Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

21 juillet 2006

Vain et sans ivresse

J'avoue, j'ai été déçu. Peut être parce que j'en attendais trop, subjugué par ses deux premiers opus, Virgin suicide et Lost in translation. Cela n'empêche pas de remarquer sa maîtrise de la narration et sa technique irréprochable. Mais il y a un hic.

S'attaquer à un moment d'Histoire est une grande prise de risque, puisqu'on connaît déja la fin et une bonne partie du déroulement. Le parti pris de Sofia Coppola d'adapter un roman très étasunien dans la relation des événements transforme la vie de Marie Antoinette en celle d'un mannequin de mode dépensant sans compter l'argent de l'état. De plus, il est truffé de ces clichés véhiculés par les monarchistes, un tantinet révisionnistes, que Louis XVI n'étais qu'un pauvre homme, un doux rêveur, pas spécialement intelligent, plus intéressé par ses serrures que par l'état et dont la faillite viendrait de l'aide apportée à la guerre d'indépendance des futurs USA.

Je comprends bien que le centre d'intéret de Sofia est le passage de l'enfance à l'âge adulte de cette femme qui est une sorte de monnaie d'échange, un traité d'alliance personnifié; Je comprends aisément le désarroi d'une personne à qui on retire tout ce qui vient de son pays d'origine, ses vêtements, ses bijoux, ses suivantes et même son chien (c'est ce qui semble l'affecter le plus). Je ne peux accepter qu'on en fasse une simple victime de la barbarie populaire.

Du coup, malgré les nombreuses prises de vues faites à Versailles, malgré les toilettes plus soignées les unes que les autres, malgré les perruques délirantes, malgré les pointes d'humour, malgré les clins d'oeil anachroniques, je me suis ennuyé. Du coup, je n'ai pas perdu le tête pour Marie Antoinette.

Posté par berlioz à 09:40 - Mes critiques - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

Commentaires

Vincent, il me semble que tel était le but, non pas exactement que le spectateur s'ennuie mais qu'il ressente l'ennui du personnage.
J'ai apprécié ce film, pas adoré, amis je le verrais volontiers une nouvelle fois. Je n'ai pas essayé de voir si l'histoire était fidèlement reproduite et ai plutôt considéré ça comme une fiction, comme il y a des romans historiques (ici, c'était pour moi dans ce sens un film historique). Cela étant, notre perception du personnage historique en est inévitablement et subrepticement modifiée, tu as raison.
Et ces costumes... Tu as vu les costumes ?

Posté par telle, 21 juillet 2006 à 11:20

Et deux billets de suite sur l'ennui, tu inaugures une série ?

Posté par telle, 21 juillet 2006 à 11:21

Ce film n'est jamais passé chez moi aux USA, comme la plupart des films "intellos". Je suis abonnée à Netflix, une cyber-DVDthèque. Hier soir, j'ai vu "Some Like It Hot" avec Tony Curtis, Marilyn Monroe, et Jack Lemmon. Sublime.
Tu connais ?

Posté par joye, 21 juillet 2006 à 12:39

Telle> Je n'ai pas détesté le film, juste une déception, l'impression que Sofia Coppola était passée à côté de quelque chose, sans pouvoir bien le définir.

Telle> J'espère bien que non!

Joye> Oui, bien sûr, je l'ai déja vu plusieurs fois. Billy Wilder est un génie avec un sens de la répartie assez extraordinaire. La fin est devenue légendaire.

Maintenant, je suis inquiet pour toi, car si tu en es là avec ton fournisseur, il va te falloir attendre une cinquantaine d'années avant de voir Marie Antoinette!

Posté par berlioz, 21 juillet 2006 à 14:01

Certains l'aime chaud c'est vrai que c'est du "réchauffé" !

Posté par wictoria, 21 juillet 2006 à 14:26

Sourires, Berlioz, on peut avoir un peu de tout de netflix. Je commande des "oldies" exprès !

Posté par joye, 21 juillet 2006 à 19:58

Et de toutes facons ce n'est pas aux Américains de faire ce genre de film. J'ai vu "Lost in translation" : bien interprété (Bill Murray joue l'"absence" de façon remarquable), une histoire qui peut se tenir mais... là aussi Coppola est passée à côté, je me suis copieusement ennuyé à partir de la moitié du film.

Posté par Olivier, 22 juillet 2006 à 00:33

À ton avis, qu'est-ce qu'il chuchote dans son oreille à la fin, hein ? hein ? (c'était, pour moi, la partie la plus intéressante du film)

Posté par joye, 22 juillet 2006 à 03:15

Exception franco-française

Olivier > "Et de toutes facons ce n'est pas aux Américains de faire ce genre de film" ... et pourquoi donc ? l'histoire française serait elle aussi l'exception et l'apanage du cinéma français ?

Posté par Calou, 23 juillet 2006 à 18:54

Je persiste et je signe : le cinéma américain nous envahit assez comme cela.

Posté par Olivier, 23 juillet 2006 à 19:42

Je ne suis pas allée voir ce film pour les raisons que tu viens d'énoncer, que tu n'es pas le seul à penser. Donc pas de regrets.

Posté par mirae, 23 juillet 2006 à 23:12

[mode catégorique on]
Trois mots pour ce film :
grosse daube puante :)
[mode catégorique off]

Posté par ZEL, 24 juillet 2006 à 20:16

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