31 janvier 2008
Vivons avec notre temps
Avec les temps qui courent, nous vous proposons le nec plus ultra de la protection personnelle, ce qui se fait de meilleur pour survivre en zone urbaine et dans les transports. Voici notre armure en acier trempé, finement ciselée de motifs décoratifs, se porte facilement sur un gilet fin ou une cote de maille légère tout en laissant les mains libre pour se livrer à une défense active ou pour tenir une arme.
Pour les amateurs de musique, noter le porte baladeur intégré.
29 janvier 2008
Anniversaire
Je n'en reviens pas; pourtant, je lui ai tout fait, des ronflements nocturnes aux balades interminables, de la traversée des Pyrénées à la traversée du Sahara, de la visite des galeries les plus petites aux châteaux les plus somptueux; je suis même allé jusqu'à lui confectionner des plats anti diététiques, de la tourte au canard aux coquilles saint jaques flambées au cognac, de la glace à la mangue à la tarte tatin accompagnée de sa glace à la vanille.
Rien n'y fait, elle continue d'accompagner mes nuits et mes jours.
C'est vous dire comme elle m'aime... et c'est bien réciproque.
27 janvier 2008
Comment je me suis disputé
Ma fin de semaine fut fort aventureuse, fort pleine de rebondissements et aurait pu fort mal se terminer, au grand dam de Mélisande qui n'apprécie pas outre mesure la cohésion de mes actes avec mes idées quand elles risquent de me mener sur une mauvaise pente. Mais commençons par le début.
Samedi, je me rendais à une répétition et nous faisions de concert le chemin vers la station de métro. Je ne suis pas toujours sage et n'attends pas systématiquement que le feu passe au rouge pour m'engager sur le passage mais dès que le trafic le permet. Là, il n'en était rien. Le feu était rouge, le petit bonhomme bien vert quand une voiture venant de derrière et tournant sur sa droite, au grand mépris des piétons présent, nous passe quasiment sur les pieds. Mélisande tenait ma main droite, la gauche munie du quotidien trouvé dans ma boîte aux lettres s'abattit sur le toit du véhicule pour manifester mon mécontentement. La voiture s'arrête, la vitre du conducteur se baisse et je m'apprête à recevoir ses excuses quand le monsieur au volant me couvre d'une bordée d'injures, me traitant entre autre de connard.
- Tu devrais te méfier, un jour il y en a un qui sortira pour te frapper.
Oubliée toute cette aventure, nous voilà aujourd'hui nous rendant au musée de Cluny, nous pâmant d'aise devant des vitraux de toute beauté, des statues à la pierre charnue, aux détails conservés depuis tant d'année et devant la merveilleuse dame à la licorne. Le musée fermant, nous avons dû nous extraire du charme tissé et nous diriger vers la sortie. Il faisait beau et nous avons profité des dernier rayons rougeoyant du soleil pour nous attarder dans le quartier avant de nous plonger à nouveau dans le métro.
Mais, comme vous le savez si vous venez de temps en temps ici, la ligne treize porte malheur et est quasiment tout le temps dans un état de remplissage défiant toute norme. Nous trouvons néanmoins deux place en vis à vis dans ce que certains appellent le salon, ce qui désigne deux banquettes de trois places chacune face à face. Il ne reste que les places du milieu et j'ai à ma gauche un être humain (quoi que) de sexe mâle qui ressent le besoin d'aérer ses parties génitales en écartant exagérément ses jambes, laissant ainsi bien peu de place à ma modeste personne. Je chausse alors mes lunettes, sort mon ouvrage dont j'aurais une autre occasion de vous parler ici, et décide d'opter pour la même position que mon voisin en écartant brusquement les jambes. Ca ne lui a pas plu. Il a sorti un écouteur de son oreille la plus proche de moi et s'est mis à me parler dans un sabir dont je ne comprenais un traitre mot mais dont l'intention était claire, si tu continues à te foutre de moi, je cogne. Sans insister trop j'ai gardé la pression de ma jambe contre la sienne jusqu'à la sortie, une dizaine de stations plus loin. Mélisande n'en menait pas large.
