Logorrhée du matin, chagrin
Elle s'assoit en même temps que moi dans la rame, en face de mon voisin, et tapote le genou de ce dernier.
La conversation s'engage entre eux, comme s'ils étaient seuls à une terrasse de café mais séparés par quelques tables, obligés par la distance de hausser le ton pour se faire comprendre. je ne peux rien rater de leur conversation qui tourne rapidement sur leur compagnons de bureau. Ils sont collègues. C'est surtout elle qui parle, passant en revue, une par une, celles qui accompagnent ses journées de labeur.
"Elle passe son temps à parler de sa vie, à nous étaler sa vie devant nos yeux, son divorce, son ex, sa fille; on se demande si elle travaille. Et puis au téléphone c'est pareil; d'ailleurs maintenant, Hermande elle met son casque, même sans musique, pour ne plus l'entendre parler. On finit par en avoir marre car elle répète toujours les mêmes choses, sa vie de tout les jours. C'est sûr nous, on a un mec, une vie stable, on n'a rien que de très ordinaire à raconter. peut être ce que je vais manger ce soir ?"
Je ne pourrais tout retranscrire, il y en avait trop. Ce qui est sûr c'est que j'ai été obligé de fermer mon journal car personnellement, je n'ai pas de casque.