01 juin 2007
Un caffè, per favore !
Venise est un labyrinthe qui permet de renouveler l'expérience de l'errance sans répétition. Il faut aller marcher dans les rues en se laissant guider par son inspiration, la couleur d'un mur, un parfum ou simplement un air de musique qui transparait. Il faut s'abstraire d'un parcours fléché, ranger son plan dans la poche et goûter cette particularité toute italienne de la place. Il y a à Venise, et dans des tas d'autres villes en Italie, des places en quantité incroyable, des places qui ont une vie propre, qui sont un centre névralgique dans chaque quartier permettant la communication entre générations. De minuscules petites rues, croisant ou non des rii (le pluriel de rio, le mot canal ne s'appliquant qu'à trois des voies principales) irriguent chaque quartier et vous amènent, tôt ou tard, à une place, de la minuscule avec seulement un puits au centre, à la géante avec église, statue et cafés jalonnant sa périphérie.
D'ailleurs, parlons en des cafés. Cette boisson a une telle importance dans la vie de l'italien qu'il n'est pas cher, moins d'un euro la tasse. Mais en plus, vous allez le payer le même prix que vous soyez au comptoir ou assis à une table, cette dernière souvent couverte le matin des quotidiens tout frais, et pas seulement les gratuits qui ont aussi envahi leur paysage.
Le café, à l'instar des places et souvent au centre de celles-ci, est un lieu vivant et d'échanges dont il ne faut pas se priver, un reste de l'agora antique où on se retrouve régulièrement, le matin pour le premier café, le soir pour un apéritif amer.
Bien sûr, on pourra toujours me rétorquer que je me suis promené dans une zone hautement touristique, dans une ville universitaire de surcroit, jeune et dynamique et
que c'est donc une exception. C'est mal connaitre ce pays et il faut aller trainer ses guêtres dans les zones les plus reculées, les petits villages les plus isolés, de la Vénétie à la Sicile, pour se rendre compte que le café est le lieu stratégique, le centre de vie de la société italienne.
Au programme de tout voyage en Italie doit figurer une balade erratique, une dégustation de café matinale avec les travailleurs de passage, le repos sur une place à l'ombre d'un arbre touffu et un apéritif nocturne au milieu d'une population qui n'hésite pas à se mettre sur son trente et un pour goûter ces quelques instants de convivialité.
Vous ai-je dit que, dernièrement, je me suis rendu compte que je rêvais en italien ?






























