Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

25 août 2009

A ours ours et demi

huuskonenCe n'est pas le premier PaasilinnaPaasilinna que je prenais en librairie mais il datait d'avant le premier que j'avais lu, Le fils du Dieu de l'orage. Et j'ai peut être eu tort.

L'histoire n'est pas mauvaise et bien ficelée; Huuskonen, pasteur d'une cinquantaine d'années dans une petite bourgade finlandaise, doute. Il fait des sermons délirants, dévoilant sans complexes à ses paroissiens à la fois ses affres et ses péchés les plus inavouables. Il se voit offrir pour son anniversaire, par ses ouailles qui ne savent qu'en faire, un ourson dont la mère est morte assez stupidement. Abandonné par sa femme qui ne supporte plus ses frasques il va partir avec son ours auquel il apprendra des tas de tours dans un périple qui l'emmènera jusqu'à l'île de Malte.

Bien sûr, comme dans chacune des aventures qu'il a pu écrire on aime la truculence des situations et des dialogues, les absurdités de notre monde contemporain, la galerie de personnages plus tordus les uns que les autres, mais est-ce suffisant pour faire un bon roman ? D'autant plus qu'après avoir lu Le lièvre de Vatanen, La forêt des renards pendus, La cavale du géomètre, La douce empoisonneuse, Le meunier hurlant, on a la sensation persistante de retrouver les mêmes personnages à qui il arrive toujours les mêmes choses, que ce sont toujours les mêmes ressorts qui sont utilisés.

A voir la bibliographie que WikipediaWikipedia nous donne, on peut aussi penser qu'on ne traduit que ce qui peut se vendre chez nous en mettant de côté des petits trésors. Il n'empêche que je ne vais pas remettre tout de suite la main sur un de ses ouvrages, je vais laisser passer un peu de temps pour m'imbiber d'une autre littérature entre temps.

S'il vous passe entre les mains, n'hésitez pas à le lire, vous passerez sûrement un bon moment, surtout en vacances, mais il ne faut pas abuser.

Arto PaasilinnaPaasilinna
Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
Folio 2007, 363 pages

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20 juillet 2009

Sur l'écran noir de mes nuits blanches

J'avais l'impression de ne pas avoir mis les pieds au cinéma depuis une éternité. Pour me rattraper, non seulement j'y ai mis les deux pieds, mais j'y suis allé deux fois, une fois sel et une fois accompagné.

Autant le dire tout de suite, ma première expérience avec Public ennemies ne fut pas une réussite. Bien sûr, il était à la hauteur de ce que j'attendais, un produit bien formaté, sans surprise, avec beaucoup d'agitation et de la musique tout le temps. Bien sûr, il est bien joué, un film avec Johnny Depp ne peut être complètement raté. Mais ce n'est pas du cinéma, tout juste un spectacle qui distrait le temps qu'on le regarde et qu'on oublie aussi vite. Et puis l'histoire, il ne faut pas l'oublier, n'a rien d'extraordinaire. On nous raconte la fin du parcours de John Dillinger, un bandit notoire qui, s'il ne faisait pas de morts dans ses braquages, s'il ne volait pas les économies des petites gens, n'en était pas moins une personne à l'égo et aux ambitions démesurées qui cherchait à satisfaire ses envie petites bourgeoises en allant chercher l'argent où il était. Il n'y a rien du révolutionnaire ni même du rebelle dans ce personnage. Mais le film n'est en fait là que pour raconter la naissance balbutiante du FBI, glorifier ces hommes qui ont permis la grandeur des États Unis par leur volonté et, ne pas l'oublier toutefois, l'usage de méthodes pas forcément très légales ni orthodoxes.

Le seul passage intéressant, mais c'est assez court, est quand Dillinger, suite à un coup assez foireux, cherche asile chez ses amis et qu'on le lui refuse. Ses collègues pratiquant les paris illégaux gagnent beaucoup plus d'argent que lui avec ses frics fracs et voient d'un très mauvaise œil une relation qui risque de voir attirer sur eux les foudres de la police que plus aucune corruption ne pourra retenir. Ils le lâchent donc dès que les affaires l'exigent; le monde de la pègre et celui de la finance sont bien les mêmes.

