Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

08 mai 2008

Qu'on se le dise

Nous sommes presque en été et la saison des concerts amateurs est bien commencée. Je ne dérogerai pas à la règle et mon petit ensemble de musique baroque non plus. Ainsi, nous allons nous produire le mercredi 4 juin prochain en l'église Saint François d'Assise sise à Vanves dans la rue Sadi Carnot au numéro 98, et ce à vingt heures. Au programme, s'il y aura mon grand ami Marc-Antoine avec quelques méditations pour le carême, vous pourrez aussi faire la connaissance de grands inconnus de la musique française de l'époque, comme Philbert de Lavigne, Louis Caix d'Herveloix ou François Danican-Philidor. Il y aura même un intrus dans cette dominante française avec des extraits d'une messe de Domenico Scarlatti.

Donc, amis parisiens, lecteurs fidèles ou de passage, je vous attends avec impatience. Et si, par bonheur, vos pas vous menaient là, n'hésitez pas à vous faire connaître à l'issue de notre prestation; je suis facile à distinguer de la troupe, j'ai les cheveux longs et je joue aussi de la flûte.

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26 décembre 2007

Quitter l'île

La grande faucheuse n'a pas chaumé en décembre. Et si Olivier et Fuligineuse nous ont parlé d'Oscar Peterson, Gilda de Julien Gracq, personne dans notre entourage n'a fait mention de Karlheinz Stockhausen qui nous a quitté le neuf décembre dernier. C'est sûr que tout le monde n'écoute pas sa musique au petit déjeuner (ni même pendant les autres repas) et pourtant, c'est un géant de la musique contemporaine qui s'en est allé. Il aura traversé toute la deuxième moitié du vingtième siècle en côtoyant tous les grands, Maderna, Berio, Ligetti, Nono, Messiaen, Schaeffer, Boulez. Et s'il toucha à toutes les formes de la musique de son époque, le sérialisme, la musique électronique, la musique concrète, la musique aléatoire, on retiendra de lui la démesure qui le fera comparer, tel Wagner, à un démiurge musical. Pensez donc, écrire une oeuvre, Licht, qui dure une semaine, faire combattre des quatuors à cordes avec des hélicoptères, jouer sa musique pendant cent quatre vingt trois jours d'affilée à raison de cinq heures par jours, rien de tel pour le classer dans les artistes à part, sans doute un peu fou.

Fou, il aurait des raisons de l'être. Né en 1928, il voit sa mère faire une dépression avant d'être internée en 1932, puis euthanasiée par les nazis au début des années 40. Il voit son plus jeune frère mourir alors qu'il est tout jeune, puis son père partir pour le front de l'est dont il ne reviendra pas. Heureusement pour lui, la musique est profondément ancrée en lui; après des études de piano et de violon il participera à la création de la radio allemande tout en faisant des petits boulots pour boucler les fins de mois, pianiste de jazz, ouvrier en usine et, même, accompagnateur d'un illusionniste. Boulimique du travail, il laisse trois cent soixante deux œuvres qu'il aurait bien vues comme une seule et unique.

Il pensait qu'un jour on pourrait moduler l'être humain avec une onde pour le faire voyager dans le cosmos, quitter cette île qu'est la terre. Il vient d'y parvenir.

Pour en savoir plus, deux adresses indispensables, wikipedia et son site personnel.

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30 novembre 2007

Air du désert

IMG_1207La musique est caractéristique, reconnaissable parmi tant d'autres, les cordes qui claquent comme des percussions, une note qui sonne en permanence comme un bourdon. Et puis cette structure répétée, un prélude joué à la guitare électrique, remplaçant la tehardent, long instrument à trois cordes, avant que les autres musiciens ne le rejoignent pour accompagner des mélodies très rythmées. Toumast, s(il n'est pas le groupe de musique Touareg le plus connu, le plus ancien est tout de même déjà bien rôdé. Les morceaux s'enchainent chantés par Moussa Ag Keyna accompagné d'un percussionniste endiablée et de Aminitou Goumar avec sa voix, sa guitare et ses youyous.

Dès qu'ils ont commencé, j'ai pu voir surgir les dunes dorées et les rochers rouges du Tassili, sentir la chaleur du soleil et humé le thé vert; même petite, la salle permet de se dandiner sur les sièges. quelques personnes sont venus devant pour esquisser des pas de danses, après tout, ils ne font pas de la musique de marabout. Malheureusement, il y a cette batterie qui vient tout gâcher. Le gars tape dessus de manière très virtuose mais comme il a l'air de s'ennuyer ferme, il nous ennuie tout autant. De plus il couvre les autres musiciens qui jouent tout en finesse. Il faudra que j'aime les écouter in situ dans leur milieu naturel.

