Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

16 novembre 2009

Quelle poussière !

Je ne pensais pas que le ménage serait aussi long et aussi important.
Le temps passe, on s'éloigne peu à peu de ce qui devenait une habitude et il est très difficile de remettre les pieds aux étriers.
Pour quoi faire est la question qui revient le plus souvent.

Et puis une rencontre virtuelle plus tard, des idées reviennent en force, une idée en tout cas; vous demander votre assistance; vous demander de m'aider à écrire de petites histoires en me soumettant des illustrations de votre cru, dessin, pĥoto ou tout autre document mettable en ligne et libre de droit.

C'est à la fois un défi que je vous lance et que je me lance, une sorte d'obligation pour me forcer un tantinet à remettre les doigts sur le clavier tout en faisant marcher mon imagination.

Alors, qui sera la première ou le premier ?

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03 octobre 2009

Au service de qui ?

J'ai toujours hésité à parler de mon travail ici même si, parfois, je faisais allusion à un collègue ou à un autre. Mais il me faut aujourd'hui relater une réunion que mes responsabilités de délégué du personnel m'ont amené à suivre il y a peu. Comme dans beaucoup d'entreprises, nous parlons beaucoup lors de ces entretiens des relations entre les employés et leur hiérarchie; d'autant plus dans notre cas, quand dans une même petite équipe une personne se fait licenciée et que trois autres démissionnent dans la même semaine. Il y a de quoi, avouez le, se poser quelques questions. J'ai voulu illustrer l'information d'un trait d'actualité en signalant qu'il fallait peut être éviter d'ouvrir les yeux seulement après un ou plusieurs suicides comme chez l'ancien opérateur de téléphonie historique.
C'est là que Guglielmo, lui aussi élu par des employés, prend la parole pour dire qu'il faut relativiser les choses, que le taux de suicides dans cette entreprise n'est, somme toute, pas supérieur à la moyenne des entreprises françaises.

Comment peut on à ce point gommer l'humain, balayer d'un revers de main l'importance d'une vie ? Un suicide est toujours un de trop, même si beaucoup de facteurs extérieurs entrent en jeu. Et il ne faut pas oublier que ce n'est que le passage à l'acte, ce qui est visible par tous; il ne faut pas oublier les souffrances physiques induites par le stress, les souffrances psychiques compensées par les médicaments, par les dopants, l'alcool.

J'en suis resté muet, malheureusement, craignant trop de violence dans ma réponse. Et puis, je ne voulais pas le stresser...

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25 septembre 2009

Le cœur sur la main, je vous dis

Internet a ça de particulier, et je lui en rend grâce, qu'il permet parfois des rencontres improbables, rencontres virtuelles, cachés par nos noms choisis, par nos mots et nos images, qui débouchent parfois sur de vrais rencontres, dans un espace temps bien défini. C'est ce qui m'est arrivé il y a peu. Je les avaient croisés sur le chemin des images, l'une par ici, l'autre par . Et puis, parlant de paris, je leu ai proposé une petite balade, histoire de leur montrer ce que les touristes ne peuvent voir que s'ils sont livrés par eux mêmes et un peu curieux, le quartier de la Mouzaïa, l'église russe orthodoxe de la rue Crimée, la butte Saint Chaumont.
Nous nous sommes quittés heureux et bien décidés de recommencer l'expérience.

L'autre escapade est arrivée dimanche dernier, journée nationale du patrimoine, à l'initiative des mes hôtes avec un programme chargé, jugez en; le matin, musé Maurice Denis à Saint Germain en Laye, avec visite exceptionnelle de son atelier, l'après midi visite de la villa Savoye de Le Corbusier à Poissy et maison de Zola à Médan.

IMG_8334Mais le plus beau fut entre les deux, un repas concocté par l'une et arrosé par l'autre, un régal pour les yeux et le palais, j'avais l'impression d'être traité comme un pacha.