Le deuxième film est d'un tout autre genre, même s'il vient du même endroit. je craignais un peu que l'âge de glace, troisième opus du nom, ne soit qu'une resucée des recettes qui avaient fait le succès des deux premiers. Et bien pas du tout. Si on retrouve les personnages des premiers qui se sont étoffés entre temps, on découvre de nouvelles situations plus rocambolesques les unes que les autres, de nouveaux personnages plus frapadingues les uns que les autres et, ce qui ne gâte rien, de nombreuses références* à une filmographie plus ou moins récente. Je suis sortis de la salle en essuyant mes larmes que le rire faisaient encore pointer au bord des yeux. Peut être que dans ma mémoire il ne restera pas plus longtemps que le précédent, et j'en doute, mais j'aurai de plus passé un excellent moment de détente et de bonheur. Un régal.

* A ne pas confondre avec l'allusion plus que douteuse de nos militaires qui ont fait défiler au 14 juillet sur les Champs Elysées les hélicoptère sur l'air de la chevauchée des Walkyries, comme  ceux de Apocalypse Now pendant le mitraillage et le passage au napalm d'un village vietnamien; charmant !

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01 mai 2009

Une abeille en travers de la gorge

J'ai eu l'occasion, il y a peu, de voir sur le petit écran, le film "Bee movie". En dehors du fait qu'encore une fois nos cerveaux du cinéma ce sont bien gardés de traduire le titre, montrant ainsi une part d'imagination assez réduite, j'aurai tout de même quelques remarques à faire sur le contenu de cette œuvre. Bien sûr, on peut admirer sa technique parfaite mais, c'est maintenant le cas pour la plupart des productions de ce niveau, le dessin animé disposant de logiciels de plus en plus perfectionnés; bien sûr on peut aimer ou pas l'esthétique générale, l'anthropomorphisme exagéré des personnages (les petites bébêtes, pourtant classable parmi les insectes, n'ont que quatre pattes). Mais si nous grattons un peu la pellicule il y a tout de même des choix idéologiques plus que contestables dans le scénario.

Parlons d'abord des personnages. Tout d'abord, rien que par le titre, on peut penser qu'on va nous parler d'abeilles or, fidèles à leurs habitudes, les studios nous montrent une horde de mâles, sans doute pour eux seuls personnages dans lesquels nos petites têtes blondes (ou pas) pourront s'identifier. Pourtant, si je ne m'abuse, dans cette espèce d'insecte celles qui recueillent le pollen, qui le transportent, qui le transforment, qui en nourrissent les larves et leur reines sont des femelles. Les mâles n'ont qu'une existence très courtes étant là seulement pour, lors d'un vol unique, fertiliser les futures reines. Dans notre film on voit une charmante famille, monsieur travaille dans l'entreprise de fabrication de miel, madame vaque aux tâches ménagères, poncifs vieux comme le monde. D'aucun dira que du côté humain les hommes sont montrés comme des brutes ignares et les femmes comme épanouies, indépendantes, intelligentes et actives, le compte n'y est pas.

Et puis parlons de l'histoire, celle ci est simple; notre héros, "une" abeille rebelle, ne veut pas avoir à choisir un métier dans lequel il sera cantonné toute sa vie, il décide de sortir de la ruche pour voir le monde. Jusque là tout va bien. Au cours de son périple il visite un supermarché dans lequel il découvre des étagère entières couvertes de miel. Il comprend alors que les pauvres abeilles sont exploitées par de méchant spoliateurs. Il décide de faire un procès aux méchantes grosses entreprises de l'agroalimentaire pour leur faire entendre raison et leur faire restituer le fruit de leur larcin. Il va gagner. Et comme les ruches se retrouvent remplies de miel sans avoir à le fabriquer les abeilles, complètement inconscientes, arrêtent de travailler. D'où arrêt de la pollinisation, arrêt de la reproduction des plantes, fin du monde à courte échéance.

