Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

29 juin 2007

Egare ses fontes

IMG_0666Hier soir, après de nombreux mois de désertion des salles obscures, j'ai repris contact avec le monde du cinéma. Je dois dire que je n'ai pas été déçu. Foin des films étasuniens placés sous le signe du dollar, loin des films franchouillards nous avons choisi le film d'animation Persépolis qui, s'il fait beaucoup parler de lui, le mérite amplement.

Il n'est jamais facile de résumer une intrigue sans en dévoiler les ressorts, il en est de même ici avec cet objet très visuel, très léché dans le noir et blanc somptueux et la mise en scène fluide et inventive. Sachez simplement, si vous ne le savez déjà, qu'il s'agit du récit autobiographique de la dessinatrice et réalisatrice, Marjanne Satrapy, jeune iranienne de bonne famille qui va traverser trois époques terribles, la dictature du Shah avec sa cohorte de victimes (pas grave, surtout des communistes), puis la révolution islamique avec sa dictature revencharde et ses victimes nombreuses (pas grave ce sont aussi des communistes [mais pas seulement]) et la guerre avec l'Irak et ses bombardements quotidiens, la peur omniprésente et la réponse barbare du pouvoir.

Si on rit, l'histoire n'est pas loin avec quelques rappels qu'il fait bon entendre; si la gravité s'installe ensuite, on continue de sourire et d'admirer la maîtrise de la narration, l'art de l'ellipse. N'hésiter pas à vous rendre dans les bonnes salles qui le passent, vous ne serez pas déçus.

Le rapport avec la photo ? Je l'ai prise juste après dans le le lieu de notre restauration.

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26 juin 2007

Rappel phosphoré

Il y a trois ans, le ministre de l'économie, des finances, et de l'industrie, était interrogé par la Commission des finances du Sénat sur l'idée de "TVA sociale". La lecture du compte rendu de cette discussion n'est pas sans intérêt.

Le sénateur Aymeri de Montesquiou commence par défendre l'idée de "TVA sociale", qui permet, argue-t-il, de lutter contre les délocalisations et d'améliorer la compétitivité française en permettant une baisse des charges sur les entreprises.

Réponse cinglante du ministre qui a considéré qu'une augmentation du taux de TVA irait à l'encontre de la construction européenne, qui se traduisait notamment par une convergence des taux d'imposition, alors même que le taux normal de TVA en France était, aujourd'hui, plus élevé que la moyenne de l'Union européenne.

 

Mais le meilleur vient ensuite. Le sénateur Jean Arthuis revient à la charge. Selon lui, un supplément de TVA n'aurait pas d'impact sur les produits "made in France", dès lors que les charges patronales seraient parallèlement abaissées : seuls les les produits importés deviendraient, eux, plus onéreux.

Le ministre le remet sèchement à sa place, il a relevé que les études économiques dont il disposait montraient que l'impact le plus récessif d'une hausse de la fiscalité des ménages provenait de la TVA, dont une hausse d'un point pouvait donner lieu à 0,9 point de croissance en moins, alors que l'impact d'une hausse de la CSG et des charges patronales était respectivement de 0,5 point et 0,4 point sur la croissance. Il a ajouté que l'accroissement du taux normal de la TVA serait problématique pour la compétitivité française, à l'heure où certains des nouveaux états membres de l'union européenne proposaient des taux d'impôt sur les sociétés allant de 10 à 19 %. Il a enfin rappelé que l'état ne contrôlait pas le niveau des prix, et qu'il était donc à craindre qu'une hausse de la TVA, malgré la diminution des charges, ne fut intégrée dans la marge, et donc intégralement répercutée sur le prix de vente, à l'image de ce qui avait déjà été constaté dans la grande distribution".

Vous l'aurez deviné, ce ministre est aujourd'hui président de la république.

Maintenant, un petit problème de calcul:
Si, selon le ministre en 2004, "une hausse d'un point pouvait donner lieu à 0,9 point de croissance en moins", quel serait l'impact sur la croissance d'une hausse de 5 points, évoquée par le Premier ministre de notre président 2007 ?

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25 juin 2007

Dépression

meteo

C'est déprimant une dépression pareille !

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24 juin 2007

Des chiffres et des lettres

Je me souviens des numéro de téléphone parisiens à trois lettres et quatre chiffres. Les trois lettres correspondaient à l'abréviation du nom du central auquel vous étiez raccordé. Ainsi, le numéro de mes parents était VIC 50 19, VIC étant l'abréviation de Victor, central se trouvant sur le boulevard du même nom.

