28 février 2007
Je donne de la voix
C'est comme le bon vin (mais les pires piquettes également), la saison des concerts revient. Je ne peux donc m'empêcher de vous parler de celui qui me concerne, d'autant plus que sa genèse n'a pas été simple, ni dans le choix des œuvres, ni dans la coïncidence incertaine de nos emplois du temps.
Je tiens juste à vous faire remarquer l'étendu du répertoire qui, non seulement explore des époques très différentes mais aborde également des domaines opposés. Vous avez aussi bien de la musique religieuse que profane, même si cette dernière prédomine.
Lecteurs de passages qui souhaitez venir, n'hésitez pas à vous faire connaitre à la fin de notre prestation, vous n'en serez que mieux accueillis.
27 février 2007
Vous chantiez, j'en suis fort aise
Vous est il déjà arrivé de regarder une connerie à la télévision, plus ou moins volontairement ?
Cela m'est arrivé pas plus tard qu'hier au soir; j'avais mis la chaîne privatisée il y a une vingtaine d'années, à cause des rencontres avec certains candidats à l'élection présidentielle, du genre de ceux qu'on voit peu.
Et comme je pratiquais d'autres activités au même moment, je n'ai pas arrêté la boîte à image tout de suite, ce qui m'a permis d'entendre l'affligeante suite des programmes.
Je vous raconte l'idée générale, on invite des personnalités du passé ou du présent qui ont affronté la justice, on leur demande s'ils ont été jugés plus ou moins sévèrement eu égard à leur célébrité. Rien de très inventif, sauf que l'invité a fini par attirer mes oreilles. Il s'agissait d'un chanteur dont j'avais déjà entendu le nom plus que la voix, basant sa renommée entre autre sur le fait qu'il est orphelin et qu'il a passé son enfance dans un foyer. Mais là, il parlait, face à quelques journalistes, de son expérience de la justice; il a été trainé devant un tribunal pour viol sur une mineure de quinze ans.
Si on a déjà vu quelques femmes jouer de leur vertu pour faire chanter une célébrité, c'est tout de même suffisamment rare pour qu'on pense qu'elles disent vrai, surtout si elles ont quinze ans. Alors, oser entendre cette personne clamer sérieusement et avec agressivité, qu'elle lui avait dit avoir dix neuf ans (vous ne faites pas la différence entre une fille de quinze ans et une jeune femme de dix neuf ?), et l'entendre vous refaire le coup du "à l'insu de mon plein gré" m'a insufflé un malaise général.
J'ai arrêté là, il était tard et c'était plus que je ne pouvais entendre.
Je me suis tout de même demandé ce qui faisait qu'il était encore dehors et ce qui avait motivé son invitation, à une heure de faible écoute, soit, mais sur une grande chaîne nationale.
Et si je remettais Arte ?
25 février 2007
Tout est bon dans le cochon
Je me rends compte, après une vie passée à paris ou dans sa proche banlieue, que je n'avais jamais assisté à un défilé du nouvel an chinois. C'est maintenant chose faite (chose fête); j'ai passé une après midi dans le treizième arrondissement, deuxième lieu historique de l'implantation chinoise à Paris, où avait lieu le deuxième défilé organisé par les associations locales.
Pourtant, ça commençais mal; à peine sorti du métro nous étions accueillis par une pluie qui sans être drue mouillait convenablement et dans l'épaisseur des vêtements. Et puis, il y avait la mauvaise bonne idée du jour, inviter le fils ainé à venir manger au restaurant avant de regarder les festivité; devant chaque gargote, devant chaque estaminet, il y avait une queue d'une dizaine de personnes en attente de restauration. C'est avec difficulté et après pas mal d'attente que nous avons gagné notre bol de vermicelle agrémenté de bœuf ou de porc, après tout, c'est son année.
Mais le jeu en valait la chandelle, autant par ce que nous y avons vu que par l'ambiance générale, cette excitation propre aux manifestations de foule, augmentée par la musique lancinante des gongs et des tambours, les couleurs hautement contrastées des acteurs et les pétards qui crépitaient un peu partout en rafales inquiétantes.
L'ensemble des groupes étant passés devant nous, nous sommes allé guetter leur passage dans une autre voie pour une session de rattrapage, car derrière une foule agglutinée au bord de la chaussée, nous n'avions vu que la partie haute du défilé. Là, nous étions sur le bord, nous allions profiter des vêtements et des parures dans leur ensemble, nous allions pouvoir regarder de près les gestes des danseuses et des danseurs, nous allions peut être pouvoir toucher un dragon, ce qui porte bonheur.