Une entrée double, légumes d'un côté, fruits de mer de l'autre, mélange d'avocat et de tomate à gauche, crevettes, œufs de poisson, asperges à droite. C'est bien simple, on hésite à entamer tellement c'est joli.

Le plat était composé de magret de canard aux figues avec une sauce dont je n'ai pas pu trouver tous les éléments mais qui contenait de la chapelure de pain d'épice.

Le dessert était du même tonneau et heureusement que l'appareil photo n'était pas loin car, avec le blanc et le rouge de Bourgogne, je ne me souviens plus très bien de tout ce qu'il y avait dedans.
IMG_8335
C'est sûr, nous recommencerons mais, ils ont mis tous les deux la barre très haut, il va falloir que je potasse un peu mes livres de cuisine avant de les faire venir dans mon palace.

La balade s'est prolongée involontairement pour moi car, problème avec le RER au retour qui ne se décidait pas à quitter le quai, j'ai fini par prendre un train qui m'a emmené plus loin que prévu et, comme par un fait express, j'ai trouvé une station de métro direct avant de dénicher un vélib utilisable.

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12 septembre 2009

L'attention en intention

Quand une de leurs tantes est morte, mes parents sont allés chez elle faire le tri entre ce qui était récupérable pour eux et ce qu'il fallait donner ou jeter, comme à chaque fois dans pareille circonstance. Au sein de la cuisine dans le tiroir d'un petit meuble, ils découvrirent un carnet qu'ils s'empressèrent de consulter. Il recensait les membres de la famille et les amis de la tante en question en spécifiant, pour chacun d'eux, ce qu'ils aimaient particulièrement manger comme ce qu'il ne fallait absolument pas qu'ils trouvent dans leur assiette. Cette tante était toute pleine d'attention pour les autres et jamais elle n'aurait commis le moindre impair en invitant une personne chez elle. Ce n'était pas comme la tante chameau, surnommée ainsi à cause de sa langue acérée et sa tendance à faire exprès de déplaire aux autres, offrant par exemple les cadeaux non seulement inutiles mais aussi pouvant faire du mal à celui ou celle qui le recevait.
Tiens, au fait, y a-t-il une notice dans le carnet consacrée à la tante chameau ? Oui, il y en avait une avec une seule phrase écrite sur la page, "n'aime pas la famille". Une autre délicate attention.

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10 septembre 2009

Reprendre c'est voler

Quand je donne mon sang, ou un de ses constituants, si je demande ce qu'il va devenir c'est le côté technique qui m'intéresse, quel sorte de malades il va aider à guérir, quelle pathologie il va soulager; je ne souhaite pas que mon nom soit accolé à ce don autrement que pour me prévenir si une anomalie y était détectée. Quand j'ai donné mon sperme c'était parce que j'avais une amie dont le mari ne pouvait lui donner un bébé alors qu'ils le désirait tous les deux et que trouver un donneur leur permettait d'accéder eux même à un don. J'ai donné parce que je côtoyais la détresse de gens que j'aimais et j'imaginais le nombre de couples qui pouvaient leur ressembler. J'ai donné parce que j'avais l'assurance que ce don était anonyme; on m'a bien expliqué que mes caractéristiques physiques soigneusement notées servaient à trouver un père biologique le plus proche possible du père du futur enfant, que je ne serai pas le père du bébé de mes amis, cela m'a suffit.

Aujourd'hui, dans le cadre de la refonte de la loi de bio-éthique on pense remettre en question cet anonymat. Quel est l'intéret pour un enfant né grâce à cette technique de mettre un nom ou un visage sur leur origine biologique ? Ils auront vécu seize, dix huit, vingt ans ou plus accompagnés par un père qui leur aura donné son amour (enfin je l'espère), qu'est-ce qu'un inconnu complet pourra leur apporter de plus ? Le nom du donneur est forcément amour, amour des autres.

