Un débat qui ne cache rien
De mon temps serais-je tenté de dire, même si ce début de phrase peut laisser à penser que j'ai passé un nombre d'années non négligeable sur cette planète, ce qui n'est pas complètement faux, et que je suis un vieux con, de mon temps semblais-je dire, la politique était une chose sérieuse que les gens pratiquaient sérieusement, les discours cherchaient à expliquer les projets des uns et des autres, les idées des uns et des autres, à ouvrir les yeux sur le long terme; les partis avaient des idées qui étaient débattues en son sein, qui donnaient souvent lieu à des projets, voire des programmes et, le moment venu des élections, ces mêmes partis désignaient, plus ou moins démocratiquement, le meilleur représentant pour les défendre face aux électeurs que nous étions.
Aujourd'hui les partis politiques dans leur ensemble, et certains beaucoup plus que d'autres, sont des assemblées de personnes qui n'ont que très peu d'idées, cachent les meilleures de peur qu'elles soient enrobées, quel vilain mot que peu sauraient voir, d'idéologies, fabriquent de bric et de broc des programmes qui ne sont surtout pas conçus pour être réalisés, mais seulement pour cacher la vacuité de leurs propos et, beaucoup plus grave, leur identité parfaite d'un individu à l'autre, d'un parti à l'autre. Le débat politique devient un spectacle de clowns et les débats internes des formations diverses sont étalées sur la place publique, le spectateur attentif attendant la peau de banane glissée sous les pieds de l'un ou la tarte à la crème dans la gueule de l'autre, le tout aux frais du contribuable bien sûr. Le débat ne peut être que plat, sans intérêt puisqu'on sait en fin de compte que quel que soit le vainqueur, au zeroérième, premier ou second tour, il trouvera une situation qui nécessitera une vision réaliste des choses et une révision des propositions pour ne pas dire leur disparition, ce qui en bon français veut dire que ce seront toujours les mêmes qui devront se serrer la ceinture.
On n'est pas sortis de l'auberge, moi je vous le dit.
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