- Je ne veux pas que tu te fasses taper dessus par un monstre pour des broutilles pareilles.
- Oui mais, si on laisse passer ce genre de choses, on est foutu. Tout le monde laisse faire, ça devient la loi de la jungle. Je suis désolé, mais je résiste. S'il n'en reste qu'un, je serai celui là.
Mais je sais bien comment a fini le dernier des Mohicans.
25 janvier 2008
L'arme du crocodile
Mma Ramotswe n'est pas n'importe qui. C'est la première femme détective du Botswana. Elle a ouvert la première agence entièrement féminine, composée d'une secrétaire et d'elle même, du pays grâce à l'argent de la vente du troupeau que son père lui a légué à sa mort. Ce livre raconte la genèse de son aventureux métier et les premières enquêtes qu'elle mène. S'y côtoient les pères disparus depuis très longtemps qui réapparaissent pour profiter de l'accueil traditionnel des enfants en cas de difficulté, les petites arnaques en tout genre, les profiteurs comme il y en a partout mais aussi la sorcellerie et les ravages qu'elle peut faire, La plus troublante de ces minis énigmes est celle menée à la demande d'un père un peu trop présent qui soupçonne une de ses filles d'avoir un ami qu'il ne lui a pas choisi. Celui ci existe-t-il vraiment, qui manipule qui dans cette histoire, celle ci se termine par une pirouette qui vous laisse perplexe.
Le reste, s'il est bien écrit et agréable à lire m'a laissé un peu sur ma faim. Les récits sont très courts, certains assez simplistes (quand vous faite l'hypothèse qui s'avère être la bonne à la première page et que vous voyez l'héroïne ne pas même y penser jusqu'à la fin, c'est frustrant) et, finalement, vous ne savez pas grand chose du mode de vie des habitants du Botswana en tournant la deux cent cinquantième page. J'irai voir les aventures suivantes de Mma Ramotswe qui est un personnage attachant mais je ne la suivrai pas jusqu'au bout du monde.
24 janvier 2008
La culture du plaisir
Aujourd'hui j'ai déjeuné en tête à tête avec Ysengrin.
- Qu'est ce que tu fais cette fin de semaine ?
- Sans doute un programme glandouille mâtiné de cinéma et de promenade. Et toi ?
- Oh moi, comme d'habitude ce sera une fin de semaine BBB.
BBB ? Je m'interroge sur la signification de ce sigle inconnu à mon bataillons; Bead, Breakfast and Beaujolais ? Bulle, Bière, Bonheur ?
- Ben, Boire, Bouffer, Baiser !
J'en reste sans voix; comme cette chose est joliment dite et pourquoi je ne suis pas étonné de l'entendre dans cette bouche.
21 janvier 2008
Hymne à la Yoie
Krishna Sagar Narayan restait perplexe. Il continuait de réfléchir pendant la prière, tout en essayant de maîtriser la peur qui l'étreignait. Etait il malade ? Pendant le repas, il reprit ses pensées et son raisonnement. S'il était le seul malade, il verrait bien que tous ses compagnons ont une pastille blanche sur le front et il sortirait le premier jour. Mais s'il voit quelqu'un avec une pastille et que celui-ci n'est pas sorti la veille, c'est que ce dernier aussi voit quelqu'un avec une pastille et ça ne peut être que lui-même et nous sortons tous les deux le lendemain. Si j'en vois deux, il me faudra un troisième jour pour me décider, et ainsi de suite.
Heureux de sa déduction, il attendit. C'est pourquoi, quand le vingt quatrième jour Krishna vit sortir vingt quatre de ses compagnons, il se sentit rassuré, lui n'était pas malade.