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03 septembre 2009

Contre coup

Les yeux déjà ouverts mais encore remplis de sommeil, Philippe attendait la sonnerie du réveil qui n'allait pas tarder. Il essayait de reconstituer le rêve de la nuit passée trop vite en mettant bout à bout les bribes qui lui revenaient en mémoire avec difficulté; il avait toujours eu du mal à se souvenir de ses rêves, surtout quand il ne s'agissait pas de cauchemars. Après avoir rageusement éteint la radio sensée lui apporter la fin du sommeil et les nouvelles fraîches du jour, le passage dans la salle de bain devant le miroir lui révéla les dégâts causés par la nuit écourtée, les traits tirés, les cernes sous les yeux, les cheveux aplatis et ternes. Même revigorante, la douche ne lui apporta pas le réconfort attendu. Il paria plutôt sur le café.

- Du coup, il n'y a plus de café, lui dit Elisa , le bol rempli du précieux liquide taché de lait à la main, en le voyant passer devant la porte.

Ce n'est pas grave, il préférait à la petite cafetière lessiveuse italienne qui mettait trop de temps à faire bouillir son eau la machine à espresso dont la vapeur rapide était beaucoup plus efficace. Ce n'est qu'après avoir préparé la dose de poudre dans le petit conteneur métallique qu'il repensa à la phrase. Que voulait elle dire par 'du coup' ? On ne commence pas une phrase par 'du coup', ça ne peut venir qu'à la suite d'autre chose : j'ai mal dosé l'eau du coup, il n'y a plus de café; je me suis pris les pieds dans le tapis faisant choir la cafetière du coup, il n'y a plus de café; j'étais très fatiguée, j'en ai bu trois fois du coup, il n'y a plus de café; n'importe quoi mais pas cette phrase bancale qui perd toute signification.

Il y repensait encore en prenant son journal dans sa boîte aux lettres avant de sortir de l'immeuble, tout en refaisant les mêmes gestes quotidiens, ceux qui viennent automatiquement sans qu'on y crie gare. Et même encore, dans le métro, entre deux articles lus entre deux passagers volumineux accrochés à la barre devant la porte. Du coup, il a loupé sa station.

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01 septembre 2009

Retour à la bougie

La taxe carbone va nous tomber dessus d'ici peu et il temps de regarder d'un peu plus près à quelle sauce nous allons être mangés. Vont être taxées les énergies fossiles, fuel et gaz naturel en tête, les plus gros consommateurs étant les plus gros payeurs. Pourtant, si on regarde par dessus notre épaule le passé proche, combien de fois avons nous vu vanter les mérite de ces énergies mois chères, les autorités compétentes poussant à la l'achat de véhicules ou de modes de chauffage de ce type ? Et puis, il faut aussi se poser la question des alternatives possibles. Pour les voitures, on nous propose l'essence qui est tout aussi un dérivé fossile que le fuel, l'éthanol biologique qui commence à faire des ravages entre autre dans la forêt amazonienneamazonienne et l'électricité. Pour le chauffage, je ne vois que l'électricité également. Pourquoi pas alors mais, comment est faite notre électricité devenue la manne qui va sauver la terre ?

Pour un tout petit poil, le soleil et le vent mais, à part très localement, sans un rendement folichon. Les éoliennes coûtent cher à l'entretien et semblent soulever des problèmes de voisinage, les cellules photo-voltaïques ne produisent pas beaucoup et s'usent vite.
Pour un plus gros poil, c'est l'eau. C'est sûrement le meilleur moyen, qui a donné ses preuves mais qui ne permet pas de générer toute l'électricité dont nous avons besoin, même à nous français qui sommes assez riches en la matière.
Pour le reste, c'est le nucléaire; et si je ne m'abuse, l'uranium qui est son combustible par excellence, est un matériau naturel donc aux ressources finies et donc limitées.

Et puis, petit détail qui a son poids, si l'électricité est une énergie propre, on ne peut en dire autant des restes de sa production. Que faire des déchets radioactifs, ce n'est pas d'hier qu'on se pose la question sans y avoir trouvé de réponse satisfaisante à long terme.

