Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

12 janvier 2008

Une nuit à l'opéra

IMG_4870Aujourd'hui, je suis allé à l'opéra, mais les gens y savaient pas chanter alors ils bougeaient leurs bras et leurs jambes dans tout les sens. Et puis, on était drôlement mal assis, tout coincé entre les genoux des gens de derrière et le dos de ceux de devant; quand je me suis levé, j'avais mal aux fesses. Heureusement, il y avait deux pauses, même qu'on appelle ça des anthrax

Dans la première partie, les gens sur scène y couraient partout et leur collant y changeait de couleur. J'ai bien aimé la musique, à un moment, y'a un monsieur qu'à soufflé dans un drôle d'instrument qui faisait comme des pets très graves, et puis un autre qui tapait sur des tambours; et puis y'avait des trompettes. J'aime bien les trompettes.

Dans la deuxième partie, c'était pas bien, la dame derrière moi avait mis son genou dans mon dos qu'on aurait dit une jambe de pierre. Ca faisait mal. Mais dans la lumière elle était rigolotte, elle voulait toujours se coiffer et sa fille la grondait sans arrêt. Dans le noir, on a vu arriver les danseuses une par une, lentement, habillées toutes pareille avec une petite jupette qui s'appelle un tutu. J'aime bien les tutus. Je les ai comptées, il y en avait trente deux qui faisaient toutes les mêmes gestes; c'était beau comme un défilé du quatorze juillet. Et puis après, elles se mettent par moitié de chaque côté de la scène, en bougeant de temps en temps, pendant qu'y en a une qui vient faire des sauts toute seule au milieu. Même qu'on en a vu une voler, mais y'a un truc, y'a un monsieur qui la portait. A la fin, toute le monde a applaudi, les dames qu'avaient dansé toute seules venaient sur le devant de la scène, mais on pouvait pas les reconnaitre car elle n'avaient pas de numéro dans le dos.

IMG_1424Après le deuxième anthrax, c'était de la musique de Tchaïkovski, celui qui casse les noisettes, mais là, c'était la dame se pique. Elle était toute maigre et toute triste avec sa robe noire. D'ailleurs, elle meurt. Et puis après son amoureux y va fêter ça avec tout plein de copains autour d'une table, avec des chaises, et y tournent, y secouent la tête, y tapent des mains par terre. J'ai rien compris.

Mais les costumes y zétaient jolis et y zalaient bien avec le mur du fond, alors j'ai applaudi aussi. Mais la prochaine fois, je viendrais avec un coussin, le coup de balais ça fait trop mal aux fesses.

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04 janvier 2008

Résonnez hautbois, sonnez trompettes

visite_fanfareIl n'y pas idée d'être aussi perdus ! Imaginez huit musiciens, la fanfare de la police d'Alexandrie, qui vient inaugurer un centre culturel Arabe en Israël. Il n'y a pas idée d'être aussi mal organisé que personne ne vienne vous chercher à l'aéroport. Il n'y a pas idée aussi de se perdre dans une ville dont le nom ressemble tant à celle où on doit se rendre et dont les habitants sont tout aussi perdus bien que chez eux.

Alors, tant bien que mal, aidés par la patronne et les habitués d'un petit restaurant, ils vont organiser leur courte résidence forcée et ce ne sera pas facile. Déjà, il y a la barrière de la langue, tout le monde s'exprime dans un anglais avec un accent à couper au couteau mais, surtout, il y a la situation conflictuelle relationnelle des deux communautés qui devrait tout faire exploser. D'ailleurs, ils se regardent un peu tous en chien de faïence au début, raides dans leur costume ou figés dans leur attitude. Mais c'est sans compter sur Haled, un vrai dragueur, qui fait tout pour le rapprochement des peuples.

