Ma vie, mon oeuvre

24 février 2013

Homme de lettres

En ce moment, je m'écoute pas mal de musique, certains disques deviennent de chevet, les passant en boucle jusqu'à ce que les voisins en aient la nausée. En ce moment même, mes galettes de prédilection sont les voix bulgares, acides, mordantes, pleines de dissonances, et la "Musique pour cordes, percussion et célesta" de Béla Bartok. Le côté amusant de ce dernier, c'est que l'oeuvre est dirigée par Nikolaus Harnoncourt, un des grands chefs qui ont fait beaucoup pour le renouveau de la musique baroque.

Finalement, pour passer de Bartok au baroque, il suffit de prendre le thé.

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20 février 2013

Question de temps

Lu il y a peu¹ :

«Regarde comme c'est beau là-bas !» s'était-elle exclamée. J'avais regardé, et c'était en effet très beau. Un coup d'oeil m'avait suffi. On épargnait ainsi beaucoup de temps.

Restait une question : que faire de ces minutes ainsi gagnées.

 [1] Saül BELLOW : Le don de Humboldt - 1973

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06 février 2013

Deuil à faire

«Tu ne t'en remettras jamais. Mais tu es solide à présent. Souviens toi des moments heureux. Tu en as eu beaucoup.

Quelles furent les moments les plus heureux ?¹» lisais-je tout à l'heure dans le métro. Voila quelqu'un qui écrivait quelque chose que je devais lire en ce moment; voila un objectif à me donner; voila une mission à accomplir, recenser les moments heureux, les écrire pour ne pas les oublier et puis, rapidement, en inventer de nouveaux. Pas forcément facile mais, si tout était facile, où seraient les plaisir de la vie ?

 

[1] Iles à la dérive - Ernest Hemingway.

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12 décembre 2012

Du bon sens

Même plongé dans mes pensées, ce qui me permet parfois de passer à côté de personnes que je connais sans même les voir, j'ai les oreilles qui tintent au passage de mots ou d'expression incongrues. Il y  peu, marchant dans une rue large mais peu fréquentée près de mon lieu de labeur, j'ai doublé deux personnes se déplaçant à petits pas; passant à leur niveau j'ai entendu l'une dire à l'autre "Si j'avais su, j'aurais préféré ne pas savoir". La Palisse n'aurait pas dit mieux.

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09 décembre 2012

Construire, construire toujous, dit-elle*

Je suis parti me réfugier dans la musique de Monteverdi. Il a su, au cours de sa longue carrière (pensez donc, premier madrigal publié en 1587, le dernier en 1651, 64 ans à faire chanter l'amour) exprimer ce que je ressens en ce moment, le coeur qui se serre, la boule dans la gorge en rentrant, cette même angoisse que je pouvais avoir quand j'allais à l'école sans avoir fait mes devoirs, les larmes qu'il me faut refouler parce que poignant à l'évocation d'un souvenir, d'un parfum, d'une musique, d'une image, d'un lieu, n'importe où et n'importe quand. 184 poèmes mis en musique, il y a de quoi passer le temps. Il y a des deuils plus difficiles à faire que d'autres.

Je sais aujourd'hui qu'il va me falloir retrousser les manches et construire à nouveau, encore construire et tant pis pour les vents contraires, tant pis si c'est de guingois, tant pis si ça prend l'eau pendant quelques temps, il me restera bien un peu de temps pour consolider ma vie en attendant qu'elle m'échappe une dernière fois.


* Titre inspiré par une chanson de Hubert-Félix Thiéfaine

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08 décembre 2012

Perdu

Une fois encore, je ne sais pas comment j'ai fait, j'ai égaré ma boussole.

J'ai la tête à l'envers, me cogne comme un aveugle aux murs; on a retiré le chemin de dessous mes pieds.

Je suis perdu.

Mon étoile polaire s'est fait la malle dans une autre galaxie, comment m'orienter aujourd'hui ?

Pourtant, en tendant les bras, je sens les murs de ma prison.

Y aurait il quelqu'un qui ait de la lumière ?

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30 mars 2012

Sorbet pour un vieux singe

Et bien, puisque revoilà les beaux jours, il est temps de se remettre à la fabrication de sorbets.

