28 janvier 2007
De la bouffe qui a du chien
"Epicerie Canine", pouvais je lire sur la mini camionnette passant devant Beaubourg en tentant, tant bien que mal, d'éviter les nombreux touristes, nombreux en toute saison.
Ils exagèrent, tout de même, dis je à Mélisande présente à mes côtés, consacrer une épicerie entière à ces animaux de compagnie quand des centaines de parisiens n'ont même pas de quoi se loger, que d'autres, souvent les mêmes, ne mangent pas à leur faim; je suis outré, choqué, scandalisé!
Nous avons poursuivi notre marche, devisant de cette découverte stupéfiante quand nous avons vu la dite camionnette stationnée à un carrefour voisin. J'allais pour prendre une photo, histoire de vous écrire une note, photo à l'appui, lorsque je me suis rendu compte qu'il était écrit "Epicerie Cantine". Mon histoire tombait à plat, j'étais très désappointé.
Heureusement, j'entrevois du coup un créneau qui reste à prendre...
04 décembre 2006
Au bord des lèvres
De temps en temps, nous disons des choses très sérieusement et puis voilà que notre langue se prend dans le tapis et qu'on dit ce qu'on pensait vraiment, au fond de nous, alors qu'on cherchait à dire autre chose. On peut appeler ça un lapsus révélateur, une langue qui fourche ou tout autre expression imagée, il n'empêche que vous avez dit quelque chose, vous avez libéré votre esprit de quelque chose que vous vouliez cacher.
Ne vous en faites pas, ça peut arriver à tout le monde, mais l'implication n'est pas la même que vous soyez simple péquin ou candidat à la magistrature suprême et ministre de l'intérieur de surcroît.
Donc, quand ce dernier nous dit que l'homme n'est pas une marchandise comme les autres, il révèle que, pour lui, l'homme est une marchandise. Mais était-ce un lapsus ?
Excusez moi, je ressens des nausées.
08 septembre 2006
A bon entendeur
Les conditions de travail de certains sont pire que l'on puisse imaginer.
Comme Gilda et Kozlika, je relaie ici un billet que je vous invite à lire, un témoignage comme on aimerait ne plus pouvoir trouver dans l'avenir.
01 septembre 2006
S'il vous plait
Je crois que je vais arrêter! Non, je vous rassure, pas d'écrire ici mais d'écouter la radio nationale le matin à mon réveil. Certains jours cela provoque une éruption cutanée des plus désagréable et me gâche la journée entière, surtout en cette approche des échéances électorales. Ainsi, ce matin nous a-t-on parlé de l'allocution d'un candidat déclaré à l'investiture de son parti, dont il est le plus haut responsable et néanmoins ministre de l'intérieur, allocution prononcée lors de la clôture de l'université d'été du MEDEF, l'organisation patronale.
Venant d'un homme de droite comme lui, il n'était pas difficile de faire plaisir à son auditoire. Fustiger les trente cinq heures était la moindre des choses pour ce mettre les patrons dans la poche. Mais ce qui a accroché mon oreille et ma conscience encore vacillante était sa proposition d'organiser obligatoirement un vote des salariés en cas de conflit et de désir de grève.
Alors là, chapeau bas! L'idée qu'une grêve ne pouvait exister que si une majorité était partie prenante sous peine d'illégalité, c'est un trait de génie. D'ici à ce qu'il faille en demander l'autorisation à son patron, on en n'est pas loin.
02 août 2006
Les démons de l'histoire
Comment exprimer mon dégout absolu ?
Comment expliquer de tels mots dans cette bouche ?
Au journal du déjeuner, sur la radio nationale, il eut l'entrevue avec le porte parole de l'armée israëlienne; et puis cette phrase dans cette bouche, ces mots incroyables, inouïs.
"Il n'y aura pas de cessez le feu avant d'avoir trouvé la solution finale avec le hezbollah".
Y a-t-il des événements que certains peuvent oublier et pas d'autres ?
06 juillet 2006
Demandez le programme
Cela faisait longtemps que je ne l'avais pas ouverte; cela faisait longtemps que je ne m'étais pas enquis des nouvelles du monde telles que vues par une chaîne nationale de télévision, c'est maintenant réparé. Et c'est en première exclusivité que je vous livre mon comptage des temps consacrés à chaque rubrique dans leur ordre d'apparition sur l'écran:
- Coupe du monde, 28 minutes.
- Incident lors des réjouissances qui ont suivies, 1 minute.
- Accident au parc Asterix, 2 minutes.
- Les enfants des sans papiers, inférieur à une minute.
- Sécurité routière, 1 minute.
- Conflit Israëlo-Palestinien, 1 minute.
- Un an après les attentats à Londres, 2 minutes.
- Sport (tennis et cyclisme), 2 minutes.
- Festival d'Avignon, 2 minutes.
On voit bien où se situe les priorités des journalistes français.
09 mai 2006
Transports amoureux des amoureux du transport
Non, il n'a pas plu dimanche; non, la balade parisienne a bien eu lieu, avec peu de marcheurs, soit, mais nous avons tout de même traversé de la place de la Nation jusqu'au métro Duroc, pour les plus vaillants et les plus disponibles, jusqu'au jardin du Luxembourg pour les autres.