On suit ainsi les aventures, bien courtes, de ces musiciens mais aussi des habitants abandonnés de cette petite colonie, oubliés sans doute depuis son ouverture, leur désarroi du moment mais aussi dans leur vie quotidienne, leurs attentes déçues, leur vies trop remplies pour écrire les chefs d'œuvre rèvés, les occasions ratées, les songes enfuis. Pourtant, rien de larmoyant là dedans, on sourit, on peut même rire, particulièrement durant la leçon de drague dans le dancing à roller, une scène qui restera dans les mémoires.

Si ce film est très touchant; après tout, c'est sûrement parce qu'il est facile de s'identifier à n'importe quel des personnages, aussi bien l'artiste non accompli que celui qui a fait un mauvais choix dans la vie qui le rend amer, la femme qui voit son mari végéter "entre deux emplois" que le jeune qui s'étiole parce qu'il n'y a rien à faire pour se distraire. Ce film israélien, parlé en hébreu, en arabe et en anglais, coproduit par des français est comme un café turc, vous y avez l'arôme fort, la douceur du sucre et l'amertume du café et, après l'avoir bu, il en reste suffisamment au fond de la tasse pour en discuter beaucoup plus tard.

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01 janvier 2008

Choisir, pourquoi choisir ?

affiche_xxyOù en étais je ? Ah oui, le film XXY.
L'histoire est simple et je ne pense pas dévoiler trop de choses en disant qu'il s'agit d'un épisode de la vie d'un être qui est né avec les deux sexes. Ses parents l'ont élevé comme une fille, sort souvent réservé à ces personnes opérées très rapidement après leur naissance. Mais ille1 n'est pas opéré. Et nous la retrouvons à quinze ans alors que des anciens amis viennent les rejoindre, sans doute à la demande de la mère, dans leur exil, ayant quitté peu après la naissance, sans doute par peur d'être montré du doigts, Buenos-Aires pour la côte Uruguayenne. Ils sont accompagnés de leur fils qui a sensiblement le même âge.

Disons le tout de suite, la particularité anatomique d'Alex n'est pas le sujet du film. Alvarro, le jeune homme et Alex, eu égard à leur âge, sont en pleine recherche de leur identité sexuelle et c'est celle ci qui est le vrai moteur de l'œuvre. On peut y ajouter aussi le respect de la différence; le regard des autres quand le fait de sa bisexualité, au sens étymologique, est mis à jour est éloquent, on le voit comme un monstre de foire, une anomalie tout juste bonne à générer moqueries et humiliations.

Se pose aussi la question de la normalité. L'ami, mais en est-ce un, s'intéresse à Alex sous l'angle du chirurgien plasticien qu'il est. L'intéressée refuse depuis quelques temps de prendre ses médicaments qui maintiennent son apparence féminine. Quel est son choix ? Heureusement ille est entouré d'amour qui se lit dans les yeux de ses parents et ce n'est pas forcément la meilleure des choses; c'est fou les conneries que l'on peut faire par amour. Il faudra une prise de conscience collective pour qu'enfin on pause la question du choix à Alex; mais pourquoi choisir ?

Ne vous privez pas de ce film qui ne restera sans doute pas bien longtemps à l'affiche, même si la salle dimanche était pleine. Vous ne pourrez pas oublier le visage d'ange et de démon d'Alex, celui de sage de son père ni le mépris de l'ami vis à vis de son propre fils. Vous restera aussi la petite phrase du père racontant la naissance de sa "fille", "ella ya era perfecta, perfecta", elle était parfaite, parfaite.

1 - Il n'y a pas de neutre en Français, je mélangerai donc les genres.