La différence entre glaces et sorbets c'est l'absence dans ces derniers de lait ou de crème. Pour ne pas avoir un bloc de glace dans son congélateur puis sur sa table, deux possibilités s'offrent à nous, un parfum issus d'un corps gras, comme le chocolat ou une graine oléagineuse, ou bien s'il s'agit de fruits, un blanc d'oeuf battu en neige qui va aérer l'ensemble et le rendre moelleux.

IMG_0915Pour la soirée aux invités, deux parfums sont venus en tête, un sorbet chocolat dont vous trouverez une très bonne recette ici, légèrement modifiée par ajout de cannelle et de piment en poudre, accompagné d'un sorbet à la cacahuète. Ce dernier est d'une grande simplicité à réaliser.

Pour trois quart de litre de sorbet prévoir un demi litre d'eau que l'on met à chauffer pour y dissoudre 120 grammes de sucre. Verser doucement dans une jatte contenant 200 grammes de pâte d'arachide (pas du beurre de cacahuète). Il faut y aller très progressivement pour obtenir une belle émulsion bien crémeuse.

Il suffit de laisser refroidir et de passer à la sorbetière. Pour prévoir de ne pas découper la glace au marteau et au burin, penser à la sortie du congélateur en début de repas. Les deux conjointement laissent un souvenir impérissable. Vivement la prochaine.

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22 octobre 2011

Le fond des mots

Khadafi mort, c'est une grande victoire pour la démocratie.

Je ne suis pas sûr d'avoir entendu la phrase telle quelle mais, elle aurait pu l'être et, en tout cas de nombreuses qui voulaient dire la même chose furent prononcées par les grands de notre monde à cette occasion. Une victoire pour la démocratie. Trois grandes questions me taraudent l'esprit :

1) Cette victoire, la façon dont ce dictateur a été chassé du pouvoir, puis chassé tout court, c'est faite d'une drôle de façon. Une poignée de personnes qui prennent les armes contre leurs dirigeants, suivi d'une répression très violente déclenche une intervention internationale, OTAN et France en tête, telle une déclaration de guerre, sans aucune consultation des peuples concernés. Qui nous a demandé notre avis à ce sujet ?

2) Victoire après 42 ans de règne sans partage. Grâce à qui ? On ne va tout de même pas me dire que Khadafi est resté aussi longtemps au pouvoir sans aucune aide extérieure. Quels sont les pays qui ont bien voulu lui vendre les armes qui lui ont permis de mater sa population, sans qu'on nous demande notre avis à ce sujet ?

3) Des pays qui prennent des décisions qui vont à l'encontre du bien public, à l'encontre de leur peuple respectif, comme la destruction des services publiques, la suppression de nombreuses aides social, l'accroissement des lois répressives, qui o dans la misère des millions de personnes parce que "les marchés" le demandent, une nébuleuse sans visage élue par personne qui dicte ses lois aux états, ces pays peuvent ils encore donner des leçons de démocratie ?

Cela fait trop longtemps qu'on veut nous faire croire qu'il suffit de mettre de temps en temps un bulletin dans une urne pour qu'on vive en démocratie. Il serait temps de revenir aux fondamentaux de 1789, avec une assemblée constituante aux députés révocables par ceux qui les ont élus et on pourrait, par la même occasion, couper quelques têtes.

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05 octobre 2011

Instantanés

1

Comme à mon habitude, je vole au dessus des marches du métro afin de sortir avant la foule compacte. A peine à l'extérieur je la vois qui marche devant moi, une grand femme, très élancée qui, malgré sa taille porte de hauts talons aiguille. Bien sûr, ses pas ne sont pas bien importants mais, ce qui me frappe le plus c'est de voir qu'à chacun de ceux-ci le pied, qu'il soit de droite ou de gauche, n'arrive pas à garder le talon bien vertical et qu'il ploie vers l'intérieur. Dans un premier temps j'admire son adresse à conserver l'équilibre malgré cette chute annoncée mais, après un temps de réflexion, je me demande pourquoi elle s'inflige une telle torture.

