Ma vie, mon oeuvre

On trouvera ici aussi bien des moments de ma vie que des critiques, des cris de colère ou des fictions de mon cru.

30 avril 2007

Le pire contre attaque

- Un stylo !
Il n'a pas plus de huit ans et est assis sur un strapontin, sa mère debout à côté de lui, dans une rame de la ligne treize, toujours bondée, quel que soit l'heure du jour ou de la nuit.
- Un stylo ! Donne moi un stylo. Mais si, tu as un stylo, je l'ai vu dans ton sac.
Il parle avec ce geignement dans la voix, la supplique au bord des lèvres. Il ne cesse de réclamer à sa mère qui, stoïque, résiste. Mais s'il continue, c'est qu'il sait déjà qu'elle craquera, à un moment ou à un autre. Et ça ne rate pas; trois minutes plus tard je le vois avec un stylo à bille dans la main en train de l'essayer négligeament sur son pouce.
- Du papier, donne moi du papier.
Voilà le nouveau couplet, pas trop étonnant; à quoi peut servir un stylo sans papier.
- Mais si, tu en as, même écrit.
Encore trois minutes, quatre peut être et il a son morceau de papier, un bout de tract, et commence à griffonner dessus, un trait ou peut être deux.
- Il n'y a plus d'encre. Une madeleine !

Je vous fait grâce de la majorité du dialogue, de la litanie des exigence de ce petit monstre haut comme trois pommes, ce tyran familiale. Je l'aurais volontiers giflé, jeté par la fenêtre, réduit en purée silencieuse. Mais il parait que ça ne se fait pas et j'ai un minimum d'éducation, moi.

Posté par berlioz à 20:51 - Mes humeurs - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

29 avril 2007

Deux poids, deux mesures

IMG_0376Peut être celà vient il des nouvelles normes européennes, de celles qui sont inventées dans les coulisses de Strasbourg ou de Bruxelles par d'obscures technocrates n'ayant aucune notion de valeur pratique, peut être aussi d'un inculte disaïneur n'ayant que peu de connaissances des poids et mesures ou suite au licenciement d'un relecteur pour raisons d'économies, mais l'opercule de ce petit pot de crème fraiche m'a semblé des moins orthodoxes. Depuis quand indique-t-on les poids en centilitres ?

Posté par berlioz à 20:26 - Mes humeurs - Commentaires [7] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

27 avril 2007

Pèlerinage en eau trouble

C'est le dentiste qui m'y a conduit.
Plutôt, soyons clair pour une fois, c'est parce que je sortais de chez lui, qu'il faisait encore bon et que je n'avais pas envie de rentrer directement que je suis retourné dans ce quartier, si proche et si lointain en même temps, presque à mon corps défendant. J'ai retrouvé la rue pavée sans distinction de chaussée ni de trottoir, les commerces dont certains n'ont toujours pas changé d'enseigne, depuis le temps, le temps que j'étais petit, l'ambiance feutrée des quartiers où l'argent n'est pas difficile à trouver dans le portefeuille du chaland qui passe.
Mais j'avais oublié, l'histoire, la vilaine cicatrice, l'évènement qui, pourtant, bousculant tout sur son passage a changé l'orbite de ma vie. Alors, en passant devant chez elle, pas loin de la boucherie chevaline qui n'en est plus une depuis bien longtemps, une bouffée de tristesse et de souvenirs m'a pris à la gorge.
Je n'ai pas pleuré, non, je n'en suis plus là, mais la vilaine blessure m'a démangé un instant, celui qu'il a fallut pour porter mon regard sur un café, bien vivant lui, ce qui n'était vraiment pas le cas de cette zone il y a dix sept ans.
Je ne suis pas Janus, je ne dois pas regarder derrière.

Posté par berlioz à 00:05 - Mes états d'âme - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

25 avril 2007

Art de rue

Modification du jour: j'ai trouvé la trace de l'auteur (un peu de persévérance et, surtout, les bons critères de recherche). Il s'agit de Jérome Gulon qui a son site ici.

Elles sont très discrètes, c'est sans doute pourquoi j'en ai peu trouvées. Beaucoup moins voyantes que leurs consœurs envahissantes, elles émaillent pourtant les murs de la cité, réjouissant l'œil du passant qui les remarque.

Pourtant, malgré la qualité de la facture, malgré l'originalité des motifs et la diversité des coloris, malgré une signature systématique (un G et un J associés dans une petite tessère carrée), je ne trouve aucun renseignement nulle part, sans doute que je ne vais pas regarder au bon endroit, sur l'auteur de ces petits bijoux qui ne sont pas plus grands qu'une grande carte postale.

20060312_19_08_19_0013 IMG_1323
IMG_1516 IMG_1823
IMG_1824 IMG_2103

Et qui est Louise M., une fervente admiratrice, une amoureuse cachée, un hommage à Louise Michel ?

Si quelqu'un à le moindre début de commencement d'idée d'endroit où aller voir, je suis preneur.

Vous pouvez grandir les photos en cliquant dessus.

