Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

30 mars 2008

Ca plane pour moi

avionQui, au cours de sa vie, n'a jamais fait d'avion en papier ? Levez la main bien haut.
Toi là, non pas toi, TOI, tu sors!

Je me mets facilement à la place des nostalgiques de ces moments enfantins bénis où nous prenions le moindre morceau de papier pour le plier plus ou moins soigneusement et en faire un aéroplane qui, une fois pris son vol, parcourrait une distance plus ou moins importante en fonction d'un nombre assez important de critères.

Et bien, rien n'est perdu; de plus, sans prendre le risque de la moindre perte d'arbre, sans gâcher la moindre feuille de papier blanche ou de couleur, vous allez pouvoir tester à la fois votre technique de pliage, avion en pointe ou en carré, le repli du bout des ailes ou non, mais aussi votre façon de le lancer. Pour celà une seule chose à faire, aller visiter le site ici et essayez de battre mon score du jour.

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29 mars 2008

Que la chair peut être triste

IMG_1539Ils pouvaient être originaux, c'est raté. Ils pouvaient créer un lieu unique et c'est raté aussi. En entrant ce lundi après midi dans le musée de l'érotisme, on pouvait espérer voir une collection plus "turelle" que "cul". Raté, toujours raté. Pourtant, on pouvait rêver, l'érotisme est autre chose que des bites et des culs, autre chose que des hommes et ou des femmes nus ensemble et un musée promettait de rehausser le sujet en le documentant un tantinet. Et là, rien, la platitude absolue, ils ont fabriqué un prétexte pour les touristes qui ont honte de pénétrer dans la salle à côté où se produisent des effeuilleuses de se rincer l'œil à bon compte.

Alors bien sûr, il y a l'alibi culturel, des sculptures tantriques, des poteries grecques, des terres cuites précolombiennes qui, à y regarder de plus près, sont souvent des reproductions grossières, avec de jolies cassures peintes à la main. Et même si ce sont des reproductions, on peut penser qu'un peu de recherche aurait pu apporter quelques éclaircissements sur leur fonction, le rôle de la symbolique sexuelles dans ces différentes sociétés au lieu de chercher à faire rigoler les foules avec des dieux priapiques monstrueux, des godemichés de toute taille, toute matière, toute couleur.

De plus, les étages supérieurs (le musée est réparti sur sept étages de petite surface) contiennent une collection très importante de documents écrits, photos, journaux autour de la prostitution et des maisons closes, sujets pas vraiment érotique. La seule exception, à mon humble avis, mais celà vaut il le détour, était une exposition temporaire de dessins d'illustration d'un texte qui ne nous était pas présenté, d'un très beau noir et blanc dans un style faisant penser à celles réalisées dans la première moitié du vingtième siècle.

Il reste un sacré chemin à parcourir, et notre société n'est elle pas en train de le parcourir à reculons, pour faire comprendre qu'érotisme et pornographie n'ont rien à voir. Je conseillerai donc de revoir le film "Tess" de Roman Polanski avec la magnifique Nastassja Kinski en train de prendre délicatement une fraise, tenue par un charmant jeune homme, entre ses lèvres encore plus rouges, c'est beaucoup plus érotique que tout ce que vous pourrez voir dans ce musée.

Photo: sculpture indonésienne prise sur place.

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27 mars 2008

La mère de la merveille veille

Il est des lignes de métro qui ne désemplissent jamais, quel que soit l'heure du jour ou de la nuit. C'est bien pourquoi je m'estimai fort heureux de trouver une place pour passer assis mes vingt six stations et mes vingt six tunnels, sans à avoir à louvoyer glisser ruser comme une anguille dans une boîte de sardines. J'ai ainsi pu voir le volume de la voiture peu à peu se vider de son air et se remplir de personnes de tout sexe, de tout âge, de toute condition (enfin, presque).
Tout à coup, alors que la place à la diagonale de la mienne se libère, une petite fille d'environ six ans deux mois et vingt sept jours, poussée en avant par sa mère, vient occuper la vacance, brulant la politesse à une vielle dame qui la lorgnait à juste titre. Cette dernière a su être suffisamment convaincante pour faire se lever la demoiselle et occuper le siège.
Puis, le train se vidant peu à peu de ses occupants, la petite fille sus décrite, sa mère son père, son frère sont venus occuper mon voisinage, le dernier se posant juste à côté de moi. Et je ne pouvais pas manquer de le savoir car, sous les yeux admiratifs de sa mère, il n'arrêtait pas de jouer avec son écharpe, faisant de grands gestes, me heurtant régulièrement de ses coudes et de ses genoux.
Lassé de cette agitation qui risquait de colorer mes bras et mes côtes en bleu, je me suis adressé à la génitrice du démon qui ne pouvait pas ne pas voir l'enfer que je vivais grâce à son rejeton :
- Auriez vous la gentillesse de bien vouloir demander à votre fils de faire attention à ne pas me cogner sans arrêt ?
Evidemment, comme je le craignais, la mère s'est offusquée qu'on puisse reprocher quoi que ce soit à sa merveille, élevée avec amour, tendresse et une bonne dose d'égoïsme. "Mais monsieur, vous ne pouvez tout de même pas empêcher un enfant de jouer ! C'est sûrement que vous n'aimez pas les enfants si vous le pensez" me dit elle péremptoirement.
- Ah si, j'adore les enfants, surtout bien accommodés !
Rehaussé par les yeux exorbités de la jeune femme, le silence qui suivit fut d'un grand bonheur.

