Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

25 septembre 2009

Le cœur sur la main, je vous dis

Internet a ça de particulier, et je lui en rend grâce, qu'il permet parfois des rencontres improbables, rencontres virtuelles, cachés par nos noms choisis, par nos mots et nos images, qui débouchent parfois sur de vrais rencontres, dans un espace temps bien défini. C'est ce qui m'est arrivé il y a peu. Je les avaient croisés sur le chemin des images, l'une par ici, l'autre par . Et puis, parlant de paris, je leu ai proposé une petite balade, histoire de leur montrer ce que les touristes ne peuvent voir que s'ils sont livrés par eux mêmes et un peu curieux, le quartier de la Mouzaïa, l'église russe orthodoxe de la rue Crimée, la butte Saint Chaumont.
Nous nous sommes quittés heureux et bien décidés de recommencer l'expérience.

L'autre escapade est arrivée dimanche dernier, journée nationale du patrimoine, à l'initiative des mes hôtes avec un programme chargé, jugez en; le matin, musé Maurice Denis à Saint Germain en Laye, avec visite exceptionnelle de son atelier, l'après midi visite de la villa Savoye de Le Corbusier à Poissy et maison de Zola à Médan.

IMG_8334Mais le plus beau fut entre les deux, un repas concocté par l'une et arrosé par l'autre, un régal pour les yeux et le palais, j'avais l'impression d'être traité comme un pacha.

Une entrée double, légumes d'un côté, fruits de mer de l'autre, mélange d'avocat et de tomate à gauche, crevettes, œufs de poisson, asperges à droite. C'est bien simple, on hésite à entamer tellement c'est joli.

Le plat était composé de magret de canard aux figues avec une sauce dont je n'ai pas pu trouver tous les éléments mais qui contenait de la chapelure de pain d'épice.

Le dessert était du même tonneau et heureusement que l'appareil photo n'était pas loin car, avec le blanc et le rouge de Bourgogne, je ne me souviens plus très bien de tout ce qu'il y avait dedans.
IMG_8335
C'est sûr, nous recommencerons mais, ils ont mis tous les deux la barre très haut, il va falloir que je potasse un peu mes livres de cuisine avant de les faire venir dans mon palace.

La balade s'est prolongée involontairement pour moi car, problème avec le RER au retour qui ne se décidait pas à quitter le quai, j'ai fini par prendre un train qui m'a emmené plus loin que prévu et, comme par un fait express, j'ai trouvé une station de métro direct avant de dénicher un vélib utilisable.

Posté par berlioz à 19:12 - Mes états d'âme - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]


02 août 2009

Comme sur Nantes

Je pouvais le voir dans la fenêtre de la cuisine, l'homme qui pleure; en train d'éplucher des oignons, découper de la viande ou débiter en petits morceaux des poivrons, je distinguais bien les yeux gonflés brusquement embués, les gouttes perler dans ses cils, deux rigoles se former le long des joues, l'humidité envahir son visage crispé. Ce n'est pas l'échalote à la substance volatile qui irrite ses yeux, ni une coupure accidentelle qui lui arracherait ces larmes, c'est sûrement un chagrin plus intense, plus profond.

je regarde dans la fenêtre de la cuisine l'homme qui pleure passer de la planche à découper au fourneau, du fourneau à l'évier et, à chaque étape les larmes ressurgissent comme une source anciennement tarie qui a trop attendu pour sourdre à nouveau, emportant dans ses flots les peines accumulées pendant des siècles, elles ruissellent comme pluie.

Je regarde dans la fenêtre de la cuisine l'homme qui pleure, il fait nuit noire aujourd'hui.

Posté par berlioz à 18:39 - Mes états d'âme - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 juillet 2009

La mauvaise fin

Cette expérience, je préfèrerais ne pas la revivre et ne pas la faire vivre à qui que ce soit.
Je rentrais d'un court séjour lyonnais et m'apprêtais à rentrer quelques cartons volumineux ramenés de là bas lorsque j'avisais deux hommes et une femme en uniforme de la police se diriger vers mon immeuble, accompagnés de deux hommes en tenue blanche, masques autour du cou et sortes de pulvérisateurs à la main. Je m'enquière de la raison de leur venue et la réponse à fait courir un petit frisson le le long de mon épine dorsale; une voisine était décédée et, sans doute, pas de la veille.

J'avais bien remarqué une odeur pas très agréable ces derniers jours mais fugitive; elle était là le matin en partant et avait disparue le soir en rentrant, pas de quoi m'affoler, je pensais à un animal, voire quelque chose dehors devant les fenêtres. Aucun doute après l'ouverture de la porte par l'équipe en blanc, même prestement close derrière eux une odeur pestilentielle s'est élancée dans la cage d'escalier, une odeur de mort profonde, acre et envahissante. De plus, l'air restait immobile malgré les portes et les fenêtres ouvertes un peu partout.

Je les ai revus sortir de l'appartement, emportant avec eux leur matériel et tout un ensemble de grands sacs en plastique noir pleins et je crains que l'odeur ne persiste encore quelques temps.

