Le fond des mots
Khadafi mort, c'est une grande victoire pour la démocratie.
Je ne suis pas sûr d'avoir entendu la phrase telle quelle mais, elle aurait pu l'être et, en tout cas de nombreuses qui voulaient dire la même chose furent prononcées par les grands de notre monde à cette occasion. Une victoire pour la démocratie. Trois grandes questions me taraudent l'esprit :
1) Cette victoire, la façon dont ce dictateur a été chassé du pouvoir, puis chassé tout court, c'est faite d'une drôle de façon. Une poignée de personnes qui prennent les armes contre leurs dirigeants, suivi d'une répression très violente déclenche une intervention internationale, OTAN et France en tête, telle une déclaration de guerre, sans aucune consultation des peuples concernés. Qui nous a demandé notre avis à ce sujet ?
2) Victoire après 42 ans de règne sans partage. Grâce à qui ? On ne va tout de même pas me dire que Khadafi est resté aussi longtemps au pouvoir sans aucune aide extérieure. Quels sont les pays qui ont bien voulu lui vendre les armes qui lui ont permis de mater sa population, sans qu'on nous demande notre avis à ce sujet ?
3) Des pays qui prennent des décisions qui vont à l'encontre du bien public, à l'encontre de leur peuple respectif, comme la destruction des services publiques, la suppression de nombreuses aides social, l'accroissement des lois répressives, qui o dans la misère des millions de personnes parce que "les marchés" le demandent, une nébuleuse sans visage élue par personne qui dicte ses lois aux états, ces pays peuvent ils encore donner des leçons de démocratie ?
Cela fait trop longtemps qu'on veut nous faire croire qu'il suffit de mettre de temps en temps un bulletin dans une urne pour qu'on vive en démocratie. Il serait temps de revenir aux fondamentaux de 1789, avec une assemblée constituante aux députés révocables par ceux qui les ont élus et on pourrait, par la même occasion, couper quelques têtes.
Instantanés
1
Comme à mon habitude, je vole au dessus des marches du métro afin de sortir avant la foule compacte. A peine à l'extérieur je la vois qui marche devant moi, une grand femme, très élancée qui, malgré sa taille porte de hauts talons aiguille. Bien sûr, ses pas ne sont pas bien importants mais, ce qui me frappe le plus c'est de voir qu'à chacun de ceux-ci le pied, qu'il soit de droite ou de gauche, n'arrive pas à garder le talon bien vertical et qu'il ploie vers l'intérieur. Dans un premier temps j'admire son adresse à conserver l'équilibre malgré cette chute annoncée mais, après un temps de réflexion, je me demande pourquoi elle s'inflige une telle torture.
2
Nous marchons à deux sur le trottoir d'un grand boulevard parisien. Arrivant à quelques mètres de la sortie d'un parking de supermarché nous en voyons surgir un véhicule qui, au lieu de poursuivre son chemin vers la chaussée oblique et vient à notre rencontre, tel un piéton à quatre roues. Le temps est beau, la température suffisamment élevée pour que la vitre de la voiture soit ouverte, je fais remarquer au conducteur qu'il en train de rouler sur un trottoir, terrain réservé aux piétons. Sans me regarder, sans changer de direction ni freiner celui-ci me rétorque un "Ta grand-mère, j't'ai même pas écrasé !".
Je n'ai pas voulu en faire un drame (et puis il devait être plus fort que moi), je n'ai rien répondu mais j'ai tout de même pensé qu'écrasé j'aurais eu plus de mal à me plaindre, au mieux j'aurais pu râler. Et puis j'ai constaté qu'on avait amorcé une escalade verbale dans l'insulte du quotidien, en en arrivant à la grand-mère.
Papiers à papier
J'ai un bibliothécaire personnel. Ça semble étrange, mais c'est tout à fait ça. L'approche fut longue, d'abord des réunions de travail, puis des repas à déjeuner, des heures entières à parler de nos voyages, de la musique que nous aimons, de nos lectures, puis nous en sommes arrivés à notre passé mais, ceci est une autre histoire.
