Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

05 février 2007

Little brother is wartching you

Le métro est un bouillon de culture sociologique. Devant y passer de nombreuses heures chaque semaine et n'ayant pas la chance, loin de là, de pouvoir reposer mon postérieure à chaque occurrence, il est fréquent que j'observe ce petit monde qui se renouvelle souvent, que je regarde les gens et leur comportement en espace restreint.

Samedi, alors que je regagnais mes foyers (ma cuisinière a quatre feux), je restais dos à la porte du fond sans perdre une miette des agissements de mes contemporains. Il y a ceux qui se précipitent vers les sièges restés vacants, ceux qui font mur de leur corps pour pouvoir mieux s'approprier par la suite le strapontin convoité, ceux qui font semblant de dormir et ceux vraiment fatigués qui dorment debout, ceux qui s'appuient de tout leur poids sur la barre du milieu, écrasant sans vergogne les mains qui s'y cramponnent, ceux qui se laissent porter, s'appuyant sur les autres au gré des tournants, des accélérations et des freinages, ceux qui, malgré tout, déploient leur journal aux larges pages.

Et puis, j'ai vu cet homme, grand, noir, entre deux âges, le chef couvert d'un bonnet ridicule qui est entré en poussant la masse dans son dos, prenant appui des mains au dessus de la porte. Sa main droite bien étalée sur le chambranle métallique comptait six doigts.

Posté par berlioz à 13:23 - Mes humeurs - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

09 janvier 2007

Economie de moyens

Vivement les soldes!
20070108_1924

Posté par berlioz à 09:09 - Mes humeurs - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

03 janvier 2007

Ne changeons pas nos habitudes

IMG_1861Je pourrais commencer ma note (ma notule serait plus exacte) par vous souhaiter une bonne année, vous transmettre mes meilleurs vœux; oui mais voilà, mes meilleurs vœux je les ai déjà donnés à d'autres, il ne me reste plus que ceux d'une banales et plate bonne année, je ne serais donc pas mesquin au point de vous les proposer comme tous les blogueurs de la planète.

Non, je vais commencer l'année par râler, histoire de ne pas vous dépayser trop, de vous rassurer quant à mes résolutions pour ce carnet de notes.

J'ai failli me faire écraser hier en prenant une photo, de jolis dragons soutenant un balcon, près du métro Saint Paul à Paris. En effet, la municipalité a trouvé bon de rendre piétonnier la rue passant devant les commerces, n'autorisant le passage qu'aux transports collectifs et aux riverains qui ne sauraient être nombreux par ici. Alors, pourquoi ces automobilistes continuent ils de faire comme si de rien n'était avec tous les panneaux qui les préviennent d'un changement radical qu'il doivent prendre dans leurs habitudes ? Pourquoi s'obstinent ils à passer en prenant le risque de renverser un touriste distrait ou une personne âgée ou malhabile ? Vous avez dit égoïsme ?

Posté par berlioz à 14:02 - Mes humeurs - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

28 décembre 2006

Elle nous irait si bien

ls_bm_1715le_bm_1751Peut être avez vous vu ces affiches qui ont fleuri sur les murs de nos villes, dans les couloirs sous terrains du métropolitain, à l'occasion de la période des fêtes, période idéale pour tenter de transformer tout bon citoyen en consommateur irréfléchi.

Par contre, je trouve plutôt étonnante cette campagne par les images et les textes qui les accompagnent. Les teintes sont dans les gris, noir et violet qui sont plutôt utilisés pour le deuil, la clef et l'aile évoque immanquablement l'au delà et les textes parlent d'âme  et de voyage qu'on  fait toujours pour la première fois.

Je suggérerais donc à la direction de ce magasin d'être aussi claire dans sa dénomination commerciale et de rebaptiser son enseigne 'La Mort Branchée'.

