05 janvier 2008
Avoir du nez, ou pas
Pourquoi ne suis je même plus étonné par les scènes que l'on peut voir se jouer dans le métro ? Pourtant, rien ne me préparait à ce que j'ai vécu en sortant d'un dîner il y a quelques jours. Il était déjà là quand je suis rentré dans la rame, entre deux âges, les cheveux blancs et longs coulant sur les épaules, une barbe à la Marek Halter, un manteau épais sur les épaules malgré la température, un gros sac avec lui, posé entre ses jambes. Pourtant il ne semblait pas faire partie de ces armées d'exclus, sans domicile, qui viennent chercher un peu de chaleur dans les transports en commun.
Peu après mon installation sur une banquette proche me donnant une visibilité parfaite sur ses faits et gestes, je le vois sortir une bouteille isotherme et verser un liquide, probablement de l'eau, dans un bol rose qui se mit à arborer une couronne de vapeur. Puis, plongeant la main dans une poche du sac, il en extrait un gros tube métallique, le vide d'un gros cachet blanc qu'il ajoute à l'eau du bol. Ouvrant une poche latérale, il en sort une grande serviette qu'il se met sur la tête tout en entourant le bol. Notre homme se faisait une petite inhalation dans le métro.
Pourtant, étant donné certaines odeurs, relents, remugles et miasmes qui trainent dans le métro, je chercherais plutôt à me boucher le nez.
20 décembre 2007
Sur les mauvais rails
Décidément, le métro et ses occupants m'étonnera toujours. Pas plus tard que ce soir j'y ai vu une scène inédite pour moi. Mon voisin d'en face m'intriguait depuis que je m'était installé dans le même carré. Il farfouillait dans les poches de son blouson faisant tomber alternativement tout ce qui pouvait s'y trouver, des petits objets, des monceaux de petits bouts de papier. Et puis, il eut un geste curieux; il ouvrit en L une feuille de choux disponible gratuitement que certains appellent encore journal au creux de laquelle il glissa un livre d'une grosse centaine de pages, le tout posé sur ses genoux, l'un des pan de la feuille cachant au regard de ses voisins ce qu'y pouvait s'y nicher.
Le plus discrètement possible, je le voyais s'affairer derrière son abri de fortune, gratter, frotter avec sa carte de transport, et refermer l'ensemble. Puis il y retournait, recommençait. Le manège a bien duré dix minutes. J'ai fini par comprendre mais je doutais encore du but de la manœuvre quand je l'ai vu approcher le visage du livre entrouvert et inhaler grâce à une petite paille une ligne de poudre blanche, puis une deuxième. Oser faire ça dans un lieu aussi rempli de témoins me semble d'un culot ou d'une inconscience extraordinaire.
Il avait peut être vingt cinq ans, propre sur lui et pas spécialement stressé. Je me demande quand j'assisterai à mon premier shoot au musée du Louvre.
17 décembre 2007
CO-MU-NI-QUER !
Je n'écris plus beaucoup et, du coup, je n'avais pas repéré que mon billet précédent était placé sous le signe de la bête, étant le six cent soixante sixième de ma collection. Mais pour en revenir au sujet qui me préoccupe, pourquoi ce ralentissement dans mon activité ? Est-ce que l'hiver qui commence à se faire sentir gèle autant mes pauvres neurones que les pavés de nos rues ? Ne serait ce pas aussi dû à une certaine jalousie à la lecture de votre prose qui me tétanise, qui me fait trouver la mienne tellement vaine ? Peut être devrais me contenter de présenter quelques photos de temps en temps, même si la vue de certaines me rendent également terriblement jaloux, envieux de talents que je n'ai pas.
Pourtant, ce n'est pas les choses à raconter qui me manquent, comme ma fin de semaine passée à Londres, trois jours à arpenter les rues des quartiers touristiques ou non, à parcourir les allées des musées, à me promener le nez en l'air sans penser à autre chose que le moment présent et celle avec laquelle je le passais.
Alors, c'est promis, je retire mon casque et mes œillères pour revenir vite vers vous.
