Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

03 octobre 2009

Au service de qui ?

J'ai toujours hésité à parler de mon travail ici même si, parfois, je faisais allusion à un collègue ou à un autre. Mais il me faut aujourd'hui relater une réunion que mes responsabilités de délégué du personnel m'ont amené à suivre il y a peu. Comme dans beaucoup d'entreprises, nous parlons beaucoup lors de ces entretiens des relations entre les employés et leur hiérarchie; d'autant plus dans notre cas, quand dans une même petite équipe une personne se fait licenciée et que trois autres démissionnent dans la même semaine. Il y a de quoi, avouez le, se poser quelques questions. J'ai voulu illustrer l'information d'un trait d'actualité en signalant qu'il fallait peut être éviter d'ouvrir les yeux seulement après un ou plusieurs suicides comme chez l'ancien opérateur de téléphonie historique.
C'est là que Guglielmo, lui aussi élu par des employés, prend la parole pour dire qu'il faut relativiser les choses, que le taux de suicides dans cette entreprise n'est, somme toute, pas supérieur à la moyenne des entreprises françaises.

Comment peut on à ce point gommer l'humain, balayer d'un revers de main l'importance d'une vie ? Un suicide est toujours un de trop, même si beaucoup de facteurs extérieurs entrent en jeu. Et il ne faut pas oublier que ce n'est que le passage à l'acte, ce qui est visible par tous; il ne faut pas oublier les souffrances physiques induites par le stress, les souffrances psychiques compensées par les médicaments, par les dopants, l'alcool.

J'en suis resté muet, malheureusement, craignant trop de violence dans ma réponse. Et puis, je ne voulais pas le stresser...

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10 septembre 2009

Reprendre c'est voler

Quand je donne mon sang, ou un de ses constituants, si je demande ce qu'il va devenir c'est le côté technique qui m'intéresse, quel sorte de malades il va aider à guérir, quelle pathologie il va soulager; je ne souhaite pas que mon nom soit accolé à ce don autrement que pour me prévenir si une anomalie y était détectée. Quand j'ai donné mon sperme c'était parce que j'avais une amie dont le mari ne pouvait lui donner un bébé alors qu'ils le désirait tous les deux et que trouver un donneur leur permettait d'accéder eux même à un don. J'ai donné parce que je côtoyais la détresse de gens que j'aimais et j'imaginais le nombre de couples qui pouvaient leur ressembler. J'ai donné parce que j'avais l'assurance que ce don était anonyme; on m'a bien expliqué que mes caractéristiques physiques soigneusement notées servaient à trouver un père biologique le plus proche possible du père du futur enfant, que je ne serai pas le père du bébé de mes amis, cela m'a suffit.

Aujourd'hui, dans le cadre de la refonte de la loi de bio-éthique on pense remettre en question cet anonymat. Quel est l'intéret pour un enfant né grâce à cette technique de mettre un nom ou un visage sur leur origine biologique ? Ils auront vécu seize, dix huit, vingt ans ou plus accompagnés par un père qui leur aura donné son amour (enfin je l'espère), qu'est-ce qu'un inconnu complet pourra leur apporter de plus ? Le nom du donneur est forcément amour, amour des autres.

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25 mai 2009

Comme tout le monde (ou presque)

Cela fait déjà quelques temps que je l'ai repéré. Tous les soirs en sortant du boulot je le vois devant la porte de service de la petite grande surface avec son sac et ses cartons, son imperturbable bonnet bleu marine vissé sur le crâne; Il semble jouer avec la bouche d'aération qui se trouve au sol et fait parfois battre son pantalon comme une grand voile par vent fort. Il est propre, rasé de près, et ce tous les jours.
Quand il s'absente sa place est marquée par les quelques affaires qu'il laisse et que personne de viendra toucher, son sac, barda de fortune posé sur quelques cartons épais, sans doute son matelas pour les prochaines nuits.

Et puis un hasard des déplacements et des rendez-vous m'a fait venir au même endroit un samedi. Le magasin est bien ouvert mais aucune trace ni du marin d'eau trouble ni de la moindre de ses affaires; et pourtant le lundi suivant le voila revenu à son point de départ, ou du mien.

J'aurai pu me poser beaucoup de questions et longtemps si une promenade dominicale ne m'avait pas fait lever le pot aux roses. Je l'ai croisé installé sur son carton, toujours le même sac, toujours le même bonnet, toujours propre et bien rasé à l'orée du bois de Boulogne. En fait, quel que fut son parcours dans la vie, quelles que furent les circonstances qui l'avaient mené à vivre dans la rue, en fin de semaine notre bonhomme partait dans sa résidence secondaire. Rien que de plus normal et j'en souris encore.