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25 mars 2008

Vous reprendrez bien du thé ?

15535Pourtant de thé, il n'en est pas question ici, mais d'un voyage spirituel, à l'initiative d'un frère parmi trois qui leur en cache le vrai but, effectué dans un train en Inde. Mais pourquoi les deux autres ont ils acceptés cette aventure ? Parce qu'il fuient; ils fuient un amour contrarié ou une future paternité pas assumée; ils veulent échapper à leur histoire qui semble écrite d'avance.

Une fois dans la même galère, ils se comportent comme trois salles gamins, avec leurs caprices, leurs intransigeances et leurs mesquineries qui pourraient parfois donner envie d'en prendre un pour taper sur les autres.

Difficile d'en dire beaucoup plus sans déflorer le sujet; j'ajouterai seulement que l'on rit souvent, sans que ce soit de la grosse farce, la gravité ne manque pas non plus et que j'en suis sorti avec une furieuse envie de retourner en Inde; ce pays me manque. Par contre, nos trois héros ne semblent pas en retirer grand choses, la pirouette finale laissant supposer qu'ils ont décidé de rester des adolescents attardés. Dommage.

Ne boudons pas notre plaisir, le film est servi par une brillante distribution, à commencer par Owen Wilson, plutôt habitué aux pochades pour boutonneux, la tête couvertes de pansements comme pour rappeler que peu avant le tournage il se remettait d'une tentative de suicide, Adrien Brody qu'on a pas oublié depuis 'Le pianiste', Jason Schwarzman qui était le Louis XVI de 'Marie-Antoinette' ainsi qu'une floppée de seconds rôles remarquables tenus par Bill Murray, un petit clin d'oeil au précédent film de Wes Anderson sans doute, Anjelica Huston toujours parfaite et même un Barbet Schroeder en mécanicien automobile sans faute. On passe un bon moment, reste à savoir ce qu'il en restera dans six mois ou un an.

La photo vient d'ici.

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21 mars 2008

Le dernier au musée des arts premiers

IMG_1533L'entrée est cachée, il faut se faufiler entre deux parois pour la voir. Et puis, une fois dans le bâtiment, on accède aux salles par une longue rampe inclinée qui tournicote comme un grand serpent ou la langue d'un gros animal. Quelques images qui bougent y sont projetées au sol, le ressac de la mer, une visite de la chine. Enfin, après un court passage au noir, on débouche dans l'antre du musée, une grande pièce tout en longueur avec des petits murets qui délimitent des espaces distincts. C'est très animal et c'est sans doute pourquoi ces murets sont recouverts de cuir.

Première constatation, c'est sombre. J'ai laissé mon manteau au vestiaire et, comme un  imbécile que je suis, j'y ai laissé mes lunettes. La lumière qui reste me rend impossible la lecture du moindre panneau.
Deuxième constatation qui viendra un peu plus tard, après acclimatation, il fait froid; je regrette donc doublement mon pelure.
La musée du quai Branly regroupe des collections de différents lieux d'accueil précédents et les repartit sur quatre continents, l'Europe étant visible ailleurs et les habitants de l'Antarctique, passés ou présents, restant à découvrir. Il faut dire qu'ils possèdent une magnifique collection d'art africain, zone la plus importante dans le musée, mais aussi des vêtements, des objets de la vie courante, des instruments de musique, etc. On peut, de temps en temps, au détour d'un petit recoin, entendre des musiques, visionner de petites vidéos remettant en situation ce qu'on a pu voir ou lire. Et puis, il y a les boîtes à musique, deux pièces plus importantes qui projettent de courts films musicaux provenant de tous les points de la planète.

On pourrait y passer la journée, nous y sommes restés plus de trois heures ce n'est déjà pas si mal. Surtout qu'à la lumière et la température défaillantes, il faut ajouter un étiquetage aléatoire, références à numéros invisibles ou manquant, numéros sans références sont choses courantes qui ont le don de m'énerver un tant soit peu. Bien sûr, j'y retournerai, il y a tant de choses à voir que nous n'avons fait que survoler, et il y a de plus des expositions temporaires qui semblent valoir le détour.

Même si c'est un peu le bazar à l'intérieur, au moins les pièces présentées sont bien mises en valeur, même si on ne sait pas toujours ce que c'est c'est. Tout n'est pas perdu.

