Entre les deux, mon coeur balance
Lorsque j'étais enfant, puis adolescent, mon père m'a, à plusieurs reprises, humilié en public d'un phrase bien sentie, ce qui lui était facile étant donné le niveau de langage qu'il a et l'habitude de parler à des groupes, d'autant plus qu'il ne pouvait y avoir de répondant de ma part. Il avait l'art de mettre en valeur une bourde, une habitude honteuse, voir une pratique interdite, la dévoilant devant des personnes de la famille comme de l'extérieur, me faisant rougir jusqu'aux oreilles, nier les faits les plus évidents, me remplir de haine pour cet être qui aurait pu me prendre entre quatre yeux pour régler des problème bénins mais prenait un malin plaisir à montrer son aisance à manipuler la langue à mon encontre. J'en garde un souvenir douloureux, même si je n'arrive plus à lui en vouloir pour cela.
Hier soir, j'avais chez moi des amis à manger (ils venaient chez moi pour manger, pas pour être mangés) et, mon fils en a profité pour sortir quelques piques qui, parce qu'elles n'étaient pas entièrement infondées, m'ont fait me retrouver en culotte courte avec le sentiment de revivre ces jours noirs de mon enfance. Je n'arrive pourtant pas à lui en vouloir pour ça.
Mais la prochaine fois que j'invite des amis, je me demande si je le convie à ma table.