10 janvier 2008
J'avoue
Je vais me confesser à vous. Pourtant, aucun remords qui me pèserait, aucune voix qui me dirait "Toi, là, mets toi à genoux et avoue ta forfanterie, dévoile ton mensonge effronté, révèle au monde ton mensonge grossier", aucun sentiment de honte. Alors pourquoi, me direz vous, pourquoi donc exposer sur la place publique ce que j'ai su taire et cacher ? Sans doute le plaisir de vous avoir roulé dans la farine, de vous avoir fait prendre des vessies pour des lanternes, mon compte pour un reportage et ceci n'est complètement jouissif que si vous êtes au courant. Mais, en fait, c'est la jalousie qui m'a mu, la jalousie de voir certaines et certains parmi vous avoir des aventures qui me passent sous le nez. Du coup, ma dernière note est un faux absolu, même si cette petite histoire n'est qu'une légère divagation autour d'une situation qui aurait pu m'arriver, à condition d'en assumer le rôle principal, elle ne s'est pas déroulée, en tout cas pas à ma connaissance. Sans rancune, j'espère, d'autant que ça risque de recommencer sans que j'en fasse étalage, même si cela risque de jeter le doute sur l'ensemble de mes mots.
05 janvier 2008
Avoir du nez, ou pas
Pourquoi ne suis je même plus étonné par les scènes que l'on peut voir se jouer dans le métro ? Pourtant, rien ne me préparait à ce que j'ai vécu en sortant d'un dîner il y a quelques jours. Il était déjà là quand je suis rentré dans la rame, entre deux âges, les cheveux blancs et longs coulant sur les épaules, une barbe à la Marek Halter, un manteau épais sur les épaules malgré la température, un gros sac avec lui, posé entre ses jambes. Pourtant il ne semblait pas faire partie de ces armées d'exclus, sans domicile, qui viennent chercher un peu de chaleur dans les transports en commun.
Peu après mon installation sur une banquette proche me donnant une visibilité parfaite sur ses faits et gestes, je le vois sortir une bouteille isotherme et verser un liquide, probablement de l'eau, dans un bol rose qui se mit à arborer une couronne de vapeur. Puis, plongeant la main dans une poche du sac, il en extrait un gros tube métallique, le vide d'un gros cachet blanc qu'il ajoute à l'eau du bol. Ouvrant une poche latérale, il en sort une grande serviette qu'il se met sur la tête tout en entourant le bol. Notre homme se faisait une petite inhalation dans le métro.
Pourtant, étant donné certaines odeurs, relents, remugles et miasmes qui trainent dans le métro, je chercherais plutôt à me boucher le nez.
04 janvier 2008
Résonnez hautbois, sonnez trompettes
Il n'y pas idée d'être aussi perdus ! Imaginez huit musiciens, la fanfare de la police d'Alexandrie, qui vient inaugurer un centre culturel Arabe en Israël. Il n'y a pas idée d'être aussi mal organisé que personne ne vienne vous chercher à l'aéroport. Il n'y a pas idée aussi de se perdre dans une ville dont le nom ressemble tant à celle où on doit se rendre et dont les habitants sont tout aussi perdus bien que chez eux.
Alors, tant bien que mal, aidés par la patronne et les habitués d'un petit restaurant, ils vont organiser leur courte résidence forcée et ce ne sera pas facile. Déjà, il y a la barrière de la langue, tout le monde s'exprime dans un anglais avec un accent à couper au couteau mais, surtout, il y a la situation conflictuelle relationnelle des deux communautés qui devrait tout faire exploser. D'ailleurs, ils se regardent un peu tous en chien de faïence au début, raides dans leur costume ou figés dans leur attitude. Mais c'est sans compter sur Haled, un vrai dragueur, qui fait tout pour le rapprochement des peuples.
On suit ainsi les aventures, bien courtes, de ces musiciens mais aussi des habitants abandonnés de cette petite colonie, oubliés sans doute depuis son ouverture, leur désarroi du moment mais aussi dans leur vie quotidienne, leurs attentes déçues, leur vies trop remplies pour écrire les chefs d'œuvre rèvés, les occasions ratées, les songes enfuis. Pourtant, rien de larmoyant là dedans, on sourit, on peut même rire, particulièrement durant la leçon de drague dans le dancing à roller, une scène qui restera dans les mémoires.
Si ce film est très touchant; après tout, c'est sûrement parce qu'il est facile de s'identifier à n'importe quel des personnages, aussi bien l'artiste non accompli que celui qui a fait un mauvais choix dans la vie qui le rend amer, la femme qui voit son mari végéter "entre deux emplois" que le jeune qui s'étiole parce qu'il n'y a rien à faire pour se distraire. Ce film israélien, parlé en hébreu, en arabe et en anglais, coproduit par des français est comme un café turc, vous y avez l'arôme fort, la douceur du sucre et l'amertume du café et, après l'avoir bu, il en reste suffisamment au fond de la tasse pour en discuter beaucoup plus tard.
01 janvier 2008
Choisir, pourquoi choisir ?
Où en étais je ? Ah oui, le film XXY.
L'histoire est simple et je ne pense pas dévoiler trop de choses en disant qu'il s'agit d'un épisode de la vie d'un être qui est né avec les deux sexes. Ses parents l'ont élevé comme une fille, sort souvent réservé à ces personnes opérées très rapidement après leur naissance. Mais ille1 n'est pas opéré. Et nous la retrouvons à quinze ans alors que des anciens amis viennent les rejoindre, sans doute à la demande de la mère, dans leur exil, ayant quitté peu après la naissance, sans doute par peur d'être montré du doigts, Buenos-Aires pour la côte Uruguayenne. Ils sont accompagnés de leur fils qui a sensiblement le même âge.
Disons le tout de suite, la particularité anatomique d'Alex n'est pas le sujet du film. Alvarro, le jeune homme et Alex, eu égard à leur âge, sont en pleine recherche de leur identité sexuelle et c'est celle ci qui est le vrai moteur de l'œuvre. On peut y ajouter aussi le respect de la différence; le regard des autres quand le fait de sa bisexualité, au sens étymologique, est mis à jour est éloquent, on le voit comme un monstre de foire, une anomalie tout juste bonne à générer moqueries et humiliations.
Se pose aussi la question de la normalité. L'ami, mais en est-ce un, s'intéresse à Alex sous l'angle du chirurgien plasticien qu'il est. L'intéressée refuse depuis quelques temps de prendre ses médicaments qui maintiennent son apparence féminine. Quel est son choix ? Heureusement ille est entouré d'amour qui se lit dans les yeux de ses parents et ce n'est pas forcément la meilleure des choses; c'est fou les conneries que l'on peut faire par amour. Il faudra une prise de conscience collective pour qu'enfin on pause la question du choix à Alex; mais pourquoi choisir ?
Ne vous privez pas de ce film qui ne restera sans doute pas bien longtemps à l'affiche, même si la salle dimanche était pleine. Vous ne pourrez pas oublier le visage d'ange et de démon d'Alex, celui de sage de son père ni le mépris de l'ami vis à vis de son propre fils. Vous restera aussi la petite phrase du père racontant la naissance de sa "fille", "ella ya era perfecta, perfecta", elle était parfaite, parfaite.
1 - Il n'y a pas de neutre en Français, je mélangerai donc les genres.






