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18 mars 2008

Piments catalans

5133ehgjgtl_ss400_Je viens de tourner la dernière page avec une grande tristesse, parce que c'est la dernière, que dis-je, l'ultime aventure de Pepe Carvalho. Manuel Vazquez-Montalban est mort peu de temps après avoir terminé cet ouvrage mais, ce n'est pas la seule raisons. Tout laisse à penser, en terminant la fin du texte, qu'il n'y en aurait pas eu d'autres.

Alors, pour finir en beauté leurs aventures policières, prétextant un meurtre qu'on veut lui mettre sur le dos, Pepe accompagné de son fidèle Biscuter part faire un tour du monde en endossant, pour garder leur anonymat, les sobriquets de Bouvard et Pécuchet que personne ne semble plus connaître sur terre. D'ailleurs, durant les deux cents première pages (il y en a tout de même huit cents au compteur) il y aura des poursuivants fantômes, des coups de feu tirés sur leur voiture, de la drogue mystérieusement cachée dans leur coffre, une femme qui disparait, un agent des services secrets israéliens qui leur confie une mission. Et puis, en s'éloignant peu à peu du cercle traditionnel de ses enquêtes, même s'il croise à trois reprises des lieux connus pour certaines d'entre elles, on prend de la distance par rapport au roman policier. Ne reste plus qu'un récit d'un voyage sans but ni préparation, comme j'aimerai pouvoir me permettre un jour et qui traverse quatre des cinq continents.

Je ne vous donnerait pas la liste des personnages attachants entraperçus ici ou là ni celle des villes et des sites traversés, j'aurais trop peur de vous retirer le pain de la bouche, bouche qui a une importance toute particulière dans ce roman, comme dans tous ceux où sévissent ces personnages récurrents, car truffés de recettes et de dégustations en tout genre.

Il ne me reste plus qu'à reprendre les aventures en commençant par la première et tâcher d'écrire un recueil de recette catalanes. Ca me consolera.

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15 mars 2008

Ne pas oublier

La proximité des élections municipales ne doit pas nous faire oublier un anniversaire très important. Figurez vous, si vous l'aviez oublié tout comme moi, que voila très exactement 2052 ans que Jules César a été lâchement poignardé dans l'enceinte du Sénat. Et on attend toujours le procès des protagonistes.

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Un air de travers

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Est-ce une maladie contagieuse, une simple coïncidence ou fixe-t-on moins bien les lettres R dans les enseignes ?
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13 mars 2008

Des canards dans la gare

J'ai beau être compressé dans le métro, je m'approche des banquettes et plonge mes yeux dans le journal ouvert devant moi. Ca tombe bien, c'est un payant, ça change des titres et articles pré-mâchés des feuilles de chou gratuites.
Bon, la politique, ça commence à bien faire. Les unes après les autres, j'ai l'impression que toutes ces pages lui sont consacrées; les municipales, avant, pendant, après; les pages société, les grèves, les licenciements, les manifestations; l'actualité mondiale, la Colombie, Israël, Palestine, des morts et encore des morts.

Ah ! Il à l'air de passer aux choses sérieuses. MAIS ! Qui m'a fichu un crétin pareil : il vient de passer les pages sport sans même y jeter un œil. Égoïste !

Ce pourrait être de la fiction, je crains que ce soient les pensées de plus d'un lecteur par dessus mon épaule.

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09 mars 2008

La musique adoucit les nuits

Se coucher un samedi soir à une heure du matin n'a rien d'extraordinaire, rien d'exceptionnel et je suis sûr qu'il y en aura d'autres. Par contre, ne pas pouvoir dormir avant deux et demie parce que la musique jouée quelque part dans l'immeuble semble aussi forte que si sa source était sous le lit, l'est. Nous voilà, Mélisande et moi, nous rhabillant en rallant comme des voleurs et partant à la recherche, non des sources du Nil mais de celle plus proche du bruit.
La recherche ne fut pas longue pour aboutir à un appartement du premier étage. Le son audible depuis la porte était sans aucun doute l'origine de nos nuisances. Je sonne à la porte. Deux fois, la première n'ayant rien changé. On coupe la musique et une voix féminine se fait entendre derrière la paroi.
- Qui c'est ?
- Vos voisins du dessus qui aimeraient bien dormir.
La porte s'ouvre sur une petite jeune femme brune tenant de la main gauche un drap pour cacher une nudité que l'on pouvait deviner.
- Mais enfin, c'est samedi !
L'argument semblait irréprochable, comment pouvions nous nous plaindre puisque c'était jour de congé.
- Si vous n'êtes pas content, vous n'avez qu'à habiter ailleurs !

Voilà, c'est la tendance aujourd'hui. Le droit nous permettait d'appeler la police pour le faire respecter, nous avions choisi la discussion, nous n'avions en réponse que hargne et colère. Les gens pris en faute ne savent se défendre qu'en insultant ou en retournant la faute vers leur victime.

La musique n'est pas revenue, il n'y a pas eu de pugilat, finalement tout va bien; mais la nuit fut courte.

Posté par berlioz à 20:16 - Mes humeurs - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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