Et puis un jour, il est arrivé avec un sac à dos remplis de bouquins, de bons gros livres pas au format poche ce qui faisait plutôt plaisir à mes yeux fatigués mais rend impossible le transport dans ma petit sacoche. Puis, au fil du temps, c'est devenu une institution, quand ma pile est sur le point de se terminer il m'en apporte une nouvelle et je lui rend la précédente.
Si nous en sommes arrivés aujourd'hui à nous inviter l'un chez l'autre je ne suis pas sûr de trop détailler ici le contenu de nos conversation ni celui de nos assiettes et, encore moins celui de nos verres. Par contre, je crois que je vais me laisser tenter par un compte rendu de mes lectures au fur et à mesure de leurs avancées.
A très bientôt donc pour le premier.
Un débat qui ne cache rien
De mon temps serais-je tenté de dire, même si ce début de phrase peut laisser à penser que j'ai passé un nombre d'années non négligeable sur cette planète, ce qui n'est pas complètement faux, et que je suis un vieux con, de mon temps semblais-je dire, la politique était une chose sérieuse que les gens pratiquaient sérieusement, les discours cherchaient à expliquer les projets des uns et des autres, les idées des uns et des autres, à ouvrir les yeux sur le long terme; les partis avaient des idées qui étaient débattues en son sein, qui donnaient souvent lieu à des projets, voire des programmes et, le moment venu des élections, ces mêmes partis désignaient, plus ou moins démocratiquement, le meilleur représentant pour les défendre face aux électeurs que nous étions.
Aujourd'hui les partis politiques dans leur ensemble, et certains beaucoup plus que d'autres, sont des assemblées de personnes qui n'ont que très peu d'idées, cachent les meilleures de peur qu'elles soient enrobées, quel vilain mot que peu sauraient voir, d'idéologies, fabriquent de bric et de broc des programmes qui ne sont surtout pas conçus pour être réalisés, mais seulement pour cacher la vacuité de leurs propos et, beaucoup plus grave, leur identité parfaite d'un individu à l'autre, d'un parti à l'autre. Le débat politique devient un spectacle de clowns et les débats internes des formations diverses sont étalées sur la place publique, le spectateur attentif attendant la peau de banane glissée sous les pieds de l'un ou la tarte à la crème dans la gueule de l'autre, le tout aux frais du contribuable bien sûr. Le débat ne peut être que plat, sans intérêt puisqu'on sait en fin de compte que quel que soit le vainqueur, au zeroérième, premier ou second tour, il trouvera une situation qui nécessitera une vision réaliste des choses et une révision des propositions pour ne pas dire leur disparition, ce qui en bon français veut dire que ce seront toujours les mêmes qui devront se serrer la ceinture.
On n'est pas sortis de l'auberge, moi je vous le dit.
Doux mélange
Nous en avions pris plein les yeux, mercredi soir. Pensez, du haut de notre perchoir, nous avons pu observer près d'une vingtaine de feux d'artifice autour de la capitale; et des beaux. Les communes ayant eu la bonne idée de ne pas les lancer en même temps, nous nous sommes relayés devant les différentes fenêtres pour en admirer le plus.
Du coup, aujourd'hui, j'avais une envie de couleurs et de saveurs. je nous ai donc préparé un sorbet à la carotte et au gingembre.
Pour un petit litre de sorbet vous aurez besoin de trois grosses carottes (environ 400 grammes), deux cents grammes de sucre en poudre, un morceau de gingembre de trois ou autre centimètre, deux cents millilitres d'eau.
J'ai ensuite joué au grand fénéant en mettant les carottes épluchées et coupées en petit morceaux avec le gingembre traité de la même façon, le sucre et l'eau dans mon broyeur mélangeur de cuisine afin d'obtenir une purée la plus fine possible puis, transfert dans la sorbetière.
Nous venons d'y goûter, c'est bon, même très bon. Quand nous aurons un restaurant, nous la mettrons à la carte. Mais il ne faudra pas être trop pressé, ce n'est pas encore à l'ordre du jour.