14 novembre 2007
Grosse fatigue
Bien sûr, je pourrais vous parler de la grève des transports et des conséquences sur ma vie de tous les jours et sur celles de milliers de personnes, ajouter à la propagande honteusement diffusée sur tous les médias (ce qui vous étonnerait sûrement), ou râler contre eux ce qui serait plus mon genre. Je pourrais vous parler de mon dimanche laborieux, passé à résoudre des problèmes programmés, commencé à six heures du matin et terminé à plus d'une heure et demie le lendemain. Ou alors du conflit qui sourd autour de moi; un problème qui montre qu'en effet, la droite est décomplexée, décomplexée au point de pousser notre direction à vouloir nous contraindre à une disponibilité de chaque instant pour une somme dérisoire, nous contraindre à pouvoir quitter les amis, les proches au milieu d'un dîner d'anniversaire sur un simple appel téléphonique, nous contraindre à attendre, à la maison, en restant à jeun, celà va sans dire, un hypothétique appel. Nous demandions qu'on nous paie nos heures de travail effectuées durant ces périodes, on nous a découpé notre prime existante en deux parties pour faire semblant de répondre à nos attentes.
Je ne rentrerai pas dans les détails, cela regarde mon entreprise, mes collègues et moi, mais sachez que la fatigue générée par ces événements me rend moins disert. Il vous faudra être patient pour venir lire ici une bonne recette, une histoire truculente ou un souvenir de vacances. J'en suis désolé.
01 octobre 2007
Du plat et des bosses
Voilà une fin de semaine qui fut bien remplie. Voilà une fin de semaine (presque) au soleil, à la fois à la campagne et à la mer.
Il se trouve que Mélisande et moi étions invités à venir passer deux gros jours dans la maison en chantier d'amis avec lesquels je fais de la musique, à l'occasion, entre autres, des grandes marées. Sans aucune hésitation nous avons chaussé nos bottes, assemblé quelques affaires pour nous changer et sommes partis à l'assaut de la mer.
Ca commençait mal, il a plu quasiment durant tout le trajet. Ca commençait bien, ça s'est arrêté à l'approche de notre but. Et quand vous saurez que nous sommes allés guetter la marée basse pour aller ramasser palourdes et huitres dodues qui nous ont servis de festin accompagnées d'un petit champagne, que le lendemain nos pas nous portèrent vers la baie du mont Saint Michel, avec une vue merveilleuse sur l'étendu de sable, des îles lointaines et des bandes de marcheurs bravant les sables mouvant pour rejoindre le petit mont, vous comprendrez combien furent bonnes ces deux journées proches du paradis.
Pourvu qu'il y en ai d'autres.
03 septembre 2007
Si près, si loin
J'ai sur mon ordinateur un outil qui, en guise de sauvegarde d'écran, permet de piocher dans ma réserve de photos et de les afficher de manière plus ou moins aléatoire, l'aléa n'étant pas le fort de ces machines.
Parmi ces photos, il en est de Mélisande ce qui me donne une forme de sa présence pour les jours où elle est loin, ou pas juste à mes côté. Et de les voir, semées au milieu de fleurs ou de souvenirs communs de visites, je replonge dans les dix neuf mois de notre aventure à deux avec une émotion pleine de plaisir mêlée d'un léger vague à l'âme, comme une tristesse de ne pas l'avoir à portée de vue ou d'ouïe.
C'est sûrement que je l'aime et j'en suis pleinement rassuré, même si je préfèrerai le lui montrer au quotidien. Finalement, quelque soit l'âge qu'on puisse atteindre, la vie n'est pas chose facile, en tout cas elle n'est pas comme on a pu se l'imaginer aux précédents.
Photo prise le même jour et au même endroit qu'une autre qui m'est chère et que je ne peux mettre ici.
09 août 2007
Bientôt, je migre
Les vacances approchent, enfin, histoire de me remettre de tous mes derniers appels diurnes et nocturnes qui m'ont obligés à travailler en petite tenue, l'oeil hirsute, le cheveu terne et parfois l'inverse. Les Pyrénées m'appellent et j'ai hâte de les rencontrer. Je compte les heures, les jours s'effilochent; j'espère que le soleil sera au rendez-vous, comme dimanche dernier à Paris.