En nous retrouvant sur le trottoir, je n'arrivait pas à croire que plus d'une heure s'était écoulée.
Alors, tu vois ma chère Canthilde, il faudra recommencer.

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08 mars 2007

ERRATUM

Il y a une erreur dans l'affichette annonçant mon concert. En effet, l'heure est fixée à 17h30, et non 17h et le métro le plus proche est Gambetta et non Pyrénées.
En espérant vous y voir.

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28 février 2007

Je donne de la voix

concertC'est comme le bon vin (mais les pires piquettes également), la saison des concerts revient. Je ne peux donc m'empêcher de vous parler de celui qui me concerne, d'autant plus que sa genèse n'a pas été simple, ni dans le choix des œuvres, ni dans la coïncidence incertaine de nos emplois du temps.

Je tiens juste à vous faire remarquer l'étendu du répertoire qui, non seulement explore des époques très différentes mais aborde également des domaines opposés. Vous avez aussi bien de la musique religieuse que profane, même si cette dernière prédomine.

Lecteurs de passages qui souhaitez venir, n'hésitez pas à vous faire connaitre à la fin de notre prestation, vous n'en serez que mieux accueillis.

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16 juin 2006

Elle n'oublie personne

Par ici et par là, je lis des éloges variés sur ce grand humoriste qu'était Raymonf Devos. C'était un grand jongleur de mots, un clown musicien jouant aussi bien du verbe que de la flûte, de l'accordéon ou du trombone à coulisse. Mais la terminatrice des maux, la marchande de veuves n'oublie jamais personne et il ne faudrait pas fermer les yeux sur une autre disparition d'importance.

György Ligeti a fêté ses quatre vingt trois printemps il y a moins d'un mois. Ce compositeur Autrichien né en Hongrie est allé à bonne école, Ferenc Farkas pour commencer, puis il ira puiser son inspiration (il aimait se comparer à une éponge) à Vienne auprès de Karlheinz Stockhausen, Pierre Boulez, Luciano Berio, et Mauricio Kagel.

C'est dire que sa musique est difficile à écouter, mais elle est d'une richesse incroyable. Dans sa dernière période, les années quatre vingt dix et deux mille, il s'est inspiré des polyphonies de la renaissance et s'est penché sur les polyphonies ethniques. Il en est ressorti quelques pièces dont les Nonsens Madrigals sur des textes de Lewis Carol.

Allez découvrir cet homme dont l'oeuvre a souvent été jouée à l'IRCAM, faites vous un peu violence (peut être) la première fois, Ligeti vaut le détour et qu'on y passe du temps.

Pour en savoir plus, vous pouvez lire sa biographie et un texte de lui, ici,  sur le site de l'IRCAM, ou ici, chez Wikipedia.

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05 juin 2006

Publicité passagère

(roulement de tambour)
Oyez, oyez, braves gens, l'ensemble Consonances se donnera en concert le jeudi 29 juin à 20h30 au sein de l'église réformée de Béthanie, sise au 185 rue des Pyrénées dans le vingtième arrondissement de Paris.
Vos oreilles y entendrons des oeuvres baroques françaises et allemandes, aussi bien du Bach que du Charpentier, du Schütz que du Claix d'Ervellois.
J'y braillerai et claironnerai du pipeau.

Qu'on se le dise.

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04 janvier 2006

Charles le furieux

Parlons musique, d'un de mes compositeurs fétiches, Carlo Gesualdo, prince de Venosa. D'abord la vie du personnage est assez étonnante. Prince issu d'une  des familles les plus nobles du royaume des deux Siciles, il naquit au milieu du XVIème siècle. Doué pour la musique, un de ses oncles va créer une académie musicale rien que pour développer ses talents. Y sera admis, entre autres, Torquato Tasso, l'un des plus grands poètes de son temps. Carlo va d'ailleurs mettre en musique beaucoup des ses poèmes car c'est avant tout un madrigaliste: six livres à cinq voix, un à six voix.

Il va se marier une première fois à vingt six ans avec sa cousine, Donna Maria D'Avalos, mais va très vite la délaisser et elle ira alors se consoler dans les bras  du duc d'Andria. Carlo Gesualdo ne tergiversera pas et fera assassiner les deux amants, en sa présence. Doutant de la légitimité de son fils il le fera étouffer. Il partira alors se mettre à l'abri de la vengeance de la belle famille et de celle d'Andria.