Posté par berlioz à 23:20 - Mes humeurs - Commentaires [0] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

14 décembre 2006

L'art de la cloche

Il y a peu, je vous parlais de ces sièges qui disparaissaient dans les stations de la Régie Autonomes des Transports Parisiens. Ne nous leurrons pas, ces travaux consistent essentiellement en une méthode pour empêcher que des individus indésirables passent leurs journées et leurs nuits à les occuper.

Avec les froids nocturnes, les sans abris réapparaissent sur les bouches d'air à la recherche d'un peu de chaleur que le métropolitain leur fournissait abondamment il y a encore quelques années. Hypocritement on les appelle 'sans domicile fixe', alors que de domicile ils n'ont point, fixe ou pas. Ce soir, un ami me faisait remarquer qu'il y avait une personne qui dormait dans l'entrée de l'immeuble à côté du sien, toutes les nuits, quelque soit la saison, depuis des années; une sorte de fixe sans domicile.

Cette discussion rejoignait celle d'hier dans laquelle je me rappelais mon enfance avec ses clochards, personnes qui, en règle générale, avaient choisi de se mettre en dehors de la société, de se tenir à l'écart de leurs semblables et vivotaient de ci de là, souvent la bouteille de rouge à portée de la main.
Aujourd'hui, nous rencontrons beaucoup plus souvent une clochardisation subie, une société rejetant certains de ses constituants dans une non-vie incertaine.

Mais, ceci dit, savez vous pourquoi on appelle ces exclus des clochards ?

Il se trouve qu'au moyen âge, à la fin des marchés, on sonnait la cloche qui était le signal pour les pauvres qu'ils pouvaient venir glaner les invendus, les fruits plus très frais, les légumes flétris. Ceux qui répondaient à ce signal étaient, de manière méprisantes, appelés des clochards.

Finalement, peu de chose à changé depuis.

Posté par berlioz à 00:35 - Mes humeurs - Commentaires [8] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

06 décembre 2006

Touche pas à mon confort

La station de métro prenait un air de chantier avec ses palissades vertes et blanches et le superbe panneau "ICI NOUS INTERVENONS POUR AMÉLIORER VOTRE CONFORT". Chouette ! Nous allions avoir, sous peu, une station avec des fauteuils rembourrés, une fréquence de rame accrue, un éclairage optimisé. Que nenni  point ! Ma  naïveté m'avais joué des tours; une fois les cache misère retirés, nous avons pu admirer... rien. Il n'y avait plus rien. L'intervention pour notre confort consistait simplement à retirer l'ensemble des sièges du quai unique.

Si une prochaine fois la RATP pouvait se préoccuper d'autre chose que de mon confort, je m'en porterai mieux.

Posté par berlioz à 09:22 - Mes humeurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

30 novembre 2006

Mener à la baguette

Il faisait sagement la queue devant la boulangerie, une du style qui ne veut pas passer pour industrielle mais qui ouvre des officines un peu partout en France, avec des prix suffisamment élevés pour faire chic. Son tour arrivé, on lui demande ce qu'il a l'intention d'acheter. Il choisit un de ces mets présentés entre deux morceaux de pain en précisant qu'il a l'intention de sélectionner les éléments d'une formule proposée, qui comprend en plus un dessert et une boisson.
- ET LE DESSERT, CE SERA!
La voix forte et nasillarde de la vendeuse claque comme un coup de fouet. Un peu perturbé, le jeune homme pointe du doigt une pâtisserie en forme de tarte, au dessus jaune, prédécoupée en parts et dont l'étiquette posée devant annonce flan nature.
- une part de flan nature, s'il vous plaît.
-IL N'Y A PAS DE FLAN!
Complètement déboussolé, il pointe à nouveau son index vers le dessert convoité en articulant avec difficulté son nom dûment étiqueté.
- mais si, là, le flan nature.
- MAIS CE N'EST PAS DU FLAN, C'EST DU GÂTEAU AU FROMAGE BLANC!

Deux minutes après le départ du jeune homme dont je n'ai pas très bien suivi la fin des aventures, la vendeuse continuait à maugréer, prenant ses collègues à témoin. Les mots flan et fromage blanc revenaient régulièrement dans sa litanie avec un ton laissant penser qu'elle avait trouvé le client d'une grande stupidité.

