22 juillet 2008
T'es beau, mon fils
"Je vous ai déjà croisé dans les couloirs, déjà dit bonjour, mais je ne sais même pas comment vous vous appelez" ai-je dit à ce jeune de petite taille, aux cheveux modelés par le gel et le maillot moulant ses pectoraux musclés. "Je m'appelle Thibaut", puis il ajoute "Thibaut Machin" en insistant sur le nom de famille, comme pour bien faire remarquer que c'est aussi celui du supérieur de notre supérieur, c'est à dire son père.
Différence d'âge, différence de caractère, différence de classe, nous ne serons pas copains.
18 juillet 2008
L'arroseur à rosser
J'aurais voulu vous écrire un fabliau, un joli petit conte rimé, mais le talent me manque et je vais me contenter de vous narrer ce que j'ai pu voir avec des mots communs, des phrases toutes bêtes, sujet, verbe, complément, et tant pis pour les vers de mirliton.
Il était une fois un brave petit gars qui prenait le métro dans une rame bondée, comme elle l'est en permanence sur la ligne 13. Ce brave petit gars ne fait de mal à personne, il est entier dans ses pensées, ou il lit un livre ou encore, il fait les mots croisés de son quotidien payant, à moins qu'il ne l'ai ramassé sur un siège lors d'un trajet précédent. Il n'a même pas la prétention de vouloir occuper une place assise et ignore superbement toutes ces personnes à l'égoïsme apparent qui restent plantées, comme des insectes à leur planche de liège, sur leur strapontin alors que la foule autour d'eux est compacte et avide de l'air qu'ils gardent pour eux seuls.
Quand notre brave petit gars arriva plus tard à sa station, encore tout grisé de ses pensées ou de sa lecture, à moins que ce ne soit du plaisir d'avoir réussi la grille dans laquelle il s'était lancé, il ne vit pas le grand gars qui était resté planté sur son strapontin et qui, la place se libérant vers la fin de la ligne, avait étendu ses jambes jusqu'à plus de la moitié de l'espace en face de lui; il ne vit pas le gars, il ne vit pas les jambes et trébucha manquant s'étaler de tout son long sur le quai de béton.
Et que croyez vous qu'il arriva ? C'est lui qu'on insulta !
03 juillet 2008
Combat dans un tunnel
Pour une fois, je ne vais pas vous raconter une histoire qui m'est arrivée, mais une histoire qui m'a été racontée par un de ses témoins.
Nous sommes dans une rame du métro parisien. Il y a du monde, et les places assises sont toutes occupées. A un arrêt, monte une dame d'âge moyen qui se précipite vers les sièges occupés et se plante directement devant le seul homme noir assis sur un de ceux-ci. Elle fait la contrariée, tapote du pied puis, n'y tenant plus dit à l'homme assis : "Dans mon pays, les personnes polies offrent leur place aux femmes comme moi". L'homme ne se démonte aucunement et réplique en roulant les yeux : "Dans mon pays les femmes comme vous, on les mange !".
La rame entière éclate de rire et la femme ne sait tellement plus où se mettre qu'elle est descendue à l'arrêt suivant. Telle est prise au jeu du racisme qui croyait prendre.
01 juillet 2008
La curé pride
La prêtrise a le vent en poupe ou, en tout cas, on voudrait bien nous le faire croire. Ainsi tous les moyens sont bons pour nous présenter le modernisme de la profession et quelle ne fut pas notre surprise de voir en vente à Rome un magnifique calendrier dans lequel chaque mois s'accompagne de la photo d'un prêtre sexy même si, contrairement à certains sportifs, ils posent habillés.
Et ne voilà-t-il pas que le diocèse de Besançon se lance aussi dans la partie, surenchérissant, non pas en éditant un calendrier de cardinaux nus, le chapeau à cordons masquant ce qui ne saurait être montré, mais en lançant la "prêtre academy", ce qui me parait tout autant indécent.
