Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

08 mai 2008

Qu'on se le dise

Nous sommes presque en été et la saison des concerts amateurs est bien commencée. Je ne dérogerai pas à la règle et mon petit ensemble de musique baroque non plus. Ainsi, nous allons nous produire le mercredi 4 juin prochain en l'église Saint François d'Assise sise à Vanves dans la rue Sadi Carnot au numéro 98, et ce à vingt heures. Au programme, s'il y aura mon grand ami Marc-Antoine avec quelques méditations pour le carême, vous pourrez aussi faire la connaissance de grands inconnus de la musique française de l'époque, comme Philbert de Lavigne, Louis Caix d'Herveloix ou François Danican-Philidor. Il y aura même un intrus dans cette dominante française avec des extraits d'une messe de Domenico Scarlatti.

Donc, amis parisiens, lecteurs fidèles ou de passage, je vous attends avec impatience. Et si, par bonheur, vos pas vous menaient là, n'hésitez pas à vous faire connaître à l'issue de notre prestation; je suis facile à distinguer de la troupe, j'ai les cheveux longs et je joue aussi de la flûte.

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07 mai 2008

Un malheur n'arrive jamais seul

Il y a des jours "avec", et des jours "sans". Jeudi soir fut une soirée "sans". Pourtant, il m'arrive d'avoir de bonne idées; celle du moment était de confectionner une glace au gingembre en en inventant la recette. J'avais tous les ingrédients requis, lait, crème, œufs, gingembre frais et, même, quelques morceaux de gingembre confit pour les mélanger en petits bouts à la préparation encore moelleuse. Je commence donc par éplucher un bout de racine et, pour me faciliter la vie, le dispose dans un presse ail pour le réduire en purée. Mal m'en a pris; la grille du fond, pourtant en acier, s'est retrouvée brisée en quatre parties presque égales. Qu'à celà ne tienne, je mets ce qui reste de l'élément principal dans la casserole avec le lait que je dispose sur feu doux, allant m'étendre sur le lit quelques minutes. A mon retour, pas de débordement du lait sur le feu, coup classique, mais j'ai retrouvé le lait tranché, des amas blancs flottant dans un jus jaunâtre. Tout était à refaire.

Du coup, j'en ai profité pour tester une recette de glace avec des œufs; sans cuisson, c'est plus sûr. J'ai donc commencé à faire blanchir trois jaunes avec cent grammes de sucre et un sachet de sucre vanillé (penser à en mettre un deuxième la prochaine fois), puis j'ai ajouté huit grammes de cannelle en poudre (n'en mettre que six, plutôt). On ajoute ensuite un quart de litre de lait et un petit pot de crème fraiche (vingt centilitres). Idéalement, il vaut mieux ajouter la crème en premier, c'est plus facile pour obtenir un mélange homogène. Et puis il ne reste plus qu'à mettre dans la sorbetière. C'est là que j'en ai mis une bonne rasade à côté, engluant dans le même mouvement le couvercle de la sorbetière, mon plan de travail et une parti du fourbi qui s'y trouvait à ce moment là.

Je ne vous dis pas l'humeur dans laquelle j'étais ce qui, en général, permet de provoquer de nouvelles catastrophes. Le lendemain matin, je remets ça. D'abord, je remarque que le paquet de café de réserve ne l'étais que dans mon imagination; ensuite, ayant mis du café instantané dans nos bols, j'utilise ma petite machine pour générer l'eau chaude. Mal m'en a pris, un jet de vapeur a repeint le mur couleur café, grâce à la poudre projetée.

J'arrête là, la liste serait trop longue et fastidieuse. Vivement les vacances que je ne fasse plus rien !

