Je suis parti me réfugier dans la musique de Monteverdi. Il a su, au cours de sa longue carrière (pensez donc, premier madrigal publié en 1587, le dernier en 1651, 64 ans à faire chanter l'amour) exprimer ce que je ressens en ce moment, le coeur qui se serre, la boule dans la gorge en rentrant, cette même angoisse que je pouvais avoir quand j'allais à l'école sans avoir fait mes devoirs, les larmes qu'il me faut refouler parce que poignant à l'évocation d'un souvenir, d'un parfum, d'une musique, d'une image, d'un lieu, n'importe où et n'importe quand. 184 poèmes mis en musique, il y a de quoi passer le temps. Il y a des deuils plus difficiles à faire que d'autres.

Je sais aujourd'hui qu'il va me falloir retrousser les manches et construire à nouveau, encore construire et tant pis pour les vents contraires, tant pis si c'est de guingois, tant pis si ça prend l'eau pendant quelques temps, il me restera bien un peu de temps pour consolider ma vie en attendant qu'elle m'échappe une dernière fois.


* Titre inspiré par une chanson de Hubert-Félix Thiéfaine