19 janvier 2008
Nez pâle, nez malade
Il était une fois, au fin fond de l'Himalaya, un monastère à la règle très stricte. Les moins ne se parlent pas entre eux et les portes ne sont ouvertes qu'une fois une demie heure par jour. Un jour, le médecin du village vient à passer et en profite pour ausculter l'ensemble des moines. Certains sont malades. Pour ne pas oublier qui est malade et qui ne l'est pas, il place une pastille blanche sur les moines sains et une noire sur les autres. Avant de repartir, il dit aux moines qu'il attendra ceux qui sont malades, ceux portant donc une pastille noire, devant la porte du monastère, chaque jour à l'heure de leur ouverture.
Les jours passent, aucun moine ne sort. Au vingt quatrième jour, tous les moines malades sortent en même temps. Combien y en a-t-il et pourquoi ?
17 janvier 2008
Victime collatéralle

14 janvier 2008
Portugaise en sablé
Aujourd'hui, je suis allé dans une boulangerie. Rien d'extraordinaire à ça si ce n'est la boulangère et de son ardeur à nous servir, nous qui étions relativement nombreux dans la file d'attente.
- Vous désirez ?
- Un sandwich jambon beurre, une eau gazeuse et un florentin.
- Ca fera tant.
- Alors je vais prendre un deuxième florentin.
- Ah, vous vouliez un florentin ? Je croyais que c'était un carambar.
...
- Bonjour, je voudrais un chausson aux pommes.
- Un croissant aux amandes ?
Elle devrait aller consulter son otorhino, je crois.
12 janvier 2008
Une nuit à l'opéra
Aujourd'hui, je suis allé à l'opéra, mais les gens y savaient pas chanter alors ils bougeaient leurs bras et leurs jambes dans tout les sens. Et puis, on était drôlement mal assis, tout coincé entre les genoux des gens de derrière et le dos de ceux de devant; quand je me suis levé, j'avais mal aux fesses. Heureusement, il y avait deux pauses, même qu'on appelle ça des anthrax
Dans la première partie, les gens sur scène y couraient partout et leur collant y changeait de couleur. J'ai bien aimé la musique, à un moment, y'a un monsieur qu'à soufflé dans un drôle d'instrument qui faisait comme des pets très graves, et puis un autre qui tapait sur des tambours; et puis y'avait des trompettes. J'aime bien les trompettes.
Dans la deuxième partie, c'était pas bien, la dame derrière moi avait mis son genou dans mon dos qu'on aurait dit une jambe de pierre. Ca faisait mal. Mais dans la lumière elle était rigolotte, elle voulait toujours se coiffer et sa fille la grondait sans arrêt. Dans le noir, on a vu arriver les danseuses une par une, lentement, habillées toutes pareille avec une petite jupette qui s'appelle un tutu. J'aime bien les tutus. Je les ai comptées, il y en avait trente deux qui faisaient toutes les mêmes gestes; c'était beau comme un défilé du quatorze juillet. Et puis après, elles se mettent par moitié de chaque côté de la scène, en bougeant de temps en temps, pendant qu'y en a une qui vient faire des sauts toute seule au milieu. Même qu'on en a vu une voler, mais y'a un truc, y'a un monsieur qui la portait. A la fin, toute le monde a applaudi, les dames qu'avaient dansé toute seules venaient sur le devant de la scène, mais on pouvait pas les reconnaitre car elle n'avaient pas de numéro dans le dos.
Après le deuxième anthrax, c'était de la musique de Tchaïkovski, celui qui casse les noisettes, mais là, c'était la dame se pique. Elle était toute maigre et toute triste avec sa robe noire. D'ailleurs, elle meurt. Et puis après son amoureux y va fêter ça avec tout plein de copains autour d'une table, avec des chaises, et y tournent, y secouent la tête, y tapent des mains par terre. J'ai rien compris.
Mais les costumes y zétaient jolis et y zalaient bien avec le mur du fond, alors j'ai applaudi aussi. Mais la prochaine fois, je viendrais avec un coussin, le coup de balais ça fait trop mal aux fesses.