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10 décembre 2007

Lignes de faille

41FQYEPRTWLJe suis allé vers ce livre sans aucun doute, sans penser un seul instant, sur le nom de l'autrice, l'auteuse ou l'autoresse que je pourrais m'ennuyer une seule seconde et j'avais bien raison. J'ai mis un œil dedans et les presque cinq cents pages sont passées à la suite en un éclair de temps. Pourtant, le sujet n'est pas simple. Quatre générations d'une même famille sont explorées en prenant à chaque fois le point de vue de la personne quand elle a six ans en commençant par la dernière, un petit garçon imbu de lui même tellement il est traité comme un dieu par ses parents en l'an 2004 et finissant par son arrière grand mère en petite fille sous la férule nazie en 1944. On rit, on vibre, on plane, les pages défilent  sans qu'on puisse s'en rendre compte, sans qu'on puisse les freiner et, à peine commencé on tourne déjà la couverture de fin.

J'ai vraiment du mal à parler de ce livre sans en dévoiler la substance; les personnages sont tous placés sur fond de crise, sur fond de conflits qui ont, l'un après l'autre marqué les générations, de la deuxième guerre mondiale à celle en Irak et qui vont modifier le destin des personnages comme ils ont modifié la face du monde. Autant vous dire qu'on en sort pas indemne, mais n'est ce pas ce qu'on attend d'un livre digne de ce nom ?

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03 décembre 2007

Rien d'une barre HLM

51BW7DJ8XDLUn vieil immeuble qui fut chic dans un quartier du Caire qui fut chic, le décor est planté. Telle une maison de poupées dont on aurait retiré la façade, on voit évoluer les habitants, des pauvres toujours pauvres, des anciens riches désargentés qui se battent pour leur vie quotidienne mais y perdent tous leur innocence et leur dignité. Le fils du gardien qui lave les voitures des résidents les plus fortunés, avec leur mépris en prime, qui rêve de devenir officier de police, son amour de jeunesse qui ne veut que travailler pour gagner sa vie et va subir la harcellement de ses différents employeurs, les petits et gros fricoteurs, les graisseurs de pattes, les ambitieux, les perdus, tout le monde passe par l'immeuble Yacoubian.

Ces multiples personnages qui peuplent l'immeuble et le récit d'El Aswany sont des exemples typique de la société moderne égyptienne, les débrouillards, les traînes misère, les crèves la faim, mais aussi les clandestins de tout poil. On voit réduit en miniature le pays dont il est question, on sourit de la naïveté de certains, on pleure de voir l'effet des manipulations d'autres et, tout du long de cette écriture d'une grande fluidité on vibre tellement on a envie d'un bonheur qui n'est pas là, qui s'éloigne de page en page. On comprend alors qu'il existe des personnes pour croire en un ailleurs meilleur, un ailleurs promis à ceux qui joueront le martyr.

Aucune solution, aucun jugement sur le type de société idéale, un constat amer d'un homme qui aime son pays et ses habitants et le rêve meilleur pour tout le monde. Un livre qui ne laisse pas indifférent, qui laisse des marques.

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15 octobre 2007

Campagne anglaise

516V00F7JALLe pavé est impressionnant, plus de mille pages imprimées en petits caractères. Pourtant non seulement il se lit bien, mais on a du mal à s'en détacher, y compris quand on le referme après la dernière phrase.

Middlemarch raconte une tranche de vie d'un ensemble de personnages vivant au même moment dans un même lieu, une petite bourgade de Grande Bretagne vers les années 1830. On y voit des jeunes femmes emprisonnées dans leur éducation bourgeoise étriquée, d'autres qui tentent d'en sortir et se heurtent à la mesquinerie masculine; on y voit des jeunes hommes idéalistes essayant de faire changer les modes de vies, politiquement, humainement, ils seront rejetés par le microcosme des élites de la ville, obligés de fuir pour survivre. On y voit partout le poids de la religion et de l'éducation dans les modes de vie et de réflexion de l'ensemble de la population, les personnes qui en souffrent et ne font rien pour que ça change.