13 juillet 2007
Moto ergo sum
Je suis toujours étonné par cette attirance des garçons pour les belles mécaniques, d'autant plus que je n'ai jamais réussi à y voir un intérêt, ni même esthétique, sans doute parce que mes parents n'ont jamais su ni l'un ni l'autre conduire.
Je n'ai même aucune mémoire pour les modèles dont les affiches, revues et petite lucarne nous montrent les images, à grand renfort de publicité réelle ou déguisée et, s'il m'arrive de conduire, je note et compare mentalement le confort des unes et des autres sans jamais retenir la marque; du moment que le véhicule nous amène, mes compagnons de voyage et moi même, du point A au point B sans encombre, je suis heureux comme un gamin.
Et je ne vous dit pas à quel point les bras m'en tombent lorsque j'entends le taux de fréquentation des salons qui leurs sont consacrés. Suis je un mâle normal ?
11 juillet 2007
Deux coups de canif dans les certitudes
J'ai un peu le vertige.
Il y a peu, lors d'un repas familial j'apprends, presque par hasard, que mon beau frère a une deuxième vie. Il a femme et enfants par deux fois, en parallèle, dans deux contrées du monde. Le scénario éculé de la double vie s'est déroulé sous mes yeux, ou presque, et je n'ai rien vu. Ce thème si souvent rebattu, aussi bien au cinéma qu'en littérature a des héros bien vivants et ils sont dans mon entourage. Je regrette de ne plus voir le principal protagoniste de l'affaire; Mélusin est quelqu'un que j'aime bien. je l'ai vu grandir, passer de l'adolescence à l'âge adulte comme je vois maintenant mes enfants. Lui a frôlé la mort et ceci explique peut être celà. J'aurais bien aimé discuté avec lui de sa situation, savoir qui était au courant de quoi, quel était l'organisation de son cerveau, les compartiments affectifs, comment il était possible de cacher aussi longtemps la chose à sa propre famille, la schizophrénie que celà doit impliquer. Peut être repassera-t-il par là et daignera-t-il, malgré ma séparation d'avec sa sœur, avoir cette conversation amicale.
Hier au déjeuner, un deuxième souffle est passé.
Je revois avec plaisir un ancien collègue avec qui j'ai fait un peu de musique. Nous avions osé nous produire lors de la fête de la musique de notre entreprise en jouant du Bach et du Franck Zappa. Il passait par là et, entre deux rendez-vous, me convie à un repas rapide. Nous parlons un peu de tout, de l'évolution de sa carrière, de celle de mon entreprise qui fut la sienne, de la musique que nous continuons à pratiquer, chacun de son côté, de nos voyages passés et futurs. C'est à ce propos qu'il me dit que les voyages ne peuvent plus s'organiser de la même façon pour lui et sa famille. Il m'apprend le diagnostic de sclérose en plaque fait à son épouse. Pourtant je les ai vu tous les deux celà ne fait pas si longtemps. Ça claque comme un coup de tonnerre; j'ai vu l'éclair dans son œil à l'annonce de la nouvelle. Il n'y a pas deux évolutions identiques mais comment construire sa vie avec cette épée de Damocles suspendue au dessus de leurs têtes ?
J'ai un peu le vertige.
08 juillet 2007
Il aurait mieux valu un petit vélo
Quand j'ai présenté Ursula à Mélisande, elle a tout de suite fait la gueule. Elle a même poussé des grands cris. Pourtant, pas question de les traiter sur un pied d'égalité, Ursula a une fonction utilitaire dont je ne saurais penser un instant investir mon amour. Mais si elle ne m'a pas dit "c'est elle ou moi" elle m'a bien fait sentir qu'il fallait que je la chasse de ma vie; je n'arrive pas à m'y résoudre; elle est tellement mignonne...






