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02 mai 2008

Je travaille, donc je suis

La porte s'ouvrit sur une pièce immense, infinie. Tout un univers riche en significations et en stimulations sollicita d'un coup son attention. C'était le contraire du lieu circonscrit et clos auquel il s'attendait. Il eut l'intime conviction que cet univers happait les arrivants et les désagrégeait. Son esprit s'embrasa. Il en perdit d'abord sa faculté de concentration au point d'oublier de regarder ce qu'il avait prévu d'observer : le sol, les murs et le plafond, il en oublia même le dieu tapi derrière le somptueux bureau. Il fut frappé par une décharge électrique, évocatrice, créatrice, qui lui planta au cœur une folle allégresse. A l'instant même, une force impérieuse l'appela à se prosterner et à offrir un sacrifice, mais il préféra se rallier à ses compagnons, adoptant une attitude de piété, d'obéissance et de soumission.

excellenceAinsi commence 'Son excellence' de Naguib Mahfouz, le grand écrivain égyptien, prix Nobel de littérature en 1988. Le dieu derrière son bureau est le directeur général de l'administration et le héros de ce livre se donnera dès lors comme objectif d'arriver à ce poste, consécration d'une carrière dévolue au fonctionnement de l'état. Pour y arriver, pauvre fils d'un pauvre conducteur de calèche, il tentera de se faire remarquer par la qualité et la quantité de son travail, n'hésitant pas à sacrifier toute vie personnelle.

Ce qui frappe d'abord, et je pense que le début donne le ton, c'est la comparaison et l'utilisation du langage religieux. Travailler pour l'administration se fait par foi, on prie beaucoup et on s'en remet très souvent aux mains du créateur. Mais l'idéal de tout nouvel arrivant, c'est de devenir dieu.

Le livre est d'un grinçant comme j'aime; on suit notre personnage au long de sa vie, les choix qu'il peut faire pour progresser dans sa condition, ses rapports avec ses collègues et ce but final insensé qu'il se donne, non pas pour vivre mieux mais pour clamer à la face du monde qu'il pouvait le faire.

Et vous, jusqu'où seriez vous prêts à aller ?

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24 avril 2008

Le son du corps, le soir au fond du bois

Vous souvenez vous de cette séquence dans le film "The Shining", un petit garçon dans une voiture à pédales roule dans une grande pièce; la caméra la suit au raz du sol; il n'y a pas de tapis devant les fenêtres et à chaque passage devant, la voiture produit un son très particulier.
Hier soir, rentrant chez moi assez tard, je vois passer sur le trottoir d'en face une femme qui se déplaçait très régulièrement et produisait le même son, en un peu plus fort. J'ai d'abord été assez étonné et même surpris car la jeune femme ne tirait pas de valise ni tout autre objet à roulettes; et puis, à ma connaissance, le trottoir n'était pas aussi régulier et granuleux pour provoquer cet effet. Alors, j'ai traversé, pour me rendre compte que le bruit, aussi régulier, était en fait un ronflement sortant d'une fenêtre ouverte.
J'ai apprécié de ne faire que passer.

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21 avril 2008

Un complot peut en cacher un autre

41G4TC48RPLImaginez que Franklin Delano Roosevelt n'ait pas été élu pour la troisième fois en 1940; imaginez qu'à sa place ce soit Charles Lindbergh, le grand pilote qui dira qu'Hiltler était sans doute un grand homme qui avait fait beaucoup pour le peuple allemand; imaginez... ou putôt non, n'imaginez pas, allez lire le roman de Philip Roth qui le fait pour vous. Il raconte ainsi ses souvenirs d'enfance imaginaires, la prise du pouvoir de l'aviateur, la montée lente mais sûre du fascisme aux États-Unis, les rapports de plus en plus tendus entre ses parents et d'autres membres de sa famille, la collaboration plus ou moins consciente avec le pouvoir, le désarroi d'une communauté qui ne sait plus à quelle réalité s'accrocher pour survivre.

Je suis resté accroché tout au long des cinq cents pages du livre qui, je dois le dire, est accompagné d'un dossier documentaire très complet pour en savoir plus sur les personnages historiques, tremblant pour ce bonhomme de dix ans et sa famille se trouvant au centre d'une tourmente dont ils ne maitrisent aucun paramètre. Je ne regrette qu'une chose, la fin qui rejoint le cours historique "normal" alors que je l'aurais bien vu beaucoup plus noire.

Si vous voulez vous faire peur alors, lisez le roman ou imaginez, imaginez que Nicolas Sarkozy ait été élu président de la république en France... Ça fait froid dans le dos.

