25 février 2007
Tout est bon dans le cochon
Je me rends compte, après une vie passée à paris ou dans sa proche banlieue, que je n'avais jamais assisté à un défilé du nouvel an chinois. C'est maintenant chose faite (chose fête); j'ai passé une après midi dans le treizième arrondissement, deuxième lieu historique de l'implantation chinoise à Paris, où avait lieu le deuxième défilé organisé par les associations locales.
Pourtant, ça commençais mal; à peine sorti du métro nous étions accueillis par une pluie qui sans être drue mouillait convenablement et dans l'épaisseur des vêtements. Et puis, il y avait la mauvaise bonne idée du jour, inviter le fils ainé à venir manger au restaurant avant de regarder les festivité; devant chaque gargote, devant chaque estaminet, il y avait une queue d'une dizaine de personnes en attente de restauration. C'est avec difficulté et après pas mal d'attente que nous avons gagné notre bol de vermicelle agrémenté de bœuf ou de porc, après tout, c'est son année.
Mais le jeu en valait la chandelle, autant par ce que nous y avons vu que par l'ambiance générale, cette excitation propre aux manifestations de foule, augmentée par la musique lancinante des gongs et des tambours, les couleurs hautement contrastées des acteurs et les pétards qui crépitaient un peu partout en rafales inquiétantes.
L'ensemble des groupes étant passés devant nous, nous sommes allé guetter leur passage dans une autre voie pour une session de rattrapage, car derrière une foule agglutinée au bord de la chaussée, nous n'avions vu que la partie haute du défilé. Là, nous étions sur le bord, nous allions profiter des vêtements et des parures dans leur ensemble, nous allions pouvoir regarder de près les gestes des danseuses et des danseurs, nous allions peut être pouvoir toucher un dragon, ce qui porte bonheur.
Si nous n'avons pas été déçus de ce deuxième passage, j'ai été particulièrement surpris par ce petit groupe de personnes d'un âge plus avancé, habillés très différemment des autres participants et qui dansaient avec une grâce infinie, tournant lentement leurs mains avec finesse, glissant sur leurs pieds d'une souplesse étonnante. On sentait chez eux un bonheur ineffable, un moment d'extase; ils étaient là et ailleurs en même temps; c'était leur fête. Bonne année à eux.
11 février 2007
Dors, je le veux.
Malgré les samedis et les dimanches, malgré les jours de RTT sensés apporter repos compensatoire et bien être individuel, j'ai l'impression de me trainer de mon lit au métro, du métro au bureau et inversement.
Peut être que quelques nuits interrompues par des appels laborieux y sont pour quelque chose.
Je ne voudrais pas rejoindre la cohorte des mauvais dormeurs qui prennent un remède pour s'endormir le soir et sont obligés d'en prendre un autre pour se réveiller le matin, ressemblant plus à des zombies qu'à des être humains communs.
A moins que ça ne devienne la nouvelle norme...
07 février 2007
Chantons, même sous la pluie
Je cherchais un protège livre en cuir qu'il me semblait avoir rangé, ou plutôt non exhumé depuis longtemps, dans une boite en carton dans lequel je l'avais rangé avant un déménagement vieux de plus de dix ans déjà. En ouvrant la boite, j'ai retrouvé des vieux carnets, des petits, des grands, des cahiers à peine entamés d'une petite écriture serrée. Dans un carnet, j'avais noté le texte de chansons qui me plaisaient bien, des balades avec leur musique. Parmi les chansons, j'ai retrouvé celle là qui laisse penser que je n'ai pas rencontré Mélisande par hasard.
Le mari de Maryvonne
était mon amant
quelque fois je m'en étonne
encore maintenant,
au début, tout feu tout braise,
il était gentil,
quand il se mettait à l'aise
il refaisait le lit,
il me disait tu es belle
après comme avant,
il descendait la poubelle
en repartant.
La la la, petit bonhomme
comme on est bien élevé,
c'était grâce à Maryvonne
il me l'avait bien caché.
La la petit bonhomme,
comme on avait bien menti
ma femme est une matrone
il m'avait dit.