Mais les aventures n'en restèrent pas là.
Pendant les trois jours que durait cette fin de semaine, la Régie Autonôme des Transports Parisiens effectuait des travaux dans le tunnel près de la station Carrefour Pleyel, sise déja à Saint Denis, la ville qui m'héberge, coupant le trafic remplacé par un service de cars pour les quelques centaines de mètres les plus fastidieuses du trajet. Ce qui fait que pour aller du point A au point B placé dans ma modeste demeure il fallait prendre une rame de métro, puis un autocar, puis une autre rame, puis dix minutes de marche à pied. Voilà pour la mise en situation, voyons l'aventure.
Nous avons donc repris, après notre longue marche, le métro à la station Duroc.
Pour ceux qui ne connaissent pas, et ils sont nombreux, la ligne de métro que nous prenons a une fourche avec deux destinations différentes et, les métro ayant quelques difficultés à se dédoubler, il faut bien prendre garde à celui dans lequel on monte pour se retrouver à la bonne destination. Une signalétique lumineuse y aide le voyageur dans chacune des rames, lumière jaune pour la direction d'Asnière, lumière bleue pour celle de Saint Denis.
Nus avons donc attendu une rame à lumière bleue et nous sommes installés sur les sièges à peu près confortables, avons sortis nos livres respectifs et nous sommes plongés avec avidité dans les mots sous nos yeux.
A la station 'La fourche' à laquelle se trouve, vous l'aurez deviné, la séparation entre les deux destinations, la voix du conducteur nous informe que le train a pour destination Asnière, ce qui est confirmé par la lumière jaune dans la voiture.
Stupeur et consternation! Par un tour de passe-passe la lumière avait changé de couleur et la rame de destination.
Nous sommes descendus précipitament, constatant que nous n'étions pas les seuls à avoir été duppés par ce changement inopiné. Et nous avons attendu le train suivant, qui a pris également la destination d'Asnière. Et nous avons attendu le suivant. Et nous avons attendu, attendu, quinze minutes pour voir arriver une rame bondée, la foule massée sur le quai prendre d'assaut les portes à peine ouvertes, comme les réfugiés les convois de vivres, sans aucun espoir d'avoir le droit, nous aussi, de mourir étouffés par la pression humaine.
Dépités, nous sommes sortis pour aller chercher l'éventuelle possibilité de nous joindre à la foule deux stations plus loin, sachant que cela ferait deux possibilités de libération de place. Et nous avons bien fait.
Mais ce n'est pas tout. Arrivé à Carrefour Pleyel, la station en travaux, il fallait encore parvenir jusqu'aux autocars... qui n'étaient pas là. Encore une fois, nous avons vu la foule grossir sur le trottoir, déborder sur la chaussée au risque d'un accident, les véhicules assaillis à leur arrivée, les gens se bousculant pour espérer obtenir une place assise ou même entrer et bénéficier du transport.
J'ai douté alors du genre humain et, surtout, j'ai vitupéré l'entreprise publique qu'est encore la RATP. Comment peut on traiter les gens qui paient pour leur transport comme des bestiaux, offrir un service comparable à celui des déportations du troisième reich ? Pourquoi les utilisateurs de cette lignes doivent ils endurer depuis de nombreuses années une dégradation sensible de leurs conditions de transport ? Comment ne pas supposer qu'il y a un rapport avec les destinations de chacun des terminus, des banlieues déja tellement défavorisées ?
Et puis, il y eut cette colère; pourquoi la RATP qui gère à la fois des métros et des autobus a-t-elle fait appel à une société privée d'autocars pour le transports des passagers entre deux points si proches ? Les autobus n'ont qu'une marche donnant accès aux gens à mobilité réduite, des portes larges permettant un flux plus important, des capacités en rapport avec le service demandé; quelle idée a germé dans quelle tête de comptable pour pourrir la vie de tant de personnes pendant trois jours ?
Autant vous dire que ça a un peu gâché notre fin de journée.
03 mai 2006
Patience et longueur de temps
Ah! mon dieu, quel bonheur
De devoir être un consommateur!
Comme beaucoup de personnes, après une longue fin de semaine comportant un jour férié, je suis allé faire quelques courses pour regarnir mon réfrigérateur et complèter quelques manques notables. Je ne fus pas surpris, dans mon super marché installé dans mon quartier de croiser une foule compacte d'acheteurs, pas vraiment frénétiques, venus faire la même chose que moi.
Première opération, s'enquérir d'un panier qui permettra de ranger les futurs achats jusqu'au passage à la caisse. J'ai dû traverser quasiment tout le magasin pour en trouver quelques uns disponibles, les premiers plus proches étant happés au fur et à mesure de mon approche par les candidats aux achats. C'est facile à comprendre, nous sommes en heures de pointe, les caissières sont aux caisses et non au ramassage, collectage et déposage de paniers à l'entrée.