Il est amusant de constater que les lettres sont restées sur les combinés alors qu'elles n'avaient plus aucun sens avant que le téléphone cellulaire fasse son apparition avec ses petits messages que l'on peut transmettre hors communication.

Il n'empêche que ce système permettait de retenir beaucoup plus facilement le numéro d'une personne. La preuve, je me souviens encore de celui-ci que je n'ai jamais composé et j'ai bel et bien oublié tous les suivants, mis à part l'actuel.

Nous devrions essayer de composer un mot avec notre numéro actuel, dix chiffres égalent dix lettres, ce qui serait un moyen mnémotechnique infaillible. Qui s'y met le premier ?

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20 juin 2007

Mille mâles mollets

"On sort tout de suite ou on attend que la pluie tombe ?", dis je un brin ironique à ma douceur en train de bricoler sur l'ordinateur. C'était dimanche et la pluie nous attendait à la sortie du métropolitain. Alors, à défaut d'autre chose, nous avons déambulé le long de la Seine aux eaux aussi grises que le ciel et les pavés battus.

La pluie, je n'ai rien contre mais, quand elle traverse la fine paroi de mon blouson pour couler sur les bras, les cheveux, le dos j'en ai vite assez, je bougonne, rêve d'un lit bien chaud et d'un grog de même.

Après avoir senti un filet dégouliner entre mes omoplates nous rejoignons la station la plus proche qui se trouve être sur notre ligne, nous permettant de sécher un peu avant de replonger sous la grisaille humide et enfin retrouver notre terrier hydrophobe.

J'ai juste le temps d'enlever ma pelure dégoulinante, mes sandales devenues informes pour voir, posés sur la rambarde du balcon, deux pigeons aux fientes menaçantes. Je me précipite pour, d'un air menaçant, les faire s'enfuir à tire d'ailes, quand je ressens une violente douleur dans le mollet gauche; comme un coup brutal. Je m'effondre au sol en grimaçant. Impossible de tendre la jambe, impossible de faire un pas sans ressentir ce nœud au bas de la jambe.

Le lendemain, j'ai clopiné jusqu'au travail, boitant plus qu'un canard, me crispant de la mâchoire à chaque tentative de pas, redoutant chaque trajet, maison vers métro, métro vers boulot et encore quelques autres car c'était jour de répétition.

Aujourd'hui, je commence à marcher à nouveau normalement, ou presque.

Salauds de pigeons !

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19 juin 2007

Ramenez votre fraise

IMG_3096La chaleur refait son apparition, l'été se profile au bout de la semaine, il est temps de se remettre aux glaces et aux sorbets.

Cette fois ci, je vous livre ma recette de sorbet aux fraises.

Sélectionnez 350 grammes de fraises bien parfumées, sucrées, mures et appétissantes. Mixez les avec deux cents grammes de sucre et autant d'eau. Personnellement, et pour cette fois ci, j'ai choisi des fraises gariguette et j'ai ajouté quelques gouttes d'eau de fleurs d'oranger.

Juste avant de mettre le mélange dans la sorbetière j'ai ajouté, et tout le moelleux vient de là, un blanc d'œuf battu en neige et une cuillère à soupe de crème fraiche.

Laissez prendre doucement dans la sorbetière puis conservez au congélateur ou dans le compartiment à glace du réfrigérateur.

Par contre, pour la dégustation, je vous conseille de vous servir en premier après, il n'y en a plus.

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Loin des yeux

Je n'ai pas tout de suite fait attention à la jeune femme venue s'assoir devant moi car tous mes regards étaient pour son voisin, un homme qui suceotait une petite lamelle de métal, la faisant ressortir sur le bout de sa langue par intermittence avant de la faire disparaitre à nouveau d'un coup adroit de son muscle buccal.
A vrai dire, rien de la distingue de ces jeunes femmes d'aujourd'hui, habillée mode, ou telle quelle le croit, ou telle que certains magazines le font croire. Elle reste là sans bouger pendant quelques stations puis, comme celà devient courant, se saisie d'un petit appareil téléphonique de poche, compose un numéro ou en choisit un dans une liste pré enregistrée, puis entame une conversation qui semble passionnante; pour elle.

Pourquoi continuer à s'intéresser à cette personne ? Elle n'avait rien de particulier, mes yeux sont allés se porter sur d'autres horizons. C'est l'arrivée a une station qui m'a tiré de mes rêveries, elles sont propices à de grands mouvements de foule; des nouveaux visages à découvrir.

L'homme à la languette se lève pour sortir et ma voisine de s'écrier au téléphone "Viens vite, y'a une place de libre !". Son interlocuteur était assis sur un strapontin à deux mètres derrière elle.

Nous vivons une époque moderne, comme dirait l'autre.