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20 avril 2008

La nostalgie n'est plus ce qu'elle était

La nostalgie n'est plus ce qu'elle était, comme le disait si bien Simone Signoret. Et pourtant, quand grâce à un appareil généreusement prêté par un ami j'ai pu numériser et revoir un certain nombre de vielle photos oubliée, elle a ressurgi comme au bon vieux temps.
Photo014Je savais bien que j'avais de nombreux clichés pris lors de centres aérés et de colonies de vacances; je savais avoir des images familiales mais, j'ai passé en revue à la suite les unes des autres des quantités de photos de personnes que je ne reconnaissais pas, qui ne me disaient rien, dans des lieux parfaitement oubliés. Et pourtant, ils ont fait partie de ma vie à un moment ou un autre. Revoir mon grand gars haut comme trois pommes en train de rouler sur son camion trotteur m'a attendri, voir des adultes avec de la barbe, une maison avec des chevaux, des enfants en botte jouer avec une chèvre m'a attristé et gêné au plus haut point, comme si je regardais les archives d'un inconnu.

Et puis, au détour d'un rouleau, une histoire qui se reconstruit et le souvenir d'un travail photographique que je croyais complètement perdu. J'y retrouve des vues de Paris qui n'existent plus avec la rage de l'amateur qui remarque qu'il n'a pris aucune note sur les lieux de la prise. Où était la boutique du couseur à façon ? Où se trouvait la corderie ficellerie ? Photo015Aujourd'hui, je n'en sais plus rien. Ne restent que de jolies images en noir et blanc, des souvenir d'un passé révolu, l'assurance d'avoir été le témoin d'une transformation mais qu'elle m'a complètement échappée. Je voudrais pouvoir remonter le temps et m'immerger à nouveau dans cette ville qui n'est plus vraiment la mienne, regarder la ville d'hier avec mes yeux d'aujourd'hui, rafraichir mes souvenirs, les étayer de quelques notes afin de pouvoir transmettre par la suite ma vision de la métropole.

Elle s'est tellement déshumaniser, ma ville, la parcourir aujourd'hui est comme visiter un monument, elle est très belle mais vide de sens.

Je referme l'album. Je ne voudrais pas mouiller les tirages de mes larmes.

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17 avril 2008

N comme...

C'est parfois le hasard des lectures des uns et des autres qui vous fait découvrir un mot de vous inconnu et qui résonne d'une façon particulière. Ce fut le cas, il y a peu, dans un roman chinois que lit Mélisande.
Je vous propose donc aujourd'hui de me donner la définition du mot Nycthémère.

Je rappelle le principe de ce "jeu", soit vous ne connaissez pas la définition de ce mot et vous en inventez une, soit vous la connaissez et vous en inventez une autre. Exemple :

nycthémère, subst. fem., pathol. Personne qui se sent plus forte lorsque la nuit tombe et qui reste prostrée le jour. Triste comme la nycthémère après le lever du soleil, je viens causer avec vous, mon amie, m'épancher, vous dire ces je ne sais quoi qui passent sur une âme abattue (E. DE GUÉRIN, Lettres, 1839, p.319).

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14 avril 2008

Mon oeil voit, ma main obéit

- Qu'y a-t-il dans le réfrigérateur ?
Un ananas, de l'ail, un poivron, de la ciboulette.
- Et dans le congélateur ?
Des filets de poulet
- Si on faisait un poulet à l'ananas ?
IMG_5285Et nous voilà à couper les filets en petits morceaux, à épépiner le poivron et en faire des lamelles, à ouvrir l'ananas pour le vider et en couper le contenu en petites pièces.
Pendant que l'un coupait l'autre faisait deux petites sauces en diluant trois cuillères à café de fécule, de maïs ou de pomme de terre, dans la même quantité d'eau. Un tiers de cette préparation mise de côté, il a ajouté un blanc d'œuf et une pincée de sel avant d'en enrober les morceaux de poulet.
Dans le reste mis de côté, qui a ajouté une cuillère à café de sucre, qui une demie d'huile de sésame, qui une pincée de poivre, qui une gousse d'ail écrasée ? Nul ne saurait le dire aujourd'hui.
Ensuite, tout fut joué en peu de temps, les morceaux de poulet furent saisis à la poële dans un peu d'huile, bientôt remplacés par les poivrons, l'ananas et la sauce avec l'ail que la viande a rejoint quelque minutes plus tard, arrosé d'un petit verre de vin de riz, saupoudré de petits tronçons de ciboulette.
Remis dans le corps de l'ananas, le service fut parfait. Que demander de plus pour un dimanche ?

