Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

27 janvier 2008

Comment je me suis disputé

IMG_4892Ma vie textuelle

Ma fin de semaine fut fort aventureuse, fort pleine de rebondissements et aurait pu fort mal se terminer, au grand dam de Mélisande qui n'apprécie pas  outre mesure la cohésion de mes actes avec mes idées quand elles risquent de me mener sur une mauvaise pente. Mais commençons par le début.

Samedi, je me rendais à une répétition et nous faisions de concert le chemin vers la station de métro. Je ne suis pas toujours sage et n'attends pas systématiquement que le feu passe au rouge pour m'engager sur le passage mais dès que le trafic le permet. Là, il n'en était rien. Le feu était rouge, le petit bonhomme bien vert quand une voiture venant de derrière et tournant sur sa droite, au grand mépris des piétons présent, nous passe quasiment sur les pieds. Mélisande tenait ma main droite, la gauche munie du quotidien trouvé dans ma boîte aux lettres s'abattit sur le toit du véhicule pour manifester mon mécontentement. La voiture s'arrête, la vitre du conducteur se baisse et je m'apprête à recevoir ses excuses quand le monsieur au volant me couvre d'une bordée d'injures, me traitant entre autre de connard.

- Tu devrais te méfier, un jour il y en a un qui sortira pour te frapper.

Oubliée toute cette aventure, nous voilà aujourd'hui nous rendant au musée de Cluny, nous pâmant d'aise devant des vitraux de toute beauté, des statues à la pierre charnue, aux détails conservés depuis tant d'année et devant la merveilleuse dame à la licorne. Le musée fermant, nous avons dû nous extraire du charme tissé et nous diriger vers la sortie. Il faisait beau et nous avons profité des dernier rayons rougeoyant du soleil pour nous attarder dans le quartier avant de nous plonger à nouveau dans le métro.

Mais, comme vous le savez si vous venez de temps en temps ici, la ligne treize porte malheur et est quasiment tout le temps dans un état de remplissage défiant toute norme. Nous trouvons néanmoins deux place en vis à vis dans ce que certains appellent le salon, ce qui désigne deux banquettes de trois places chacune face à face. Il ne reste que les places du milieu et j'ai à ma gauche un être humain (quoi que) de sexe mâle qui ressent le besoin d'aérer ses parties génitales en écartant exagérément ses jambes, laissant ainsi bien peu de place à ma modeste personne. Je chausse alors mes lunettes, sort mon ouvrage dont j'aurais une autre occasion de vous parler ici, et décide d'opter pour la même position que mon voisin en écartant brusquement les jambes. Ca ne lui a pas plu. Il a sorti un écouteur de son oreille la plus proche de moi et s'est mis à me parler dans un sabir dont je ne comprenais un traitre mot mais dont l'intention était claire, si tu continues à te foutre de moi, je cogne. Sans insister trop j'ai gardé la pression de ma jambe contre la sienne jusqu'à la sortie, une dizaine de stations plus loin. Mélisande n'en menait pas large.

- Je ne veux pas que tu te fasses taper dessus par un monstre pour des broutilles pareilles.
- Oui mais, si on laisse passer ce genre de choses, on est foutu. Tout le monde laisse faire, ça devient la loi de la jungle. Je suis désolé, mais je résiste. S'il n'en reste qu'un, je serai celui là.

Mais je sais bien comment a fini le dernier des Mohicans.

Posté par berlioz à 21:19 - Mes combats - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Je résiste donc je suis

Je ne peux que t'encourager chaudement. La peur parachève ce que le bien mal nommé consensus tolère. C'est tellement difficile parfois d'être à la hauteur de ses idées...

Posté par hi3, 27 janvier 2008 à 23:20

Tiens, aurions-nous ce point là en commun ? Monsieur Parfait ne cesse de me dire qu'un jour, je prendrai un coup... Et ben tant pis !

Posté par RdT, 28 janvier 2008 à 12:04

Moi non plus je ne me laisse pas faire (sauf état d'épuisement) et généralement ça surprend. Je ne suis pas en colère mais c'est pour le principe, dans l'idée que si ils se prennent bien la honte (je n'ose même pas espérer un éclair d'intelligence) ils y réfléchiront peut-être à deux fois pour les prochains - je parle là plutôt des comportements induisants un danger -. Les insultes du capitaine Haddock sont très bien pour ça parce qu'elles mettent des passants rieurs de notre côté et celui qui est en tort sentant une connivence risque moins de s'amuser à insister.

Je me fais souvent dans le métro écraser par des gros venant s'assoir à côté de moi, mais j'avoue que je ne sais pas trop ce qu'on peut y faire (ils prennent de gabarit une place et demi, mais le hic c'est que moi je fais quand même un peu plus que 0,5, surtout l'hiver).
Le coup des jambes exagérément écartées m'a bien fait rire, vois-tu, j'étais persuadée que cette attitude fort répandue depuis quelques années était réservée exclusivement à un voisinage féminin, genre pour laisser supposer que la marchandise prenait de la place :-) et marquer un territoire. Généralement je marque un petit temps d'arrêt silencieusement rigolard et faussement admiratif avant de m'installer, ça marche à tous les coups (mais je suis une dame, aussi) - jusqu'au jour où je tomberai sur un violent, c'est toujours le risque -.