En fait, pour être exacte, le volume du roman permet de marquer cette fêlure dans le système, le moment ou certaines personnes de la nouvelles générations refusent l'ordre établi, le remettent en cause et brave la "sagesse" des anciens. Car le roman n'est pas noir comme certains du même auteur (de la même auteuse, soyons précis) ou comme ceux de Thomas Hardy peuvent l'être.  Un espoir est visible, on peut être optimiste sur le devenir des quelques personnages principaux, le dernier chapitre avant l'épilogue est même un peu trop hollywoodien à mon goût, trop heureux pour être honnête; on ne pouvait s'attendre à une fin si heureuse après le déroulement des aventures de chacun, un peu comme si  Mary Ann Evans, le vrai nom de George Eliot, avait voulu se faire pardonner d'avoir brosser un tableau si sombre.

Etant donné le plaisir que m'a donné cette lecture, il ne me reste plus qu'à me procurer ses six autre romans.

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08 octobre 2007

Nuit blanche en couleur

IMG_1113Samedi soir, à Paris, c'était la nuit blanche. Non, pas celle causée par une allégresse artificielle provoquée par le résultat d'un match le soir même, mais bien celle provoquée par une explosion d'art contemporain dans les rues, sur les places, dans les hôtels particuliers de la capitale.

Mon état de fatigue ne m'a pas permis de traverser la nuit comme le nom de l'opération pouvait le suggérer, mais j'ai pu glaner, ici ou là, quelques jolies idées, quelques jolies interventions délicieusement inutiles.

Nous avons commencé place des Victoires, invités par une amie qui se produisait sur un camion scène dans une création consacrée à la mode. "Le chic urbain", pièce parlée et chantée, est une variation sur les termes de la mode, tous les mots étant extraits de catalogues des grands couturiers.

Puis, nos pas nous ont menés devant l'église Saint Eustache. Là, sur le côté, devant la tête inclinée, trois grands écrans montrent alternativement un homme et une femme, extrêmement musclés faisant des exercices visant à les montrer le plus avantageusement possible, mais très lentement. L'étrange vient des visages, que je suppose rapportés, qui sont ceux de personnes âgées.
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Un peu plus loin, des danseurs habillés en noir ou blanc évoluent sur une minuscule scène. Leur image, morcelée, répétée comme dans un mini kaléidoscope est projetée, recomposée sur une façade aveugle dans un foisonnement de couleurs.

Dirigeons nous vers l'Hôtel de ville. Non, pas la place, il y a une foule de personnes venus pour tout à fait autre chose, passons par la rue de verrerie. Au centre du cloitre des Billettes une forme blanche est suspendu et éclairée en bleu. Défile sur le mur, en circulaire, un mot que j'ai oublié.

Dans la cour de la Caisse des Dépôts et Consignations, il fallait s'assoir sur la margelle de la fontaine centrale. Sur deux côtés opposés, un écran oblong avec une foultitude de petites étoiles qui bougent dans tous les sens et finissent par écrire un mot, comme "Supermarteau" ou "Supermachin".

Nous avons fini dans la cour de la maison de l'Europe. Un grand écran divisé en une vingtaine de cases affiche le portrait d'européens déracinés, vivant soit en France soit en Allemagne et ils nous racontent ce qui leur manque le plus dans leur nouveau pays. Et c'est à la fois juste, émouvant et drôle.

A noter que nous y avons vu deux italiens, tous les deux parlaient du café. Comme quoi...

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17 septembre 2007

Iguane à être connu

IMG_3959N'empêche que c'était vachement bien les Stooges. Il faut le voir, Iggy Pop, du haut de ses soixante trois printemps, courir sur la scène, sauter, se mettre à quatre pattes, faire tourner le micro comme un lasso, frapper le sol avec le pied de ce dernier, chanter, mimer, éructer ses chansons sans un seul temps mort, enchaînant les titres, ne s'autorisant que quelques arrosages à la bouteille d'eau.