Le mari de Maryvonne
était mon amant
mail m'appelle bobonne
au bout de pas longtemps,
puis je rencontrais sa femme
qui me dit merci
depuis qu'il vous a dans l'âme
il ne vient plus ici.
Il m'avait dit Maryvonne
est un vrai boudin
toujours elle me cramponne
et ça me dit rien.
La la la, petit bonhomme,
comme on est mal élevé,
Maryvonne est très mignonne,
il me l'avait caché.
La la petit bonhomme,
comme on avait bien menti,
ma maitresse est une conne
il lui avait dit.
Le mari de Maryvonne
n'est plus mon amant,
comme il n'a trouvé personne
il est chez sa maman.
Maryvonne et moi on pense
qu'on pourra bientôt
se prendre un peu de vacances,
un peu de repos.
Mais voilà que Maryvonne
m'apprend ce midi
sa belle mère lui téléphone
elle vient aussi.
La la la, petit bonhomme
ça commence à se gâter
il la prenait pour sa bonne
elle en a eu assez.
La la petit bonhomme,
comme on avait bien menti,
ma mère est une gorgone
il avait dit.
Le mari de Maryvonne
a pu se recaser
c'est Sophie qui lui redonne
un peu de volupté.
Au début, tout feu tout braise,
il sera gentil,
quand il se mettra à l'aise
il refera le lit.
Il lui dira tu es belle
après comme avant,
il descendra la poubelle
en repartant.
La la la, petit bonhomme
mais ça ne va pas durer,
quand il lui dira bobonne
elle va se tirer.
Moi, sa mère et Maryvonne
on l'a bien dit à Sophie,
on t'attend ma toute bonne
dans le midi.
Si longtemps ça recommence
on va se retrouver
toute une colonie de vacances,
on va bien s'amuser.
Anne Sylvestre
02 février 2007
Métro, boulot, dessin
Elle est entrée dans la rame et s'est assise en face de moi. Nos regards ne se sont pas croisés, sa pupille attirée par quelque chose ou quelqu'un derrière moi. Crayon à la mine de plomb dans la main droite, un cahier de croquis dans la gauche, elle a commencer à dessiner un portrait. L'ovale incomplet du visage, une mèche de cheveux tombante, et les deux yeux baissés ont été vite esquissés donnant déjà à voir une jeune femme, une lectrice en pleine action.
De temps en temps, la dessinatrice se redressait, sans se lever complètement, surement pour vérifier un détail qui lui échappait.
Autour de nous, les gens tendaient indiscrètement leur cou dans l'espoir d'apercevoir l'œuvre en gestation ou le modèle pris comme cible. Le plus frappant était un certain dandinement de sa part; je la voyais se balancer légèrement et, de plus articuler silencieusement comme des paroles de chanson. Pendant qu'elle dessinait, la musique était en elle.
J'aurais aimé prendre en photo ses mains.
11 janvier 2007
Horizon, le voilà!
Un petit coup d'œil en arrière ne fait pas de mal, de temps en temps; il faut mesurer le chemin parcouru, évaluer ce qu'il reste à parcourir et, surtout, comment le parcourir.
Bientôt un an d'une aventure merveilleuse que j'ai envie de prolonger encore et encore. Elle est ma drogue dont je ne saurais me passer et ses absences me pincent le cœur; j'en mange n'importe quoi le soir, mais ne lui dites pas, elle risque de me morigéner à ce sujet.
Me tardent les retrouvailles à chaque séparation, même si c'est une nouvelle découverte l'un de l'autre, une façon d'inventer l'amour à chaque rencontre.
Alors, ai je tort, je me prends à rêver de voyages, de visites, de concerts, d'apprendre tout d'elle.
Je t'aime Mélisande.
06 janvier 2007
Il était temps

Ne jamais faire comme les autres pourrait être ma devise. Alors que maintenant vous avez bien digéré les vœux de mille internautes blogueurs, il est temps pour moi de vous proposer les miens. À vous qui passez par là, fermez les yeux, pensez fort à ce que vous désirez le plus et laissez vous embrasser par la sérénité de ces lèvres de Boudha. Bonne année à vous tous.