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24 avril 2009

Stratégie de l'élimination

Il y a quelque chose de magique dans le comportement du corps humain; pour peu qu'un corps étranger parvienne à s'y glisser il manifeste par de multiples symptôme son mécontentement et sa ferme volonté de s'en débarrasser. Les stratégies utilisées alors sont plus ou moins efficaces et entraînent parfois de la fièvre voire le décès du porteur, ce qui peut être aussi une méthode d'élimination du problème.

Voyons quelques exemples en prenant comme objet de notre étude mon nez qui se voit le centre d'une attaque depuis hier matin. Poussière, pollen, insecte minuscule, je ne sais ce qui en est l'origine mais j'ai ressenti violemment dans le métro comme une piqûre dans le haut de la fosse nasale, comme un intrus égaré là qui aurait décidé d'y élire domicile.

Une fois les informations transmises à l'ordinateur central, le cerveau, les mesures d'urgence ont été prises; mon nez s'est mis à secréter une substance aqueuse très fluide qui, grâce à la gravité, a dévalé les
pentes de mon appendice respiratoire comme une fontaine au printemps. Je me suis donc mis à alterner les mouchages avec les changements de mouchoir à un rythme effréné, ce qui a rendu assez chaotique la lecture de mon journal. Mais cela n'a pas été suffisant. Du coup, les petits chatouillis ressentis dans le haut du nez se sont transformés en éternuements tonitruants et répétés provoquant des douleurs dans les
côtes et mes abdominaux rachitiques. Ces deux méthodes ne suffisant pas à extraire l'intrus, les glandes lacrymales au dessus de l'oeil droit se sont mises en action. Le canal du même nom reliant le coin de l'oeil au
nez n'étant pas suffisant pour assurer le drainage complet, je me suis mis à pleurer abondamment sans aucune raison apparente.

Et quand c'est fini, ça recommence. Je suis épuisé. En plus, après vingt quatre heures de ce traitement, je ressens toujours le minuscule allien blotti dans un pli de mon tarin. Mais que font les Men in Black ?

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22 avril 2009

Avoir du piquant

10pimentVous qui pâlissez à la simple vue d'un poivron, vous dont les papilles frémissent à l'idée d'un plat épicé, vous qui pleurez déjà à l'idée de la présence de piment dans votre plat, fuyez ! Détachez rapidement vos yeux de cet écran, décoller vos doigts du clavier et courrez vous cacher dans le réfrigérateur !

Il y a peu, je suis allé manger dans un restaurant sénégalais; au moment de servir l'entrée, entre autre des petits beignets, notre hôte nous apporte une petite coupe contenant une sauce rouge; et il nous met bien en garde, pas plus d'une pointe de fourchette pour l'assiette entière, se retirant toute responsabilité en cas d'usage supérieur.
Dans ce genre de cas je plante la pointe de ma fourchette dans la mixture dangereuse et l'essuie sur le bout de ma langue pour pouvoir en tester et le goût et la puissance. Évidemment l'effet ne sait pas fait attendre, une chaleur montant dans les joues, une brulure, mais trop vive, au bout de la langue et sur le palais, une légère humidité entre les omoplates. Et puis le parfum vient emplir les narines et révéler ses secrets. Il ne fallait pas abuser, mais c'était tout à fait tolérable.

Hier soir je dinais avec mes fils dans un restaurant taïlandais. L'un deux commande un plat au doux nom du 'Tigre qui pleure avec sa sauce piquante'. Je le vois arriver, des petits morceaux de viande roses flanqué du petit réceptacle avec une sauce verte. C'est sûr, il va me falloir l'essayer. Par précaution cette fois, je fais une petite boulette avec le riz gluant et j'y dépose une petite goutte du liquide suspect que j'engouffre dans ma cavité buccale.

A côté de cette sauce extrème orientale la sénégalaise était comparable à de la confiture de rose. J'ai eu l'impression qu'on me brulait le palais au chalumeau, la langue ne sentait plus rien, je suais à grosses gouttes. Heureusement que ce n'était pas mon plat, même si aucune obligation se faisait d'utiliser le dit accompagnement mais, j'ai senti passer l'acide jusq'uà son élimination totale, et pas sans souffrance.

La photo vient de .