Le coût de la vie
Je me suis amusé, en fin de semaine dernière, à un amusant petit calcul. En effet, depuis l'Usine, quelques chiffres nous ont été transmis, entre autre la part des bénéfices reversés aux actionnaires; treize millions d'euros. Passé une certaine valeur, il me devient impossible de visualiser la somme, d'imaginer le tas de billets posés sur une table, il fallait, à l'instar de l'année lumière pour les distances trouver une autre unité de mesure; j'ai choisi le SMIC[1]. C'est pratique le SMIC car, c'est un mois de salaire couramment distribué et chacun dans son coin peut calculer combien de SMIC il gagne (ou quelle portion de SMIC pour certaines personnes les moins favorisées). Pour simplifier mes calculs, j'ai supposé, supposition hautement optimiste, que les charges associées se montaient à un peu moins de mille euros, histoire de faire un coût SMIC de deux mille euros en tout et pour tout. Combien de SMIC avaient été offert aux actionnaires de l'Usine ?
13.000.000 / 2000 = 7500
Sept mille cinq cents mois d'un petit salaire, six cent vingt cinq ans d'un smicard, près de quatorze vies !
D'un claquement de doigts, d'une signature sur un bout de papier, quelques personnes ramassaient pour l'année quatorze vies, le patron à lui tout seul en gardant sept. De quoi revoir l'indice du coût de la vie !
Pour ceux qui ne saurait pas, la définition du SMIC est ici.
Premières constatations
Aujourd'hui, je me suis encore pris un an dans les dents.
Même pas mal !
Angélique
(Ombellifères, L.) ANGELICA ARCHANGELICA.
Angélique sauvage, angélique des bois ou des prés, angelica sylvestris, racines du Saint-Esprit, angélique des jardins.
Elle croît sur les montagnes et les lieus élevés. On la cultive aussi dans les jardins.
Mangée crue ou cuite, elle facilite la digestion des aliments gras et huileux; elle augmente la chaleur vitale pour résister aux froids humides.
On l'emploie en infusion (25 grammes pour un litre d'eau, racines ou tiges) dans les maladies suivantes : fièvres intermittentes, chlorose, faiblesse du tube digestif, vomissements spasmodiques, coliques venteuses, maux de tête nerveux, bronchites, etc.
Une bone tasse d'angélique après le repas facilite la digestion et fait disparaître les langueurs d'estomac.
Quoique toute la plante soit bonne, on doit préférer les racines.
Opinion des savants : Rocques recommande l'angélique aux goutteux, aux personnes qui digèrent péniblement, aux convalescents dont les forces sont épuisées.
Gilibert ordonne la racine d'angélique dans toutes les maladies aiguës et chroniques, qui exisgent des fortifiants et des cordiaux.
Bossu en prescrit l'usage dans les catarrhes chronioques, les coliques venteuses.
Lemery employait l'angélique dans le scorbut, la scrofule, les maladies contagieuses, la morsure des chiens enragés.
Cazin l'ordonne comme tonique général des organes digestifs, contre les vomissements nerveux, la névrose, la débilité, etc.
L'illustration vient d'ici.
Fraisier des bois
(Rosacées, L.) FRAGARIA VESCA
Les fraises sont un peu indigestes, mais elles forment un aliment nourrissant, très utile aux catarrheux, groutteux, et aux personnes atteintes de gravelle et de rhumatismes.
Pour les rendres plus faciles à digérer, il suffit de les saupoudrer avec un peu de sucre et les arroser avec un peu de vin.
Les racines sont apéritives et dépuratives.
Arnica
(Composées, L.) ARNICA MONTANA.
Bétoine des montagnes, bétoine des Vosges, tabac des Savoyards, des Vosges, des Alpes, anique, souci des Alpes, etc.
Plante très commune sur les montagnes.
USAGE INTERNE : s'en servir avec précaution (15 gr. de fleurs ou de feuilles infusées dans un litre d'eau), quand un blessé est dans un état de torpeur qui se prolonge, en petites tasses, et cela seulement jusqu'à ce que la figure se colore et que le pouls devienne fort. Tr_ès utile dans les congestions.
En trop fortes doses, il produit de violents maux de tête, le délire, des convulsions et même la mort.
USAGE EXTERNE : o l'extérieur, l'arnica est résolutif. Des linges trempés dans une forte décoction sont appliquées avec avantage sur les épanchements du sang et sur les coupures et les écorchures faites même avec des obhets imprégnés de substances irritantes ou mapropres.
