20 décembre 2007
Sur les mauvais rails
Décidément, le métro et ses occupants m'étonnera toujours. Pas plus tard que ce soir j'y ai vu une scène inédite pour moi. Mon voisin d'en face m'intriguait depuis que je m'était installé dans le même carré. Il farfouillait dans les poches de son blouson faisant tomber alternativement tout ce qui pouvait s'y trouver, des petits objets, des monceaux de petits bouts de papier. Et puis, il eut un geste curieux; il ouvrit en L une feuille de choux disponible gratuitement que certains appellent encore journal au creux de laquelle il glissa un livre d'une grosse centaine de pages, le tout posé sur ses genoux, l'un des pan de la feuille cachant au regard de ses voisins ce qu'y pouvait s'y nicher.
Le plus discrètement possible, je le voyais s'affairer derrière son abri de fortune, gratter, frotter avec sa carte de transport, et refermer l'ensemble. Puis il y retournait, recommençait. Le manège a bien duré dix minutes. J'ai fini par comprendre mais je doutais encore du but de la manœuvre quand je l'ai vu approcher le visage du livre entrouvert et inhaler grâce à une petite paille une ligne de poudre blanche, puis une deuxième. Oser faire ça dans un lieu aussi rempli de témoins me semble d'un culot ou d'une inconscience extraordinaire.
Il avait peut être vingt cinq ans, propre sur lui et pas spécialement stressé. Je me demande quand j'assisterai à mon premier shoot au musée du Louvre.






