Pour vous, devant vos yeux, trois prêtre à l'expérience très différente vont vous parler de leur beau métier tentant par là, sans doute, de vous donner envie d'en faire autant et de susciter ainsi des vocations. Pour vous tenir en haleine, les séquences sont découpées en épisodes qui sont diffusés au fur et à mesure. Je n'ai pas exploré, sans doute par manque de motivation, le reste du site et je ne sais donc pas s'il est possible de voter pour l'un ou l'autre pour n'en garder qu'un à la fin.
Et celui-ci, à quoi aura-t-il droit ? je n'en sais rien, mais je suggère qu'une promotion, un évêché virtuel ou mieux, le droit l'aller baiser l'anneau du pape, serait à la hauteur du mérite.
29 juin 2008
Bien dégagé derrière les oreilles
C'était une petite vieille à l'âge indéterminable, des cheveux sans couleur, une peau très ridée et une mobilité plus qu'incertaine. Elle marchait rue Blomet en se tenant fermement de la main droite à la barrière qui longe l'école normale catholique, un lieu hautement respectable s'il en est.
Quand je l'ai croisée, elle a dit à haute voix "Oh la belle queue" et je crois que j'aurais pu rougir telle une jeune fille sortant du couvent si je n'avais pas compris qu'elle parlait de mes longs cheveux attachés dans mon dos.
C'était la première fois que ça m'arrivait et je l'en ai remerciée.
15 juin 2008
Esprit olympique
J'ai l'impression que mes voisins du dessus ont décidé de s'entrainer pour les jeux olympiques. Je les entends régulièrement faire le cent mètres (tap, tap, tap, tap), le cent mètres haies (tap, tap, tap, ..., blonk), le quatre fois cent mètres (tap, tap, tap, tip, tip, tip, top, top, top), le lancement du marteau (boum, plonk, bang), sans oublier le basket (plop, plop, plop), auxquels il faut ajouter les hurlements des vaincus qui sont mauvais joueurs et les cris de joie des gagnants.
Je crains l'arrivée des épreuves d'équitation ou, pire, celles de natation.
14 juin 2008
L'ailleurs est ici
Je venais de recevoir tous mes objets commandés sur la toile, que pouvait bien être ce colis qui m'attendait à la poste ? Et puis, les soirées étant prises par des répétitions multiples, le petit carton jaune s'est trouvé anglouti sous une pîle de courrier, loin de mes pensées.
Quand ma main remit les doigts dessus, c'était deux jours avant la date fatale, la limite de garde des colis par la poste. Aussi sec, dès le lendemain, je me suis rendu à mon bureau en sortant du boulot pour voir ce qui m'attendait. J'ai d'abord cru qu'il était déjà reparti, les préposés se hélant d'un bout à l'autre du hall, s'envoyant des "On a encore les colis du tant ?". Et puis la boîte est arrivé et sitôt signé le récépissé, je me suis précipité vers mon domicile pour en découvrir le contenu.
L'expéditrice était facilement identifiable grâce à la petite étiquette portant son nom; Joye avait encore frappé.
Dans le colis, trois boîtes de bonnes choses à manger (je dois dire qu'il n'en reste plus beaucoup, un machin à coller et une carte postale avec de mignons petits porcelets tout craquants.
Me voici comblé de nourriture céleste (Is this heave ?) et avec une grande dette vis à vis de la belle Iowaenne bien connue par chez nous. Merci encore Joye.
09 juin 2008
Tourista ridicula
Il existe des touristes curieux, tout de même. Alors que nous visitions l'un des nombreux musées du Vatican, nous avons été sommés de nous écarter d'un tableau que nous observions avec intérêt et plaisir par un jeune adulte parlant une langue que je situerais volontiers au nord de la Belgique, qui tenait à bout de bras un appareil de photos numérique de petit format et qui, coïncidence désagréable pour lui, voulait justement prendre une image de celui que nous regardions. N'obtempérant pas immédiatement, le dit jeune homme se déplaça un peu de côté, réussissant sans doute par là la prise d'une magnifique anamorphose; grand bien lui fasse. Mais il avait excité ma curiosité et je l'ai regardé par la suite. Au pas de charge, il est passé de salle en salle prenant en photo TOUS les tableaux qui s'y trouvaient.