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08 avril 2008

Communiquez, il en restera toujours quelque chose

Communiquer, ou l'art de ne rien dire (mais il faut payer pour).
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07 avril 2008

Plus dure sera la chute

Comme d'habitude, je profitais de mon trajet métropolitain en sous sol pour parcourir mon quotidien, celui qui ne porte plus fièrement au dessus de son titre la faucille et le marteau, celui qui n'est plus l'organe central du parti communiste français. Je lisais donc un article sur le sort des sans papiers dans notre doux pays, ceux qui préfèrent se jeter à l'eau plutôt qu'être reconduits à la frontière, ceux qui préfèrent la défenestration à l'expulsion vers la torture, ceux à qui on tend des pièges jusque dans les préfectures. Je lisais donc les joyeusetés des informations du jour lorsque mon voisin d'en face m'interpelle en disant : "Vous n'avez pas honte de lire un tel... journal ?". Ma réponse ne s'est pas faite attendre : "Vous n'avez pas honte de ne pas penser comme moi ?".
J'ai pu continuer ma lecture jusqu'à la station où habituellement je change, ce qui ce jour là ne changea pas.

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06 avril 2008

Ce n'est qu'un au revoir

IMG_5226En France, parait il, tout commence et tout finit par des chansons; ici, c'est par de la musique militaire qui est à la musique ce que la justice militaire est à la justice, une fanfare qui traverse la cour d'honneur, une petite vingtaine de personnes, percussions et cuivres, bizarrement dirigés par deux chefs distincts. Et puis beaucoup d'attente, ce qui m'a permis d'apprécier mon voisin le plus proche qui m'a gentiment fait remarqué qu'il avait réservé la place que j'occupais pour sa femme à partir du moment où il n'y en avait plus aucune ailleurs.

Quand la cérémonie commence enfin, elle est réglée comme du papier à musique, à musique militaire s'entend, doigts sur la couture et pas une tête ne doit dépasser. Un joli monsieur habillé de noir avec des jolies médailles sur la poitrine, une épée portée sur le côté pointe en haut, passe devant toutes ces jeunes femmes et ces jeunes hommes pour voir s'il avaient bien ciré leurs chaussures et bien boutonné leur vareuse. Ensuite, c'est autour d'un monsieur en gris avec un képi et plein de médailles aussi de faire le même tour dans le même sens.

Heureusement, les petits gars de polytechnique ont le droit ne pas être tous sérieux; il y a même un comité pour ça. Sitôt finie la revue des troupes on annonce une revue des troupes par le président lui même; une énorme limousine blanche arrive dans la cour accompagnée de deux charriots à commissions contenant chacun une personne habillée en agent de police. A sa fenêtre un homme portant un masque représentant le président en exercice. La femme qui est venue finalement occuper ma place se tord de rire, s'esclaffe , bat des mains. On n'entend qu'elle. A la suite de la limousine viendra une voiture qui va asperger partout de la neige carbonique, ce qui ne va pas si mal avec le ciel qui a perdu son soleil depuis quelques minutes.

IMG_5246Il a fallut ensuite se taper le passage du drapeau et des flambeaux. Heureusement, une fois le défilé final accompli, nous avons eu le droit à un verre de vin chaud et à quelques petits zakouskis qui nous ont permis d'oublier où nous nous trouvions malgré la présence d'uniformes en nombre autour de nous. Le fiston avec ses copains sont venus troubler l'ambiance guindée en venant jouer avec sa fanfare quelques airs dansants, plutôt boudés par les familles bien propres sur elles. Heureusement que j'étais là pour faire la claque.