Je sais bien que c'était la fin du coup de feu de midi, qu'elle avait déjà quelques heures de travail derrière elle mais, après tout, nous aussi et le tort, si tort il y avait, était bien minime et de leur fait, ceci n'autorise pas à prendre les clients pour des cons.

Tiens, je vais changer de boulangerie, moi.

Posté par berlioz à 08:43 - Mes humeurs - Commentaires [6] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

22 novembre 2006

Mes dits camants

Elle se sentait fatiguée, soufflait après une petite marche, s'endormait dans toutes les positions possibles et imaginables, ça ne pouvait plus durer. Au vu des symptômes, le médecin a prescrit une cure de vitamines pour requinquer l'organisme, lui redonner ce second souffle qui lui manquait.

Et bien je suis jaloux! Mon orgueil de mâle en a pris un coup; moi qui croyait qu'il suffisait de la dorloter, de lui faire des jus d'oranges pressées pour le petit déjeuner, de l'alimenter en fer grâce à des lentilles agrémentées de saucisses de Morteau, me voilà supplanté par une bête formule chimique!

Pourtant, tu m'avais dit que j'étais ton chéri max!

La photo vient de .

Posté par berlioz à 17:17 - Mes humeurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

18 novembre 2006

Surréalisme

Elle: J'ai rêvé d'Aragon cette nuit.
Lui: Et il allait bien ?
Elle: ???
Lui: C'est vrai qu'il est un petit peu mort, mais on ne sait jamais, en rêve...
Elle: ???
Lui: Je dois avoir une photo de lui quand il était jeune, un beau mec soit dit en passant.
Elle: je ne te parle pas d'Aragon, j'ai rêvé d'un ragoût!
Lui: Ce n'est pas parce qu'Aragon a goûté un ragoût peu ragoûtant de ragondin servi en Aragon que tu ne dois penser qu'à manger!

Posté par berlioz à 14:23 - Mes humeurs - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

10 novembre 2006

J'en étais sûr

Non, trop c'est trop!
Qu'est ce que c'est que cette manie d'utiliser les prépositions à tort et à travers ?
Qu'est ce que c'est que cette manie d'utiliser la préposition 'sur' à tout bout de champ ?

Nous sommes en train de perdre la belle précision qu'un langage évolué peut avoir. Combien de fois ai-je entendu 'Ce soir je vais sur Paris' ? Qu'entendait par la cette personne, qu'elle allait dans Paris, à Paris, vers Paris ? Pourtant, c'est une distinction que l'on apprend dès la maternelle avec le travail de spatialisation, distinguer dessus de dessous, droite de gauche, haut de bas, etc. Donc, sur, c'est par dessus. Je pose mon journal sur la table et non dans la table ni vers la table, ce qui aurait un tout autre sens.

Cet effritement de la précision du langage me rappelle un roman de Alejo Carpentier, Le Partage des eaux, dans lequel il explique que plus une société périclite et le nombre d'individus la composant diminue, et plus le vocabulaire rétrécit, un même mot ayant de plus en plus de significations différentes. Je ne crois pas que le nombre d'individus parlant français diminue (quoi que, dans le monde c'est probable), mais je vois jour après jour le vocabulaire usuel se réduire, leurs utilisateurs donnant comme argument définitif 'Mais tu m'as bien compris, de toute façon.'.

Oui, j'ai compris ce qu'ils voulaient dire, pour le moment. je commence à croiser ici ou là des jeunes et des moins jeunes dont je ne comprends plus toutes les conversations, dont le sens des phrases m'échappe parce que le sens qu'ils mettent dans certains mots n'est pas le même que moi. N'est ce pas, pourtant, la base de la communication entre humains ?

Posté par berlioz à 17:17 - Mes humeurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Page précédente  1  2  3  4  5  6  7  8  9   Page suivante »