Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

27 avril 2007

Pèlerinage en eau trouble

C'est le dentiste qui m'y a conduit.
Plutôt, soyons clair pour une fois, c'est parce que je sortais de chez lui, qu'il faisait encore bon et que je n'avais pas envie de rentrer directement que je suis retourné dans ce quartier, si proche et si lointain en même temps, presque à mon corps défendant. J'ai retrouvé la rue pavée sans distinction de chaussée ni de trottoir, les commerces dont certains n'ont toujours pas changé d'enseigne, depuis le temps, le temps que j'étais petit, l'ambiance feutrée des quartiers où l'argent n'est pas difficile à trouver dans le portefeuille du chaland qui passe.
Mais j'avais oublié, l'histoire, la vilaine cicatrice, l'évènement qui, pourtant, bousculant tout sur son passage a changé l'orbite de ma vie. Alors, en passant devant chez elle, pas loin de la boucherie chevaline qui n'en est plus une depuis bien longtemps, une bouffée de tristesse et de souvenirs m'a pris à la gorge.
Je n'ai pas pleuré, non, je n'en suis plus là, mais la vilaine blessure m'a démangé un instant, celui qu'il a fallut pour porter mon regard sur un café, bien vivant lui, ce qui n'était vraiment pas le cas de cette zone il y a dix sept ans.
Je ne suis pas Janus, je ne dois pas regarder derrière.

Posté par berlioz à 00:05 - Mes états d'âme - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


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