Plusieurs fois je me suis rétrospectivement traitée d'imbécile, d'avoir ouvert ma gueule alors que ça aurait pu mal tourner (entre autre une fois j'ai engueulé un type qui baladait son chien d'attaque nerveux sans laisse ni muselière, en plus que le mec était une armoire à glace). Parce que c'est vrai que si on tombe sur quelqu'un qui est armé ou qui fait volontairement ça pour en découdre, on peut se retrouver à l'hôpital voire pire. Jusqu'à présent protester quand ça n'allait pas m'a toujours réussi, les individus sont trop surpris qu'on réagisse pour contre-attaquer, habitués à ce que tout le monde l'écrase, mais il suffit d'une fois.

Posté par gilda, 28 janvier 2008 à 20:40

et bien cet article est la belle suite du min n'est-ce pas ? sauf que je n'ai risqué un mauvais coup, je suis comme Melisandre : pas assez de "couille" pour oser me moquer ouertement du mauvais comportement des autres, mais je bous intérieurement parfois...

Posté par wictoria, 28 janvier 2008 à 20:48

est-ce que Cluny fait partie de ces musées gratuits en expérimentation ?

Posté par wictoria, 28 janvier 2008 à 20:52

Je t'encourage à continuer, mais aussi à être prudent ! Parce que parfois, c'est totalement inutile de risquer sa peau ! Certains ne sont pas accessibles à la civilité ordinaire. Trop tard.
Courage !

Posté par Fauvette, 29 janvier 2008 à 13:17

en effet, un jour

tu te feras massacrer par un teigneux psychotique.
Résister, c'est bien. Encore faut-il en avoir les moyens. Tu fais de la boxe ?
Je crois bien que l'abruti des cavernes ne nous laisse que ce choix : le laisser faire OU l'éliminer.

Posté par choule[bunker], 29 janvier 2008 à 15:18

hi3> Content de te retrouver. C'est en effet difficile de concilier actes et idées, mais je pense que ça en vaut la peine.

Rdt> Comme tu dis, tant pis. Il faut bien mourir de quelque chose de toute façon.

Gilda> Tout est là, doser pour marquer sans se faire (trop) marquer.

Wictoria> Mince! je ne l'ai pas vu. J'y cours !
Pour le musée, oui, il en fait partie.

Fauvette> C'est que je dis plus haut, il faut arriver à doser les choses pour être le plus efficace le plus longtemps.

Choule> Si tout le monde en faisait autant, il n'y aurait besoin ni de flingue ni de muscles hypertrophiés. J'ai la prétention de vouloir être un exemple à suivre.

Posté par berlioz, 29 janvier 2008 à 20:32

ouais t'es tout jeune alors ? ;o) ah ça l'aération des parties génitales de ces messieurs ... m'a toujours interrogée (sans en faire une obsession je rassure ;o) nan mais c'est fou dans le métro la place qu'ILS prennent. Euh ... garez-les je sais pas, faites un effort... Pourtant les sièges sont conçus par des zoms hein alors ...
enfin aller jusqu'à risquer un coup pour ça ... peut être pas hein. Je connais une fille qui fixait cet "endroit" des messieurs étalés, paraît que les fusiller (du regard) à c'tendroit là ... les remettait 'à leur place'. lol ;o) j'avoue que je suis assez profil bas perso. J'évite les énervements, je m'asseois à côté des madames et je préfère ;o)
Un jour une femme au volant ne m'a pas laissée passer sur la voie piéton. En fait elle roulait très vite donc j'ai reculé brutalement (pour pas me faire écraser). Pour dire j'avais une poussette à la main, un enfant au bras... et un objet à moi est tombé sur la chaussée. Elle a été obligée de stopper sa voiture. Elle m'a insultée, mais tout y est passé ! Elle est repartie comme une dingue aussi vite. Sauf qu'une voiture qui manoeuvrait l'a obligée à peine plus loin. Je rigole encore en pensant aux regards inquiets qu'elle m'a lancés. Bah ... elle avait peut être un peu peur que j'aille lui dire 2 mots. Pff non, après ça s'envenime et ces gens là montent si vite ! (et j'avais 2 petits avec moi faut dire) ... Je me suis dit que la prochaine fois elle serait moins agressive...

Posté par Emelire, 30 janvier 2008 à 15:12

pour l'exemple, je passerai le mot.

Ceci dit, c'est vrai que c'est pas facile de cohabiter avec l'autre. Mais ce serait pas une question d'éducation tout ça ? Mais à voir comment les jeunes se fusillent du regard quand ils se croisent dans la rue, c'est toujours aussi mal barré.

Posté par choule[bunker], 30 janvier 2008 à 20:30

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