On peut bien sûr n'y voir qu'un message écologiste mais, étant donné ce choix de l'anthropomorphisme, comment de pas faire un parallèle avec le monde du travail ? Vous pensez bien, si jamais on donnait le fruit de leur travail à tous les ouvriers et employés de la terre, ce serait la fin du monde. Ils arrêteraient de travailler et ce serait la fin du monde Les patrons ils se goinfrent, bien sûr mais, sans eux, ce serait la fin du monde. Vous comprendrez que le dard a eu du mal à passer.

Alors en ce jour du premier mai, fête du travail, vous trouverez en France et ailleurs, plein d'endroits pour réclamer le juste fruit de votre travail.

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16 février 2009

Le paradis est toujours plus vert ailleurs

19044948Elias est jeune, il est beau, il apprend le français dans une méthode des années cinquante, ce ne sont pourtant pas des critères suffisants pour pouvoir vivre dans son pays d'origine. Nous découvrons donc cet apprenti migrant dans un bateau qui l'emmène, avec beaucoup d'autres compatriotes, vers des rives plus riantes; enfin, c'est bien ce qu'il espère. Car le voyage va être difficile; s'il reçoit de l'aide ce n'est pas toujours pour des raisons avouables, mais l'aide c'est de l'aide, et les obstacles à sa survie seront nombreux.

Le sujet est grave, d'une actualité brulante et, pourtant, les occasions de rire ne manquent pas. Costa-Gavras, qui n'est pas un débutant dans le cinéma, parsème ses arrière-plans de petites scènes cocasses, ses scènes de personnages secondaires fragiles, émouvants, son héros est loin d'être parfait et les symboles ne manquent pas; je suis sûr que vous apprécierez l'arrivée sur la terre promise vue comme une nouvelle naissance, aussi nu et dénué de tout qu'au premier jour.

Difficile d'en dire beaucoup plus sans déflorer le sujet, le film est forcément un raccourci de la vie de l'immigré clandestin, avec la peur au ventre de se faire prendre, la nécessité de survivre par tous les moyens, y compris le vol, l'exploitation à outrance, les boulots à risques, etc.

Je ne pense pas que ce film fera avancer quoi que ce soit dans la vie des immigrés, clandestins ou non, mais il permet sans doute plus facilement de se mettre dans la peau de l'un d'entre eux, imaginer les affres du parcours vers une hypothétique liberté. Pour moi, à la sortie de la salle, j'ai imaginé le parcours pour une femme. Surement beaucoup plus difficile.

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08 janvier 2009

Chibanis en noir et blanc

arton3600_6e44dOn lit dans les visages une fierté, une dignité que n'ont pas altéré les longues années de travail à la dure, les humiliations continuelles et les privations quotidiennes. Ce sont les chibanis, les cheveux blancs, les vieux travailleurs maghrébins que les français ont fait venir après guerre pour reconstruire le pays. Qu'en avons nous fait ? Quelle aura été leur vie à Marseille où ailleurs, c'est ce que cet ouvrage veut exposer au lendemain de nouvelles mesures discriminatoires à leur égard.

Photos et textes accompagnent la découverte des cabanes sans aucun confort qu'habitaient ces travailleurs, cachées dans des cours, que la rénovation urbaine mise en branle par le maire va vouer à la destruction sans que ne soit mis en place de solution de relogement digne de ce nom, un logement avec un minimum de confort sans être renvoyé dans les confins de la ville.

Un chouette cadeau de noël.

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17 décembre 2008

Eloge de l'instabilité

Zénon d'Elée l'avait déjà dit il y a deux mille cinq cents ans, posant ainsi la première pierre de la route menant au cinématographe, le mouvement n'est qu'une suite d'immobilités. Des générations de philosophes et de physiciens plus tard, la marche humaine a été analysée comme une chute contrôlée, le corps partant en avant par l'action de la gravité, la jambe projetée en avant rétablissant l'équilibre qui se rompt un instant plus tard.
A voir le spectacle La veillée des abysses, on comprend tout de suite que la troupe maîtrise parfaitement cette loi, le mouvement est chute, l'immobilisme étant la mort. Alors, d'un tableau à l'autre les cinq protagonistes, deux femmes et trois hommes, courent pour ne pas tomber, s'accrochent à des grilles, se balancent, sautent, tourbillonnent, se transmuent devant nos yeux ébahis quand ils ne pleurent pas de rire. Il faut dire que James Thierrée, le meneur de la troupe, à de qui tenir. Fils de Jean-Baptiste Thierrée et de Victoria Chaplin, petit fils de Charles Chaplin dont la ressemblance avec lui est frappante, ne se contente pas d'exhiber son héritage, il le transforme, le fait fructifier, l'utilise comme tremplin pour exprimer tout son art.