Je dois ajouter que je plains sincèrement les organisateurs de concerts qui le font venir; car rien n'est plus flippant qu'un artiste imprévisible comme lui, prenant le risque d'aller à la rencontre de son public au mépris de sa propre sécurité, ou faisant venir sur la scène quelques spectateurs sans savoir comment il fera pour qu'ils redescendent.

En fin de compte, nous avons passé une heure qui nous sembla bien courte, surtout au regard du groupe précédent qui fut ennuyeux à en mourir (par décence, j'en tairais le nom). Je reste ébahi des performances de ces artistes qui savent se renouveler et surnager allègrement au dessus du commun de la musique que les radios daignent nous diffuser aujourd'hui; les pierres qui roulent devraient enfin prendre leur retraite pour laisser leur place à ce jeune qui promet.

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29 juin 2007

Egare ses fontes

IMG_0666Hier soir, après de nombreux mois de désertion des salles obscures, j'ai repris contact avec le monde du cinéma. Je dois dire que je n'ai pas été déçu. Foin des films étasuniens placés sous le signe du dollar, loin des films franchouillards nous avons choisi le film d'animation Persépolis qui, s'il fait beaucoup parler de lui, le mérite amplement.

Il n'est jamais facile de résumer une intrigue sans en dévoiler les ressorts, il en est de même ici avec cet objet très visuel, très léché dans le noir et blanc somptueux et la mise en scène fluide et inventive. Sachez simplement, si vous ne le savez déjà, qu'il s'agit du récit autobiographique de la dessinatrice et réalisatrice, Marjanne Satrapy, jeune iranienne de bonne famille qui va traverser trois époques terribles, la dictature du Shah avec sa cohorte de victimes (pas grave, surtout des communistes), puis la révolution islamique avec sa dictature revencharde et ses victimes nombreuses (pas grave ce sont aussi des communistes [mais pas seulement]) et la guerre avec l'Irak et ses bombardements quotidiens, la peur omniprésente et la réponse barbare du pouvoir.

Si on rit, l'histoire n'est pas loin avec quelques rappels qu'il fait bon entendre; si la gravité s'installe ensuite, on continue de sourire et d'admirer la maîtrise de la narration, l'art de l'ellipse. N'hésiter pas à vous rendre dans les bonnes salles qui le passent, vous ne serez pas déçus.

Le rapport avec la photo ? Je l'ai prise juste après dans le le lieu de notre restauration.

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17 avril 2007

Toucher à tout

Une longue avancée en plans fixes courts vers une petite église au sommet d'une falaise, l'intérieur de l'église, son pavage style mosaïque romaine dont les pans manquants sont artistiquement remplacés par des pierres plates unies, le décor est planté, nous sommes dans l'épure totale, il n'y aura pas un mot de trop.
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Alors, évidemment, on est tenté de penser que l'ennui va nous gagner, les mouvements sont lents, il ne se passe rien, les décors sont superbes, les costumes premier empire très élégants. Pourtant, il n'en est rien, ce duel est prenant et pourtant complètement vain. Quand au jeu d'acteur, il est impeccable. Il faut dire que je suis un grand fan de Jeanne Balibar depuis que je l'ai vue dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) jouant avec des andouillers puis, peu après, dans Je hais l'amour où, médecin, elle est aux prises avec un hypocondriaque violent et un jeune atteint du sida.

Le plus curieux, c'est qu'hier soir Arte diffusait un film précédent de Jacques Rivette, Va savoir, avec la même, un marivaudage avec en toile de fond une pièce de Pirandello jouée par les protagonistes, une autre de Goldoni, perdue et cherchée désespérément par le metteur en scène.
J'ai préféré cet opus, malgré une plus grande longueur.

Mais je ne suis pas à ça près, je me souviens avoir déjà donné, adolescent, avec mes parents qui m'avaient emmené voir L'amour fou qui dure plus de quatre heures. Et encore, je vous passe le mythique Out one qui lui, excusez du peu, dure... 773 minutes, soit treize heures.

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