ", racontant la dernière vacherie du chef porion et aussi que les choux de Martin avaient bien réussi cette année et qu'il avait promis de lui en apporter un demain. Et qu'il faudrait, à la prochaine paye qu'elle aille à Lens pour acheter une nouvelle robe, car bientôt, ce sera le printemps et que la beauté de sa femme, c'est important pour un mineur... Et sûrement qu'elle était belle.
Il faisait nuit. Il faisait froid et la fille se couvrait peu à peu d'une cape blanche. Elle devait avoir tant à lui dire! On n'entendait, assourdis, que les mille bruits des soldats du génie qui préparaient leur cantonnement. Des chocs de gamelles, des appels, des pas de chevaux, des claquements de portes. Une armée, ça ne sait pas respecter le silence. Et moi je restais dans l'ombre à quelques pas de la fille, indiscret, comme écoutant aux portes, forçant une intimité à laquelle je n'avais pas droit.
Puis, elle s'est agenouillée. Elle a embrassé la terre, les lèvres dans le mélange de poussier et de neige. C'était le baiser du soir, celui qu'on échange dans les draps au moment où le sommeil vous assomme.
17 mars 2007
Au nord, du nouveau
Celà n'aura échappé à personne, le froid revient en nos villes, un baroud d'honneur dont je me serais bien passé, et beaucoup d'autres également. Est-ce pour celà que mon samedi fut nordique, je ne pense pas, mais il était en parfaite symbiose avec la météo. Après un déjeuner frugal composé, entre autre, d'un sandwich fait de pain suédois, nous sommes allés, compagne, fils et moi, voir le film Le direktor de Lars von Trier, le seul artiste Danois contemporain que je connaisse. J'avais déjà évoqué ce réalisateur à la sortie de son opus précédent qui, je dois le dire, me fascine depuis son premier long métrage. J'avais été subjugué par Le lieu du crime, film glauque, d'un jaune pisseux, dans lequel il pleut tout le temps et où, finalement, ce sont les flics les coupables; j'avais suivi avec délice et frissons Epidémic, film en noir et blanc dont le titre reste incrusté dans l'image en rouge toute la durée de la projection; J'avais, pour une fois, suivi tous les épisodes de sa série consacrée à l'hôpital des fantômes, suite foutraque d'erreurs médicales, de fantômes apparaissant à certains malades, de couloirs sinistres, de cérémonies occultes dont chaque épisode se terminait par un petit commentaire de son réalisateur.
Ici aussi, Lars von Trier, Deus ex machina, vient présenter le film, en reflet dans les vitres d'un immeuble, au côté d'une caméra montée sur grue. Il présente sa comédie, sa manipulation, car il s'agit bien ici de ça. Un patron de petite entreprise s'est inventé un directeur responsable de toutes les mesures impopulaires. mais le jour où des industriels islandais veulent acheter l'entreprise, il faut que le directeur soit là pour signer les contrats. Le patron va dégoter un acteur de seconde zone, ne jurant que pour Gambini, un obscur auteur de théâtre avant gardiste, qui va découvrir au fil de l'eau, comme le public, qui est véritablement chaque personnage de la pièce qu'il doit jouer.
Le manipulateur est connu, même s'il est un double du réalisateur, l'action se situe donc dans la connaissance au fil de l'eau de la situation de chacun, de la découverte de l'ampleur de l'enjeu et de la grande fourberie du patron. Mais est-ce une fable sociale, je n'irai sans doute pas jusque là, même si on sent que Lars se moque continuellement de cette gestion paternaliste des "ressources humaines", du bétail dont on peut faire ce qu'on veut avec un petit peu de psychologie et de doigté.
Malgré quelques petites longueurs, le film est une véritable réussite; pas d'ennui, on rit beaucoup (il y a même un petit coup de griffe dans le dogme dont Lars von Trier est l'instigateur pincipal) et, contrairement à certains, je trouve que ce choix aléatoire des angles de prise de vue et de son ajoute à la manipulation, insiste sur le côté aléatoire de la vie d'un employé dont la carrière est jouée sur un tapis vert, pour un enjeu de gros billets.
Maintenant, ce n'est pas tout, mais il faut que tu termines ta trilogie; j'attends!
12 mars 2007
Le roi des kongs
L'éternité, c'est long, surtout si vous avez oublié votre livre à côté de votre lit.