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15 avril 2009

C'est sous ce sort

Lorsque je me rends sur mon lieu de travail pour ma journée de labeur, il me faut changer de métro une fois. Et le rituel est toujours le même lorsque j'arrive sur le quai du deuxième, mon regard se porte sur le panneau suspendu en son milieu; je vérifie la destination, histoire de m'assurer qu'Alzheimer ne me guette pas, puis mes yeux se tournent vers l'heure, ce qui permet de voir le score du jour en terme de retard puis, pour finir, je regarde dans combien de temps va arriver la prochaine rame. Et là, stupeur, depuis quelques semaines, invariablement, jour après jour, c'est toujours le deux qui apparait. Pourtant ensuite, je vois bien le temps s'écouler. Alors, quelle est cette magie du nombre ?
Quoi qu'il en soit, cela met du piment dans mon trajet, un soupson de sel dans la monotonie du transport. Alors j'en profite; je ne changerai pas la destination de mon regard.

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08 avril 2009

Un autre

IMG_7549Un autre dessin, plus tout à fait d'actualité mais suffisamment pour tirer quelques sourires jaunes.

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14 mars 2009

Salut

IMG_6550Salut l'artiste, je t'aimais bien tu sais et, même si je te savais malade depuis quelques temps, ce concert de septembre m'avais rendu optimiste, je n'y voyais qu'un mauvais moment à passer pour toi, un combat de plus à ton actif.
Salut l'artiste, je t'aimais bien tu sais et ta voix va nous manquer; heureusement qu'il reste des enregistrements qui, peu à peu certes, feront place à d'autres dans nos mémoires mais il restera toujours une petite place pour tes textes tellement différents de la soupe qu'on nous sert habituellement.
Salut l'artiste, je t'aimais bien tu sais et, même si aucune larme ne se presse au coin de mon œil, il me reste un fond de tristesse, une amertume au bord du cœur, l'impression d'avoir perdu une connaissance qui savait faire résonner certaines fibres de mon esprit, qui savait faire trembler l'air. l'air de rien, émouvoir et émerveiller.
Salut l'artiste, je t'aimais bien tu sais.

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01 mars 2009

Flat academy, fin de la première saison

Où nous retrouvons nos deux finalistes, à condition qu'ils se fassent accepter par un propriétaire. Ils épluchent encore les annonces et tombent sur des perles qui pourraient faire rire si un nid n'étais pas en jeu.
annonce
- Tu crois que c'est sérieux ?
- C'est dans le seizième tout de même.

Et puis, encore des visites, encore des dossiers déposés et, enfin, la consécration. Berlioz et Mélisande sont heureux de vous faire part qu'ils ont trouvé un petit pied à terre qui va les rapprocher de leur lieu de travail et de la vie parisienne. Et je ne vous dis pas le boulot avant de pouvoir nous y installer, tracas administratif, mise en cartons de toutes les affaires, sauf celles qu'on donne, vend ou jette, nous allons avoir quelques semaines fatigantes. Mais nous voyons le bout du tunnel.

Vous pouvez vous douter que vous allez être au courant des détails de l'affaire, mais seulement ici car les magazine pipoles n'ont pas voulu couvrir cette information capitale.

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27 février 2009

Discrétion assurée

Quel pouvait être son âge, je ne saurais le dire; elle avait le visage usé de celles qui n'ont pas été aidés par la vie, sans doute obligée de travailler depuis l'adolescence et sûrement dans les professions les plus reposantes. Elle a le téléphone portable vissé à l'oreille et j'arrive au milieu de la conversation quand je m'assoie en face d'elle. Je ne perd pas une miette de la conversation.

"Non, c'est Michel qui ne va pas bien. Il a replongé à nouveau et avec son foie il n'est pas beau à voir. Et puis les petits font des conneries, Jérémie a été pris en train de vendre de l'herbe; devant le collège; il a passé vingt quatre heures au poste. Et puis Armand, le grand, ce n'est pas mieux, sitôt sorti de taule il a remis ça, vol de voitures, vol de portables, je t'en passe et des meilleures."

Pendant bien vingt minutes elle passe en revue les exploits de ses délinquants de fils et de mari avec force détails en tout genre, parlant suffisamment fort pour que toute la rame en profite. Et puis, tout a une fin, elle s'apprête à couper la communication.

"Mais surtout, reste discrète, n'en parle à personne !"

En effet, que diraient les gens s'il étaient au courant ?

Posté par berlioz à 22:12 - Mes humeurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
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