Avec tout ça c'est la honte qui me fait le plus mal car j'aurais pu, j'aurais dû faire quelque chose, appeler la police ou les pompiers; il vaut sans doute mieux les faire venir pour rien que très tard.

J'avais lu qu'un employé japonais avait été découvert mort à son bureau cinq ou six jours après son décès, alors que le ménage y était fait chaque jour, car tout le monde croyait qu'il dormait. J'espère bien que ça ne m'arrivera pas.

Posté par berlioz à 21:24 - Mes états d'âme - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

24 juillet 2009

Connue comme la louve blanche

On fait parfois de bonne rencontres dans le métro. Quand je l'ai vu hier, sur l'un des rares sièges de la station, j'ai cru qu'il était la exprès pour moi, qu'il m'attendait patiemment, comme un ami à qui on a donné rendez-vous et qui reste malgré notre retard.
J'ai tout d'abord cru qu'il avait été abandonné sciemment, un de ces ouvrages que l'on fait passer de main en main en se remettant au hasard, relatant simplement sur un site spécialisé les dépôts volontaires et les rencontres fortuites; mais en le prenant dans mes mains j'ai été étonné de sa tenue virginale, rien d'écrit en quatrième de couverture, rien sur la tranche, ce qui allait assez bien avec le titre, Virginia Woolf. Et puis en plissant les yeux (sans mes lunettes je suis perdu), je remarque le petit ovale en haut à droite avec écrit dedans épreuve non corrigées. Avais je entre les mains un livre que son auteuse avait oublié dans un moment d'égarement pu prise par une conversation, un changement dans sa tenue ou une rencontre inattendue ? Peut être était il empli d'une foule de petites annotations dans les marges et les bas de page, peut être allait-je découvrir la création en cours de construction. En bas, il est encore noté "ÉDITION SPÉCIALE LIBRAIRES Roman à paraître le", sans date à la suite.

Depuis j'ai vu que le roman était sorti au mois d'avril et je suis un peu déçu; je n'avais pas le droit à une avant première, peut être à un objet trouvé dans une poubelle ou dans un tas de livres qu'un lecteur lassé avait abandonné par paresse ou ennui. Je le lirai pour me faire une idée, c'est toujours ça de gagné.

Posté par berlioz à 23:33 - Mes états d'âme - Commentaires [1] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 juin 2009

Au carrefour

Je crois que, tout comme ce blog, j'arrive à un tournant, à un carrefour majeur et qu'il va me falloir prendre des décisions qui ne seront pas forcément agréables pour tout le monde. Ici, ça végète, je n'ai plus le gout pour grand chose, ne vient que de temps à autre en me demandant, et c'est nouveau, pour qui vraiment j'écris.

J'entrevois différentes solution, la plus simple étant de continuer comme si de rien n'était, venant de temps en temps raconter une histoire que j'aurais maltraitée car l'envie de romancer est plus forte que moi, ou râler un bon coup, mais il y aurait tant à faire dans ce domaine. La décision la plus délicate à prendre serait sans doute d'arrêter là, en maintenant l'historique ou non, fermant purement et simplement la porte, ne me gardant plus que le rôle du lecteur qui viendrait de temps en temps s'octroyer le droit d'aller écrire chez les autres.

Mais il m'est venu deux autres idées intermédiaires qui entrent toutes les deux dans l'option "on continue mais pas comme avant". La première, la plus facile à tenir, utiliser ce lieu pour mettre mes photos, et seulement mes photos, l'autre lieu étant un peu étroit et ayant tendance à réduire un peu trop les images pour qu'on puisse pleinement les apprécier; l'autre tient de la gageüre, prendre dans un journal, et pas toujours le même, un article qui m'aura attiré l'œil et d'en faire un commentaire complet, en fonction de l'histoire et de mes humeurs.

Je n'ai pas encore tranché, mais je pense que vous serez vite tenus au courant.

Posté par berlioz à 20:09 - Mes états d'âme - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 mai 2009

Carton rouge !

IMG_7628Et voila une bonne chose de faite !
Après avoir passé des jours à mettre des choses dans des cartons, nous sommes en train de les vider, ou de les mettre ailleurs, pour retrouver un peu de la superficie perdue.
Et ce n'est pas tout; mais quand on quitte un appartement il faut encore le rendre dans un état acceptable, refaire un peu de peinture ici au là, boucher quelques trous disgracieux, effacer les traces que la graisse a laissées dans la cuisine, celles que le calcaire a incrustées sous la machine à laver, annihiler les effets de la poussières cachée sous et derrières les meubles.

Mais bientôt, oui bientôt, nous pourrons nous consacrer entièrement à la décoration de notre nouveau petit nid.

La "flat academy" est bien terminée !

P.S.
Que c'est dur plus de deux semaines sans connexion à la toile, que c'est dur de ne pouvoir venir vous lire et vous écrire. Je vais tâcher de rattraper le temps perdu, puisque Proust nous montre qu'il est possible de le retrouver.