Ce qui ne l'empêchera pas de se remarier trois ans plus tard avec Eleonora d'Este, fille du duc de Ferrare. Le mariage est houleux aussi mais, cette fois, c'est Eleonora qui aura raison de son mari qui deviendra un pilier de l'église et ne va plus composer que de la musique religieuse. Certaines histoires racontent même qu'il finit sa vie dans un monastère.

Mais le plus étonnant réside dans sa musique qui est, finalement, bien à son image, fougueuse, violente, hors norme, hors les règles établies. Il invente sans cesse, cherche son propre langage, ose et compose une musique hors de son temps, pleine de dissonances, de désarticulation des phrases musicales et, pourtant complètement compréhensible, surtout pour un auditeur du XXIème siècle.

Je recommanderai donc à vos oreilles une écoute des derniers livres de madrigaux, les cinquièmes et sixièmes ainsi que les magnifiques Tenebrae, aussi appelées Répons des jeudi, vendredi et samedi saints. Préférez une interprétation entièrement masculine de cette oeuvre, qui est son écriture originale, pour retrouver l'ambiance de sa gestation.

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17 novembre 2005

Sous le signe du sagittaire

Il me faut tout de même vous parler non pas de mon compositeur de chevet, je pense l'avoir déja fait, mais d'un disque de chevet ou, pour être le plus précis possible, de trois disques de chevet mais une seule oeuvre. Ce sont les Kleine Geistliche Konzerte de Heinrich Schütz.

Pour commencer, (re)situons ce brave homme dans le temps et l'espace. Il est né en Allemagne en 1585 soit exactement cent ans avant Jean-Sébastien Bach. S'il a appris la musique de maîtres allemands il est allé complèter sa formation en Italie entre autre auprès de Giovanni Gabrielli ce qui s'exprimera directement dans ses Madrigaux Italiens publiés à Venise, véritable cours d'écriture musicale en dix-huit leçons.
Heinrich Schütz retournera en Allemagne à la mort du maître et il sera rapidement appelé à la cour de Dresde pour remplir les tâches multiples d'un Cappel meister[1]. Puis la guerre de trente ans bouleversera la vie du compositeur par un rognement des crédits qui lui sont alloués, la musique n'étant plus vraiment la priorité de son employeur.
C'est dans ce cadre qu'il va s'attaquer aux petits concerts spirituels qui sont des petits bijoux de dénuement et de simplicité. Ils sont écrits pour voix seules, entre une et cinq, accompagnées simplement par une basse continue, traduisez par un orgue. Les voix sont simples, peu d'ornements, les lignes mélodiques épurées se détachent sobrement comme des pierres sculptées dans les églises romanes; rien pour distraire l'attention de l'auditeur de la piété profonde du compositeur, mais aucun ennui à condition, peut être, de ne pas écouter les 55 pièces à la suite. L'ordre du catalogue, qui n'est peut être pas celui de l'écriture, marque une progression, d'abord les voix seules, puis les duos, les trios, etc, les voix aiguës en premier, les graves ensuite.

Je suis toujours tenté découter ces pièces en ne faisant absolument rien d'autre, si possible dans une certaine pénombre pour me laisser pénétrer par ces voix. Il faut dire que l'enregistrement[2] que je possède a été fait dans un souci de reconstitution peut être un peu trop rigoureux; les voix aiguës sont chantées par des enfants, aucune fioriture, dans un pur esprit baroque de la réforme. J'ai l'impression alors de voir défiler des guirlandes de notes qui s'accrochent, s'enroulent, fusionnent, dansent pour dessiner les plus belles des mélodies. Je ne m'en lasse pas un seul instant. D'ailleurs, en ce moment, pendant que j'écris...

[1] Maître de chapelle, pour ceux qui ne comprennent pas le teuton.
[2] Solistes du Tölzer Knabenchors, direction Gerhard Schmidt-Gaden, enregistré en 1987et 1988, édité par Capriccio (Delta).

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21 octobre 2005

Prochain concert

invitationÇa y est, c'est officiel, notre concert est annoncé pour le dimanche 11 décembre 2005.

Il sera sous la forme de petites pièces assez courtes, toutes a capela à l'exception de deux pour soprano soliste accompagnée à la flûte traversière par votre serviteur.
Les poèmes vont du XVème au XXème siècle tandis que les musiques sont étalées entre le XVIème et le XXIème. Ainsi, nous aurons le plaisir de vous interpréter une création mondiale, que dis-je, inter-galactique, sur un poème d'Henri Michaux. Vous êtes, bien sûr, tous invités.

Qu'on se le dise!

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