Permettez moi de ne pas vous parler des multiples exemples qui se sont produits dans des sites prestigieux que nous avons parcourus en nous remplissant les yeux et la tête d'images, de senteurs et d'impressions. Et j'ai imaginé ces touristes croisant peu après leur retour des amis qui leur auraient demandé "Alors, c'était bien tes vacances" répondre un "Je ne sais pas, je n'ai pas encore regardé les photos".
07 mai 2008
Un malheur n'arrive jamais seul
Il y a des jours "avec", et des jours "sans". Jeudi soir fut une soirée "sans". Pourtant, il m'arrive d'avoir de bonne idées; celle du moment était de confectionner une glace au gingembre en en inventant la recette. J'avais tous les ingrédients requis, lait, crème, œufs, gingembre frais et, même, quelques morceaux de gingembre confit pour les mélanger en petits bouts à la préparation encore moelleuse. Je commence donc par éplucher un bout de racine et, pour me faciliter la vie, le dispose dans un presse ail pour le réduire en purée. Mal m'en a pris; la grille du fond, pourtant en acier, s'est retrouvée brisée en quatre parties presque égales. Qu'à celà ne tienne, je mets ce qui reste de l'élément principal dans la casserole avec le lait que je dispose sur feu doux, allant m'étendre sur le lit quelques minutes. A mon retour, pas de débordement du lait sur le feu, coup classique, mais j'ai retrouvé le lait tranché, des amas blancs flottant dans un jus jaunâtre. Tout était à refaire.
Du coup, j'en ai profité pour tester une recette de glace avec des œufs; sans cuisson, c'est plus sûr. J'ai donc commencé à faire blanchir trois jaunes avec cent grammes de sucre et un sachet de sucre vanillé (penser à en mettre un deuxième la prochaine fois), puis j'ai ajouté huit grammes de cannelle en poudre (n'en mettre que six, plutôt). On ajoute ensuite un quart de litre de lait et un petit pot de crème fraiche (vingt centilitres). Idéalement, il vaut mieux ajouter la crème en premier, c'est plus facile pour obtenir un mélange homogène. Et puis il ne reste plus qu'à mettre dans la sorbetière. C'est là que j'en ai mis une bonne rasade à côté, engluant dans le même mouvement le couvercle de la sorbetière, mon plan de travail et une parti du fourbi qui s'y trouvait à ce moment là.
Je ne vous dis pas l'humeur dans laquelle j'étais ce qui, en général, permet de provoquer de nouvelles catastrophes. Le lendemain matin, je remets ça. D'abord, je remarque que le paquet de café de réserve ne l'étais que dans mon imagination; ensuite, ayant mis du café instantané dans nos bols, j'utilise ma petite machine pour générer l'eau chaude. Mal m'en a pris, un jet de vapeur a repeint le mur couleur café, grâce à la poudre projetée.
J'arrête là, la liste serait trop longue et fastidieuse. Vivement les vacances que je ne fasse plus rien !
24 avril 2008
Le son du corps, le soir au fond du bois
Vous souvenez vous de cette séquence dans le film "The Shining", un petit garçon dans une voiture à pédales roule dans une grande pièce; la caméra la suit au raz du sol; il n'y a pas de tapis devant les fenêtres et à chaque passage devant, la voiture produit un son très particulier.
Hier soir, rentrant chez moi assez tard, je vois passer sur le trottoir d'en face une femme qui se déplaçait très régulièrement et produisait le même son, en un peu plus fort. J'ai d'abord été assez étonné et même surpris car la jeune femme ne tirait pas de valise ni tout autre objet à roulettes; et puis, à ma connaissance, le trottoir n'était pas aussi régulier et granuleux pour provoquer cet effet. Alors, j'ai traversé, pour me rendre compte que le bruit, aussi régulier, était en fait un ronflement sortant d'une fenêtre ouverte.
J'ai apprécié de ne faire que passer.






