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17 juin 2007

Décomplexation, quand tu nous tiens

Il n'est plus étonnant de lire aujourd'hui dans les grands quotidiens que Laurence Parisot, patronne des patrons, approuve grandement les mesures fiscales annoncées par le gouvernement ni d'apprendre qu'elle défend le projet de "TVA sociale" (tiens, il me semblait avoir entendu que ce n'était qu'une idée en l'air; on nous aurait menti ?).

Savoir que les patrons sont très contents de voir transférés une partie des cotisations sociales des employeurs vers les consommateurs, c'est à dire tout le monde, met en exergue les principaux bénéficiaires de la méthode, les gros employeurs. Comme je l'ai déjà dit, mais aurais malheureusement l'occasion d'y revenir, c'est une lente marche vers la privatisation du service de santé et des retraites, l'individualisation forcenée, le retour à la loi de la jungle.

Mais il y a mieux quand elle parle de la défiscalisation des heures supplémentaires:

"La détaxation des heures supplémentaires va dans la direction d'une économie de l'offre, et la déductibilité des intérêts d'emprunt est aussi une orientation intéressante", a-t-elle expliqué, par ailleurs, en estimant toutefois que la détaxation et la défiscalisation des heures supplémentaires n'était qu'une première étape et en plaidant pour la fin de la durée légale du travail.

Voici notre futur qui se dessine. Plus d'heures supplémentaires, puisque toute heure sera une heure normale. Plus de limitation du temps de travail, aussi bien de jour que de nuit, puisqu'il n'y aura plus de limite légale. Plus de durée minimum de repos non plus. On peut supposer aussi que le sacrosaint repos dominical va disparaitre.

Je laisserai sans commentaire le dernier paragraphe de cet entretien relaté par Le Monde.

Grâce au projet de loi, actuellement étudié par le Conseil d'Etat et qui devrait être présenté en conseil des ministres le 20 juin, "la plupart des PME (petites et moyennes entreprises) vont voir leur coût du travail diminuer", a-t-elle déclaré. Cette mesure "combine la stimulation de l'offre et de la demande et je suis convaincue qu'elle est décisive". Elle a également proposé un autre coup de pouce aux petites entreprises en faisant en sorte "que la valeur d'acquisition de parts de PME soit exclue de l'assiette de l'ISF (impôt de solidarité sur la fortune), comme on l'a décidé pour les œuvres artistiques".

Entretien accordé au Figaro économie du 14 juin 2007.

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16 juin 2007

Qui a dit

Quiconque me parle de Dieu en veut à ma bourse ou à ma liberté.

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15 juin 2007

Au bord du gouffre

Le procédé a beau avoir été utilisé plus d'une fois dans les deux dernières décennies, je suis toujours surpris et révolté par son utilisation. Les gouvernements successifs, lorsque une proposition de loi s'avère anticonstitutionnelle s'évertuent, plutôt que de changer le texte de ce projet, de changer la constitution. Ainsi ai-je entendu ce matin que notre président, ayant l'intention de régulièrement aller s'inviter au palais Bourbon pour défendre les lois qu'il veut mettre sur pieds, ce qui est strictement interdit, pour garantir l'indépendance de la chambre, par notre constitution , a l'intention de modifier cette dernière pour parvenir à ses fins.

Ceci m'offusque, me scandalise encore plus que les contournements successifs pour faire entrer les mesures européennes dans le cadre de notre constitution, sans demander notre avis à ce sujet mais que cette fois on vienne toucher à un sujet aussi essentiel que la séparation des pouvoirs me fait craindre le pire pour l'avenir. Ne sommes nous pas sur le point de nous livrer, pieds et poings liés, à une dictature sans nom ? Ne sommes nous pas en train de brader la démocratie sur l'hôtel des promesses électorales qui étaient, en plus, fort douteuses ? Ne sommes nous pas en train de laisser se créer un nabot-léon qu'il nous faudra expulser à la force des baïonnettes ? J'en tremble comme dans l'opéra:

DON GIOVANNI:
Da qual tremore insolito
Sento assalir gli spiriti!
Dond'escono quei vortici
Di foco pien d'orror?

CORO di DIAVOLI
(di sotterra, con voci cupe):
Tuo a tue colpe è poco!
Vieni, c'è un mal peggior!

DON GIOVANNI:
Chi l'anima mi lacera?
Chi m'agita le viscere?
Che strazio, ohimè, che smania!
Che inferno, che terror!

Comme le disent les diables à Don Giovanni, pour tes fautes, c'est bien peu, viens, il y a une douleur bien pire. Mais la méritons nous ?

Posté par berlioz à 18:35 - Mes rages - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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