2

Nous marchons à deux sur le trottoir d'un grand boulevard parisien. Arrivant à quelques mètres de la sortie d'un parking de supermarché nous en voyons surgir un véhicule qui, au lieu de poursuivre son chemin vers la chaussée oblique et vient à notre rencontre, tel un piéton à quatre roues. Le temps est beau, la température suffisamment élevée pour que la vitre de la voiture soit ouverte, je fais remarquer au conducteur qu'il en train de rouler sur un trottoir, terrain réservé aux piétons. Sans me regarder, sans changer de direction ni freiner celui-ci me rétorque un "Ta grand-mère, j't'ai même pas écrasé !".

Je n'ai pas voulu en faire un drame (et puis il devait être plus fort que moi), je n'ai rien répondu mais j'ai tout de même pensé qu'écrasé j'aurais eu plus de mal à me plaindre, au mieux j'aurais pu râler. Et puis j'ai constaté qu'on avait amorcé une escalade verbale dans l'insulte du quotidien, en en arrivant à la grand-mère.

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23 septembre 2011

Papiers à papier

J'ai un bibliothécaire personnel. Ça semble étrange, mais c'est tout à fait ça. L'approche fut longue, d'abord des réunions de travail, puis des repas à déjeuner, des heures entières à parler de nos voyages, de la musique que nous aimons, de nos lectures, puis nous en sommes arrivés à notre passé mais, ceci est une autre histoire.

Et puis un jour, il est arrivé avec un sac à dos remplis de bouquins, de bons gros livres pas au format poche ce qui faisait plutôt plaisir à mes yeux fatigués mais rend impossible le transport dans ma petit sacoche. Puis, au fil du temps, c'est devenu une institution, quand ma pile est sur le point de se terminer il m'en apporte une nouvelle et je lui rend la précédente.

Si nous en sommes arrivés aujourd'hui à nous inviter l'un chez l'autre je ne suis pas sûr de trop détailler ici le contenu de nos conversation ni celui de nos assiettes et, encore moins celui de nos verres. Par contre, je crois que je vais me laisser tenter par un compte rendu de mes lectures au fur et à mesure de leurs avancées.

A très bientôt donc pour le premier.

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16 septembre 2011

Un débat qui ne cache rien

De mon temps serais-je tenté de dire, même si ce début de phrase peut laisser à penser que j'ai passé un nombre d'années non négligeable sur cette planète, ce qui n'est pas complètement faux, et que je suis un vieux con, de mon temps semblais-je dire, la politique était une chose sérieuse que les gens pratiquaient sérieusement, les discours cherchaient à expliquer les projets des uns et des autres, les idées des uns et des autres, à ouvrir les yeux sur le long terme; les partis avaient des idées qui étaient débattues en son sein, qui donnaient souvent lieu à des projets, voire des programmes et, le moment venu des élections, ces mêmes partis désignaient, plus ou moins démocratiquement, le meilleur représentant pour les défendre face aux électeurs que nous étions.

Aujourd'hui les partis politiques dans leur ensemble, et certains beaucoup plus que d'autres, sont des assemblées de personnes qui n'ont que très peu d'idées, cachent les meilleures de peur qu'elles soient enrobées, quel vilain mot que peu sauraient voir, d'idéologies, fabriquent de bric et de broc des programmes qui ne sont surtout pas conçus pour être réalisés, mais seulement pour cacher la vacuité de leurs propos et, beaucoup plus grave, leur identité parfaite d'un individu à l'autre, d'un parti à l'autre. Le débat politique devient un spectacle de clowns et les débats internes des formations diverses sont étalées sur la place publique, le spectateur attentif attendant la peau de banane glissée sous les pieds de l'un ou la tarte à la crème dans la gueule de l'autre, le tout aux frais du contribuable bien sûr. Le débat ne peut être que plat, sans intérêt puisqu'on sait en fin de compte que quel que soit le vainqueur, au zeroérième, premier ou second tour, il trouvera une situation qui nécessitera une vision réaliste des choses et une révision des propositions pour ne pas dire leur disparition, ce qui en bon français veut dire que ce seront toujours les mêmes qui devront se serrer la ceinture.

On n'est pas sortis de l'auberge, moi je vous le dit.

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14 juillet 2011

Doux mélange

Nous en avions pris plein les yeux, mercredi soir. Pensez, du haut de notre perchoir, nous avons pu observer près d'une vingtaine de feux d'artifice autour de la capitale; et des beaux. Les communes ayant eu la bonne idée de ne pas les lancer en même temps, nous nous sommes relayés devant les différentes fenêtres pour en admirer le plus.