Dans plusieurs contrées, notamment dans les Vosges, la Savoie et les Alpes, les feuilles sont fumées en guise de tabac. Inutile de dire que ce tabac n'est pas du maryland de première qualité.
Armoise
(Composées, L.) ARTEMISIA VULGARIS.
Herbe de Saint-Jean, herbe à cent goûts, remise, fleur de Saint-Jean, anaction, etc.
Très commune sur les bords des fossés, des ruisseaux et des endroits incultes.
PROPRIETES: en infusion (15 à 20 grammes pour un litre d'eau) contre les tourments de tête, les défaillances. Elle rappelle les règles quand elles ont été supprimées par une cause débilitante quelconque.
Quand les règles s'arrêtent par suite d'une émotion ou d'un refroidissement; il est avantageux pour les rappeler, de diriger sur les parties la vapeur d'un grand vase rempli d'une forte infusion très chaude d'armoise. On met une grosses poignée de cette plante dans deux ou trois litres d'eau bouillante, et l'on reste assis dessus le plus longtemps possible.
Opinion des savants: Bossu l'emploie contre les névralgies, les vomissements nerveux.
Burdach fait observer que la racine d'armoise employée en poudre possède des propriétés anti-épileptiques très énergiques.
Chomel dit que la décoction des feuilles d'armoise dans un litre d'eau donne d'excellents résultats dans les cas hystériques.
Aigremoine
(Rosacées, T.) AGRIMONIA EUPATORIA.
Agrimoine, eupatoire des Grecs, herbe de Saint-Guilaume, thé des bois, sorbelette, thé du Nord, etc.
Elle croît sur les bords des chemins, dans les prairies et les endroits incultes.
PROPRIETES: infusions contre les incontinences d'urine et la dysenterie; tisane pour laver les plaies et faire revenir les chairs; en gargarisme, elle guérit les ulcères de la bouche et du gosier, en y ajoutant un peu de miel.
Dans le Nord, les paysans l'emploient en guise de thé. C'est une infusion d'un goût agréable, elle doit être recommandée surtout à ceux qui sont atteints de l'asthme.
Opinion des savants: Chaumel dit que l'aigremoine a été employée en décoction pour combattre les maladies de foie, les crachements et les vomissements de sang.
Le bien des pauvres
Forcément, quand vous pénétrez pour la première fois dans une maison dont vous n'avez jamais connu les habitants vous n'avez pas le même regard que si c'était vos grands-parents, que vous y aviez passé des moments heureux dans votre enfance, le lien affectif, la mémoire font toute la différence. J'avais plutôt tendance à regarder l'état des murs, à deviner ce qu'avait pu être la vie quotidienne de vieilles personnes dans un lieu sans eau chaude, sans toilettes, sans salle de bains, sans chauffage, un lieu immense composé de petite maisons posées les unes à côté des autres, reliées par des escaliers, des coursives, des portes que l'on passe en se baissant. La visite s'est faite avec moult précautions; sans aucun entretien pendant des décennies les planchers risquaient de se dérober sous les pas, le toit laissant passer le jour par endroit et donc les intempéries de même. Un sentiment de gâchis vient vite emporter tout le reste.
C'était une dernière visite, une visite avant vente, un héritage qu'on liquide à la va vite. Nous étions là pour que Mélisande choisisse ce qu'elle voulait garder comme meubles ou petites bricoles, sachant que le choix avait été à peu près fait par les autres avant. C'est donc en l'accompagnant pour cette rude tâche que je déambulais dans les différentes pièces de ce qui aurait put être une grande maison très agréable à vivre. Bien sûr, mes yeux ce sont portés sur ce qui pouvait se lire, quelques ouvrages étant disséminés ça et là, peu, donc tous facilement consultables. Et j'en ai mis trois de côté, des livres prêts à partir aux ordures, trois que j'ai pu emporter et dont je vais pouvoir vous parler; un manuel de géographie pour l'enseignement primaire, imprimé en 1884 avec quelques illustration et, surtout, un point de vue de l'époque; un manuel de maréchalerie datant de 1876 pour tout connaître du cheval et de son anatomie; un exemplaire du médecin des pauvres livre qui, en cherchant un peu se trouve toujours en vente sur des sites bien connus, est disponible en intégrale dans sa vingtième édition sur gallica.fr, réédité de nombreuses fois, celle en ma possession datant de 1907.