Alors, me direz vous, on ne fait rien ? Mais si, on peut toujours promouvoir ce qui ne remet pas en cause l'équilibre vital de notre planète, on aide à la conversion si on le peut; on peut aussi commencer à supprimer les centrales au charbon ou au pétrole, chercher à réduire la pollution de certaines industries, on ne commence pas par taxer ceux qui n'ont pas vraiment le choix dans leur mode de consommation.

A moins que cette taxe n'ait un autre but, celui de se donner bonne conscience tout en ne froissant pas les amis requins et les industriels, celui de remplir les caisses qu'on va s'empresser de vider en supprimant la taxe professionnelle, faisant passer une partie des ponctions de la poche des patrons à la notre.

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30 août 2009

La voie lactée

Je me souviens que dans mon enfance, j'allais chercher le lait en vrac dans la crèmerie qui se trouvait au rez de chaussée de notre immeuble. La crémière plongeait dans le bac en acier inoxydable une mesure au long manche puis en versait le contenu dans le pot en aluminium qui contenait trois litres. Étant six à la maison, trois litres étaient notre consommation quotidienne entre les petits déjeuners, les goûters et d'autres choses encore. Ma mère faisait bouillir le lait avec au fond de la grande casserole une sorte de petite soucoupe en vert qui empêchait le lait de se sauver. Après refroidissement, elle recueillait précieusement le mélange de crème et de caséine qui recouvrait le liquide; c'est la matière première idéale pour toutes les bonnes tartes que nous aurions par la suite. Ensuite, une partie du lait servait aussi à la confection de yaourts maison.

Avec l'interdiction de la vente en vrac, pour raison d'hygiène parait il, le lait ne présentât plus jamais cette peau aux vertus si délicieuses et la préparation pour yaourts ne prit plus. Il fallut alors se contenter de la crème fraîche ou du beurre pour la confection de la pâte à tartes et du lait en poudre pour les yaourts.

Depuis, je n'ai jamais réussi à retrouver ces deux goûts inimitables et j'en garde une certaine tristesse nostalgique.

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25 août 2009

A ours ours et demi

huuskonenCe n'est pas le premier PaasilinnaPaasilinna que je prenais en librairie mais il datait d'avant le premier que j'avais lu, Le fils du Dieu de l'orage. Et j'ai peut être eu tort.

L'histoire n'est pas mauvaise et bien ficelée; Huuskonen, pasteur d'une cinquantaine d'années dans une petite bourgade finlandaise, doute. Il fait des sermons délirants, dévoilant sans complexes à ses paroissiens à la fois ses affres et ses péchés les plus inavouables. Il se voit offrir pour son anniversaire, par ses ouailles qui ne savent qu'en faire, un ourson dont la mère est morte assez stupidement. Abandonné par sa femme qui ne supporte plus ses frasques il va partir avec son ours auquel il apprendra des tas de tours dans un périple qui l'emmènera jusqu'à l'île de Malte.

Bien sûr, comme dans chacune des aventures qu'il a pu écrire on aime la truculence des situations et des dialogues, les absurdités de notre monde contemporain, la galerie de personnages plus tordus les uns que les autres, mais est-ce suffisant pour faire un bon roman ? D'autant plus qu'après avoir lu Le lièvre de Vatanen, La forêt des renards pendus, La cavale du géomètre, La douce empoisonneuse, Le meunier hurlant, on a la sensation persistante de retrouver les mêmes personnages à qui il arrive toujours les mêmes choses, que ce sont toujours les mêmes ressorts qui sont utilisés.

A voir la bibliographie que WikipediaWikipedia nous donne, on peut aussi penser qu'on ne traduit que ce qui peut se vendre chez nous en mettant de côté des petits trésors. Il n'empêche que je ne vais pas remettre tout de suite la main sur un de ses ouvrages, je vais laisser passer un peu de temps pour m'imbiber d'une autre littérature entre temps.