Posté par berlioz à 11:30 - Mes photos - Commentaires [12] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

23 avril 2007

En avance ou en retard ?

J'ai les cheveux longs et plus très noirs. Dimanche, jour de lessive, ils étaient libres et couraient sur mes épaules (une course de cheveux, c'est courant, si j'ose dire), d'autant plus que le séchage naturel était rapide et agréable, eu égard aux températures estivales que nous avons en ce moment au nord de la Loire.
Je passai donc dans un petit parc du sud de Paris avec quelques amis photographes, l'œil à l'affut. Nous parcourûmes quelques allées et nous dirigions vers une sortie lorsque qu'un groupe d'adolescents, devisant sur un banc à l'ombre, me remarqua et l'un d'eux sortit une petit phrase du genre «Tiens, c'est le père Noël » qui me fit sourire; la comparaison est plutôt flatteuse.
Faisant mine de rien, il ajoute un « Je suis fan de vous » qui me gêna un peu. J'étais là incognito, tout de même.

Posté par berlioz à 17:22 - Mes humeurs - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

En fin de compte

Je pose mon trois et je retiens deux, ajoutons les dizaines... Il n'y a pas de doute, élu dès le premier tour avec plus de quatre vingts pour cent des voix, c'est le MEDEF.

Posté par berlioz à 09:14 - Mes combats - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

20 avril 2007

Adagio con moto

Il devait être l'heure de la sortie du centre aéré, puisque classe il n'y a point en cette période pascale. Une petite bande de mômes, chacun haut comme trois pommes, accompagnée d'une jeune femme portant une grande crinière blonde, passe devant l'établissement pour lequel je travaille. C'était pour moi l'heure d'aller manger.
En passant, ils remarquent la longue rangée de deux roues motorisés alignés devant l'entrée qui, par leur nombre, peut faire penser à la vitrine d'un négociant. Et chacun de s'esbaudir, adulte y compris, devant les chromes étincelants, les marques luxueuses ou les cylindrées exceptionnelle. Ainsi, la dernière du lot, particulièrement imposante par sa largeur, sa hauteur et la collection d'accessoires qu'elle semblait accumuler (je vous passerait les détails ne connaissant, et ne voulant connaître, rien en la matière) attire leurs regards et leurs exclamations.

J'ai surpris alors ce dialogue (à vrai dire, la discrétion du groupe permettait à tout le monde d'en profiter):
La jeune femme: Ouah, Elle est vachement grosse celle là !
Le plus petit des mouflets: Non, elle est vachement moche !

Je n'ai pu réprimer un sourire béat.

Posté par berlioz à 13:36 - Mes humeurs - Commentaires [5] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

19 avril 2007

Et 24 heures après...

IMG_0351Il n'y a pas à dire, ça pousse vite...

Posté par berlioz à 19:22 - Mes photos - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

A nous les belles plantes

IMG_0348

C'est le printemps, j'en ai maintenant la preuve ! Nos plantations de dimanche commencent à porter leurs tiges et embryon de feuilles. Telle que vous la voyez là, c'est une plante en devenir, fleur en gestation, une capucine en puissance.

Je tâcherai de vous donner, de temps en temps, des nouvelles de la belle, ou de ses copines de pot.

Posté par berlioz à 00:08 - Mes photos - Commentaires [3] - Rétroliens [0] - Permalien [#]

17 avril 2007

Toucher à tout

Une longue avancée en plans fixes courts vers une petite église au sommet d'une falaise, l'intérieur de l'église, son pavage style mosaïque romaine dont les pans manquants sont artistiquement remplacés par des pierres plates unies, le décor est planté, nous sommes dans l'épure totale, il n'y aura pas un mot de trop.
18727077
Alors, évidemment, on est tenté de penser que l'ennui va nous gagner, les mouvements sont lents, il ne se passe rien, les décors sont superbes, les costumes premier empire très élégants. Pourtant, il n'en est rien, ce duel est prenant et pourtant complètement vain. Quand au jeu d'acteur, il est impeccable. Il faut dire que je suis un grand fan de Jeanne Balibar depuis que je l'ai vue dans Comment je me suis disputé (ma vie sexuelle) jouant avec des andouillers puis, peu après, dans Je hais l'amour où, médecin, elle est aux prises avec un hypocondriaque violent et un jeune atteint du sida.

Le plus curieux, c'est qu'hier soir Arte diffusait un film précédent de Jacques Rivette, Va savoir, avec la même, un marivaudage avec en toile de fond une pièce de Pirandello jouée par les protagonistes, une autre de Goldoni, perdue et cherchée désespérément par le metteur en scène.
J'ai préféré cet opus, malgré une plus grande longueur.

Mais je ne suis pas à ça près, je me souviens avoir déjà donné, adolescent, avec mes parents qui m'avaient emmené voir L'amour fou qui dure plus de quatre heures. Et encore, je vous passe le mythique Out one qui lui, excusez du peu, dure... 773 minutes, soit treize heures.

Posté par berlioz à 21:56 - Mes critiques - Commentaires [2] - Rétroliens [0] - Permalien [#]
« Accueil  1  2   Page suivante »