La soirée s'est terminée par trois heures de spectacle fait par les élèves de la promotion sortante, petits films et petits sketchs passant en revue leur vie durant cette période. On sentait l'émotion monter chez eux; trois ans de vie commune, la journée, le soir, certaines fins de semaines et des vacances entières ça tisse des liens qu'il est difficile de rompre. J'en ai vu qui pleuraient en sortant et je sais que mon fils, même s'il faisait semblant de rien n'en pensait pas moins.

Il m'a fallut regagner ensuite ma banlieue de l'autre bord de Paris où une surprise m'attendais; au pied d'un des immeubles de la cité, un petit hérisson passait par là. J'ai salué son élégance.

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30 mars 2008

Ca plane pour moi

avionQui, au cours de sa vie, n'a jamais fait d'avion en papier ? Levez la main bien haut.
Toi là, non pas toi, TOI, tu sors!

Je me mets facilement à la place des nostalgiques de ces moments enfantins bénis où nous prenions le moindre morceau de papier pour le plier plus ou moins soigneusement et en faire un aéroplane qui, une fois pris son vol, parcourrait une distance plus ou moins importante en fonction d'un nombre assez important de critères.

Et bien, rien n'est perdu; de plus, sans prendre le risque de la moindre perte d'arbre, sans gâcher la moindre feuille de papier blanche ou de couleur, vous allez pouvoir tester à la fois votre technique de pliage, avion en pointe ou en carré, le repli du bout des ailes ou non, mais aussi votre façon de le lancer. Pour celà une seule chose à faire, aller visiter le site ici et essayez de battre mon score du jour.

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29 mars 2008

Que la chair peut être triste

IMG_1539Ils pouvaient être originaux, c'est raté. Ils pouvaient créer un lieu unique et c'est raté aussi. En entrant ce lundi après midi dans le musée de l'érotisme, on pouvait espérer voir une collection plus "turelle" que "cul". Raté, toujours raté. Pourtant, on pouvait rêver, l'érotisme est autre chose que des bites et des culs, autre chose que des hommes et ou des femmes nus ensemble et un musée promettait de rehausser le sujet en le documentant un tantinet. Et là, rien, la platitude absolue, ils ont fabriqué un prétexte pour les touristes qui ont honte de pénétrer dans la salle à côté où se produisent des effeuilleuses de se rincer l'œil à bon compte.

Alors bien sûr, il y a l'alibi culturel, des sculptures tantriques, des poteries grecques, des terres cuites précolombiennes qui, à y regarder de plus près, sont souvent des reproductions grossières, avec de jolies cassures peintes à la main. Et même si ce sont des reproductions, on peut penser qu'un peu de recherche aurait pu apporter quelques éclaircissements sur leur fonction, le rôle de la symbolique sexuelles dans ces différentes sociétés au lieu de chercher à faire rigoler les foules avec des dieux priapiques monstrueux, des godemichés de toute taille, toute matière, toute couleur.

De plus, les étages supérieurs (le musée est réparti sur sept étages de petite surface) contiennent une collection très importante de documents écrits, photos, journaux autour de la prostitution et des maisons closes, sujets pas vraiment érotique. La seule exception, à mon humble avis, mais celà vaut il le détour, était une exposition temporaire de dessins d'illustration d'un texte qui ne nous était pas présenté, d'un très beau noir et blanc dans un style faisant penser à celles réalisées dans la première moitié du vingtième siècle.

Il reste un sacré chemin à parcourir, et notre société n'est elle pas en train de le parcourir à reculons, pour faire comprendre qu'érotisme et pornographie n'ont rien à voir. Je conseillerai donc de revoir le film "Tess" de Roman Polanski avec la magnifique Nastassja Kinski en train de prendre délicatement une fraise, tenue par un charmant jeune homme, entre ses lèvres encore plus rouges, c'est beaucoup plus érotique que tout ce que vous pourrez voir dans ce musée.

Photo: sculpture indonésienne prise sur place.