Si nous n'avons pas été déçus de ce deuxième passage, j'ai été particulièrement surpris par ce petit groupe de personnes d'un âge plus avancé, habillés très différemment des autres participants et qui dansaient avec une grâce infinie, tournant lentement leurs mains avec finesse, glissant sur leurs pieds d'une souplesse étonnante. On sentait chez eux un bonheur ineffable, un moment d'extase; ils étaient là et ailleurs en même temps; c'était leur fête. Bonne année à eux.
23 février 2007
Il faut savoir choisir
Il a bien fait d'attacher sa selle, de la fixer solidement au poteau parce que, son vélo, on l'a volé!
22 février 2007
Eloge de sa paresse
Marie, levez-vous, ma jeune paresseuse :
Jà la gaie alouette au ciel a fredonné
Et jà le rossignol doucement jargonné,
Dessus l'épine assis, sa complainte amoureuse.
Sus! Debout! Allons voir l'herbelette perleuse
Et votre beau rosier, de boutons couronné,
Et vos œillets mignons, auxquels aviez donné,
Hier au soir, de l'eau, d'une main si soigneuse.
Harsoir en vous couchant vous jurâtes vos yeux
D'être plus tôt que moi ce matin éveillée :
Mais le dormir de l'aube aux filles gracieux,
Vous tient d'un doux sommeil les yeux encore sillés,
Ca! ça! que je les baise, et votre beau tétin
Cent fois pour vous apprendre à vous lever matin.
Pierre de Ronsard
20 février 2007
Au pain sec et à l'eau
J'ai l'habitude de composer mes petits billets, aussi bien dans les transports en commun que dans la rue, sans brouillons, sans papier ni crayon, en tournant les idées et les phrases, les composant et les ciselant dans mes neurones avant de les coucher directement ici, à partir d'un clavier ou d'un autre.
Mais, de temps en temps, il y a un hic, un coup de fatigue et une idée disparait pour reparaitre à un autre coin, un autre jour. Ainsi mon billet du 16 février s'est trouvé, bien malgré moi mais totalement par ma faute, amputé d'un incipit qui me semblait important.
Je voulais vous parler de l'importance du pain dans plus d'une civilisation, ce pain qui est symbole de vie que l'on offre avec le sel, celui que l'on cuit sous le sable dans le désert, celui qui pousse dans les arbres, celui qu'on trouve par chez nous et qui a tellement évolué, celui avec ou sans levain, le pain azyme, le pain bis, le pain blanc qu'on espère manger longtemps, la baguette croustillante ou encore la tranche épaisse qui peut servir d'assiette et qui est à l'origine du mot copain. Je pourrais passer du temps à énumérer les céréales qui peuvent entrer dans la confection de ce met indispensable, que ce soit le blé, le maïs ou le pois chiche, passer en revue les formes les plus improbables qu'il peut prendre, du plus long au plus rond, jusqu'à celui de section carrée, jamais au grand jamais je ne pourrais faire le tour complet de ce qui n'est pas un plat mais se mange an grande quantité tous les jours.
Ce n'est pas tout ça, je vais me faire une petite tartine.
18 février 2007
La proposition frise la pornographie
L'enveloppe était restée fermée quelques jours sur la pile de mon courrier. Elle n'avait rien d'impérieux et pouvait attendre quelques temps. Mais une fois lue, j'ai eu envie de vous faire partager son contenu, une invitation au bal de l'X. Cette année, le cent seizième bal de l'X se déroule à l'Opéra Garnier . Il m'est donné pour cela le choix entre deux propositions de composition de soirée ou de la faire moi même à la carte.
Soirée
Prestige Or
Faites de votre soirée à l'Opéra Garnier un événement d'exception.
Prenez place dans le Carré Or pour assister au ballet
Proust ou les intermittences du cœur,
inspiré du roman
À la recherche du temps perdu.
Un cocktail vous sera servi pendant l'entracte.
Dînez dans le Grand Foyer,
(Exclusivité Bal de l'X).
Nous vous réservons une surprise
au cours de la soirée.
La «Soirée Prestige Or» comprend:
L'entrée au Bal de l'X
Une place pour le spectacle dans le «Carré Or»
Un cocktail
Le dîner «Prestige» dans le Grand Foyer
Le parking
Prix par personne : 420 €
Je ne pense pas répondre à l'invitation, malgré le prix beaucoup plus abordable de la soirée prestige argent, qui est de deux cent cinquante euros.
16 février 2007
J'ai soif de justice!
C'est sûrement un fruit de mon éducation, une conséquence de ma filiation judéo-chrétienne, jeter de la nourriture, quand j'y suis contraint, est une torture, le signe d'une défaite. Combien de fois ai-je entendu ma mère me dire de penser à tous ces petits enfants dans le monde qui n'avaient pas assez à manger tandis que je faisais la fine bouche devant le contenu de mon assiette.