Enfin muni de mon réceptacle à produits frais et de conserve, je m'en vais faire mes emplettes, ce qui ne m'a pas pris trop longtemps sachant à l'avance ce dont j'avais besoin et les lieux où les trouver et étant peu sensible aux accroches commerciales. Restait la cérémonie de l'enregistrement et du paiement.
Et là, des files d'attente à n'en plus finir, sans doute qu'il n'y a pas assez de chômage pour trouver des caissiers suplémentaires, sans doute qu'il n'y a pas moyen de prévoir un peu à l'avance que certaines dates seront plus fréquentées que d'autres, sans doute qu'il n'y a plus qu'une forme de gestion, le flux tendu.
Les gens s'énervaient, des enfants pleuraient, criaient; je n'en ai pas voulu au monde entier, seulement à la direction de ce fichu super marché qui nous prend pour des portes-monnaie ambulant et leur salariés pour de la viande à ramasser l'argent. Comment travailler huit heures dans de telles conditions, quand c'est insupportable pour nous qui ne faisons que passer ? Pourquoi la gestion du magasin serait elle autrement puisque les gens continuent de venir (c'est juste à la sortie du métro), ne cassent pas tout et qu'ils font de grandes économies sur notre dos à tous ?
Conclusion, pour dix minutes de ramassage des produits nécessaires, j'ai passé trois quart d'heure à attendre que la caissière puisse s'occuper de moi, cette opération ne prenant pas plus de cinq minutes. Ça donne plus qu'envie d'aller voir ailleurs; mais où ailleurs puisque ce type de vente a détruit le tissus commerçant traditionnel ?
22 mars 2006
Nous sommes tous mal comprenant
"Vous n'avez pas très bien compris ce que nous cherchons à faire, nous allons vous expliquer."
Une fois encore, selon une bonne habitude prise depuis que Alain Juppé est passé par là, le gouvernement, et son premier ministre en tête, considère que si une quantité importante de la population rejette une de ses mesures c'est que cette dernière n'a pas été bien comprise. Alors que c'est exactement le contraire; c'est parce que les gens ont parfaitement compris à quoi on veut en venir, une suppression pure et simple de l'obligation de donner une raison à un licenciement, une généralisation de la précarité, la possibilité de gérer les gens comme des marchandises, en flux tendu, je prends quand j'en ai besoin, je jette après, sans prendre aucun risque de rébellion, pas de raison à donner si on licencie un acteur syndical, que la majorité de la population rejette ce nouveau contrat présenté comme une aubaine pour la jeunesse. Une aubaine, parlons en avec le prédécesseur du CPE (Contrat Première Embauche), le CNE (Contrat Nouvelle Embauche). Seuls une infime minorité des contrats signés sont pour de nouveaux emplois; on voit bien que ces contrats visent à remplacer l'existent, pour pressurer un peu plus notre jeunesse aujourd'hui, pour pressurer un peu plus l'ensemble des salariés demain.
Encore une fois, à la colère légitime des Français, on répond par le mépris. Je veux bien négocier mais après la mise en application et, si vous n'êtes pas d'accord, c'est que vous êtes des cons.
Ne reconduisons pas leur période d'essai!
Dessin paru dans le journal l'Humanité.
15 mars 2006
La télévision est une arme de combat
Pour pouvoir vous entraîner avant d'entrer en cuisine, voici le recette de la soupe d'information.
En premier, choisissez une chaîne télévisée généraliste, de service public ou non, cela a peu d'importance.
Extrayez en avec délicatesse le bulletin d'information qui passe ordinairement à l'heure du dîner. Attention, prenez garde à ne pas conserver avec des bribes de publicité ou même un embryon de météorologie; on y perd en goût.
Vous y trouverez les ingrédients principaux à mettre dans l'ordre dans le cerveau du bon Français:
- douze grammes de faits vérifiables sur un sujet qui fâche, qui remet en cause le bon vouloir de nos gouvernants. Puisque c'est la pleine saison, je vous recommande les manifestations anti CPE.
- deux cent cinquante grammes de désinformation déguisée en information non vérifiée qui permettent de contre balancer les impressions positives données par le sujet qui fâche, comme une dégradation d'université ou la chute d'une personne au handicap peu visible, en en cachant bien les tenants et les aboutissants, les témoignages contradictoires ou les enquêtes en cours.
- deux cent cinquante grammes de discours gouvernemental, répondant si possible aux dites exactions pour montrer que nos dirigeants, en bon pères de familles, savent aussi bien écouter d'une oreille presque attentive les bruits de la rue que réprimer les agissements crapuleux.
- deux cent cinquante grammes d'entrevues d'étudiants sortant d'une école privée montrant que les premiers sont parfaitement ridicules de remettre en cause des lois qui pourraient s'avérer très bonnes, surtout pour eux, futurs chefs d'entreprises.
Laissez doucement mitonner et vous servez à chaque rappel de titres.
Attention à la précision des proportions et à l'ordre d'introduction des éléments; mal répartis, la soupe d'information pourrait se transformer en soupe à la grimace et provoquer un rejet.






