S'il vous passe entre les mains, n'hésitez pas à le lire, vous passerez sûrement un bon moment, surtout en vacances, mais il ne faut pas abuser.

Arto PaasilinnaPaasilinna
Le bestial serviteur du pasteur Huuskonen
Folio 2007, 363 pages

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23 août 2009

Ah, quel bonheur d'être un voyageur

Qui n'a jamais voyagé en train lors d'une grande migration estivale ne connais pas les affres du lecteur assidu ou du demandeur de repos. Il faut toujours qu'il y ait un enfant quelque part qui pleure, crie ou fasse le singe sous les remarques molles et inefficaces de ses parents qui ont depuis longtemps laissé tombé leur désir d'éducation à son égard. Mon trajet vers les départs de randonnées montagnardes n'a pas échappé à cette règle.

Juste en diagonale, dans l'espace où les sièges orientés vers l'avant du train joignent ceux orientés vers son arrière, il y avait une petite famille composée des parents et de deux petits garçons que je jaugerais entre quatre et six ans. Bien sûr aujourd'hui, ère de modernité et de technologie oblige, les parents avaient prévu un appareil permettant de visionner des films sur un petit écran. Mais voilà, il n'était pas assez grand pour bien voir à deux, surtout quand chacun brigue le droit de l'avoir pour lui seul, le grand avançant les arguments les plus frappants pour convaincre l'autre. Et puis, un film ça ne fait pas un trajet entier; et puis un enfant de cet âge ne reste pas concentré sur ce qu'il fait très longtemps, il faut varier les activités et pour ça, il faut des parents ayant un peu prévu la chose; et puis un enfant ça a faim et soif et encore faut il avoir pensé à l'éventualité de les nourrir.

Bien sûr dans cette situation on trouve madame essayant de raccommoder les enfants entre eux, faire passer les films de l'un à l'autre, occuper son monde pendant que monsieur râle et prétend être déjà en vacances, c'est à dire ne pas en faire une ramée.

Donc ça crie, ça braille, ça gueule, pas moyen d'aligner trois phrases d'un livre à la suite.
Heureusement, il y a la parade du bon voyageur, le changement de train.

Après avoir astucieusement déjoué le piège de la voiture à la porte ne s'ouvrant pas en passant par celle d'à côté, après avoir attendu dans une ambiance surchauffée parce que, étant à l'arrêt et au soleil il n'y avait pas moyen de trouver la moindre fraîcheur, parce que retardé pour assurer des correspondances avec des trains n'arrivant pas, enfin nous goûtons un calme retrouvé, nous voyons alors entrer dans notre voiture et s'installer à deux sièges de nous la même petite famille qui, sans doute pour ruser, avait attendu le départ et notre éloignement plus difficile pour faire exprès de s'installer à nos côtés. Pour notre bonheur, excédé d'entendre son fils le plus jeune lui demander de l'eau, le père lui à flanqué une bonne rouste ce qui a permis d'emplir la voiture de cris stridents, ceux du fils qui n'avait pas grand chose à se reprocher, ceux de la mère qui avait bien raison.

Enfin, après une heure interminable nous avons pu descendre de notre train, récupérer une automobile nous assurant l'autonomie dans nos recherches d'escapades alpestres, puis aller rejoindre notre lieu de villégiature sur les hauteurs. Me croirez vous si je vous dis qu'allant faire les courses dans la grande surface de la ville la plus proche, au détour du rayon frais, j'ai recroisé les mêmes lascars s'interpellant d'un chariot à un autre ?
Cette fois ci, nous avons ri, mais sommes allés rejoindre le coin opposé du magasin par mesure de précaution.

