06 avril 2008
Ce n'est qu'un au revoir
En France, parait il, tout commence et tout finit par des chansons; ici, c'est par de la musique militaire qui est à la musique ce que la justice militaire est à la justice, une fanfare qui traverse la cour d'honneur, une petite vingtaine de personnes, percussions et cuivres, bizarrement dirigés par deux chefs distincts. Et puis beaucoup d'attente, ce qui m'a permis d'apprécier mon voisin le plus proche qui m'a gentiment fait remarqué qu'il avait réservé la place que j'occupais pour sa femme à partir du moment où il n'y en avait plus aucune ailleurs.
Quand la cérémonie commence enfin, elle est réglée comme du papier à musique, à musique militaire s'entend, doigts sur la couture et pas une tête ne doit dépasser. Un joli monsieur habillé de noir avec des jolies médailles sur la poitrine, une épée portée sur le côté pointe en haut, passe devant toutes ces jeunes femmes et ces jeunes hommes pour voir s'il avaient bien ciré leurs chaussures et bien boutonné leur vareuse. Ensuite, c'est autour d'un monsieur en gris avec un képi et plein de médailles aussi de faire le même tour dans le même sens.
Heureusement, les petits gars de polytechnique ont le droit ne pas être tous sérieux; il y a même un comité pour ça. Sitôt finie la revue des troupes on annonce une revue des troupes par le président lui même; une énorme limousine blanche arrive dans la cour accompagnée de deux charriots à commissions contenant chacun une personne habillée en agent de police. A sa fenêtre un homme portant un masque représentant le président en exercice. La femme qui est venue finalement occuper ma place se tord de rire, s'esclaffe , bat des mains. On n'entend qu'elle. A la suite de la limousine viendra une voiture qui va asperger partout de la neige carbonique, ce qui ne va pas si mal avec le ciel qui a perdu son soleil depuis quelques minutes.
Il a fallut ensuite se taper le passage du drapeau et des flambeaux. Heureusement, une fois le défilé final accompli, nous avons eu le droit à un verre de vin chaud et à quelques petits zakouskis qui nous ont permis d'oublier où nous nous trouvions malgré la présence d'uniformes en nombre autour de nous. Le fiston avec ses copains sont venus troubler l'ambiance guindée en venant jouer avec sa fanfare quelques airs dansants, plutôt boudés par les familles bien propres sur elles. Heureusement que j'étais là pour faire la claque.
La soirée s'est terminée par trois heures de spectacle fait par les élèves de la promotion sortante, petits films et petits sketchs passant en revue leur vie durant cette période. On sentait l'émotion monter chez eux; trois ans de vie commune, la journée, le soir, certaines fins de semaines et des vacances entières ça tisse des liens qu'il est difficile de rompre. J'en ai vu qui pleuraient en sortant et je sais que mon fils, même s'il faisait semblant de rien n'en pensait pas moins.
Il m'a fallut regagner ensuite ma banlieue de l'autre bord de Paris où une surprise m'attendais; au pied d'un des immeubles de la cité, un petit hérisson passait par là. J'ai salué son élégance.
Commentaires
Trois ans déjà que tu nous a annoncé qu'il y entrait ??
J'ai du mal à réaliser.
Si ton fils faisait semblant de rien, il y a aussi un papa qui faisait semblant mais qui n'en était pas moins fier !
;-)
Bises.
C'est bien .
Rejoindre son fils,
Partager avec lui ses émotions,
Faire la fête ensemble,
Avoir su lui donner de l'espacer pour grandir,
S'éclipser au besoin,
C'est bien ....
et encore ...
Et ......
Et ....
C'est bien.
Pensées.
Co.
C'est amusant. J'ai moi même participé il n'y a pas bien longtemps à ce genre de cérémonie dans une autre école. Ce n'était pas des uniformes militaires mais des uniformes de pingouins comme j'avais intitulé le billet que j'ai consacré à cette soirée. J'avais ce même sentiment de plaisir d'être là et de distance, cette impression que j'aurai été plus rebelle au même âge, en même temps une certaine confiance dans la capacité du fiston à garder une certaine distance, à se choisir une voie qui ne soit celle des salles de marché et du plus de fric le plus vite possible.
ma note c'était ici si ça t'amuse:
http://valclair.canalblog.com/archives/2007/12/09/7181864.html
où est la photo du hérrison?
je suis heureuse, moi, qu'il y a des filles aussi maintenant entre eux
Un papa comblé...
Julie pointe là un fait très important ! :)
En effet, le concours est ouvert aux filles depuis 1972 ; rappelons pour le panache que cette même année, il y eut UNE majore de promo, répondant au doux nom d'Anne Chopinet.
Cerise sur le gâteau, la demoiselle était intelligente ET jolie. ;)
http://fr.wikipedia.org/wiki/Anne_Chopinet
Félicitations au père et au fils !
Allez tu peux le dire que tu es fier !
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