Pousse toi de là que je m'y mette
Je ne vais pas vous parler, à chaque fois que j'en suis témoin, de la goujaterie d'une frange non négligeable de la population, mais mon expérience matinale dans les transports parisiens ce matin mérite un petit mot ici même.
J'emprunte, pour me rendre à mon labeur quotidien, deux lignes de métro avec, forcément, un délai d'attente entre les deux, d'autant plus que nous sommes en période estivale donc, de départs en congé , même pour les conducteurs des rames. Veille de fête nationale chez nous, le quai ne regorge pas trop de monde lorsque le train arrive en gare, ce qui n'empêche pas une jeune femme ayant aperçu la présence d'une place assise unique dans la première voiture, de se précipiter vers la porte devant moi, au risque de m'écraser les pieds qui sont, chaleur oblige, nus dans des sandales, de bousculer un ou deux passagers debout pour poser prestement son fondement sur la banquette laissée vacante.
Jusqu'ici, finalement, rien de particulier qui donne besoin de l'exprimer en ce lieu. Sans doute parce que le meilleur est à suivre.
En claudiquant, s'approche une femme à l'âge incertain mais d'un certain âge qui vient demander à notre héroïne si elle veut bien lui céder la place. J'étais trop loin pour savoir en quels termes cela s'est dit mais, en tout état de cause, la vieille est restée debout tandis que la jeune farfouillait dans son sac pour en sortir un opuscule. Sa voisine de droite est intervenue sur quoi, elle se fit répondre que cela ne la regardait pas.
Pour la vieille, je vous rassure, un jeune homme lui a offert son strapontin, elle a pu terminer son trajet dans des conditions correctes.
Ah, j'oubliais, la place tant convoitée, conquise de haut vol était une place réservée aux personnes âgées.
P.S. Ceci est ma cent cinquantième note.