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04 août 2009

De l'avenir faisons table rase

Comme tous les ans, et dans le silence total des médias, revient l'anniversaire de la nuit du 4 août, nuit de discussions fiévreuses et porteuses de progrès, qui firent naître l'abolition des privilèges. Curieusement, dans la foulée de la célébration du bicentenaire de la révolution française, cette date ne fut pas prise en compte et, sans doute à la faveur du chassé croisé des vacanciers, complètement oubliée. Pourtant, à la lueur de ce deux cent vingtième anniversaire, il serait temps de rappeler qu'à l'époque le roi n'avait aucunement l'intention de laisser faire, de laisser sa noblesse et son clergé se faire dépouiller au profit de manants. C'est un peu comme aujourd'hui où on réduit les impôts des possédants, par le truchement de l'ISF qui ne veut plus dire grand chose, de la création du bouclier fiscal mais aussi par les nombreuses réductions de charges, bien souvent non compensées et bientôt par l'abandon de la taxe professionnelle que nous devrons payer, nous, au travers de la taxe carbone.

Deux cent vingt ans après, nous sommes revenus au même point.

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02 août 2009

Comme sur Nantes

Je pouvais le voir dans la fenêtre de la cuisine, l'homme qui pleure; en train d'éplucher des oignons, découper de la viande ou débiter en petits morceaux des poivrons, je distinguais bien les yeux gonflés brusquement embués, les gouttes perler dans ses cils, deux rigoles se former le long des joues, l'humidité envahir son visage crispé. Ce n'est pas l'échalote à la substance volatile qui irrite ses yeux, ni une coupure accidentelle qui lui arracherait ces larmes, c'est sûrement un chagrin plus intense, plus profond.

je regarde dans la fenêtre de la cuisine l'homme qui pleure passer de la planche à découper au fourneau, du fourneau à l'évier et, à chaque étape les larmes ressurgissent comme une source anciennement tarie qui a trop attendu pour sourdre à nouveau, emportant dans ses flots les peines accumulées pendant des siècles, elles ruissellent comme pluie.

Je regarde dans la fenêtre de la cuisine l'homme qui pleure, il fait nuit noire aujourd'hui.

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31 juillet 2009

La mauvaise fin

Cette expérience, je préfèrerais ne pas la revivre et ne pas la faire vivre à qui que ce soit.
Je rentrais d'un court séjour lyonnais et m'apprêtais à rentrer quelques cartons volumineux ramenés de là bas lorsque j'avisais deux hommes et une femme en uniforme de la police se diriger vers mon immeuble, accompagnés de deux hommes en tenue blanche, masques autour du cou et sortes de pulvérisateurs à la main. Je m'enquière de la raison de leur venue et la réponse à fait courir un petit frisson le le long de mon épine dorsale; une voisine était décédée et, sans doute, pas de la veille.

J'avais bien remarqué une odeur pas très agréable ces derniers jours mais fugitive; elle était là le matin en partant et avait disparue le soir en rentrant, pas de quoi m'affoler, je pensais à un animal, voire quelque chose dehors devant les fenêtres. Aucun doute après l'ouverture de la porte par l'équipe en blanc, même prestement close derrière eux une odeur pestilentielle s'est élancée dans la cage d'escalier, une odeur de mort profonde, acre et envahissante. De plus, l'air restait immobile malgré les portes et les fenêtres ouvertes un peu partout.

Je les ai revus sortir de l'appartement, emportant avec eux leur matériel et tout un ensemble de grands sacs en plastique noir pleins et je crains que l'odeur ne persiste encore quelques temps.

Avec tout ça c'est la honte qui me fait le plus mal car j'aurais pu, j'aurais dû faire quelque chose, appeler la police ou les pompiers; il vaut sans doute mieux les faire venir pour rien que très tard.

J'avais lu qu'un employé japonais avait été découvert mort à son bureau cinq ou six jours après son décès, alors que le ménage y était fait chaque jour, car tout le monde croyait qu'il dormait. J'espère bien que ça ne m'arrivera pas.