Posté par berlioz à 21:55 - Mes états d'âme - Commentaires [4] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

02 mai 2009

Secouez moi

Je ne pensais pas avoir un jour à vivre cette expérience. Tout à l'heure me rendant à notre nouvel appartement, j'ai pris ma ligne de métro abhorrée, la 13. Encombré d'un gros sac à dos je me mets dans un coin pour déranger le moins possible, puis sort mon journal. Quelques stations plus tard, en entrant dans l'une d'elle, j'entends un bruit assez fort, comme un coup de feu ou un fusible qui lâche, suivi d'un freinage brutal et une coupure totale de courant. je pensais à un incident technique, une pièce qui venais de casser, j'avais tort. Quelqu'un venait de passer sous les roues de ma voiture.

Les quelques personnes sur le quai regardaient la voie juste où je me trouvais. Une jeune femme s'est approchée d'une fenêtre ouverte pour signaler qu'elle était médecin et qu'elle était donc disponible si on avait besoin de ses services. Mais là où je suis resté pantois c'est quand j'ai vu une partie importante de mes compagnons de voyage se coller aux vitres, envahir le petit carré où je me trouvais, pour essayer de voir quelque chose. Et voir quoi ? Un morceau de bonhomme, une tache de sang ?

J'ai commencé à dire à une jeune femme me marchant sur les pieds qu'elle ferait peut être mieux de s'assoir, que enfermés dans la voiture il nous était impossible d'être de la moindre aide pour cette pauvre personne. J'ai été immédiatement insulté copieusement, me disant que j'étais complètement insensible voire, pire encore, complètement athée. Je l'ai rassurée de ce côté là mais, impossible d'en placer une pour lui expliquer que regarder un bras coupé sur une voie de chemin de fer n'était pas un signe de grande sensibilité.

Je l'ai ensuite entendu parler autour d'elle de cet affreux bonhomme, qui lisait son journal pendant qu'un être humain était peut être en train d'agoniser (c'est vrai je tenais un journal plié dans main; de là à le lire...).

J'ai eu dans le même temps deux pensées, une pour cette personne qui avait sans doute choisi cette fin atroce, essayant de comprendre ce qui peut là pousser à ce geste fatal et une autre pour les conducteurs de nos métros qui vivent ces événements. Je tire le chapeau au mien qui a su garder son sang froid, organisant à la fois les secours puis l'évacuation de la rame après l'arrivée des pompiers. Sensibles ou pas, j'espère qu'ils ont droit à un bon soutien psychologique.

Posté par berlioz à 19:07 - Mes états d'âme - Commentaires [10] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 mars 2009

Le rire comme exutoire

illustration_0_191Parfois vous voyez un dessin d'actualité et vous souriez grâce son acuité, la précision du trait ou sa grosseur au contraire; d'autres ne vous font absolument rien, ils tombent à plat par manque de connaissance du contexte ou le manque de talent de son auteur. Et puis parfois, il y en a qui répond exactement à l'idée que vous vous faites de la situation et le rire se mèle d'une certaine amertume.

Celui publié ce matin par le petit magazine envoyé au moyen d'un courrier électronique par l'hebdomadaire Télérama est de ceux là. Je ne peux m'empêcher de le partager avec vous.

Posté par berlioz à 21:58 - Mes états d'âme - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 février 2009

On n'a rien sans rien

Voila une publicité que je ne saisis pas bien.

On y voit un homme devant une voiture en train de téléphoner. Un voix off dit "Vous connaissez la marque de votre voiture, vous connaissez la marque de votre téléphone, vous connaissez la marque de votre montre mais, connaissez vous la marque de vos verres ?".

Je reste perplexe, je n'ai ni voiture, ni téléphone portable, ni montre. Que dois-je comprendre ?

Posté par berlioz à 20:12 - Mes états d'âme - Commentaires [9] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

31 janvier 2009

Adieu, monde cruel

IMG_7401Adieu, ma carte orange, je t'aimais bien, tu sais; j'en ai passé du temps avec toi et pourtant, je suis aujourd'hui obligé de te délaisser, de t'abandonner à ton triste sort d'objet technologique dépassé. Trente quatre ans, c'est trop jeune pour mourir et puis je m'y était attaché à ce petit coupon me donnant accès aussi bien au métro qu'aux autobus et même à certains trains.

Il va maintenant falloir s'habituer à ce machin qui a commencé à envahir notre environnement il y a huit ans, faisant un bip désagréable au passage de leur possesseur et qui est violet.

Le seul truc rigolo avec cette carte à puce c'est de voir les contorsions de certaines personnes pour ne pas sortir l'objet, se soulevant sur la pointe des pieds ou se couchant quasiment sur le récepteur.

Alors, je vais garder ce dernier coupon, sans doute jusqu'à ce que j'en perde la trace ou qu'il passe à la poubelle à la faveur d'un déménagement, il est devenu collector, ce qui ne va pas m'empêcher d'écraser ma petite larme dès demain matin.

Ajout du 04/02

A la demande générale de quelques personnes, voici à quoi ressemble la carte à puce rechargeable remplaçant l'ancienne carte et son coupon.

navigo

Posté par berlioz à 19:37 - Mes états d'âme - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2  3  4  5   Page suivante »