Ce dernier, outre des tas de conseils concernant l'hygiène donne des tas de recettes avec des plantes pour soigner des affections courantes. Je vais vous en montrer quelques unes...
Un amour de chocolat
Il fallait quelque chose pour que j'ai envie de m'y remettre et le beau temps et la douceur de l'air ont été les facteurs déclenchant la reprise de la confection des glaces et autres sorbets. Il fallait que je refasse une tentative de sorbet au chocolat, la précédente ayant été altérée par une fusion du chocolat s'étant terminée par une petite carbonisation partielle. Comme d'habitude, je compare mes fiches avec ce qu'on peut trouver sur la toile et puis, je me lance.
Cette fois, c'est très simple; pour un petit litre de sorbet il vous faudra un demi litre d'eau, une plaque de deux cent gramme d'un bon (très bon) chocolat (visez le 70% de cacao), soixante quinze grammes de cacao en poudre non sucré et cent dix grammes de sucre en poudre (j'ai opté pour le sucre roux qui donne un goût particulier à l'ensemble).
La confection est tout aussi simple; mélanger le sucre dans l'eau et amenez à ébullition. Retirez alors du feu pour y ajouter le cacao en poudre puis, après dissolution complète, le chocolat cassé en petits morceaux. Mélangez bien pour obtenir un mélange le plus homogène possible. Laissez refroidir, y compris en passant par le réfrigérateur. Terminez en passant votre mélange bien froid à la sorbetière, puis conservez le résultat dans un congélateur bien défendu : vous allez avoir des tentatives de vol nombreuses.
Il n'y a pas de photo ? Et bien non, elle n'a pas duré assez longtemps pour ça.
L'art du déménagement
Les bruits courraient déjà depuis quelques jours, radio-moquette avait répandu ses effets du haut en bas de l'immeuble, la réunion n'était donc guère une surprise. L'annonce fut crue, l'entreprise était sur le point d'être vendue, vendue au concurrent étasunien dont on était en train de nous dire le plus grand bien, le concurrent sur lequel on avait tapé si dur peu avant. Tout allait bien se passer, c'était une maison sérieuse avec beaucoup d'expérience.
Quelque jours plus tard le verdict tomba, l'entreprise était vendue, l'équipe technique, la moitié des employés, disparaissait. Pas vraiment d'étonnement, nous avions fait de même avec les filiales belges et hollandaises. La direction ne voulait pas négocier les primes de licenciement; ce fut le premier, et le plus court, conflit social que j'ai vécu.
Acte I : Au matin, arrivés tôt sur notre lieu de travail nous constatons l'absence de gardien. Prenant prétexte de la sauvegarde de l'outil de travail nous bloquons les accès à l'immeuble. Au fur et à mesure des arrivées, certains nous rejoignent, d'autres rentrent chez eux, tous discutent. L'équipe dirigeante se tient à l'écart. Elle est jeune, c'est leur premier conflit, ils ne savent pas gérer; on voit bien que des appels téléphoniques sont passés.
Acte II : Nous voyons surgir de nulle part un homme en tenue de vigile, logo de l'entreprise chargée du gardiennage sur l'épaule, venir vers nous et, arrivé à moins d'un mètre nous arroser de gaz lacrymogène, puis profiter de notre surprise pour pénétrer dans l'immeuble. L'effet est insupportable, ça brule terriblement, l'un de nous fait un malaise.
Acte III : Revenus de notre stupeur, nous apelons les pompiers, la police et bloquons à nouveau les accès pour empêcher toute fuite. La police mettra du temps pour venir mais, elle en mettra encore beaucoup plus pour ressortir de l'immeuble; nous l'apprendrons peu après, l'homme fait partie de leur maison et arrondissait ses fin de mois dans l'entreprise de gardiennage.
Acte IV : La direction impliquée à 100% dans ce fiasco accepte de négocier.





