Pendant une heure vingt on voit défiler une suite de petits tableaux, souvent très physiques où la prouesse est toujours éclipsée par la poésie de la situation, le burlesque de ce qui semble invraisemblable, irréaliste et qui se déroule pourtant sous nos yeux. Ainsi, on peut voir notre petit fils, assis sur une chaise, se trouver dans l'impossibilité de croiser ses jambes ou d'appuyer son visage sur ses mains, les coudes sur le dossier de la chaise, puis perdre même l'usage de ses membres, ceux ci semblant récalcitrants à obéir aux ordres de leur propriétaire, le corps roulant dans un sens et dans l'autre sans jamais trouver son équilibre reposant.

De toute façon, le repos c'est la mort. La combattre est un effort quotidien, celui qui nous est montré n'étant qu'un peu plus prévu que le notre. Au boulot !

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19 novembre 2008

Homard à l'américaine

9782012374089Voila un livre qui part d'une bonne idée, la description de la souffrance des jeunes cadres dynamiques dans les entreprises qui se veulent à la pointe de la modernité dans la gestion des équipes. Construit en une suite de petites situations vécues de l'intérieur, le livre passe en revue les griefs qui sont monnaie courante dans des domaines comme les nouvelles technologies, la publicité ou la finance. La règle est la même partout, faire faire un maximum de choses à chaque personne tout en leur faisant croire que c'est bon pour leur développement personnel; les cadres reçoivent des ordres avec la ferme conviction qu'ils en sont à l'origine, toujours imposer les choses mais en faire porter la responsabilité à l'autre.

Le problème, malgré l'humour indéniable, c'est la restriction à cette seule population des jeunes cadres issus de grandes, et moins grandes, écoles. Pas un mot sur tous ces pauvres exécutants qui doivent courber le dos sous leur charge grandissante, pas un mot sur ces jeunes diplômés qui ne trouve, pour subsister, que des petits travaux, que ce soit dans des centres d'appels ou des caisses de super marchés.

Par contre, pour se réjouir, il faut aller au delà de la dernière scennette où on trouve un glossaire des plus intéressant et drôlatique.

ASAP : As soon as possible. Le plus tôt possible. A remplacé le terme "urgent" qui pêchait par son caractère trop impératif. La version française, moins glamour, est TTU, "très très urgent", à toujours mettre sous forme abrégée pour atténuer l'injonction et parce que vous n'avez pas le temps.

Downsizing : On ne dit plus "réduction des effectifs", on dit downsizing. Certains, mal élevés ou gauchistes s'obstinent à utiliser le terme de licenciement.

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10 octobre 2008

Au pays de la glace

48e5d10559dc4Malgré une présentation à l'américaine, malgré une accroche ronflante (thriller glaçant, glaçant parce que islandais, ha, ha), Jar City est un film remarquable pour plus d'une raison. En tout premier lieu, le scénario tiré du livre éponyme est très ben ficelé, sans faille et sans coup de théâtre à faire frémir, mais la mise en scène a aussi son importance parce qu'elle privilégie l'introspection humaine pour en comprendre la douleur indicible, le moteur de beaucoup de nos actes. Aucun personnage n'est entier, sans faille ni accroc, la solitude des uns, la drogue du désespoir d'autres, le refuge dans les tics ou les mensonges font qu'ils nous ressemblent. De plus, le paysage islandais vient soutenir l'ensemble par ses entre villes déserts, des landes à moutons ou des rocailles volcaniques.