Du coup, aujourd'hui, j'avais une envie de couleurs et de saveurs. je nous ai donc préparé un sorbet à la carotte et au gingembre.

IMG_0154Pour un petit litre de sorbet vous aurez besoin de trois grosses carottes (environ 400 grammes), deux cents grammes de sucre en poudre, un morceau de gingembre de trois ou autre centimètre, deux cents millilitres d'eau.

J'ai ensuite joué au grand fénéant en mettant les carottes épluchées et coupées en petit morceaux avec le gingembre traité de la même façon, le sucre et l'eau dans mon broyeur mélangeur de cuisine afin d'obtenir une purée la plus fine possible puis, transfert dans la sorbetière.

Nous venons d'y goûter, c'est bon, même très bon. Quand nous aurons un restaurant, nous la mettrons à la carte. Mais il ne faudra pas être trop pressé, ce n'est pas encore à l'ordre du jour.

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04 juillet 2011

Le coût de la vie

Je me suis amusé, en fin de semaine dernière, à un amusant petit calcul. En effet, depuis l'Usine, quelques chiffres nous ont été transmis, entre autre la part des bénéfices reversés aux actionnaires; treize millions d'euros. Passé une certaine valeur, il me devient impossible de visualiser la somme, d'imaginer le tas de billets posés sur une table, il fallait, à l'instar de l'année lumière pour les distances trouver une autre unité de mesure; j'ai choisi le SMIC[1]. C'est pratique le SMIC car, c'est un mois de salaire couramment distribué et chacun dans son coin peut calculer combien de SMIC il gagne (ou quelle portion de SMIC pour certaines personnes les moins favorisées). Pour simplifier mes calculs, j'ai supposé, supposition hautement optimiste, que les charges associées se montaient à un peu moins de mille euros, histoire de faire un coût SMIC de deux mille euros en tout et pour tout. Combien de SMIC avaient été offert aux actionnaires de l'Usine ?

13.000.000 / 2000 = 7500

Sept mille cinq cents mois d'un petit salaire, six cent vingt cinq ans d'un smicard, près de quatorze vies !

D'un claquement de doigts, d'une signature sur un bout de papier, quelques personnes ramassaient pour l'année quatorze vies, le patron à lui tout seul en gardant sept. De quoi revoir l'indice du coût de la vie !

Pour ceux qui ne saurait pas, la définition du SMIC est ici.

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21 juin 2011

Premières constatations

Aujourd'hui, je me suis encore pris un an dans les dents.

Même pas mal !

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12 juin 2011

Angélique

angeli2ANGÉLIQUE

(Ombellifères, L.) ANGELICA ARCHANGELICA.

Angélique sauvage, angélique des bois ou  des prés, angelica sylvestris, racines du Saint-Esprit, angélique des jardins.
Elle croît sur les montagnes et les lieus élevés. On la cultive aussi dans les jardins.
Mangée crue ou cuite, elle facilite la digestion des aliments gras et huileux; elle augmente la chaleur vitale pour résister aux froids humides.
On l'emploie en infusion (25 grammes pour un litre d'eau, racines ou tiges) dans les maladies suivantes : fièvres intermittentes, chlorose, faiblesse du tube digestif, vomissements spasmodiques, coliques venteuses, maux de tête nerveux, bronchites, etc.
Une bone tasse d'angélique après le repas facilite la digestion et fait disparaître les langueurs d'estomac.
Quoique toute la plante soit bonne, on doit préférer les racines.

Opinion des savants : Rocques recommande l'angélique aux goutteux, aux personnes qui digèrent péniblement, aux convalescents dont les forces sont épuisées.
Gilibert ordonne la racine d'angélique dans toutes les maladies aiguës et chroniques, qui exisgent des fortifiants et des cordiaux.
Bossu en prescrit l'usage dans les catarrhes chronioques, les coliques venteuses.
Lemery employait l'angélique dans le scorbut, la scrofule, les maladies contagieuses, la morsure des chiens enragés.
Cazin l'ordonne comme tonique général des organes digestifs, contre les vomissements nerveux, la névrose, la débilité, etc.

L'illustration vient d'ici.

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