Alors, voir cette poubelle remplie de pain, posée sur le bord du trottoir à deux pas du canal Saint Martin où se trouvent encore quelques sans domiciles, ça nous a scandalisés. Je sais bien que ce n'est pas forcément facile, quand on produit de la nourriture, ou lorsqu'on transforme de la nourriture, de transmettre les surplus ou les invendus à ceux qui en ont besoin, mais je suis sûr qu'il peut exister des solutions.
Entre la production agricole et la transformation industrielle, il y a de quoi nourrir plus que la planète entière. Pourquoi, depuis le temps, n'a-t-on jamais imaginé des circuit pour que personne ne reste sur le bord du chemin, pour que plus personne n'ait faim ?
13 février 2007
Surprise!
Tiens, que de papiers dans ma boite aux lettres. Encore des publicités, un journal et.. Quelle est cette grosse enveloppe ? Passons en revue mes commandes éventuelles; non rien; ma revue trimestrielle; ce n'est pas encore le moment. Mais, c'est écrit à la main; je connais le nom de l'expéditrice!
C'est Rêve d'été qui m'envoie un morceau de son pays, un bout de son nuage, un rayon de soleil en hiver (pas trop rigoureux tout de même).
C'est vrai, j'ai joué chez elle à un jeu pour lequel j'ai rusé, et j'ai gagné. Mais je ne pensais pas recevoir ce magnifique ouvrage qui semble fait pour moi: "1905, le printemps rouge de Limoges", l'histoire des grèves des ouvriers porcelainiers.
Voilà une raison de plus, s'il en était besoin, d'aller trainer mes souliers de ce côté de la France que je n'ai jamais vu qu'en passant, entre un départ et une arrivée, même pas une escale, juste quelques images au travers d'une vitre de voiture.
Quand je pense que ma grande tante, dont j'ai déjà parlé ici, y est encore connue dans le milieux de la porcelaine, il me faut réparer cette injustice.
J'arrive RdT!!
Mille bisous et tous mes remerciements.
12 février 2007
Un artiste qui s'ignore
Erratum en fin d'article
On rencontre parfois des gens qui ont l'œil et la main sure. Ainsi, samedi matin dans un magasin spécialisé dont tous les vendeurs sont antillais, alors que le propriétaire est un blanc métropolitain (mais ceci est une autre histoire), j'allais acheter un morceau de viande pour mon repas du soir. Je choisi, après conseil avec le boucher, un morceau d'épaule de porcelet, pas trop gras, sans os.
- Combien vous en faut il ?
- Un kilo, réponds je.
Le boucher jette son dévolu sur un morceau de belle taille, d'un coup de couteau en retire un gros bout de couenne et le pose sur la balance. Elle affiche 1,00 kg. On ne pouvait faire mieux. Je tire mon chapeau à l'artiste qui, modeste jusqu'au bout du couteau, a argué que la chance était avec lui, ce que j'ai démenti immédiatement, mettant en avant son métier et son expérience.
Mais, vous direz vous, qu'allait il faire d'un tel morceau de viande ? Etait-ce pour lui seul ou avait il des invités ? Quelle recette a-t-il utilisé ?
Et bien, je vais vous donner quelques réponses. J'avais en effet quelques amis chers à restaurer et je voulais les régaler d'un repas médiéval. La viande était destinée à un civet de porc au miel et au gingembre.
Pour un kilogramme de porc il vous faudra quatre oignons, du thym, du laurier, une branche de sauge (dont je me suis passé), un litre de vin blanc sec, trois cuillères à soupe de miel liquide, un morceau de trois centimètres de gingembre frais; sel, poivre à volonté.
Coupez la viande en morceaux que vous faites revenir dans une cocotte dans un fond d'huile d'olive. Quand ils sont dorés sur tous les côtés, réservez les et mettez à la place les oignons que vous avez pris soin d'émincer.
Dans une casserole, mettez à chauffer le vin blanc que vous flambez à l'ébullition.
Remettez les morceaux de viande dans la cocotte, ajoutez le thym, le laurier, la sauge, salez, poivrez, recouvrez avec le vin blanc et laissez cuir, avec un couvercle, à feu doux pendant deux heures.
A l'issue de la cuisson, ajoutez le miel et le gingembre, préalablement épluché, que vous râpez et laissez ensuite encore dix bonnes minutes.
Je terminerai en disant que la viande a été accompagnée par un flan de légumes, mais ceci est aussi une autre histoire.
Erratum:
J'ai transcrit la recette de mémoire et, à la consulter de nouveau, je vois trois ingrédients oubliés par inadvertance. Avec les autres épices, thym, laurier, sauge, ajoutez trois clous de girofle et un peu de noix de muscade. Ensuite, après avoir mis le miel, ajoutez également deux cuillères à soupe de vinaigre balsamique.































