Le mépris sans Godard
Une bande d'étudiants autour d'une table. Ils semblent travailler, penchés sur leur ouvrage.
Une jeune fille debout met en marche la chaîne stéréo, une musique style médiévale, assez discrète s'en échappe.
Les
atablés se regardent et se mettent à faire passer des friandises
composées d'une arachide grillée enrobée d'une fine croûte de chocolat,
estampillée de sa marque, qu'il se mettent à croquer bruyamment,
couvrant ainsi la musique toujours aussi discrète. La jeune fille
debout, d'un air excédé, éteint la chaîne et part en claquant la porte.
Les personnages restant, un petit sourire satisfait aux lèvres,
allument la télévision.
Bien sûr, il s'agit d'une publicité pour la friandise en question, bien sûr elle veut jouer sur le mode humoristique, bien sûr son "coeur de cible" est les jeunes de quinze à vingt cinq ans, mais fallait-il être si méprisant dans le ton. Cette situation n'aurait elle pas pu se faire avec un dialogue. Je ne tiens pas à juger le goût pour telle ou telle musique, même si ce choix a été fait pour accroître le ridicule de l'anti héros, mais je m'interroge à propos du message sous jacent: en cas de désaccord, faites chier votre contradicteur jusqu'à ce qu'il abandonne, pas besoin de donner quelque argument que ce soit, la raison du plus fort est la meilleure.
Bienvenue dans un monde jungle.