C'est tout à fait ce qui m'est venu à l'esprit en regardant, il y a quelques jours à la télévision la dernière ressussée de King Kong, une méga production étazunienne, avec force effets spéciaux, célébrités et scénario alambiqué. C'est là que le bât blesse; il y en a trop, ça déborde par tous les côtés.
Je rappelle à ceux qui ne seraient jamais allé de leur vie dans une salle de cinéma ni aurait jamais vu une seule image sur un poste télé récepteur d'images l'intrigue de cette fiction. Un réalisateur allant tourner quelques images pour terminer un film mal parti, croise la route d'un grand primate qui s'éprend de la belle et jeune première. Voyant là une opportunité de se faire un maximum d'argent, il capture la bête pour la montrer sur les scènes de la grande pomme. L'animal ne l'entendant pas ainsi s'échappe, semant la panique dans la grande ville. Une attaque de l'aviation vient, non sans mal, à bout du monstre.
Mais cette histoire assez simple, le réalisateur du Seigneur des anneaux ne pouvait la raconter en quatre vingt dix minutes; il lui fallait trois heures pour pouvoir montrer la vie difficile dans un bateau, la découverte dans un brouillard épais d'une île fantomatique peuplée d'étranges individus à moitié nus, noirs de peau (et quoi de mieux pour représenter une bande de sauvages), d'une très grande violence qui, sans raison donnée transperce un homme d'une lance, en décapite un autre et donne l'héroïne en pâture à LA bête.
Evidemment, lancés à sa poursuite pour sauver la belle, on trouve paissant et ruminant et dévorant toute une collection d'animaux préhistoriques dignes de Jurassic Parc. D'ailleurs, le clou du spectacle est la bataille du grand singe avec non pas un, mais trois tricératops (ce n'est pas facile à dire) [ajout de 17h00: ce sont des T-rex, ce qui change tout, les autres étant herbivores], ce qui nous vaut une petite demi heure de rocambolesques cascades en images de synthèse avec, dérisoirement incrustée, une Naomi Watts ballotée comme une poupée de chiffons.
J'allais oublier; il y a aussi une tripotée d'insectes géants, forcément agressifs avec le genre humain.
Deux scènes à retenir, si vous tenez jusque là, la capture de la bestiole, qui prend bien un quart d'heure, tellement il faut de chloroforme pour qu'elle vacille, et la scène finale avec ascension de l'empire state building et la mort de la pauvre victime qui nous fait le coup de Peter Sellers dans le début de The Party en mettant je ne sait combien de temps à trépasser.
Le pire c'est que, n'ayant ni bière ni pizza, je n'ai pas pu me rattraper sur la nourriture.
08 mars 2007
Question de point de vue
Nos publicitaires ont du génie. Il y a peu, j'ai vu un petit film vantant les mérites d'une marque de lunettes. On y voit un jeune homme, bien de sa personne, portant des lunettes pour discuter via un terminal informatique avec une personne que l'on suppose du sexe opposé, lui donnant à la fin un rendez-vous, le signe de reconnaissance étant une paire de lunettes bleues. Deuxième scène, nous retrouvons le même jeune homme accoudé au bar, toujours souriant, arborant une paire de lunettes rouges.
Entre une forcément belle et jeune femme, souriante, portant les mêmes lunettes mais en bleu. Notre héros à sa vue retire en vitesse les siennes pour en changer les branches, en en mettant de la couleur convenue.
Ce petit scénario peut sembler amusant, voire inventif, pourtant on y retrouve tous les poncifs des relations hommes femmes dans la publicité, la séduction perpétuelle, tous les deux sont des exemples des canons du moment, le sourire est permanent, le dialogue est insignifiant. Mais prenons un peu de distance et imaginons deux petites variantes qui mettent le doigt sur autre chose.
1 - Le jeune home attend avec ses lunettes rouges, entre une femme qui ne soit pas une pin up ou un top model et il ne change pas la couleur de ses branches.
2 - Le jeune home attend avec ses lunettes bleues, entre une femme belle comme un camion portant des lunettes rouges et en voyant le jeune homme, ne les change pas.
Trouveriez vous cela encore amusant (si tant est que vous ayez trouvé amusant l'original) ?
Jugerait on l'homme et la femme de la même manière ?






