Mais parlons aussi de l'interprétation qui ne peut avoir de sens que si vous allez le voir en version originale. L'apparente froideur de l'inspecteur n'est qu'une façade, comme celle du film qui est truffé de petites pointes d'humour à l'anglo-saxonne, très pince sans rire. Je recommande particulièrement la scène de la tête de mouton, plat préféré du personnage principal.

Vous ne trouverez pas les images auquelles nos voisins d'outre atlantique nous ont habitués, pas de litre d'hémoglobine, pas de ralenti pour suspendre l'action, pas d'image de synthèse. Enfin un film qui cherche à nous faire plaisir par son contenu et pas seulement son contenant.

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02 octobre 2008

Eau de boudin

1041432J'aime la littérature médiévale, sans doute parce qu'assez rare et encore emprunte de naïveté et du tâtonnement propre à un genre qui se cherche encore. J'avais lu avec un grand plaisir les livres de la légende arthurienne de Chrétien de Troie, je ne pouvais laisser passer celui-ci, Le haut livre du Graal ou Le Perlesvaux, grand livre de chevalerie publié en édition bilingue, texte original en vieux françois à gauche, traduction en français moderne à droite.

Hélas pour moi, j'ai été très déçu; pas tant par l'articulation du récit, on suit alternativement les tribulations des chevaliers les plus célèbres, Perlesvaux (Perceval), Gauvin, Lancelot et le roi Arthur lui-même, mais par le contenu même du récit, la foi exacerbée des protagonistes entrainant les pires exactions. Tous les coups sont décrits et le sport principal est la décapitation. Comme dans la peinture à thème religieux, il y a une complaisance dans le morbide et la mortification qui me répugne.

Il fit préparer une grande cuve au milieu de la cour; il y fit conduire les onze chevaliers, auxquels il fit couper la tête dans la cuve et les laissa se vider de tous leur sang, puis il fit enlever les corps et les têtes, si bien qu'il ne resta dans la cuve que le sang tout pur. Après quoi il fit débasser le Seigneur des Marais de son équipement, le fit amener à la cuve remplie à ras bord de sang, lui fit lier étroitement pieds et mains, et lui dit : "Seigneur des Marais, vous n'avez jamais pu être rassasié du sang des chevaliers de madame ma mère, mais moi je vous rassasie du sang des v^tres !" Il le fit pendre par les pieds dans la cuve, de telle sorte que la tête fut plongée dans le sang jusqu'aux épaules, et le fit maintenir dans cette position jusqu'à ce qu'il fût mort noyé.

Heureusement, il reste le plaisir de faire de temps en temps des comparaisons entre le texte original et le moderne pour comprendre certains choix du traducteur. Mais je relirai le Perceval le Gallois de Chrétien pour m'en remettre.

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17 septembre 2008

A la recherche de Letrouvé

letrouveC'était un échange de bon procédé, j'avais prêté un roman que j'adore, Dolce agonia, on m'a remis celui-ci que j'ai accepté, parce que l'occasion fait le larron.
Cent vingt pages écrites plutôt gros, toutes les pages non remplies complètement, autant dire que la lecture n'a pas duré longtemps; et que j'en ai été très déçu.

Pourtant l'histoire commence plutôt bien; Julien Letrouvé passe son enfance au moment de la révolution française dans les jupes des femmes de son village qui se retrouvent le soir pour des lectures. Il est bercé par les histoires racontées mais ne sait pas lire. Plus tard, il quittera ce monde pour devenir colporteur, mais un colporteur qui ne va vendre que des livres. Il va croiser la route d'un soldat Prussien déserteur devant Valmy et une amitié va naître.

Je ne risque pas de vous raconter la suite, le livre finit quasiment là. Il ne se passe rien d'autre qu'un préambule un peu long, et j'attends toujours les quatre cents pages suivantes qui vont pouvoir raconter l'évolution de ces personnages atypiques. Le décor est intéressant, le sujet est intéressant mais j'ai l'impression d'avoir subit un coït interrompu. C'est frustrant.

Julien Letrouvé colporteur - Pierre Silvain - Edition Verdier

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