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27 mars 2008

La mère de la merveille veille

Il est des lignes de métro qui ne désemplissent jamais, quel que soit l'heure du jour ou de la nuit. C'est bien pourquoi je m'estimai fort heureux de trouver une place pour passer assis mes vingt six stations et mes vingt six tunnels, sans à avoir à louvoyer glisser ruser comme une anguille dans une boîte de sardines. J'ai ainsi pu voir le volume de la voiture peu à peu se vider de son air et se remplir de personnes de tout sexe, de tout âge, de toute condition (enfin, presque).
Tout à coup, alors que la place à la diagonale de la mienne se libère, une petite fille d'environ six ans deux mois et vingt sept jours, poussée en avant par sa mère, vient occuper la vacance, brulant la politesse à une vielle dame qui la lorgnait à juste titre. Cette dernière a su être suffisamment convaincante pour faire se lever la demoiselle et occuper le siège.
Puis, le train se vidant peu à peu de ses occupants, la petite fille sus décrite, sa mère son père, son frère sont venus occuper mon voisinage, le dernier se posant juste à côté de moi. Et je ne pouvais pas manquer de le savoir car, sous les yeux admiratifs de sa mère, il n'arrêtait pas de jouer avec son écharpe, faisant de grands gestes, me heurtant régulièrement de ses coudes et de ses genoux.
Lassé de cette agitation qui risquait de colorer mes bras et mes côtes en bleu, je me suis adressé à la génitrice du démon qui ne pouvait pas ne pas voir l'enfer que je vivais grâce à son rejeton :
- Auriez vous la gentillesse de bien vouloir demander à votre fils de faire attention à ne pas me cogner sans arrêt ?
Evidemment, comme je le craignais, la mère s'est offusquée qu'on puisse reprocher quoi que ce soit à sa merveille, élevée avec amour, tendresse et une bonne dose d'égoïsme. "Mais monsieur, vous ne pouvez tout de même pas empêcher un enfant de jouer ! C'est sûrement que vous n'aimez pas les enfants si vous le pensez" me dit elle péremptoirement.
- Ah si, j'adore les enfants, surtout bien accommodés !
Rehaussé par les yeux exorbités de la jeune femme, le silence qui suivit fut d'un grand bonheur.

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25 mars 2008

Vous reprendrez bien du thé ?

15535Pourtant de thé, il n'en est pas question ici, mais d'un voyage spirituel, à l'initiative d'un frère parmi trois qui leur en cache le vrai but, effectué dans un train en Inde. Mais pourquoi les deux autres ont ils acceptés cette aventure ? Parce qu'il fuient; ils fuient un amour contrarié ou une future paternité pas assumée; ils veulent échapper à leur histoire qui semble écrite d'avance.

Une fois dans la même galère, ils se comportent comme trois salles gamins, avec leurs caprices, leurs intransigeances et leurs mesquineries qui pourraient parfois donner envie d'en prendre un pour taper sur les autres.

Difficile d'en dire beaucoup plus sans déflorer le sujet; j'ajouterai seulement que l'on rit souvent, sans que ce soit de la grosse farce, la gravité ne manque pas non plus et que j'en suis sorti avec une furieuse envie de retourner en Inde; ce pays me manque. Par contre, nos trois héros ne semblent pas en retirer grand choses, la pirouette finale laissant supposer qu'ils ont décidé de rester des adolescents attardés. Dommage.

Ne boudons pas notre plaisir, le film est servi par une brillante distribution, à commencer par Owen Wilson, plutôt habitué aux pochades pour boutonneux, la tête couvertes de pansements comme pour rappeler que peu avant le tournage il se remettait d'une tentative de suicide, Adrien Brody qu'on a pas oublié depuis 'Le pianiste', Jason Schwarzman qui était le Louis XVI de 'Marie-Antoinette' ainsi qu'une floppée de seconds rôles remarquables tenus par Bill Murray, un petit clin d'oeil au précédent film de Wes Anderson sans doute, Anjelica Huston toujours parfaite et même un Barbet Schroeder en mécanicien automobile sans faute. On passe un bon moment, reste à savoir ce qu'il en restera dans six mois ou un an.

La photo vient d'ici.

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