Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

30 avril 2007

Le pire contre attaque

- Un stylo !
Il n'a pas plus de huit ans et est assis sur un strapontin, sa mère debout à côté de lui, dans une rame de la ligne treize, toujours bondée, quel que soit l'heure du jour ou de la nuit.
- Un stylo ! Donne moi un stylo. Mais si, tu as un stylo, je l'ai vu dans ton sac.
Il parle avec ce geignement dans la voix, la supplique au bord des lèvres. Il ne cesse de réclamer à sa mère qui, stoïque, résiste. Mais s'il continue, c'est qu'il sait déjà qu'elle craquera, à un moment ou à un autre. Et ça ne rate pas; trois minutes plus tard je le vois avec un stylo à bille dans la main en train de l'essayer négligeament sur son pouce.
- Du papier, donne moi du papier.
Voilà le nouveau couplet, pas trop étonnant; à quoi peut servir un stylo sans papier.
- Mais si, tu en as, même écrit.
Encore trois minutes, quatre peut être et il a son morceau de papier, un bout de tract, et commence à griffonner dessus, un trait ou peut être deux.
- Il n'y a plus d'encre. Une madeleine !

Je vous fait grâce de la majorité du dialogue, de la litanie des exigence de ce petit monstre haut comme trois pommes, ce tyran familiale. Je l'aurais volontiers giflé, jeté par la fenêtre, réduit en purée silencieuse. Mais il parait que ça ne se fait pas et j'ai un minimum d'éducation, moi.

Posté par berlioz à 20:51 - Mes humeurs - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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