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24 juillet 2009

Connue comme la louve blanche

On fait parfois de bonne rencontres dans le métro. Quand je l'ai vu hier, sur l'un des rares sièges de la station, j'ai cru qu'il était la exprès pour moi, qu'il m'attendait patiemment, comme un ami à qui on a donné rendez-vous et qui reste malgré notre retard.
J'ai tout d'abord cru qu'il avait été abandonné sciemment, un de ces ouvrages que l'on fait passer de main en main en se remettant au hasard, relatant simplement sur un site spécialisé les dépôts volontaires et les rencontres fortuites; mais en le prenant dans mes mains j'ai été étonné de sa tenue virginale, rien d'écrit en quatrième de couverture, rien sur la tranche, ce qui allait assez bien avec le titre, Virginia Woolf. Et puis en plissant les yeux (sans mes lunettes je suis perdu), je remarque le petit ovale en haut à droite avec écrit dedans épreuve non corrigées. Avais je entre les mains un livre que son auteuse avait oublié dans un moment d'égarement pu prise par une conversation, un changement dans sa tenue ou une rencontre inattendue ? Peut être était il empli d'une foule de petites annotations dans les marges et les bas de page, peut être allait-je découvrir la création en cours de construction. En bas, il est encore noté "ÉDITION SPÉCIALE LIBRAIRES Roman à paraître le", sans date à la suite.

Depuis j'ai vu que le roman était sorti au mois d'avril et je suis un peu déçu; je n'avais pas le droit à une avant première, peut être à un objet trouvé dans une poubelle ou dans un tas de livres qu'un lecteur lassé avait abandonné par paresse ou ennui. Je le lirai pour me faire une idée, c'est toujours ça de gagné.

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22 juillet 2009

Le dimanche, je dis si ça me dit

On en a parlé, on n'en parle plus mais on en reparlera à la rentrée, le travail du dimanche fait noircir du papier à pas mal de journalistes, et il y a de quoi. Les français seraient d'accord pour la moitié d'entre eux, mais au vu des sondages qui sont effectués, je me demande comment a été formulé la ou les questions pour obtenir ce résultat. Je suppose que beaucoup seraient content de pouvoir faire leur cours aussi le dimanche sans penser plus loin que le bout de leur nez.

D'abord, s'ils vont faire leurs cours le dimanche c'est sans doute qu'ils n'iront pas le samedi; les françias n'ont pas plus d'argent à dépenser et le chiffre d'affaire ne sera pas affecté par une journée supplémentaire d'ouverture. Mais il y a plus grave; une généralisation de l'ouverture du commerce ce jour là impliquera forcément une demande d'autres services, comme ceux du nettoyage ou de la sécurité, la garde d'enfants, la restauration collective, etc. De fil en aiguille tout le monde en arrivera à être logé à la même senseigne et, finalement, n'aura pas plus le temps de faire ses courses ce jour là qu'un autre.

Mais également, à regarder de plus près le découpage en deux types de zones dont l'une ne donne pas obligation d'une rémunération différente, ce jour deviendra un jour comme comme les autres, et les étudiants, et toutes les personnes qui voient là une opportunité d'arrondir leur fin de mois ou, plus prosaïquement de le finir, verront leur paie amputée des primes que ce jour qui n'aura plus rien d'exceptionnel leur octroyait.

Plus grave, c'est la porte ouverte à la généralisation du travail du dimanche, les gens sous la pression de leur employeur pourront voir leur semaine passer, petit à petit, de cinq à sic puis sept jours de trvail, sans compensation particulière.

Bien sûr, il y en a qui se frottent les mains; ce sera le moyen de faire encore un fois baisser le prix du travail, de provoquer une nouvelle augmentation du chômage qui n'en n'a vraiment pas besoin et donc, de donner un moyen de pression supplémentaire à nos chers patrons pour nous faire accepter tout et n'importe quoi.

Le travail du dimanche sera le retour à un servage, totalement volontaire celui-ci, car nécessaire à la survie.

A qui on dit merci ?

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