29 décembre 2006
Pour toi

Pour un mensiversaire avant anniversaire.
24 novembre 2006
O tempora
Ça y est, il est parti!
Non, je en fais pas allusion au décès de Philippe Noiret, ni à celui du réalisateur Robert Altman, mais aux tribulation d'une inscription portée sur la façade de la bibliothèque universitaire de Paris VIII sise à Saint-Denis, devant laquelle je passe quasiment tous les jours.
En effet, lors du mouvement contre le CPE (vous savez, ce truc qui parce qu'on a été nombreux à se battre n'a jamais été mis en place), des étudiants ont placé une suite de feuilles au format A4, avec une lettre imprimée sur chaque, formant l'inscription "FAC EN GRÈVE". Les feuilles étaient collées assez en hauteur, hors de portée d'une main qui passe, par un petit bout de papier collant sur le bord supérieur et inférieur, les lettres visibles de l'extérieur.
Quelques temps après la fin du conflit, un balais a dû tenter de retirer les feuilles, en décrochant quelques unes, en décollant seulement le bord supérieur pour d'autres les faisant basculer, seules deux restant visibles de l'extérieur. "GR" pouvait laisser penser que la colère grondait toujours et qu'il suffirait de peu pour relancer le mouvement.
Et puis, avec le temps, le papier collant perd de son efficacité et une autre lettre a basculé, ôtant sa visibilité aux passant qui passent. "R" ronronnait alors, tout rentrait dans l'ordre, tout était pour le mieux, les étudiants étudiaient.
Hier, la dernière lettre basculait cachant à la vue le dernier élément du message, aujourd'hui plus aucun papier n'est visible à la fenêtre de la bibliothèque, il ne reste plus rien de ces événements. Dommage.
Alors que j'avais pris quelques photos de l'évolution de cette inscription, la cuisson de mon disque dur cet été me les a fait perdre. Donc pas d'illustration comme j'y comptais.
14 novembre 2006
Mangera le dernier
L'amitié, c'est comme un bon gâteau. D'abord, on le goûte des yeux, on salive d'envie, on espère en savoir plus et que la saveur sera à la hauteur de son nappage. Et puis, c'est la première bouchée et on ne regrette rien, on laisse fondre doucement sur la langue et le parfum emplir la cavité buccale.
On replonge forcément, c'est trop bon pour s'arrêter en chemin, le mouvement de la cuillère fait pétiller les yeux, on voudrait que ça ne s'arrête jamais et, heureusement, c'est parfois le cas.
Alors, ce gâteau, avec ou sans bougie, je le mange à toute petite bouchée espérant que ce soit moi qui finisse avant lui.
07 novembre 2006
Comme s'il en pleuvait
Je vous ai déja parlé ici de mon ancètre, ma grande tante, décédée il y a peu à l'âge exceptionnel de 108 ans. Mais une autre surprise attendait mes parents qui se sont beaucoup occupés d'elle depuis son départ de son domicile vers un centre médicalisé pour personnes âgées; Jeanne, c'est son nom, avait contracté une assurance vie dont ils étaient les bénéficiaires. Mes parents ne sont plus jeunes, ils ne manquent pas d'argent sans rouler sur l'or et ils ont déjà règlé les détails eu égard à leur futur départ de cette bonne vieille planète.
Que faire de cet argent tombé du ciel et dont ils n'ont pas besoin ? L'idée qui leur est venue a été de faire un don de leur vivant à leurs enfants, dont je suis. Me voilà à la tête d'une somme non négligeable, un peu moins d'un an de SMIC, et avec à l'esprit la question passée à travers les générations, que faire de cette somme. Je me refuse à tout placement en actions, ne pouvant accepter de faire ce que je combat par ailleurs. Oui mais, qu'y a-t-il à ma disposition pour ne pas voir bêtement cet argent passer directement dans la poche de mon banquier ? Vous, là, qui me lisez en ce moment même (non, pas vous, vous), vous auriez bien une idée. Que feriez vous si vous parvenait un tel pactole ?






























